Clarice Lispector

  • LA PASSION SELON G.H.
    (1964 et 1978 pour la première édition française)

    "La Passion selon G.H." est un classique incontournable de la littérature brésilienne contemporaine, dont l'intrigue repose sur quelques éléments à peine : un évènement apparemment banal fait irruption dans le cours habituel des jours et provoque un séisme intérieur foudroyant. G.H., une artiste vivant à Copacabana, quartier chic de la ville de Rio de Janeiro, pénètre pour la nettoyer dans la chambre de l'employée de maison à la suite de son départ. La pièce est impeccable mais elle y découvre dans un placard une énorme blatte qu'en vain elle tente d'écraser d'un coup de porte. Face à l'insecte agonisant, G.H. plonge dans une crise existentielle qui la mènera par strates successives jusqu'aux confins de la Création, par-delà les limbes du langage et de l'inconscient. Ce voyage immobile constitue sans doute l'une des pages les plus saisissantes de la littérature du xxe siècle.

    L'HEURE DE L'ÉTOILE
    (1977 et 1985 pour la première édition française)

    Ici, c'est un homme qui est habité par une jeune fille, venue de la misère du Nord-Est brésilien, à Rio, où elle mourra. Et il est tout occupé d'elle : écrire sa vie, sa mort doit le délivrer, lui qui a échappé au sort sans futur qu'elle subit. Il l'aime, comme on aime ce qu'on a craint de devenir... S'il avoue être le personnage le plus important des sept que comporte son histoire, il ne dit rien de celui dont la présence s'impose progressivement dans ces pages : la mort qui efface le feu scintillant et fugace de "L'Heure de l'étoile", l'heure à laquelle celle qui meurt devient, pour un instant, l'étoile de sa propre vie, désormais réalisée.
    "L'Heure de l'étoile", dernier livre de Clarice Lispector paru de son vivant, a également fait l'objet d'une adaptation au cinéma de Suzana Amaral en 1985.

    Coffret anniversaire, à l'occasion du centenaire de la naissance de Clarice Lispector, contenant :
    - La Passion selon G.H., dans une nouvelle traduction de Paulina Roitman et Didier Lamaison
    - L'Heure de l'étoile, traduit du portugais (Brésil) par Marguerite Wünscher et Sylvie Durastanti suivi d'une postface inédite de Paulo Gurgel Valente traduite du portugais (Brésil) par Didier Lamaison
    - Un livret illustré de photos et de fac-similés inédits de ses manuscrits

  • Nouvelles

    Clarice Lispector

    La présente édition rassemble pour la première fois en un seul livre l'ensemble des nouvelles écrites par Clarice Lispector au cours de sa vie, grâce au travail de son biographe Benjamin Moser qui a effectué de longues recherches au Brésil pour restituer leur chronologie et retrouver des textes demeurés jusque-là inédits.
    On y retrouve donc les nouvelles des recueils suivants publiés par les éditions des femmes-Antoinette Fouque : La Belle et la Bête suivi de Passion des corps, traduit par Claude Farny et Sylvie Durastanti (1984) ; Liens de famille (1989) et Corps séparés (1993), traduits par Jacques et Teresa Thiériot (1989) ; des nouvelles figurant dans La Découverte du monde, recueil de chroniques traduites par Jacques et Teresa Thiériot (1995) ; Où étais-tu pendant la nuit, traduit par Geneviève Leibrich et Nicole Biros (1985). À cela, s'ajoutent dix nouvelles inédites traduites par Claudia Poncioni et Didier Lamaison.

    « Dans ces quatre-vingt-cinq histoires, Clarice Lispector révèle, avant tout, l'écrivain elle-même. Des promesses de l'adolescence, en passant par l'assurance de la maturité, à la désagrégation d'une artiste tandis qu'elle approche de la mort - et qu'elle la convoque -, nous découvrons la figure, plus grande que la somme de chacune de ses oeuvres, qui est objet d'adoration au Brésil. [...]
    De la première histoire, publiée alors qu'elle avait dix-neuf ans, à la dernière, découverte sous forme de fragments disparates après sa mort, nous suivons une vie entière d'expérimentation artistique au travers d'un large éventail de styles et d'expériences. [...] Sa littérature est un art qui nous fait désirer connaître la femme ; elle est une femme qui nous fait désirer connaître son art. Le présent ouvrage offre une vision des deux à la fois : un portrait inoubliable, dans et par son art, de cette grande figure, dans toute sa tragique majesté. » B.M

  • Organisée par Pedro Karp Vasquez, cette nouvelle édition publiée au Brésil en septembre 2018 est le fruit d'un long travail de recherche dans des archives publiques et privées, mené par Larissa Vaz sous la direction de Benjamin Moser. Sont réunies ici plus de 120 chroniques inédites de la magicienne de la littérature brésilienne, à côté de celles parues dans "La Découverte du monde" (des femmes-Antoinette Fouque, 1995, traduction de Jacques et Teresa Thiériot), couvrant ainsi plus de trente ans de journalisme, de 1946 à 1977.

    Sans fil conducteur apparent d'une semaine à l'autre, ces chroniques laissent entrevoir une artiste qui ne s'est jamais soumise aux normes habituelles du travail de journaliste. Elle aborde tous les thèmes, du plus intime au plus universel : de son rapport à l'écriture à la beauté féminine,
    en passant par la narration, vivante et souvent drôle, d'épisodes de la vie quotidienne qui acquièrent soudain, sous sa plume, une signification métaphysique. Elle écrit également sur d'autres écrivain·e·s, tel·le·s Gabriel García Márquez, Alberto Moravia ou son amie Nélida Piñón, et sur des peintres qui l'inspirent tels Giorgio de Chirico ou Paul Klee.

    Les chroniques de Clarice Lispector constituent la matière première de ses livres. En grande créatrice indifférente aux genres littéraires, elle les retricote pour les intégrer dans ses nouvelles et ses romans, avec d'infinies variations, comme dans un écheveau de plus en plus dense.
    Il est absolument fascinant et passionnant de s'y plonger sans jamais, cependant, en percer le mystère.

  • Clarice Lispector travaille « dans l'imprécision blanche de l'Intervalle », entre la vie et la vie. Ce premier roman est l'aventure de Joana, fille d'une mère « pleine de pouvoirs et de maléfices », indépendante, obstinée, le diable en personne, tôt disparue, et d'un père lointain et distrait. Joana, c'est la légèreté, l'amour - cette force en elle qui démasque les faux-semblants -, la liberté « même si elle est peu de chose au regard de ce qu'elle désire et qui n'a pas encore de nom »...

    Renoncement, passion, révélation, illumination, transformation. Ces mots qui pourraient paraître présomptueux ou maladroits, Clarice Lispector en use avec une assurance et une humilité confondantes. Le miracle est qu'ils nous apparaissent comme les seuls aptes à rendre compte de la quête qu'elle a poursuivie de livre en livre, celle d'une vérité qui jaillit de la réconciliation de l'intelligence et du corps.

    « Elle était si vulnérable. Se haïssait-elle pour cela? Non, elle se haïrait plus si elle était déjà un tronc immuable jusqu'à la mort, capable de seulement donner des fruits mais non de croître à l'intérieur d'elle-même. Elle désirait encore plus : renaître toujours, couper tout ce qu'elle avait appris, ce qu'elle avait vu, et s'inaugurer dans un nouveau terrain où le moindre petit acte aurait un sens, où l'air serait respiré comme pour la première fois. Elle avait la sensation que la vie courait épaisse et lente en elle, bouillonnant comme une chaude couche de lave. » C.L.

    Près du coeur sauvage, premier roman de Clarice Lispector, publié alors qu'elle n'a que 23 ans, la fait immédiatement connaître du grand public tandis que la critique salue la naissance d'une grande écrivaine, la comparant à Virginia Woolf et à James Joyce.? Pour sa cinquième édition, ce livre est réédité avec une nouvelle traduction en décembre 2018.

  • água viva

    Clarice Lispector

    « Et je veux capturer le présent qui, par sa nature même, m'est interdit [...].
    Mon thème est l'instant, mon thème de vie. Je cherche à lui être pareille, je me divise des milliers de fois en autant de fois que d'instants qui s'écoulent, fragmentaire que je suis et précaires les moments - je ne me m'engage qu'avec la vie qui naît avec le temps et avec lui grandit : c'est seulement dans le temps qu'il y a de l'espace pour moi. [...]
    La musique ne se comprend pas : elle s'entend. Entends-moi alors avec ton corps tout entier. Quand tu arriveras à me lire, tu demanderas pourquoi je ne m'en tiens pas à la peinture et à mes expositions, puisque j'écris rude et de façon désordonnée. C'est que maintenant je sens le besoin de mots - et c'est nouveau pour moi ce que j'écris parce que ma vraie parole est restée jusqu'à présent intouchée. La parole est ma quatrième dimension. [...] » C. L.

  • Sur le sort de cette femme sans charme et sans esprit du Nord-Est brésilien, le narrateur de L'heure de l'étoile semble tant s'attendrir que perdre patience. Autour d'elle gravitent des avides et des ambitieux qui ne lui donneront rien. En observateur distant, l'auteur fictif s'acquitte d'une lourde tâche : faire le récit de cette vie misérable et sans amour, qui tiendrait en un souffle. Il révèle l'absurdité de son existence, mais aussi le joyau paradoxal qui se cache derrière l'aspect insignifiant de la vie, que seule la mort vient exhumer.

    "Avait-elle le sentiment de vivre en pure perte ? C'est chose impossible à savoir. Mais je ne crois pas. Une seule fois, elle se posa la tragique question : qui suis-je ? Elle en fut tellement ahurie que ses réflexions s'arrêtèrent là. Mais moi, qui ne parviens pas à m'identifier à elle, je sens que je vis en pure perte. Je mène une existence parfaitement gratuite ; je règle ponctuellement mes notes d'électricité, de gaz et de téléphone. Mais elle, il lui arrivait parfois de s'offrir une rose, après avoir touché son salaire. Tout ceci arrive durant cette année en cours et je ne terminerai cette difficile histoire qu'à bout de force, mais ne déserterai pas."
    C.L.

  • Livre posthume, livre-testament certes, Un Souffle de vie est aussi un contrepoint fulgurant à tout ce que Clarice Lispector a publié de son vivant. Si les chroniques de La Découverte du monde révélaient certains de ses processus de création, ici ce sont des matériaux presque bruts, analogues aux « fusées » baudelairiennes, qui irradient toutes les questions angoissées que s'est toujours posées Clarice face à Dieu, au temps, au monde et à son histoire, aux êtres vivants ou inanimés.

    Même si elle n'est pas saisie consciemment, l'approche de la mort aiguise ces interrogations : comment finalement résoudre l'énigme de toute création ? Qu'est-ce que la mort ? Imaginant un dialogue entre un auteur et la femme personnage à qui il donne « un souffle de vie », Clarice, entre ces deux miroirs, se dédouble à l'infini et, une dernière fois et à jamais, nous éblouit par tous les éclats de son écriture et finalement nous propose le mot « vie » comme réponse à nos propres questions.

  • « Il faut que je te dise une vérité. Cette vérité est que Laura a le cou le plus moche du monde. Tu t'en fiches n'est-ce pas ? Parce que ce qui compte, c'est la beauté intérieure. Toi, es-tu beau intérieurement ? Je parie que oui. Comment est-ce que je le sais ? C'est que je suis en train de te deviner. » C.L.

    « Tu sais, Paulo, tu ne peux pas imaginer ce qui est arrivé à ce lapin. Si tu crois qu'il parlait, tu te trompes. Il n'a jamais prononcé un seul mot de sa vie. Si tu crois qu'il était différent des autres lapins, tu te trompes aussi. La vérité, c'est qu'il n'était qu'un lapin. Tout ce qu'on peut dire de lui c'est qu'il était un lapin très blanc. » C.L.

  • Lori est institutrice, Ulysse, professeur de philosophie. Leurs rendez-vous s'inscrivent dans un quotidien banal. Mais elle est Lori-Lorelei, une sirène, et lui est le sage Ulysse qui vit à distance, voyageur immobile qui attend la femme, l'observe à chaque étape de sa quête du monde et d'elle-même. À partir d'éléments autobiographiques et dans un climat de rituel initiatique, l'auteure tisse le fil d'une histoire d'amour insolite, invitant le lecteur à se dépouiller de ses propres images pour entrer dans ce langage destiné à retrouver, à inventer l'autre.

    « Et maintenant c'était elle qui sentait l'envie de rester sans voir Ulysse, un certain temps, pour pouvoir apprendre, seule, à être. Déjà deux semaines avaient passé et Lori ressentait un manque si grand que c'était comme une faim. Qui ne passerait que si elle mangeait la présence d'Ulysse. Mais parfois le manque était si profond que la présence, calculait-elle, serait insuffisante ; elle voulait absorber Ulysse tout entier. » C.L.

  • Paru au Brésil en 1949, La ville assiégée est le troisième ouvrage publié par Clarice Lispector.

    L'histoire se passe dans les années 1920. Une jeune fille, Lucrécia, assiste au développement industriel du faubourg où elle habite. Apprentissage de la ville et de soi, dans la recherche d'un équilibre qui ne se trouvera d'abord que par la domination des objets. Lucrécia, du regard, affronte la réalité, assiège la ville avec la complicité des chevaux. Elle en épouse la forme pour réduire à merci les hommes dont le pouvoir n'est que professionnel. La ville assiégée est un roman surprenant et maîtrisé, où l'apparente chronologie est constamment brisée dans la confrontation du passé, du présent et de l'avenir et où les tableaux d'époque sont transcendés par des visions mythologiques. Fable réaliste où la parole à la fois lente, obstinée et frémissante, permet de trouver l'épiphanie, de résoudre l'ambivalence où se débat tout être vivant, humain ou animal.

  • « Le destin de l'enfant, c'était de naître. On entendait, comme venue du coeur de la nuit silencieuse, cette musique aérienne que chacun de nous a déjà entendue et dont est fait le silence : extrêmement douce et sans mélodie, mais composée de sons qui pouvaient devenir mélodieux. Flottante, ininterrompue. Les sons comme quinze mille étoiles. La petite famille captait la plus élémentaire vibration de l'air - comme si le silence parlait. » C.L.

  • Le lustre

    Clarice Lispector

    Paru en 1946, "Le lustre" est le deuxième ouvrage publié par Clarice Lispector. Elle a vingt ans. Roman d'initiation, il décrit le parcours douloureux et bref d'une adolescente, Virginia, élevée à la campagne dans le silence d'une famille et d'une demeure décadentes et qui va faire son éducation sentimentale à la ville. C'est l'initiation au mystère des choses, à la difficulté d'être, la découverte du monde dans ses plus intimes et fugaces manifestations, par la sensation et surtout le regard. C'est aussi l'initiation à la parole. Le Lustre est un livre fondamental dans l'oeuvre de l'auteure. Elle nous y donne presque à l'état brut les prémices de sa vision du monde, gangues et pépites, les péripéties du parcours de l'héroïne préfigurant l'itinéraire de la romancière.

    Dans ce livre matrice où l'écriture fixe la mouvance des choses tout en étant entraînée par elle, s'ébauchent des personnages, des scènes, des situations qui prendront des traits plus accusés dans les livres ultérieurs.

  • Kaléidoscope, où de crainte de sombrer dans le vertige, les êtres se replient au sein de la famille. Trois des treize nouvelles du recueil : La préciosité, Une poule et La plus petite femme du monde. En une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, Clarice Lispector (1925-1977) a construit une oeuvre qui la place parmi les plus grands écrivains brésiliens. De sa très jeune voix, Chiara Mastroianni lit trois des treize nouvelles de Liens de famille, dans lesquelles l'auteur allie une écriture d'une précision implacable à un regard cruel, tendre et ironique. Tous les personnages ont en commun de porter le poids d'une faute, d'une honte, d'une trahison, ou de résister à la tentation de la pitié, de l'amour et d'être en manque : de tendresse, d'infini, d'un simple mot qui permettrait de dénouer ces « liens » qui les ligotent au lieu de les unir.

    "Comment passer outre cette paix qui nous épie ? Silence si grand que le désespoir se revêt de pudeur. Montagnes si hautes que le désespoir s'enveloppe de pudeur. L'ouïe s'aiguise, la tête s'incline, le corps tout entier écoute : pas une rumeur. Pas un coq. Comment entrer dans cette profonde méditation du silence. De ce silence sans mémoire de mots. Si tu es la mort, comment t'atteindre ?"
    C. L.

  • « L'Imitation de la rose » appartient au recueil Liens de famille, dont les textes se construisent autour d'événements, apparemment anodins, mais à l'origine pourtant de profonds bouleversements chez les personnages. Ici, Laura, rentrée chez elle après un séjour en hôpital, repasse dans sa tête les conseils du médecin : calme, repos... C'est la contemplation d'un bouquet de roses, des roses trop belles, qui provoque chez elle le basculement redouté...

    Hélène Fillières lit trois autres textes, courts, introspectifs et poétiques, extraits du recueil Où étais-tu pendant la nuit ? « C'est là que je vais » « Silence » et « Tant de douceur ». Sa voix, sensible et délicate, offre une lecture à fleur de peau, se tenant au plus près de l'écriture de Clarice Lispector et donne ainsi à entendre le murmure étouffé des mouvements les plus secrets de l'âme.

  • A Breath of Life is Clarice Lispector's final novel, 'written in agony', which she did not live to see published. Sensual and mysterious, it is a mystical dialogue between a god-like author and the creation he breathes life into: the speaking, shifting, indefinable Angela Pralini. As he has created Angela, so, eventually, he must let her die, for life is merely 'a kind of madness that death makes.' This is a unique, elegiac meditation on the creation of life, and of art.

  • In Ogua Viva Clarice Lispector aims to 'capture the present'. Her direct, confessional and unfiltered meditations on everything from life and time to perfume and sleep are strange and hypnotic in their emotional power and have been a huge influence on many artists and writers, including one Brazilian musician who read it one hundred and eleven times. Despite its apparent spontaneity, this is a masterly work of art, which rearranges language and plays in the gaps between reality and fiction.

  • G.H., a well-to-do Rio sculptress, enters the room of her maid, which is as clear and white 'as in an insane asylum from which dangerous objects have been removed'. There she sees a cockroach - black, dusty, prehistoric - crawling out of the wardrobe and, panicking, slams the door on it. Her irresistible fascination with the dying insect provokes a spiritual crisis, in which she questions her place in the universe and her very identity, propelling her towards an act of shocking transgression. Clarice Lispector's spare, deeply disturbing yet luminous novel transforms language into something otherworldly, and is one of her most unsettling and compelling works. Clarice Lispector was a Brazilian novelist and short story writer. Her innovation in fiction brought her international renown. References to her literary work pervade the music and literature of Brazil and Latin America. She was born in the Ukraine in 1920, but in the aftermath of World War I and the Russian Civil War, the family fled to Romania and eventually sailed to Brazil. She published her first novel, Near to the Wildheart in 1943 when she was just twenty-three, and the next year was awarded the Graça Aranha Prize for the best first novel. Many felt she had given Brazillian literature a unique voice in the larger context of Portuguese literature. After living variously in Italy, the UK, Switzerland and the US, in 1959, Lispector with her children returned to Brazil where she wrote her most influential novels including The Passion According to G.H. She died in 1977, shortly after the publication of her final novel, The Hour of the Star.

  • Clarice Lispector's sensational, prize-winning debut novel Near to the Wild Heart was published when she was just twenty-three and earned her the name 'Hurricane Clarice'. It tells the story of Joana, from her wild, creative childhood, as the 'little egg' who writes poems for her father, through her marriage to the faithless Otàvio and on to her decision to make her own way in the world. As Joana, endlessly mutable, moves through different emotional states, different inner lives and different truths, this impressionistic, dreamlike and fiercely intelligent novel asks if any of us ever really know who we are.Clarice Lispector was a Brazilian novelist and short story writer. Her innovation in fiction brought her international renown. References to her literary work pervade the music and literature of Brazil and Latin America. She was born in the Ukraine in 1920, but in the aftermath of World War I and the Russian Civil War, the family fled to Romania and eventually sailed to Brazil. In 1933, Clarice Lispector encountered Hermann Hesse's Steppenwolf, which convinced her that she was meant to write. She published her first novel, Near to the Wildheart in 1943 when she was just twenty-three, and the next year was awarded the Graça Aranha Prize for the best first novel. Many felt she had given Brazillian literature a unique voice in the larger context of Portuguese literature. After living variously in Italy, the UK, Switzerland and the US, in 1959, Lispector with her children returned to Brazil where she wrote her most influential novels including The Passion According to G.H. She died in 1977, shortly after the publication of her final novel, The Hour of the Star.

  • Living in the slums of Rio and eking out a living as a typist, Macabéa loves movies, Coca-Cola and her philandering rat of a boyfriend; she would like to be like Marilyn Monroe, but she is ugly and unloved. Yet telling her story is the narrator Rodrigo S.M., who tries to direct Macabéa's fate but comes to realize that, for all her outward misery, she is inwardly free. Slyly subverting ideas of poverty, identity, love and the art of writing itself, Clarice Lispector's audacious last novel is a haunting portrayal of innocence in a bad world.

  • The publication of Clarice Lispector's Collected Stories, eighty-five in all, is a major literary event. Now, for the first time in English, are all the stories that made her a Brazilian legend: from teenagers coming into awareness of their sexual and artistic powers to humdrum housewives whose lives are shattered by unexpected epiphanies to old people who don't know what to do with themselves. Lispector's stories take us through their lives - and ours. From one of the greatest modern writers, these 85 stories, gathered from the nine collections published during her lifetime, follow Clarice Lispector throughout her life.

  • Sur le sort de cette femme sans charme et sans esprit du Nordeste brésilien, le narrateur de L'Heure de l' étoile semble s'attendrir autant que perdre patience. Autour d'elle gravitent des avides et des ambitieux qui ne lui donneront rien. En observateur distant, l'auteur fictif s'acquitte d'une lourde tâche : faire le récit de cette vie misérable et sans amour, qui tiendrait en un souffle. Il révèle l'absurdité de son existence, mais aussi le joyau paradoxal qui se cache derrière l'aspect insignifiant de la vie.

    « Avait-elle le sentiment de vivre en pure perte ? C'est chose
    impossible à savoir. Mais je ne crois pas. Une seule fois, elle
    se posa la tragique question : qui suis-je ? Elle en fut tellement ahurie que ses réflexions s'arrêtèrent là. Mais moi, qui ne parviens pas à m'identifier à elle, je sens que je vis en pure perte. Je mène une existence parfaitement gratuite ; je règle ponctuellement mes notes d'électricité, de gaz et de téléphone. Mais elle, il lui arrivait parfois de s'offrir une rose, après avoir touché son salaire. Tout ceci arrive durant cette année en cours et je ne terminerai cette difficile histoire qu'à bout de force, mais ne déserterai pas. » C. L.

    "L'Heure de l'étoile", dernier livre de Clarice Lispector paru de son vivant, a également fait l'objet d'une adaptation au
    cinéma par Suzana Amaral en 1985.
    La présente édition est suivie d'un texte inédit de son fils,
    Paulo Gurgel Valente, écrit à l'occasion du Centenaire de la
    naissance de sa mère.

  • "La Passion selon G. H." est un classique incontournable de
    la littérature brésilienne contemporaine, dont l'intrigue repose sur quelques éléments à peine : un évènement apparemment banal fait irruption dans le cours habituel
    des jours et provoque un séisme intérieur foudroyant.
    G. H., une artiste vivant à Copacabana, quartier chic de la ville de Rio de Janeiro, pénètre pour la nettoyer dans la chambre de l'employée de maison à la suite de son départ. La pièce est impeccable mais elle y découvre dans un placard une énorme blatte qu'en vain elle tente d'écraser d'un coup de porte. Face à l'insecte agonisant, G. H. plonge dans une crise existentielle qui la mènera par strates successives jusqu'aux confins de la Création, par-delà les limbes du langage et de l'inconscient. Ce voyage immobile constitue sans doute l'une des pages les plus saisissantes de la littérature du XXe siècle.

    « Ce livre est un livre comme les autres, mais je serais heureuse qu'il soit lu uniquement par des personnes à l'âme déjà formée. Celles qui savent que l'approche de toute chose se fait progressivement et péniblement - et doit parfois passer par le contraire de ce que l'on approche. Ces personnes, et elles seules, comprendront tout doucement que ce livre n'enlève rien à personne. À moi par exemple, le personnage de G. H. m'a peu à peu donné une joie difficile : mais son nom est joie. » C. L.

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