Nouvelles Peaux : Les originaux

À propos

Au printemps 2014, les éditions Luciférines sortaient leur première anthologie. Pour lancer une maison consacrée aux littératures fantastique, quoi de mieux que proposer des réécritures d'Edgar Allan Poe ? Après avoir démarché des auteurs comme Morgane Caussarieu et Pierre Brulhet, lancé un appel à texte pour en attirer d'autres, l'anthologie Nouvelles Peaux était née.
Depuis plus d'un an, nous continuons de défendre ce titre avec le même plaisir auprès d'un public séduit par la démarche de revenir à un fantastique plus traditionnel. Ici, pas vraiment de monstres venus d'un autre temps, surtout des hommes victimes d'hallucinations, de délire ou d'un phénomène surnaturel difficile à prouver.
Chacun s'est prêté au jeu. Maladies personnifiées, manifestations d'outre-tombe, inquiétantes résurrections, filles fantômes, et autres thèmes chers au maître sont là. Il manquait cependant une chose que nous souhaitons ajouter grâce à ce document numérique : les originaux.
Beaucoup de lecteurs se sont laissés tenter par Nouvelles Peaux sans connaître précisément Edgar Poe. Nous souhaitons les accompagner dans cette découverte, mais aussi permettre à tous ceux qui nous rejoindrons de prendre connaissance de notre sélection.
À la fin de chaque texte, les auteurs de Nouvelles Peaux s'expliquent sur leur choix et leur démarche de réécriture. Et comme nous aimons aussi illustrer nos publications, nous avons décidé de vous offrir par la même occasion un voyage pictural en compagnie d'artistes du XIXe siècle.



Categories : Fantasy & Science-fiction > Science-fiction

  • EAN

    9791096492039

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    169 Pages

  • Poids

    3 533 Ko

  • Distributeur

    Numilog

  • Diffuseur

    Numilog

  • Entrepôt

    ePagine

  • Support principal

    ebook (ePub)

Edgar Allan Poe

1809-1849
La vie d'Edgar Poe fut une longue pérégrination, de ville en ville et de solitude en solitude, dans une Amérique qui ne peut le comprendre.
Fils d'acteurs de tournées, phtisiques et alcooliques, il naît dans une roulotte cahotante. En 1811, il est orphelin et confié à la charité de la bourgeoisie de Richmond. Il est adopté par la famille Allan qui s'installe pour quelque temps à Liverpool: l'Angleterre mystérieuse va impressionner l'enfant et lui donner le goût du fantastique macabre. Il suit des études classiques et littéraires. A l'Université de Virginie, il commence à contracter des dettes de jeu et rompt avec son père adoptif qui refuse de les payer.
En 1833, il connaît un premier succès en remportant un prix à un concours organisé par le Saturday Visitor de Baltimor avec son récit "Manuscrit trouvé dans une bouteille". Il entre au Souther Literary Messenger de Richmond et en deviendra rédacteur en chef en 1835. Mais l'alcool et les drogues le plongent dans des accès de dépression et il perd son emploi. Dix ans plus tard, il publie le Corbeau qui bouleverse le public. Poe connaît alors une courte période d'engouements et de succès mondains. Les dettes et l'alcool le précipitent définitivement dans la déchéance.
Nul ne saura jamais ce que furent les derniers jours de sa vie: on le découvre, le 3 octobre 1849, dans un ruisseau, près de Light Street à Baltimore. Il meurt quatre jours plus tard au Washington Hospital.

"Je n'ai commis qu'une seule faute: je n'ai pas su être heureux. Jamais! Pas même un jour, pas même une heure. La création elle-même, joie des poètes plus sensibles, était pour moi plus angoissante que rédemptrice. La cause première de mon infortune, maintenant, je la connais. J'ai toujours eu peur de la vie. D'une sensibilité exacerbée et malade depuis ma plus tendre enfance, secoué, ébranlé jusqu'au bout par la malchance et la misère, la vie de tous les jours, la réalité quotidienne étaient pour moi un continuel motif de terreur. J'avais l'impression d'être contamment suspendu à la limite des deux royaumes, d'être un enfant à demi mort, enchaîné, de façon incompréhensible, à un spectre nostalgique. L'enfant avait peur des ténèbres; le spectre, de la lumière. L'un et l'autre aspiraient à la mort et la redoutaient tout ensemble. La vie, c'était pour moi l'hallucination, l'ennemie, la condamnation. Chaque fois que je tentais de m'accorder avec elle, j'étais blessé, repoussé; je me faisais l'effet d'un ange voulant s'asseoir à un banquet de monstres. L'amour lui-même ne parvint pas à me sauver, car la femme est une des plus parfaites incarnations de la vie, et j'avais de la vie une indicible terreur." (Le Jugement Universel de Giovanni Papini)

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