Florence Seyvos

  • Lorsqu'elle se retrouve seule, à l'abri des regards, Anna entend des voix, aperçoit des lumières derrière les rideaux, surprend des ombres dans le couloir. Elle sait qu'elle appartient à un autre monde, qui n'obéit pas aux mêmes lois que le monde ordinaire.
    Cela l'effraie, et la remplit de honte.
    Est-ce pour la protéger d'un danger que, depuis l'âge de douze ans, Anna doit avaler des comprimés prescrits par un certain Georg ? De quelle maladie souffre-t-elle ? Dans quel état se retrouverait-elle si elle abandonnait le traitement ?
    Une bête aux aguets est l'histoire d'une jeune fille qui découvre qu'elle est habitée par la peur : celle de se métamorphoser en une créature dont elle n'ose prononcer le nom. Mais ce phénomène qu'elle ne peut expliquer est peut-être la promesse d'un autre changement. Dans ce roman voué à l'inquiétante étrangeté, Florence Seyvos nous conduit au coeur du mystère qu'elle ne cesse d'explorer, de livre en livre, avec obstination.

  • Henri est fragile, frêle, « différent ». Pourtant il émane de lui une force étrange. Lorsque la narratrice, sa soeur, se rend à Hollywood pour enquêter sur la vie de Buster Keaton, génie du cinéma burlesque, ses recherches la ramènent sans cesse à Henri. Buster est insensible à la douleur, Henri ne peut pas la dire. L'un exécute des cascades violentes, l'autre est soumis à une rééducation éprouvante. Ils partagent une capacité de résistance aux épreuves brutales, une solitude inguérissable et une forme singulière d'insoumission. Ils sont tous deux des garçons incassables.

  • Deux enfants, Susanne et Thomas. Une maison aux portes closes. Parmi les adultes qui les entourent, une mère autoritaire, un oncle faible et pervers, et – plus tard – un maître d'école sadique sont les figures d'une inquiétante toute-puissance. Seule Odette, qui est presque une simple d'esprit – ou une sainte? – se préoccupe vraiment d'eux. Et puis il y a Mathilde, la cousine tyrannique qui ment tout le temps et, pourtant, dit la vérité. "Que me manque-t-il? ", se demande Suzanne.
    Guidée par cette question, comme Ariane dans le labyrinthe, Suzanne revisite les moments et les lieux où tout s'est joué : le divorce raté des parents, la religion et le goût du blasphème, les premiers jeux sexuels, les nuits d'été au bord du lac, la cruauté, la bêtise. Dans le fol espoir de retrouver le chemin d'un paradis qui n'a peut-être jamais existé que dans son imagination.
    Avec force, mais aussi avec douceur, Florence Seyvos nous entraîne à sa suite dans ce monde, celui des enfants de Henry James et de Flannery O'Connor.

  • Thomas a rendez-vous avec le docteur Zblod qui ne l'ausculte pas, ne regarde ni sa gorge ni ses oreilles.
    Ce n'est pas ce genre de docteur.
    C'est un spécialiste des angoisses et des cauchemars.
    On peut lui dire tout ce qui nous passe par la tête, a dit maman. Thomas craint que cette phrase n'agisse comme une malédiction, et que n'importe quoi, absolument n'importe quoi lui passe par la tête.
    « - Les cauchemars que tu fais le jour, est-ce que ce sont toujours les mêmes ? a demandé le docteur.
    - Il y en a plusieurs sortes. Mais il y en a un qui revient plus souvent que les autres.
    - Est-ce que je peux te demander de quel cauchemar il s'agit, si ce n'est pas indiscret ? » C'était un moment important, parce que j'allais prononcer le nom qui compte le plus dans ma vie.
    Le nom qui compte le plus dans la vie de Thomas, depuis qu'il a vu le film, c'est celui de Nanouk l'Eskimo.

  • Affalé tranquille sur le canapé, Vincent sirote un thé à la menthe en fumant une cigarette. Et puis il en allume une deuxième. Il vient d'être initié sans trop savoir encore à quoi. M.Wahl n'est jamais qu'un prof qu'on lui a imposé, un prof d'allemand en plus. Pourquoi est-ce par lui qu'arrive la curiosité ? Vincent, dès qu'il le voit, veut tout savoir sur lui. Il collectionne passionnément les indices - renseignements administratifs, goûts musicaux, marque de ses biscottes sans sel - et s'épuise à lutter activement contre l'enthousiasme et ses manifestations extérieures. Et encore, s'il n'y avait qu'eux deux... Il faut faire face à une soeur potentiellement virtuose de violon parce qu'elle sent la musique, à des parents dont l'histoire ressemble à un roman-photos, et à un chien gluant de servilité. Au milieu de tout ça, le dossier de renseignements sur David Wahl s'épaissit et Vincent cultive les acquis du 10 novembre. Mais pour tout arranger, il est absent, le gros Valoche.

  • Dans un village du sud de la France, les enfants jouent à la guerre. Un matin, leurs pères partent au front. Quelques mois plus tard, le père de Victor apparaît dans ses rêves. Victor comprend alors que son père est mort.

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