Presses Universitaires de France

  • La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle. C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner. Gérald Bronner est professeur de sociologie à l'Université de Paris, membre de l'Académie des technologies et de l'Académie nationale de médecine. Il a publié plusieurs ouvrages couronnés par de nombreux prix. Son dernier ouvrage paru est Cabinet de curiosités sociales (collection « Quadrige », Puf, 2020).

  • Gérald Bronner continue d'explorer les croyances collectives afin d'en extirper la part d'irrationnel. Dans ce Cabinet de curiosités sociales, les objets exhibés relèvent de notre vie quotidienne, et pourtant nous n'en remarquons pas l'étrangeté : Pourquoi les ballons sont-ils presque tous ronds ? Pourquoi les chantiers sont-ils toujours en retard ? Qu'est-ce que l'apparition des téléphones portables change quant à la probabilité d'existence des soucoupes volantes ? Telles sont quelques-unes des questions en apparence triviales posées par ce livre. En apparence seulement, car comme pour tout cabinet de curiosités, il s'agira d'édifier l'esprit par l'exemple et ouvrir le regard aux marges de la réalité. Cette marge ne se situera pas aux confins du monde connu comme dans les traditionnels cabinets de curiosité mais juste là... devant nos yeux.

  • Pourquoi les mythes du complot envahissent-ils l´esprit de nos contemporains ? Pourquoi le traitement de la politique tend-il à se « peopoliser » ? Pourquoi se méfie-t-on toujours des hommes de sciences ? Comment un jeune homme prétendant être le fils de Mickael Jackson et avoir été violé par Nicolas Sarkozy a-t-il pu ètre interviewé ã un grand journal de 20 heures ? Comment, d´une façon générale, des faits imaginaires ou inventés, voire franchement mensongers, arrivent-ils à se diffuser, à emporter l´adhésion des publics, à infléchir les décisions des politiques, en bref, à façonner une partie du monde dans lequel nous vivons ? N´était-il pourtant pas raisonnable d´espérer qu´avec la libre circulation de l´information et l´augmentation du niveau d´étude, les sociétés démocratiques tendraient vers une forme de sagesse collective ?
    Cet essai vivifiant propose, en convoquant de nombreux exemples, de répondre ã toutes ces questions en montrant comment les conditions de notre vie contemporaine se sont alliées au fonctionnement intime de notre cerveau pour faire de nous des dupes. Il est urgent de le comprendre.

     

  • Comment comprendre les métamorphoses et les formes actuelles de la croyance ? Pourquoi certaines croyances se diffusent-elles rapidement dans l'opinion publique et d'autres non ? Quels sont les contextes sociaux qui favorisent l'émergence des croyances ? Ce livre proposent plusieurs réponses à partir de divers exemples décrivant les logiques qui sous-tendent nos adhésions cognitives, les phénomènes collectifs qui les favorisent. L'empire des croyances et celui de la déraison ne sont pas entièrement compatibles.

  • Comment expliquer la rationalité paradoxale de ceux qui s'abandonnent à la folie du fanatisme ? Gérald Bronner défait un certain nombre d'idées reçues sur leur profil et leurs intentions, à travers l'exploration d'un univers mental mal connu et qui, à juste titre, fait peur. En convoquant les travaux les plus récents de la sociologie, des sciences politiques et de la psychologie cognitive, son texte dessine un portrait inédit d'un mal qui ronge les démocraties contemporaines : la radicalisation des esprits. S'appuyant sur de nombreux exemples et expérimentations de psychologie sociale, il propose un descriptif des étapes qui conduisent au fanatisme et quelques solutions pour aider à la déradicalisation.

  • Quelle mouche a piqué nos contemporains ? Ils ne paraissent regarder vers l´avenir que la peur au ventre, cherchant les premiers signes d´une apocalypse écologique que les films hollywoodiens ne cessent de nous narrer. Ils ont le sentiment d´être menacés par les ondes, la radioactivité, par leur assiette même, devant laquelle ils se souhaitent bonne chance plutôt que bon appétit. En un mot, certains discours ont fait de nous des hypocondriaques permanents à peine étonnés que surgisse une nouvelle alerte sanitaire, fatalistes face aux scénarios de fin du monde qui sont devenus les narrations dominantes de notre avenir commun.
    Ce livre, en convoquant de nombreux exemples, met en évidence ce que cette nouvelle idéologie de la peur et de la précaution a de mortifère. Son objectif est de montrer que les promoteurs de l´« heuristique de la peur », pour emprunter l´expression du philosophe Hans Jonas, commettent une erreur qui pourrait nous être fatale en tentant de mettre sous contrôle le moindre de nos gestes. Il est donc impératif de construire une nouvelle histoire de notre avenir commun, de réenchanter le risque, et pas seulement pour sortir d´un climat morose, mais pour notre survie même.

  • Cette étude tente de faire le point sur ce problème, en montrant le type de stratégies qui peut se mettre en place face à des situations d'incertitude, et en montrant comment notre imaginaire produit des récits face à l'incertitude.

  • Pourquoi l'homme se trompe-t-il aussi souvent ? Certaines de nos erreurs sont fascinantes parce qu'elles sont universelles, récurrentes et d'une certaine façon prévisibles. En présentant de façon claire les recherches les plus récentes, l'auteur se propose d'apporter quelques éclaircissements sur l'énigme de l'erreur qui a des conséquences sociales incalculables, ce que montrent les nombreux exemples, parfois amusants, parfois dramatiques, cités dans cet ouvrage.

  • Le monde contemporain a plus que jamais besoin des éclairages de la sociologie : post-truth society, instabilité politique dans les pays démocratiques, montée des populismes... Mais cette discipline à vocation scientifique est prise en otage par ceux qui veulent en faire un « sport de combat » politique. Ce livre s'adresse donc à tous ceux qui s'intéressent aux faits sociaux et sont inquiets ou étonnés des dérives intellectuelles de certaines figures reconnues des sciences humaines et sociales. Les sociologues ne sont pas immunisés contre les biais cognitifs qui peuvent nous égarer dans des récits idéologiques et outranciers : dans ce cas, toutes les conditions sont présentes pour que la sociologie « tourne » en une production plus militante que proprement scientifique. Il est donc temps pour eux de sortir de leur sommeil dogmatique et de s'astreindre aux règles qui régissent la cité des sciences. C'est ce que ce livre propose, en convoquant des données issues tout aussi bien de la sociologie que des sciences du cerveau dans le but de rendre accessibles aux non-spécialistes les enjeux fonda­mentaux que représente ce continent de la pensée.

  • Le principe de précaution et la façon dont nos contemporains entendent s'en servir est l´un des faits idéologiques majeurs de ce début de millénaire. Il est sur toutes les lèvres et l'on prétend l´appliquer sans cesse, à la lettre et à tout propos. Cet essai, en se fondant sur de nombreux exemples, propose de mettre à nu les mécanismes intellectuels et les faits historiques qui ont conduit à faire imprudemment entrer dans le droit le principe en question. Il s'oppose à la pensée dominante qui croit voir dans ce nouvel impératif constitutionnel l´expression du bon sens, alors que son application maximaliste inspire des décisions et des actions déraisonnables. Préjudiciable à l'intérêt général, cette situation implique profondément nos démocraties telles qu´elles s´organisent et les rapports désormais conflictuels que l´opinion publique entretient avec la connaissance et ses médiateurs. Il s´agit ici de mettre en évidence une nouvelle forme de populisme particulièrement redoutable : le précautionnisme.

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