Zonzon Pépette, fille de Londres

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[eBook] Zonzon Pépette, fille de Londres

 Quand il fait paraître "Zonzon Pépette, fille de Londres" en 1923, le belge André Baillon, entre deux tentatives de suicide, entre à l'hôpital psychiatrique de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il a déjà plusieurs vies derrière lui, flambeur de casino, paysan en sabots, secrétaire de rédaction d'un journal médical.... Est-ce tout cela qui donne à la légèreté de Zonzon Pépette cet arrière-goût d'une danse sur un abîme ? Notre littérature populaire est un continent fait de ces vies qui se brûlent tout entières à l'écriture, mais ne viennent pas rejoindre les livres qu'on dit nobles. Méfions-nous : souvent, c'est seulement parce que ceux qui parlent des livres, et décrètent qu'ils sont littérature, ne connaissent pas grand-chose au monde qui soudain ici jaillit.  Ce qui compte, c'est ce sel d'aventure, cette dérive aux visages, c'est l'ombre de la ville.  Le contraste ici de la grande verve de Zonzon Pépette, voleuse dès la première ligne ("Salaud, je t'emmerde.") et du sombre et grand Londres. Les copains de Zonzon Pépette sont Ernez-Les-Beaux-Yeux, Fernand-le-Lutteur, Valère-le-Juste ("Depuis quinze jours, ils s'étaient flanqué pas mal de gifles et de caresses: ils s'aimaient beaucoup.") Quand on s'engouffre dans ce roman de langue, où c'est la verve qui fait l'histoire, appelle les visages et les couleurs, dans cette obscénité joyeuse d'un personnage qui casse les règles bourgeoises, on le sait bien, qu'il n'y a pas d'un côté la littérature populaire et de l'autre côté le monde noble des lettres : on respire trop, à chaque ligne, ce que les autres lui ont pris, de Simenon à Céline.  "Et puis, il lui parut bien que ce salaud lui faisait de l'oeil avec la cuisse" : franchement, vous l'auriez écrite, cette phrase ? Vous pouvez faire confiance. Et nous, le travail : discrètement construire l'epub (création graphique Roxane Lecomte, Digital Hat) pour que l'expérience de lecture soit à la fois la qualité due à nos exigences d'aujourd'hui, et ce petit air 1923, dans la façon d'attraper le livre... et de vous le passer pour ce soir ! FB

  • EAN 9782824701158
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  • Distributeur Immatériel

André Baillon

Né à Anvers en 1875, André Baillon, orphelin à six ans, est recueilli par sa tante qui l'envoie aussitôt en pension. Chez les soeurs comme chez les jésuites sa conduite lui vaut d'être renvoyé. Ses études secondaires terminées, André noue une liaison avec une prostituée avant d'être exclu de l'université. Rosine le quitte après avoir dilapidé son héritage. Baillon se jette à la mer, on le sauve.ÿEn 1901, il rencontre Marie Vandenberghe, une ancienne prostituée , qu'il épouse un an plus tard. Après une succession de crises de neurasthénie, il loue avec elle une petit maison à Westmalle et se lance dans l ‘élevage de poules ; un échec. Retour à Bruxelles. En 1912, le journaliste sans grade s'éprend d'une pianiste célèbre, Germaine Lievens. Au cours de quatre années prodigieuses, il écrit presque d'une traite Histoire d'une Marie, En Sabots, Délire, Par fil spéciale et Zonzon Pépette. Il s'identifie si bien au héros criminel de ce dernier roman, que Germaine, victime à son tour d'une grave dépression le quitte. Il retrouve Marie au lendemain de l'armistice. Il a quarante cinq ans quand son premier roman En sabots - est édité à Bruxelles. S'ensuit une tentative parisienne de ménage à trois, tumultueuse : Marie renonce.ÿIl se lance en 1923 dans une relation compliquée et ambiguë avec sa belle fille âgée de seize ans : il sombre moralement et est interné dans le service psychiatrique de la Salpetrière, reçoit son premier prix littéraire sur son lit d'hôpital. Il trouve dans ce séjour l'inspiration de trois romans, Un homme si simple, Le Perce-oreille du Luxembourg et Chalet 1.ÿÀ sa sortie d'hôpital, André écrit et vit en ermite pendant quelques années. En 1930, il noue une liaison dévorante avec un écrivain bruxellois, Marie de Vivier, une admiratrice. Ils échangent des centaines de lettres, essayent de se tuer l'un l'autre, organisent en duo leur suicide, se ratent, tentent en vain de se suicider séparément. Marie de Vivier entre finalement dans un hôpital psychiatrique. Baillon inonde sa propre chambre de fleurs et absorbe une overdose de somnifère. Il meurt le 10 avril 1932 à l'hôpital de Saint–Germain-en-Laye où Germaine l'a fait transporter.

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