Francois Gagnon

  • Il n'est plus temps aujourd'hui de s'interroger sur la légitimité d'un enseignement de l'oral : tous les programmes et plans d'études actuels des différents pays et régions francophones lui donnent une place conséquente, de la maternelle à la fin du secondaire, des premiers rituels langagiers aux genres les plus complexes. Ce nouvel ouvrage de la collection Recherches en didactique du français a dès lors pour principal objectif - et intérêt - de présenter des pistes et réalisations concrètes, fondées didactiquement. Celles-ci témoignent des avancées dans ce domaine, mais aussi du développement d'une ingénierie didactique solidement argumentée, attentive aux démarches d'élaboration et de validation des dispositifs proposés. Au-delà de certaines convergences, les contributions font apparaitre des manières diversifiées d'envisager l' « oral » comme objet de l'enseignement : des pratiques communicatives larges, multimodales, à des conduites langagières « transversales » telles la justification ou l'argumentation, d'un oral au service de l'écrit à des approches spécifiquement centrées sur des genres oraux tels le débat ou le documentaire, en production ou en compréhension. L'ouvrage aborde ainsi de nombreuses questions, notamment à propos des normes appliquées, ou à appliquer, lorsqu'on enseigne l'oral, de l'évaluation, des relations entre oral et écrit, de la formation, voire de la délimitation même du domaine. Il pointe aussi quelques lacunes qui demeurent, concernant la progression des apprentissages par exemple. Cet ouvrage est de nature à intéresser les enseignant-e-s, qui pourront y trouver diverses pistes, les formateurs et formatrices, les didacticien-ne-s des langues et... tous les adeptes de l'oral, sous toutes ses formes et dans toutes ses variétés !

  • Il est souvent question du castor dans les écrits de la Nouvelle-France. Après tout, la survie de la colonie française au Canada a longtemps dépendu de la fourrure de cet ingénieux animal. Loin de s'intéresser exclusivement à ses aspects économiques, nos vieux auteurs ont manifesté de la curiosité pour les moeurs de cet animal qui non seulement construisait des cabanes, mais édifiait des digues. Il leur a paru vivre «en république» ou obéir à la voix d'un «commandant», tant ses ouvrages leur parurent étonnants et parfais. Bien plus, ces prouesses du castor canadien étaient sans exemple chez leur cousins européens. On se mit donc en frais non seulement d'en écrire, mais d'illustrer de gravures son propos. C'est ainsi que naquit une véritable iconographie canadienne du castor, le commencement d'un bestiaire illustré de la Nouvelle-France.
    Dans le présent ouvrage, l'historien de l'art canadien, François-Marc Gagnon, professeur à l'Université de Montréal, traite essentiellement des images qui représentent le castor dans les récits de voyages, les traités d'histoire naturelle et les cartes géographiques de la Nouvelle-France. Il est question des images représentant le castor lui-même et de celles qui nous le montrent au travail à ses digues et à ses cabanes. L'analyse des images se fait toujours en conjonction avec celle des textes qu'elles voulaient illustrer. Le lecteur est entraîné dans un dédale d'érudition qui n'exclut ni la surprise ni l'amusement, y compris la remarque du père Charlevoix qui raconte que le castor, sachant pourquoi le chasseur le poursuit, devrait se dépouiller lui-même de sa fourrure pour se sauver la vie.
    François-Marc Gagnon est bien connu du public qui suit ses cours d'histoire de l'art à la télévision. Il a publié tant sur les arts de la Nouvelle-France que sur l'art plus récent au Québec et sur le peintre Paul-Émile Borduas en particulier.

  • À la jointure des beaux-arts et des belles-lettres, et peut-être aussi ancienne qu'eux, la question de l'ekphrasis loge au coeur de l'expérience esthétique. La description de l'oeuvre d'art se révèle en effet très rapidement indiscernable d'une certaine manière, qui en passe elle aussi par un toucher, sinon une touche, l'expérimentation de divers aspects sensibles de la matière mise à l'oeuvre par la chose de l'art. Nous avons souhaité, dans ce numéro de la revue Études françaises, rouvrir cette question à partir du « point de vue » de la déconstruction, et notamment des propositions philosophiques de Jacques Derrida telles qu'elles se donnent à lire dans le recueil de ses écrits sur les arts intitulé Penser à ne pas voir, selon le titre d'une de ses dernières conférences donnée à la Fondation du dessin de Valerio Adami en 2002 et qui condense peut-être l'essentiel de l'approche du philosophe à l'endroit des arts dits visuels, lui qui mettra au foyer de sa réflexion sur le voir la tache aveugle qui en est la condition.

  • Quarante pour-cent des Européens refusent d'avoir des Roms comme voisins, alors que 80 % de ceux-ci n'entretiennent pas de contact direct avec eux. Cette étude observe les mécanismes de construction des attitudes envers les Roms. Elle analyse la production de ces attitudes au sein de deux milieux similaires, mais où les politiques d'intégration locales envers les Roms divergent, résultant en des conditions des contacts intergroupes différentes. Cette analyse part des postulats théoriques selon lesquels l'intégration des migrants est un enjeu d'action publique locale et que des interactions sociales de qualité structurent les attitudes des uns par rapport aux autres. À partir d'entrevues semi-dirigées réalisées dans les communes françaises de La Courneuve et d'Ivry-sur-Seine, quatre théories sont testées : la théorie du contact, l'effet halo, l'effet des politiques municipales et l'influence des médias. Il en ressort que la mise en oeuvre de politiques municipales en faveur de l'intégration des Roms permet d'améliorer leurs conditions de vie et ainsi de déconstruire des préjugés imputables à leur situation de précarité. Par ailleurs, l'analyse illustre la manière dont les médias activent, entretiennent ou consolident la façon de percevoir les Roms.

  • « Ce numéro de la revue Les écrits regroupe les signatures de vingt-cinq écrivains, poètes ou prosateurs, du Québec et de l'étranger, d'André Major à Guillaume Asselin, de Pierre Senges à Gérard Cartier, de Roger Des Roches à Larry Tremblay. Un dossier « Vies sauvages », dirigé par Pierre Ouellet, réunit une douzaine de contributions autour du thème de la sauvagerie, où l'on trouve autant de bien que d'âpreté, de beauté que de férocité, et où règnent les formes de vie les plus attirantes et les plus terrifiantes à la fois. Comme une fenêtre ouverte sur la poésie slovène contemporaine, un second dossier intitulé « Suite slovène » présente les textes, réunis par Marie-André Lamontagne, de quatre poètes slovènes et leurs traductions - en français, en anglais et même en langue innue -, réalisées par des poètes québécois et canadiens qui ont séjourné là-bas. Enfin, dans les chroniques Exlibris, Krisis et Ekphrasis, Émile Martel revient sur son parcours de lecteur, Monique Deland présente le dernier recueil de Louise Dupré et Rober Racine rend hommage à l'artiste Mercedes Font, à qui le portfolio du numéro est consacré.

  • C'est sans préméditation que les textes du présent numéro s'articulent autour d'un pôle d'attraction qui leur confère une certaine unité malgré leur grande diversité. Ainsi, le voyage initiatique, la transmutation et le déplacement identitaire sont présents dans les récits de Louis Hamelin et de Roland Bourneuf, sensibles dans les réflexions poétiques de Dominguo Cisneros, Guillaume Asselin, Roger Des Roches ou Cédric Demangeot ainsi que dans les proses de Marie Cosnay, Emmanuel Kattan et Jean-Claude Brochu, pour ne nommer que ceux-ci. La revue propose aussi un hommage à Robert Lepage en publiant son discours d'acceptation de la Médaille de l'Académie des lettres du Québec reçue l'automne dernier, texte précédé d'une synthèse de son oeuvre par André Ricard, directeur adjoint de la revue.

  • En 2020, les salles de théâtre du Québec auront été fermées six mois sur douze. Mais le théâtre lui-même n'a pas pour autant cessé d'exister. Tenaillé·e·s par un «besoin fou de l'autre», comme l'appelle Evelyne de la Chenelière dans un texte publié ici, les artistes réuni·e·s dans ce recueil ont investi des espaces nouveaux, détourné des moyens techniques, contourné les obstacles. Ils et elles se sont saisi·e·s de casques audios, d'appareils photo, de téléphones; ils et elles ont éloigné les chaises, éclaté le public, envahi la rue et les parcs, et la parole théâtrale a continué à se faire entendre.

    Pièces rend hommage à leur créativité folle et à l'indispensable présence des arts de la scène dans notre vie.

  • Politique et Sociétés. Vol. 40 No. 2,  2021 Nouv.

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