1918 - 2018

  • Lors de la parution de ce livre, en novembre 1988, 70e anniversaire de la victoire, il y avait encore 25 000 survivants de la Première Guerre mondiale, pour témoigner des ultimes combats qui précédèrent la fin de la guerre la plus meurtrière que la France ait vécue. Apparemment, la France et ses Alliés furent très près de la défaite à la veille de leur triomphe. En fait, l'adversaire était en bout de course. Partant de ces jours de printemps 1918 où les Allemands parvinrent à 60 km de Paris, Claude Dufresne parcourt, jour après jour - dans le camp allié comme dans le camp ennemi - l'itinéraire qui conduira à l'armistice du 11 novembre. Il évoque non seulement les grandes batailles qui se sont déroulées du mois de mai au mois de novembre, mais aussi la vie quotidienne des combattants, celle des gens de l'arrière, celle des principaux acteurs du conflit : Poincaré, Clemenceau, Foch, Pétain, Guillaume II, Ludendorff, Hindenburg, Wilson. D'autres encore, nous apparaissent avec leurs grandeurs et leurs faiblesses. Ayant dépouillé de nombreuses archives, tant françaises qu'anglaises, américaines et allemandes, Claude Dufresne nous raconte les dessous d'un drame, dont les hostilités qui se déroulent sur le terrain, ne sont qu'un des aspects. Les conflits de personnes qui, même en ces heures tragiques, opposent les uns aux autres les responsables des opérations, sont éclairés d'un jour nouveau. Pour cela, l'auteur donne souvent la parole aux témoins, dirigeants ou exécutants. Ainsi, le débat qui, à partir de juillet 1918, agite le gouvernement et le commandement allemands, est l'un des apports les plus passionnants de ce livre. Enfin, l'explosion de joie qui salue le jour de l'Armistice, le jour le plus beau, selon les paroles de Clemenceau, revit grâce à des images prises sur le vif et à des confidences recueillies aux sources.

  • Août 1914. Henri Fauconnier est en Malaisie où, depuis 1905, il s'est lancé dans cette grande aventure qu'est la fondation d'une plantation de caoutchouc. Un pays enchanteur, une entreprise florissante, une famille chaleureuse - et une jeune fiancée, Madeleine. Pas question, cependant, d'éluder son devoir de soldat. Au reste, cette guerre, pour laquelle il part comme pour un voyage d'agrément, ne sera-t-elle pas terminée avant même que le Syria, où il a embarqué, n'atteigne Marseille ? Henri Fauconnier sera démobilisé en 1919. Et, pendant ces cinq années, il écrit - le plus souvent à Mady. Des lettres parfois interrompues par la mitraille, des notes brèves qu'il accumule avant de les glisser dans une enveloppe, des cartes où il ruse avec la censure. D'abord, c'est l'enthousiasme, l'envie d'en découdre. Je voudrais quitter cette paix trop délicieuse de la traversée pour les fatigues et les fureurs de la bataille. Puis, au dépôt, l'ennui et l'agacement d'une vie de caserne qui a gardé toutes les mesquineries du temps de paix. Avant le choc des tranchées, le froid, la boue, la canonnade incessante, la sauvagerie : C'est une guerre d'apaches. On a distribué à tous les soldats des haches et des couteaux à cran d'arrêt. La baïonnette ne sert qu'une fois. Elle est trop encombrante. On la laisse dans le corps de l'adversaire et on va fendant les têtes ou coupant les gorges. Itinéraire commun, dira-t-on, à tant de ces hommes partis la fleur au fusil et jetés dans l'une des plus terribles boucheries du siècle. Certes, mais Henri Fauconnier est écrivain. Du coup, tout autant qu'un document, ces Lettres à Madeleine, pourtant écrites au coeur de l'effroyable, deviennent dialogue intime, expérience de soi et d'autrui, tension entre le désir de dire pour partager et de taire pour épargner, volonté de railler l'absurde pour tenter de le maîtriser. En un mot, littérature.

  • On peut raisonnablement estimer que la bataille de la Marne, livrée du 6 au 10 septembre 1914, reste l'un des événements décisifs de l'histoire européenne. Les débuts de la Première Guerre Mondiale avaient confirmé ce que les opinions publiques redoutaient ou espéraient, c'est-à-dire la marche irrésistible de l'Allemagne impériale vers la puissance suprême. Malgré tous les sacrifices consentis depuis la défaite de 1870-1871, la France découvrait une vérité propre à la démoraliser : la préparation de son armée en vue de la guerre future, pourtant jugée inéluctable, avait été insuffisante. Par contraste, les hommes, le matériel et la stratégie de l'ennemi donnaient l'image d'une mécanique parfaitement rodée. Or, une évolution, semble-t-il, irrésistible est brutalement contrecarrée par une bataille de Titans : de chaque côté, plus d'un million d'hommes vont s'affronter sur un front de plusieurs centaines de kilomètres pendant quatre jours. Contre toute attente, la victoire revient aux Franco-Britanniques : le sang-froid des chefs et l'énergie des combattants auront infligé, une fois de plus, un démenti au fameux « sens de l'Histoire »

  • Des sentiers de la gloire au chemin de la mémoire... Le sergent fourrier Marchand a tenu jour après jour ses carnets de route du 1er août 1914 au lendemain de l'armistice de 1918. Quatre-vingts ans après la fin de la première guerre, sa petite fille a souhaité faire connaître à tous ce document exceptionnel. C'est la guerre, la vraie, « l'enfer au quotidien », la peur au ventre, les convictions au coeur, la souffrance pour compagnie que le Sergent Marchand nous invite à partager avec lui. Le courage est à la mesure de l'horreur insoutenable. Ce témoignage est un hommage à ces hommes grands dans l'accomplissement de leur devoir. Ils ont été jusqu'au bout de leur sacrifice, quelle que soit leur nationalité. Et comment ne pas s'émouvoir devant ces hommes qui incarnent notre mémoire et qui ont écrit avec leurs larmes et leur sang « La grande histoire » dont les grands événements sont rappelés dans ce livre au début de chaque année. Ne les oublions jamais.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce dossier rassemble les documents essentiels sur les causes du conflit et présente une série de points de vue exprimés par quelques acteurs du drame et de nombreux historiens. Après un rappel des sources possibles d'une guerre, l'auteur précise pourquoi l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie pouvaient se sentir menacées. L'équilibre européen était compromis par le durcissement des alliances. Après 1911, sans qu'il y ait aggravation générale de la situation, les grandes puissances sont hantées par l'obsession de la guerre et accélèrent la course aux armements. Les responsables allemands laissent échapper des paroles menaçantes. À la veille de la crise, les Puissances paraissent décidées à défendre leurs intérêts politiques vitaux ; les intérêts économiques restent au second plan. Les étapes de la crise de juillet 1914 montrent la détermination de Berlin et de Vienne qui veulent régler son compte à la Serbie malgré la menace de voir dégénérer l'affaire en conflit mondial. La Triple Entente laisse venir cette guerre sans chercher à défendre, avec énergie, une paix menacée par les initiatives austro-allemandes.

  • Nul n'ignore aujourd'hui l'oeuvre immense de Raymond Cartier, de ce journaliste-historien-essayiste qui n'a cessé de scruter le destin de l'Europe, qui sous ses yeux tentait de se construire. Il a interrogé le présent et le passé proche. Ses oeuvres maîtresses demeurent l'Histoire mondiale de l'après-guerre, La Seconde Guerre mondiale, Le monde entre deux guerres. Cela ne suffisait pas. Il fallait remonter à la source, à l'immense cassure de l'histoire européenne, à ces années 1914-1918 où, l'Europe devenue champ de bataille, la puissance du vieux monde a basculé. Des articles virent le jour, sur les batailles de la Marne, les attaques d'Artois et de Champagne, sur Verdun et la grande offensive de Ludendorff en 1918. Jean-Pierre Cartier, de son côté, avait recueilli une lourde et étrange moisson, il avait interrogé acteurs et témoins survivants, visité les hauts lieux des combats, lu récits, carnets de campagne, mémoires. Il avait vu aussi, un jour d'automne glacé, au sommet du Mort-Homme, les anciens ennemis français et allemands côte à côte, unis par une étrange solidarité. De tout cela, il fallait faire un livre. Pour tout dire, pour ne rien oublier. Pour faire revivre les événements politiques et militaires au jour le jour, mais aussi la vie quotidienne des combattants, leurs peurs, leurs angoisses, leurs grandes et leurs petites misères. Et cela sur tous les fronts, sur terre, sur et sous la mer, dans les airs. Pour comprendre et faire comprendre que cette guerre fut, pour l'Europe naissante, un véritable suicide, non pas une guerre des nations, mais une stupide guerre civile européenne. Ce livre, le voici.

  • 1916, 1917, 1918, ce second volume achève la grande fresque de Raymond et Jean-Pierre Cartier. Lourd d'événements dramatiques, il conduit le lecteur sur tous les fronts : sanglante empoignade de Verdun, bataille de la Somme, hécatombe du Chemin des Dames, foudroyante offensive de Ludendorff, et contre-offensive victorieuse de Foch, tragédie de Caporetto sur le front italien, révolution d'Octobre, combats en Roumanie, à Salonique, en Mésopotamie... ; grandiose affrontement, au Jutland, des monstres cuirassés, sinistre guerre sous-marine, début de l'aviation de combat, drame des mutineries et des procès de l'année 1917... Sous nos yeux, d'antiques dynasties s'écroulent, une nouvelle carte de l'Europe voit le jour, les États-Unis s'emparent de la maîtrise du monde, la Russie devient le foyer révolutionnaire que l'on sait, les grands problèmes de la fin du XXe siècle surgissent du cataclysme - tandis que les puissants de l'époque ne comprennent pas que cette guerre est, pour l'Europe, un suicide et que les combattants sont les victimes du plus grand gaspillage en vies humaines de l'histoire. Il fallait raconter aujourd'hui la guerre de 1914-1918 dans sa globalité, balayer les tabous qui ont, si longtemps, paralysé les historiens, voir la vérité, enfin, sur une guerre qui, en dépit de tout, restera toujours la Grande Guerre.

  • Yves Buffetaut rassemble dans cet album près de 500 documents, peu ou pas connu, qui proviennent de différentes sources. Cet album de photos est agrémenté d'encadrés, de légendes, d'une chronologie et de textes divers qui rappellent les évènements liés à ce site historique.

  • Cet hommage consacré à Genevoix n'est pas une étude dans le sens où l'on l'entend habituellement. On trouvera surtout ici l'expression d'une profonde et affectueuse admiration et d'une déférente gratitude envers l'homme, l'ancien des Eparges dont toute l'existence, depuis les jours de feu d'août 1914, a été marquée de l'épreuve de la mort, de la souffrance et de la fraternité inachevée par l'hécatombe de ses jeunes camarades disparus alors qu'ils étaient débordants de vie et d'énergie. « On vous a tués et c'est le plus grand des crimes » écrit-il dans Ceux de 14. De ces épreuves il a fait surgir ce qui précisément nous fait davantage homme : ce par quoi on échappe à la mort et on rejoint l'éternité de notre destin : l'oeuvre d'art.

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