Jean-Phili

  • La fabrique de souvenirs

    Pollet-Villard Phili

    • Flammarion
    • 13 April 2010

    "Mon père, je m'en souviens, n'était pas présent le jour de ses obsèques. Quand je dis qu'il était absent, je ne parle pas de mon père en général, tout le monde est absent le jour de sa cérémonie funèbre, bien sûr. Je parle du corps de mon père en particulier. Son corps, le corps de mon père n'était pas présent dans l'église ce jour-là. Tel Houdini le grand magicien se libérant d'un coffre et de ses chaînes au fond de l'océan, mon père avait réussi malgré lui cet exploit faramineux de ne pas être là une dernière fois, dans cette église de La Clusaz. Ni lui, ni son cercueil, ni rien".

  • Le travail salarié fait l'objet d'une « vie commune », parfois très virtuelle mais imposant toujours des limitations de la liberté de chacune des parties au contrat de travail. Pour le moins, une articulation est à rechercher entre liberté d'entreprendre de l'employeur et liberté de la personne en situation de travail subordonné. Diverses réponses juridiques sont apportées de par le monde, notamment au regard des régimes politiques en vigueur. Les questions soulevées sont toutefois aujourd'hui plus particulièrement marquées par les mutations du travail, les changements d'organisation de la production et des services, l'influence des technologies de la communication, la globalisation de l'économie, la coexistence de sociétés culturellement homogènes ou multiculturelles.
    Au plan international, une universalisation des libertés est à l'oeuvre, singulièrement au travers de l'affirmation de droits fondamentaux de la personne en situation d'emploi. Pour autant, la mise en comparaison de droits nationaux révèle bien des résistances à la reconnaissance des libertés individuelles dans le cadre des relations de travail.
    Sans comptabiliser, pays par pays, le permis, le possible et l'interdit, on entend ici affronter l'ambivalence de la liberté dans les relations de travail. De même qu'on distingue « égalité formelle » et « égalité réelle », on se doit en effet de prendre conscience du sens et des risques d'une liberté formelle visant à supprimer les interdits ; seule la liberté substantielle, réelle, paraît permettre de multiplier les possibles. Certains « permis » peuvent ainsi diminuer la liberté, alors que « l'interdit » peut parfois s'avérer libérateur, protecteur de la liberté.

  • Politique et Sociétés. Vol. 40 No. 1, 2021

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    • Société québécoise de science politique - politique et sociétés
    • 16 April 2021

    Avec la montée des préoccupations environnementales et l'avènement du principe de précaution, la réduction du risque de catastrophe est devenue un enjeu central de l'action publique. Dans ce contexte, les chercheurs sont de plus en plus sollicités par les autorités et par le grand public pour intervenir à titre d'experts. Or le passage de la pratique de la recherche et de celle d'opérateur de réseaux d'observations des phénomènes telluriques à la situation d'expertise ne se fait pas sans difficultés. À cet égard, le cas du risque volcanique dans l'arc des Petites Antilles est particulièrement révélateur compte tenu, notamment, des échelles spatio-temporelles très variables qui le caractérisent, de la multiplicité d'acteurs au sein de toute la société, des fortes incertitudes épistémiques et aléatoires qui le sous-tendent, de sa faible récurrence au regard des autres risques, mais aussi de la spécificité de sa chaîne d'impacts susceptible d'affecter de manière considérable de petits territoires insulaires vulnérables ancrés au sein d'un héritage historique et d'un tissu régional et international complexe. Une des difficultés - rarement abordée, tant par les chercheurs qui interviennent en tant qu'experts que par les politistes qui étudient les situations d'expertise - tient à la fragmentation des disciplines en différentes spécialités. Or cette question ne peut être abordée qu'en sortant des frontières disciplinaires traditionnelles. Le présent article, écrit conjointement par des chercheurs en sciences politiques et en sciences de la Terre, illustre de quelle manière la connaissance des tensions épistémologiques qui sous-tendent les sciences de la Terre peut contribuer à enrichir l'analyse de l'action publique lorsqu'il s'agit d'étudier les enjeux de l'expertise dans le cas des risques telluriques. Autrement dit, si le politiste dispose bien d'outils conceptuels lui permettant d'appréhender les « situations d'expertise », ces derniers gagnent à être enrichis par l'apport d'autres disciplines qui, à l'instar des sciences de la Terre, peuvent être mobilisées par les autorités responsables de la protection civile. Notre réflexion est illustrée par l'étude de deux cas de gestion de crise : l'éruption phréatique de La Soufrière de Guadeloupe (en 1976) et l'éruption magmatique de la Soufrière Hills de Montserrat (1995-en cours). Les outils mobilisés par le politiste, à l'instar des concepts d'expertise, de controverses, d'instruments d'action publique ou encore de communautés épistémiques, apparaissent insuffisants pour saisir la pluralité des savoirs et des savoir-faire développés par les experts face à des objets complexes. Or ce constat n'est pas le propre des seuls risques volcaniques. La plupart des phénomènes qui menacent aujourd'hui nos sociétés requièrent, en effet, de prendre en compte une complexité qui échappe largement à chaque discipline considérée isolément. Sortir de l'enclavement disciplinaire est difficile, comme en attestent les efforts déployés pendant plus de trois décennies par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) pour harmoniser non seulement les contributions de différentes communautés de recherche, mais encore les articuler de manière à les rendre opérationnelles pour l'action publique. Pourtant, l'analyse de l'action publique ne peut que s'enrichir à faire le pari d'un tel dialogue.

  • Dans son édition de juillet-août, l'équipe de Séquences manifeste son désir d'élargir son mandat en se renommant « revue des cinémas pluriels ». Pluriel, car les cinémas sont de genre, de thème, et d'origine multiple. Sans délaisser les films d'auteur, Séquences souhaite porter son regard vers un cinéma plus grand public, vers des thèmes intemporels, d'hier et d'aujourd'hui, sans toutefois tomber dans le simplisme. Par ailleurs, le film en couverture de ce numéro, Et au pire, on se mariera, adapté du roman éponyme de Sophie Bienvenue, est au coeur de l'entretien de Julie Vaillancourt avec la réalisatrice Léa Pool tandis qu'Élie Castiel en fait la critique. Découvrez notamment les films Rue de la Victoire, premier documentaire de Frédérique Cournoyer-Lessard, A Quiet Passion de Terence Davies, Après la tempête de Kore Eda, Poesia sin fin de Alejandro Jodorowsky et Song to song de Terrence Malick.

  • Nous constatons que les espaces que nous partageons, les lieux où nous cohabitons, sont de moins en moins hospitaliers. Ils sont à l'image de nos relations sociales, de plus en plus marquées par la méfiance, l'inimitié, le désengagement, la compétition. La crise politique de l'hospitalité nous renvoie aussi à une crise de nos imaginaires, comme le souligne avec justesse l'écrivain Patrick Chamoiseau. La mondialisation néolibérale a aseptisé notre rapport au monde et à l'Autre, tout en le chargeant d'une violence inouïe, au nom d'une logique économique étroite et infernale. Comment en sommes-nous venus à compter les personnes qui composent ces masses migrantes avant d'attester leur humanité?

    Notre époque en est aussi une de grands paradoxes : on s'applique à rendre le monde inhospitalier, alors même qu'on se gargarise de « vivre-ensemble » et de « nécessité de construire ou de reconstruire un monde commun ». Mais alors que tout s'effondre - c'est presque inévitable -, comment élaborer une véritable éthique de l'hospitalité, afin de repenser notre rapport au monde et à autrui?

  • This proceedings volume collects the stories of mathematicians and scientists who have spent and developed parts of their careers and life in countries other than those of their origin. The reasons may have been different in different periods but were often driven by political or economic circumstances: The lack of suitable employment opportunities in their home countries, adverse political systems, and wars have led to the emigration of scientists. The volume shows that these movements have played an important role in spreading scientific knowledge and have often changed the scientific landscape, tradition and future of studies and research fields.The book analyses in particular: aspects of Euler's, Lagrange's and Boscovich's scientific biographies, migrations of scientists from France, Spain and Greece to Russia in the eighteenth and nineteenth centuries, and from Russia to France in the twentieth century, exiles from Italy before the Italian Risorgimento, migrations inside Europe and the escape of mathematicians from Nazi-fascist Europe, between the two World Wars, as well as the mobility of experts around the world. It includes selected contributions from the symposium In Foreign Lands: The Migration of Scientists for Political or Economic Reasons held at the Conference of the International Academy of the History of Science in Athens (September 2019).

  • Néerlandais ? hollandais ? flamand ? dialecte allemand ? Mais de quelle langue parlons-nous ? Où se parle le néerlandais ? De quel type de langue s'agit-il ? Comment cette langue s'est-elle développée ? Quels rapports le néerlandais entretient-il avec son grand frère l'allemand ? Quel néerlandais parle-t-on en Belgique ? Quelles sont les caractéristiques majeures de cette langue ? Le néerlandais a-t-il un avenir dans la nouvelle Europe ? Il s'agit de lever les nombreux malentendus sur cette langue encore trop peu connue en France. Le néerlandais, la troisième langue germanique après l'anglais et l'allemand, réserve dans cet ouvrage de bonnes surprises au lecteur francophone.

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