Annie Cloutier

  • Quelle place notre société accorde-t-elle à la maternité ? Peut-on choisir de mettre ses enfants et la vie du foyer au coeur de son existence et se déclarer féministe ? Les politiques familiales que le Québec s'est données dans les dernières décennies favorisent elles d'abord la famille, ou surtout le travail ? Dans un essai à la fois personnel et très documenté, Annie Cloutier souligne le poids de la double tâche dont doivent s'acquitter les mères qui travaillent contre rémunération, mais aussi les affinités troublantes entre certains aspects de l'idéologie féministe dominante et le néolibéralisme de la course à la carrière et de la surconsommation. Ce faisant, elle montre que l'égalité des sexes n'est pas une affaire réglée et que les moyens d'y accéder ne sont pas si évidents qu'on le dit.
    Annie Cloutier est l'auteure de Ce qui s'endigue (2009), La chute du mur (2010) et Une belle famille (2012), romans parus aux Éditions Triptyque. Doctorante en sociologie à l'Université Laval, elle s'intéresse à l'union de fait, au partage de l'argent dans les couples, au féminisme et à la maternité. Elle vit à Québec avec son mari et leurs trois enfants.

  • Dans les jours qui suivent la chute du mur de Berlin en 1989, Liv, jeune Québécoise venue étudier en Allemagne, est invitée chez une amie à Winterhüde, une banlieue cossue de Hambourg. Le matin du 11 septembre 2001, sur les quais de Jersey City, Sabine observe stupéfiée les tours enflammées de Manhattan. Entre ces deux dates, qu'arrive-t-il à une adolescente qui rêve de changer le monde? Et Sabine? Où trouvera-t-elle son identité? Dans l'Amérique qui brûle de se venger? Dans l'Allemagne de son père? Dans la langue rassurante de sa mère? Chacune en son temps, mère et fille suivent un parcours initiatique où la résilience, l'apprentissage et les liens solides de l'amour se vivent au plus fort du tourbillon qu'a été l'Histoire occidentale récente.

    Annie Cloutier a puisé dans ses souvenirs d'adolescente afin de livrer, avec La chute du mur, un récit d'une bouleversante modestie, avec l'écriture attentive et finement maîtrisée qu'on lui connaît depuis Ce qui s'endigue.

  • Avec « Québec, ville insolite », Moebius nous invite à oublier les images de carte postale au profit d'une vision plus inhabituelle de Québec. Les écrivains ayant collaboré à ce numéro - Patrick Nicol, Martin Grange, Martine Delvaux, Éric Plamondon, Hélène Matte, pour ne nommer que ceux-ci - prennent plaisir à s'aventurer au-delà des clichés, renversant le regard pour créer de nouvelles perspectives. Car malgré les nombreuses étiquettes terriblement usées qui lui sont accolées, la capitale nationale ne cesse d'attiser l'imagination des écrivains qui s'ingénient à la nommer autrement, « chatouillant le romanesque, soufflant le poème comme du verre de Murano » (Marie-Ève Sévigny). Un numéro piloté par Marie-Ève Sévigny.

  • Ce numéro d'Études littéraires se propose de réfléchir aux relations entre la presse et la littérature, de la fin du XVIIIe au XXe siècle. Si naguère la recherche distinguait soigneusement les territoires médiatiques et littéraires, le renouveau de l'histoire culturelle et de l'histoire littéraire, ainsi que la vague de fond sociocritique nous ont appris à revisiter ces frontières trop communément acceptées. Certes, nulle discipline scientifique ne peut penser et se penser sans frontières : ici le territoire de la littérature, les rapports d'un texte avec son « co-texte », l'établissement des limites d'un corpus, ou encore toute la question des effets du texte sur le social, effets qui supposent à la fois des passages et des blocages entre le texte et le monde. Pour les historiens comme pour les littéraires, il n'y a sans doute pas de pensée possible sans frontière, sans limites et sans articulation fines de ces frontières et limites.
    Or, les études actuelles de la presse, qu'elles soient celles de l'histoire culturelle, de l'histoire littéraire, de la sociocritique ou de la sociologie de la littérature et de l'imprimé, sont emportées dans un grand mouvement de redéploiement. La raison essentielle en est sans doute la prise de conscience de l'immense valeur qui gît dans ce continent englouti qu'est la presse. En revisitant les hiérarchisations des corpus et les collaborations d'à peu près tous les écrivains à la presse; en explorant et en analysant les genres médiatiques qui constituent le corpus journalistique; en mettant en relation directe les poétiques médiatiques et les poétiques littéraires pour voir comment elles interagissent; en réévaluant à la hausse la qualité sémiotique accordée aux diverses représentations issues du journal, susceptibles, peut-être aussi bien que le roman, de dire le monde qui les a vues naître : en tout cela les études littéraires confèrent une valeur irremplaçable à l'objet journal et y trouvent une source de leur renouvellement. Ce numéro d'Études littéraires entend contribuer à cette réflexion et invite à penser la littérature par la presse.

  • Le public raffole de la famille Gagnon, coqueluche des médias et propriétaire des Biscuits Gagnon, fleuron de l'industrie agroalimentaire québécoise. Six frères talentueux et honnêtes, six belles-soeurs performantes et souriantes, une douzaine d'enfants mignons à croquer. La famille parfaite, quoi.

    Pourtant, lorsque l'entreprise familiale se voit attribuer la production exclusive de biscuits vaccinaux par le gouvernement de Jacques Chauvet, Sébastien Gagnon, l'aîné et PDG de la compagnie, demeure songeur. La famille Gagnon ne risque-t-elle pas de se scinder face aux enjeux moraux et éthiques que pose l'obtention du contrat ? Qu'en pensent de leur côté Nancy, Anne-Marie, Isabelle et les autres belles-soeurs, qui sont peut-être les véritables piliers de cette histoire ?

    Corriger une vie mal engagée à coups de pouce sur son BlackBerry, revenir au point de départ et tenter de recommencer, voilà encore le propos de ce roman qui dépeint, sur fond de responsabilité et de frivolité, de cohésion familiale et de relations de couples, une certaine classe moyenne aisée du Québec contemporain.

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