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Les mots la consommation, être un homme libre, et des mots écriture, littérature, société Leslie Kaplan Publie.net L'atelier des écrivains 5.99 €

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Présentation

les mots, nous habitons dedans
mais cela peut toujours être
comme dans une usine
ou comme dans une prison
ou comme dans un asile
l´ordre du langage est toujours menacé
il peut toujours être excédé
par quelque chose
qui viendrait
du dehors
l´anéantir
en tant que demeure
humaine
le langage est fondé
sur ce qui se passe
entre les mots
si cet entre-mots
tombe
alors
désastre
la violence

 
Voici trois mots : littérature, écriture, société.
La relation entre les trois est complexe, évidemment. On peut
les associer par deux, et contourner le troisième : alors tout
va bien. Mais il y a des oeuvres qui s´obstinent à vouloir résonner
entre ces trois pôles.
Oeuvres d´inquiétude, oeuvres de colère, oeuvres en permanent
chemin vers le déchiffrement du monde, à force de langue.
Le travail de Leslie Kaplan s´insère ici depuis le début,
L´excès l´usine (1982) et Le livre des ciels
(1984).
Et, dans cette tension permanente entre ces trois mots, quand on
décide d´y inscrire à la fois son esthétique, et son cheminement
narratif, d´autres exigences : la lecture et l´expérience des
oeuvres - ici, Hannah Arendt, Franz Kafka, ou le
Bartleby de Melville. Et la confrontation directe de la
parole au monde : Leslie Kaplan intervient dans la périphérie
de Paris, aux Lilas précisément, et les échanges, les images,
sédimentent ici.
Ainsi, avec ce forage oral vers ces trois mots (nous avons tous
entendu Leslie Kaplan avancer dans ces prises de parole où le blanc
même, la coupe de la langue, signe la mise en abîme par l´oralité),
et les deux autres textes qui suivent, sur la consommation,
capable de manger les trois premiers, et sur l´idée de liberté
(magnifique déclinaison de figures humaines libres...), c´est bien
d´une politique de la littérature qu´il est question :
rien de confortable. Mais, dans cette mise en travail qui ne laisse
pas indemne, ni son auteur ni son lecteur, mais bien plus
profondément la représentation du monde immédiat, pourtant ici dans
ses cinétiques, ses cadrages, ses lois de pouvoir et d´argent, la
langue se revalide comme horizon, et s´impose (ou ce chemin, ce
travail) comme nécessaire.
Merci à Leslie Kaplan de nous confier ces textes, déjà proposés
dans la magnifique expérience d´édition qu´a été
Inventaire/Invention, et où on recroisera où prolongera l´oeuvre
publiée chez POL, notamment Le Psychanalyste, Les Outils, Miss Nobody Knows...

FB