Eva Illouz

  • La culture occidentale n'a cessé de représenter les manières dont l'amour fait miraculeusement irruption dans la vie des hommes et des femmes. Pourtant, cette culture qui a tant à dire sur la naissance de l'amour est beaucoup moins prolixe lorsqu'il s'agit des moments, non moins mystérieux, où l'on évite de tomber amoureux, où l'on devient indifférent à celui ou celle qui nous tenait éveillé la nuit, où l'on cesse d'aimer. Ce silence est d'autant plus étonnant que le nombre des ruptures qui jalonnent une vie est considérable.
    C'est à l'expérience des multiples formes du " désamour " que ce livre profond et original est consacré. Eva Illouz explore l'ensemble des façons qu'ont les relations d'avorter à peine commencées, de se dissoudre faute d'engagement, d'aboutir à une séparation ou un divorce, et qu'elle désigne comme des " relations négatives ".
    L'amour semble aujourd'hui marqué par la liberté de ne pas choisir et de se désengager. Quel est le prix de cette liberté et qui le paye ? C'est tout l'enjeu de cet ouvrage appelé à faire date, et qui prouve que la sociologie, non moins que la psychologie, a beaucoup à nous apprendre sur le désarroi qui règne dans nos vies privées.
    Eva Illouz est directrice d'études à l'EHESS. Elle est notamment l'auteure de Pourquoi l'amour fait mal et des Sentiments du capitalisme, publiés aux Éditions du Seuil, et récemment de Happycratie.
    Traduit de l'anglais par Sophie Renaut.

  • Si le mal d'amour a toujours existé, il y a une manière spécifiquement moderne d'aimer et de souffrir de l'amour, que ce livre entend éclairer.
    À partir de nombreux témoignages et d'exemples issus de la culture populaire, Eva Illouz dresse le portrait de l'individu contemporain et de son rapport à l'amour, ainsi que des pathologies qui lui sont associées : incapacité de choisir, refus de s'engager, évaluation permanente de soi et du partenaire, psychologisation à l'extrême des rapports amoureux, tyrannie de l'industrie de la mode et de la beauté, marchandisation de la rencontre, etc. Tout cela dessine une économie émotionnelle et sexuelle qui laisse l'individu désemparé, pris entre une hyper-émotivité paralysante et un cadre social qui tend à standardiser, dépassionner et rationaliser les relations amoureuses.

  • La trilogie Cinquante nuances de Grey connaît un succès phénoménal. Comment comprendre cet engouement planétaire pour une romance érotique mettant en scène l'initiation sadomasochiste d'une jeune ingénue par un séducteur richissime qui finit par épouser sa soumise ? Suffit-il d'invoquer le caractère osé du livre et ses ficelles narratives ou d'ironiser sur la popularité naissante d'une pornographie pour mères de famille ?Dans la lignée de Pourquoi l'amour fait mal, c'est une tout autre lecture, autrement subtile et troublante, qu'Eva Illouz propose dans cet ouvrage. Considérant les best-sellers comme un baromètre des valeurs, elle montre que, dans cette bluette SM, le jeu de la soumission et de l'autonomie, de la souffrance et de l'épanouissement sexuel, de l'assignation des rôles et de la confusion des identités entre en résonance avec les apories contemporaines des relations entre hommes et femmes. Si cette histoire semble procurer à ses lectrices un tel plaisir, c'est qu'elle formule allégoriquement les contradictions émotionnelles et sentimentales qu'elles éprouvent et que, à la manière des guides de développement personnel, elle s'avise de leur prodiguer d'audacieux conseils pour les résoudre.Professeure de sociologie à la Hebrew University de Jérusalem, Eva Illouz a notamment publié Les Sentiments du capitalisme et Pourquoi l'amour fait mal (Seuil, 2006 et 2012).

  • Un ouvrage collectif, initié et dirigé par Eva Illouz, qui montre comment émotions et marchandises sont désormais coproduites. Créées par des industries aussi diverses que celles du tourisme, de la musique, du cinéma, du sexe ou des psychothérapies, elles entendent transformer et améliorer le moi. Une réflexion fondamentale qui jette une lumière éclatante sur nos modes de vie.

    De la détente proposée par le Club Med aux cartes sexuelles distribuées dans les rues de Tel Aviv, des techniques de psychologie positive aux films d'horreur, la consommation et les émotions s'intriquent désormais au point de se définir mutuellement. C'est là un trait fondamental, et pourtant jusqu'alors jamais étudié, de notre modernité. Une modernité qui fait de l'individu un être à la fois fondamentalement rationnel et soumis à une intensification sans précédent de ses émotions. Ce paradoxe est rendu possible par le fait que les émotions et les marchandises sont désormais coproduites, jusqu'à générer un type de produits tout à fait inédit et jusqu'à présent jamais étudié : les marchandises émotionnelles.

    Cet ouvrage collectif, initié et dirigé par Eva Illouz, montre brillamment comment ces nouvelles marchandises – produites par des industries aussi diverses que celles du tourisme, de la musique, du cinéma, du sexe ou des psychothérapies – entendent transformer et améliorer le moi. Il met ainsi le doigt sur une caractéristique majeure de nos sociétés, interrogeant avec profondeur – en se gardant de tout jugement – l'authenticité de l'individu moderne. Une réflexion fondamentale, qui ouvre un nouveau champ de recherches et jette une lumière éclatante sur nos modes de vie.

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    LA PRESSE EN PARLE

    " Un essai captivant et provocant, qui raconte comment le capitalisme utilise, transforme et fabrique nos émotions. " Marie Lemonnier,
    L'Obs

    " Une des plus grandes sociologues au monde. " Guillaume Erner,
    France Culture

    " À la fois tragique et désopilant. " Laure Adler,
    France Inter

    " Ce livre fait surgir une critique absolument passionnante et originale de nos modes de vie et de pensée. "
    Psychologie Magazine

    " Avec son titre, Les Marchandises émotionnelles, il dit bien sa thèse : à une époque de rationalité, les émotions sont devenues dans le même temps des marchandises ultra-présentes, des cartes de vœux payantes aux playlists spéciales Saint-Valentin. " Géraldine Mosna-Savoye,
    France Culture

    " La sociologue Eva Illouz décrit nos sociétés capitalistes comme un piège, où l'on sollicite et l'on fabrique nos émotions, quand on nous reconditionne pour consommer et aimer, et nous ne savons plus séparer l'amour vrai et le romantisme toc des ambiances aux bougies des restaurants de la Saint Valentin... " Claude Askolovitch,
    France Inter

    " Un essai à charge contre l'instrumentalisation des sentiments dans le régime capitaliste. "
    Le Nouveau Magazine littéraire

    " S'il fallait faire la retape émotionnelle de ce bazooka d'ironie contemporaine, [...] c'est la ressemblance avec le film d'épouvante qui viendrait à l'esprit : l'outrance et la vérité, l'humour et le détail qui tue. Mais pas sûr qu'ici tout s'arrange à la fin. "
    Grazia

    " Un ouvrage exigeant, dont les réflexions finales – sur les fractures croissantes de notre monde commun, la difficulté à distinguer les émotions authentiques... - marquent par leur caractère et leur lucidité. "
    La Recherche

    " Ce livre est au marketing ce que l'archéologie est à l'histoire. Et un travail qui devrait faire date. "
    Le Journal du dimanche

    " Il est probable qu'après la lecture de cet article, vous ne regardiez plus jamais votre grille-pain de la même manière. "
    ADN

    " Il importe de souligner l'effort de théorisation accompli par les auteurs. [...] Il est question, avec ce livre, non pas de dédaigner [les émotions] ni de les ignorer, mais de les replacer dans une chaîne de causalités un peu plus intelligible. "
    Sciences humaines

    " Au fil de ses ouvrages, Eva Illouz désenchante notre quotidien pour nous pousser à le rendre plus authentique. " 28 minutes, sur
    Arte

    " Des travaux précieux " Nicolas Demorand,
    France Inter

  • Un grand débat international sur la situation contemporaine, porté par 13 intellectuels du monde entier : Arjun Appadurai, Zygmunt Bauman, Didier Eribon, Eva Illouz, Ivan Krastev, Paul Mason, Pankaj Mishra, Robert Misik, Oliver Nachtwey, Donatella della Porta, César Rendueles, Wolfgang Streeck, Slavoj Zizek. Crise financière, émergence de formations politiques nationalistes et en partie anti-libérales, rejet des institutions européennes, dégradation spectaculaire du débat public, répulsion grandissante à l'encontre des médias, multiplication des attitudes xénophobes et des théories conspirationnistes les plus grossières et invraisemblables. Pour la première fois, des chercheurs et universitaires de renommée internationale explorent les racines profondes de ce qu'il est permis d'appeler une "grande régression". Ils la replacent dans son contexte historique, s'attachent à élaborer des scénarios possibles pour les années à venir, et débattent des stratégies susceptibles de la contrecarrer.

  • Why Love Hurts

    Eva Illouz

    • Polity
    • 20 May 2013

    Few of us have been spared the agonies of intimate relationships. They come in many shapes: loving a man or a woman who will not commit to us, being heartbroken when we're abandoned by a lover, engaging in Sisyphean internet searches, coming back lonely from bars, parties, or blind dates, feeling bored in a relationship that is so much less than we had envisaged - these are only some of the ways in which the search for love is a difficult and often painful experience. Despite the widespread and almost collective character of these experiences, our culture insists they are the result of faulty or insufficiently mature psyches. For many, the Freudian idea that the family designs the pattern of an individual's erotic career has been the main explanation for why and how we fail to find or sustain love. Psychoanalysis and popular psychology have succeeded spectacularly in convincing us that individuals bear responsibility for the misery of their romantic and erotic lives. The purpose of this book is to change our way of thinking about what is wrong in modern relationships. The problem is not dysfunctional childhoods or insufficiently self-aware psyches, but rather the institutional forces shaping how we love. The argument of this book is that the modern romantic experience is shaped by a fundamental transformation in the ecology and architecture of romantic choice. The samples from which men and women choose a partner, the modes of evaluating prospective partners, the very importance of choice and autonomy and what people imagine to be the spectrum of their choices: all these aspects of choice have transformed the very core of the will, how we want a partner, the sense of worth bestowed by relationships, and the organization of desire. This book does to love what Marx did to commodities: it shows that it is shaped by social relations and institutions and that it circulates in a marketplace of unequal actors.

  • Cold Intimacies

    Eva Illouz

    • Polity
    • 23 April 2013

    It is commonly assumed that capitalism has created an a-emotional world dominated by bureaucratic rationality; that economic behavior conflicts with intimate, authentic relationships; that the public and private spheres are irremediably opposed to each other; and that true love is opposed to calculation and self-interest.
    Eva Illouz rejects these conventional ideas and argues that the culture of capitalism has fostered an intensely emotional culture in the workplace, in the family, and in our own relationship to ourselves. She argues that economic relations have become deeply emotional, while close, intimate relationships have become increasingly defined by economic and political models of bargaining, exchange, and equity. This dual process by which emotional and economic relationships come to define and shape each other is called emotional capitalism. Illouz finds evidence of this process of emotional capitalism in various social sites: self-help literature, women's magazines, talk shows, support groups, and the Internet dating sites. How did this happen? What are the social consequences of the current preoccupation with emotions? How did the public sphere become saturated with the exposure of private life? Why does suffering occupy a central place in contemporary identity? How has emotional capitalism transformed our romantic choices and experiences? Building on and revising the intellectual legacy of critical theory, this book addresses these questions and offers a new interpretation of the reasons why the public and the private, the economic and the emotional spheres have become inextricably intertwined.

  • Le livre événement qui s'attaque de front à l'essor de l'industrie du bonheur et du développement personnel, par une des auteures les plus influentes au monde, d'après Der Spiegel (Allemagne) et L'Obs. Un livre urgent, accessible et provocateur.

    Le bonheur se construirait, s'enseignerait et s'apprendrait : telle est l'idée à laquelle la psychologie positive, née au tournant du siècle, s'attache à conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d'écouter les experts pour devenir heureux. L'industrie du bonheur, qui brasse des millions d'euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.

    Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ?

    Et si la dite science du bonheur visait à nous convertir à un modèle

    individualiste niant toute idée de société ?

    Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle " science " et explorent les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.

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    LA PRESSE EN PARLE

    " Eva Illouz et Edgar Cabanas s'attaquent avec brio à la dictature du bonheur. Un livre édifiant, important et urgent pour comprendre l'emprise d'une idéologie devenue mondiale au service du pouvoir. " Marie Lemonnier,
    L'Obs

    " Un essai décapant. " Laurent Lemire,
    Livres Hebdo

    " Une critique juste de la tyrannie d'un modèle du bonheur artificialisé, dégagé de tout contexte social. " Jean-Marie Durand,
    Les Inrocks

    " Un livre exceptionnel. " Raphaël Glucksmann,
    France Inter

    " Dans son dernier livre, la sociologue dénonce l'injonction qui nous est faite d'être heureux. Cette idéologie, dont la psychologie positive est le bras armé, n'a qu'un objectif : culpabiliser les individus et conforter le néolibéralisme. Une fois de plus, l'auteure veut "mettre de la sociologie là où domine la psychologie". " Virginie Bloch-Lainé,
    Libération

    " On pourrait comparer Happycratie à une cellule de dégrisement, tant l'ivresse du bonheur nous a gagnés. (...) Une lecture qui déconstruit l'esprit du temps. " Elodie Maurot,
    La Croix

    " (Pour les auteurs), le bonheur, reformaté par la " psychologie positive ", est devenu non plus une promesse désirable, mais un secteur lucratif, un outil de management et un leurre politique, surtout depuis la crise de 2008. Bienvenue en "happycratie"... " Joseph Confavreux, Mediapart

    " La sociologue Eva Illouz et le psychologue Edgar Cabanas, fins observateurs de l'usage des émotions intimes par le capitalisme, décryptent comment le bonheur est devenu un marché juteux et une idéologie aussi captivante que perverse. " Catherine Portevin,
    PhiloMag

    " La thèse est simple et lumineuse. (...) Merci à eux de nous rappeler l'importance du travail négatif, sous peine "d'oublier la bigarrure du monde humain, si chère à Freud". "
    Psychologies Magazine

    " Méfions-nous de ce nouvel ordre moral qui fait de la souffrance un scandale et refoule la douleur comme une maladie honteuse. " Dominique Garandet,
    Centre France

    " Un ouvrage érudit et percutant. "
    Europe1

    " Une lecture éclairante, qui appelle à quitter l'obsession égocentrique de l'amélioration de soi, et à combattre une tyrannie de l'optimisme. " Annabelle Laurent,
    Usbek & Rica

    " Une somme urgente et salutaire à la fois. "
    Livres Critique

    " Un livre passionnant. " Xavier Lambrechts,
    TV5 Monde

    " On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours... Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction. " Nicolas Santolaria,
    Le Monde

    " La science du bonheur n'est-elle pas le prélude à une société ultra-individuaslite ? Le docteur en psychologie Edgar Cabanas et la sociologue Eva Illouz explorent ces questions essentielles. "
    We Demain

    " L'essai Happycratie dénonce les techniques inspirées de la pensée positive et du développement personnel, qui véhiculent une vision du monde moralement discutable. " Jean-Laurent Cassely,
    Slate​

  • The imperative of happiness dictates the conduct and direction of our lives. There is no escape from the tyranny of positivity.  But is happiness the supreme good that all of us should pursue? So says a new breed of so-called happiness experts, with positive psychologists, happiness economists and self-development gurus at the forefront. With the support of influential institutions and multinational corporations, these self-proclaimed experts now tell us what governmental policies to apply, what educational interventions to make and what changes we must undertake in order to lead more successful, more meaningful and healthier lives. With a healthy scepticism, this book documents the powerful social impact of the science and industry of happiness, arguing that the neoliberal alliance between psychologists, economists and self-development gurus has given rise to a new and oppressive form of government and control in which happiness has been woven into the very fabric of power.

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