Anne Archet

  • Avec Perdre haleine, l'inimitable Anne Archet vous convie à une séance d'autoérotisme littéraire, une ode jubilatoire et irrévérencieuse à la masturbation féminine, de la lente montée du désir en passant par les savantes mécaniques de l'excitation, le troublant plateau des fantasmes jusqu'à la grande explosion orgasmique et sa résolution. Entrez dans une phrase longue de 26 000 mots à lire d'une seule main et d'un seul souffle, une traversée de toutes les déclinaisons du plaisir intime, cet acte de liberté, de gratuité et d'amour-propre, où l'on n'est jamais si bien servie que par soi-même: ses doigts, ses peluches, son ameublement, son lubrifiant et ses projections intérieures les plus déraisonnables.

    [...] c'est fou ce que ma chatte en a vu passer des trucs étranges, les histoires qu'elle pourrait raconter si elle savait parler, ce serait incroyable, elle dirait «je me suis fait limer par une bouteille d'eau minérale, une statuette de la Sainte Vierge qui brille dans le noir, une banane verte pelée, le manche d'un pinceau à calligraphie japonaise, toutes les figurines originales de Star Wars, un saucisson rosette, une cannette de mousse pour cheveux tenue extraferme, le levier de vitesse d'une Yaris 2008, une sucette glacée de marque Popsicle®» [...]

  • - Qu'est-ce qu'il y a là-dedans? me demande-t-elle en feuilletant le carnet écarlate.
    - Le meilleur de moi-même.
    - Vraiment? Alors je dois lui faire l'amour.
    Elle lèche une page comme s'il s'agissait de mon sexe, effaçant petit à petit de sa salive tout ce que j'avais écrit, puis offre à ma bouche un petit bout de langue bleue.

    Vedette anarcha-féministe du wild wild web, Anne Archet fait son entrée officielle dans la littérature papier avec ce recueil joyeux et sans complexe. À la fois torride et tendre, cruel et hilarant, Le carnet écarlate réunit des centaines d'aphorismes et microrécits sulfureux mettant en scène l'érotisme lesbien sous toutes ses formes. Un livre cochon et féministe qui vous fera rire aux éclats, pour un public large (d'esprit). Avec les dessins de Mélanie Baillairgé.

  • Qu'on le méprise ou qu'on le vénère, on a beaucoup de choses à dire sur l'animal, et c'est pourquoi j'ai invité des auteurs à s'exprimer sur le sujet. Leurs réponses, sous forme de poèmes, récits, nouvelles, essais, ont dépassé mes espérances. Autant tel essai sur la cruauté envers les animaux me touche parce qu'il rejoint mes valeurs et mon engagement à ne plus les exploiter, autant tel récit sur l'éviscération d'un cervidé me bouleverse par sa beauté et sa faculté de rappeler que la mort n'est jamais banale. Lora Zepam

  • Mathieu se laissait ligoter et suspendre au plafond de ma salle à dîner; j'accrochais des ampoules LED à son sexe et ça me faisait un joli lustre.

    Arsène couchait systématiquement avec toutes ses étudiantes de maîtrise; nous le surnommions «Arsènement Sexuel» et ce connard trouvait ça drôle.

    Louis le barista faisait chaque jour une faute en écrivant mon prénom sur ma tasse; il m'a sautée dans l'arrière-boutique - j'ai un faible pour les dyslexiques.

    Eyael avait des ailes de feu, un sexe en or et son foutre exhalait la rose et la myrrhe; il a cessé de venir me visiter la nuit quand les médecins ont ajusté ma médication.

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