Lettres à la jeunesse (1879-1897)

À propos

Intitulés l'un et l'autre "Lettre à la jeunesse", Zola a publié en 1879 et en 1897 deux textes aux prises avec les enjeux politiques de son époque. Dans la lettre de 1879, Zola dénonce le lyrisme romantique et la rhétorique qui fait de la littérature une "simple construction de langue bâtie en l'air". Il s'en prend à Hugo et à Renan, et défend le naturalisme naissant au nom de l'esprit d'enquête et de vérité auquel les romanciers doivent souscrire s'ils veulent poursuivre le travail des Lumières et préparer le xxe siècle.
Zola invite la jeunesse à rejoindre ce mouvement qui n'est autre que celui de l'histoire. Très brève, la lettre de 1897 est écrite en réaction aux exactions antisémites de jeunes ligueurs nationalistes qui s'en sont pris à un sénateur dreyfusard.  Zola sent les valeurs de progrès menacées et s'inquiète de façon prémonitoire d'un certain antisémitisme : "Ils commenceront le siècle en massacrant tous les Juifs, parce que ce sont des concitoyens d'une autre race et d'une autre foi !"

Categories : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782755504903

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    128 Pages

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Emile Zola

1840-1902
Fils d'un ingénieur italien naturalisé, Emile Zola naît à Paris d'une mère originaire de la Beauce. La famille s'installe à Aix-en-Provence et connaît, à la mort du père, de graves difficultés financières. En 1862, Emile Zola échoue au bacchalauréat et entre chez Hachette comme commis. Vite remarqué, il écrit son premier ouvrage et collabore aux rubriques littéraires de plusieurs journaux. Dès 1866, il a pour amis Manet, Picasso et fait la connaissance des Goncourt. Il conçoit le projet des Rougon-Macquart qu'il termine en 1893. Entretemps, il s'est lié avec Flaubert et Daudet. Il a rencontré Céard, Huysmans, Alexis, Hennique et Maupassant qui deviendront les fidèles des soirées de Médan : c'est en 1878 qu'il les réunit dans sa petite maison de campagne, près de Poissy. Le volume collectif de ces Soirées paraîtra deux ans plus tard.
La publication de La Terre soulève de vives critiques :"le Manifeste des Cinq" se révolte contre l'esthétique naturaliste.
En 1898, Zola s'engage dans l'Affaire Dreyfus et publie dans l'Aurore sa fameuse Lettre au Président de la République, donnant ainsi une nouvelle dimension au processus de la révision. Un procès en diffamation le condamne à un an d'emprisonnement et il part en exil en Angleterre. De retour, il publie dans "La Vérité en marche" ses articles sur l'affaire. Le 29 septembre 1902, il meurt mystérieusement, chez lui. Et Dreyfus est réhabilité en 1906.
Ses cendres sont transférées au Panthéon le 4 juin 1908.
Zola connut auprès du grand public un immense succès dès L'Assommoir. A partir de 1880, son oeuvre est diffusée en Europe et on trouve des traductions en danois, grec, italien, suédois, etc. Même si les protestations s'élèvent contre le matérialisme de la nouvelle école, celle-ci suscite partout l'intérêt. Le naturalisme introduit surtout dans le roman des sujets nouveaux comme l'influence de l'environnement ou encore l'injustice sociale. Les meilleures pages de Zola restent pourtant celles où le théoricien cède la place à l'écrivain, comme il le souhaitait lui-même: "Le romancier intervient d'une façon directe pour placer son personnage dans des conditions dont il reste le maître".

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