Louis Hamelin

  • Si Ti-Luc Blouin est si pressé de se rendre sur la côte ouest, c'est qu'il est à la recherche de son père, un écrivain américain mythique qui vit reclus dans l'île de Mere, au large de Vancouver. Mais il trouvera là bien plus que ce qu'il avait escompté. Hier encore le royaume de la forêt vierge, l'île est aujourd'hui le théâtre de vifs affrontements entre la multinationale qui détient les droits d'exploitation de la forêt et tout ce que l'Amérique compte d'écologistes et de militants.

  • Ils sont trois à partager un appartement. Trois hommes marginaux, un peu paumés. Survient alors Dorianne, cette étrange créature de la nuit qui s'incruste dans la vie du trio. Mais c'est sur Vincent que cette véritable ensorceleuse jette son dévolu. La soif insatiable de Dorianne pour le vin rouge laisse cependant présager le pire pour le jeune homme. Égérie de Dyonisos ou de Dracula ? La jeune beauté ne lâchera pas sa nouvelle proie tant qu'elle n'aura pas entièrement consommé sa nouvelle source de plaisir.

    Roman urbain et moderne, flirtant avec le fantastique, Ces spectres agités raconte à la fois de façon tendre et brutale une histoire d'amour peu banale.

  • Après avoir vécu dix ans à Montréal, Éva revient s'installer dans sa ville natale, Maldoror, en Abitibi, plus précisément dans le chalet de son père, au bord du lac Kaganoma. Ce qu'elle vient y chercher ? Le silence, la paix. Mais il s'avère que ce silence, cette paix, sont des denrées rares et que, comme toujours quand il y a des denrées rares, il se trouve un petit malin pour se les approprier et les revendre, avec profit, aux Américains. C'est ainsi qu'Éva s'engage dans un mouvement de protestation lancé par des riverains du Kaganoma, qui se mobilisent pour protéger leur trésor. Cette folle aventure l'amènera à former un improbable quatuor avec trois hommes : Dan Dubois, acteur célèbre devenu documentariste dénonçant l'exploitation de la forêt boréale, Lionel Viger, « le Lion de l'Abitibi », promoteur extravagant et roi nègre local, et son propre père, Stan Sauvé, polygraphe et rédacteur en chef du «Colon», l'hebdo de Maldoror. Avec humour et ironie, sans exclure la tendresse, Louis Hamelin croque ici ses personnages avec l'oeil subtil du moraliste, mais sans jamais les juger, opposant à la dérisoire sauvagerie des hommes l'immense sauvagerie de la nature.

  • Essai ludique au ton personnel, Fabrications raconte les huit années d'une passionnante enquête intellectuelle pendant lesquelles Louis Hamelin a écrit La constellation du Lynx. Ce roman a parfois été perçu comme un document politique ou un ouvrage historique ; à l'inverse, le présent essai sera peut-être pris pour une oeuvre de fiction. Pourtant, à part Samuel Nihilo, l'alter ego fictif de l'auteur, les personnages qu'on y rencontre existent ou ont déjà existé - même si leurs noms ont parfois été modifiés - et leurs propos sont rapportés avec le souci de traduire au mieux leur pensée.
    Où se trouve le plus de vérité ? Dans le patient réexamen des faits qui préside à la fabrication artisanale du romancier ou dans les récits tout aussi construits qui forment la « version officielle », avec sa narration univoque et ses prétentions à l'authenticité ? Il y a une histoire secrète qui, à l'instar de la littérature, fabrique des récits. D'une même matière surgissent des interprétations antagonistes, dont l'une s'imposera en repoussant les autres dans la fiction. Ici, le processus est soumis à un éclairage littéraire qui fait appel tant à l'expérience des Brigades rouges qu'à l'intelligence de quelques oeuvres phares, de Tolstoï à Mailer.
    Voici donc la vraie histoire de Samuel Nihilo.

    Chroniqueur de littérature au Devoir depuis 1999, Louis Hamelin est l'auteur de sept romans dont La rage (1989), prix du Gouverneur général en 1990, et La constellation du Lynx (2010), qui a été couronné par cinq prix littéraires dont celui des Libraires et celui des Collégiens. Il a aussi publié un recueil de nouvelles et deux essais.

  • Dans cette extraordinaire fresque, premier grand roman sur la crise d'Octobre, Louis Hamelin réinvente l'histoire du terrorisme au Québec et fait le portrait, souvent très drôle, d'une société entre deux époques. Roman historique? Polar? Thriller politique? Tout cela et bien plus encore!

  • « Avec cet authentique roman d'action, ce trépidant western made in Québec, on ne peut plus en douter : la carrière de Louis Hamelin est partie au galop. Et bien malin qui saura l'arrêter. » Marie Claude Fortin, Clin d'oeil « Cowboy est une oeuvre puissante, comme il en paraît peu. M. Hamelin [.] s'affirme encore une fois comme romancier de premier plan, capable de soutenir un rythme et un style percutants, capable aussi d'absorber des réalités ethnographiques complexes et de leur donner un sens.» Réginald Martel, La Presse

  • Un jeune décrocheur squatte les terres que le gouvernement a expropriées pour construire l'aéroport de Mirabel, près de Montréal. Don Quichotte abandonné de tous sauf de ses deux grands chiens, il fait la rencontre d'une jeune femme, en même temps qu'on apprend qu'une terrible infection se répand, une maladie qui se transmet du renard au chien, puis du chien à son meilleur ami...

  • Il suffit d'un rien pour que notre vie soit changée. Par exemple, qu'un orignal atterrisse sur la banquette avant de notre auto après avoir fracassé le pare-brise. Imaginez que, la fois suivante, ce soit Betsi Larousse, la starlette du clip, l'idole de l'heure, qui se retrouve assise à la même place. Betsi Larousse ou l'ineffable eccéité de la loutre est un roman résolument américain par le ton, la démesure et surtout par cette pureté, cette naïveté, cette grandeur qui sont les marques les plus profondes et les plus visibles de cette flambante Amérique.

  • Sauvages

    Louis Hamelin

    Poètes qui se meurent de désir, débroussailleurs qui ont vu l'ours, informaticien pris entre deux feux : qu'ils soient indiens cris ou écrivains, les personnages qui traversent ces dix histoires sont aux prises avec la complexité d'un monde qui n'est que le pâle reflet des beautés réfugiées dans la mémoire. Ils ont des désirs simples ou compliqués, de l'amour à revendre, l'art de se mettre les pieds dans les plats. Naïfs ou rusés, passionnément inadaptés, ils oscillent entre la secrète nostalgie d'une vie libre et les besoins de la tendresse. Dans leur imagination s'empilent les cadavres de loups et les filles de Toronto. La solitude est leur lot commun, ils mordent dans le gras de l'avenir, se promènent de couples embryonnaires en mirages familiaux. Sans cesse, leur tristesse s'alimente à leur joie. Ils sont, en d'autres mots, des vivants bien ordinaires et terribles.
    Le romancier Louis Hamelin se fait ici conteur et nous offre des histoires parfois pathétiques, parfois drôles, souvent charnelles, qui nous font voyager de Montréal jusqu'aux territoires les plus sauvages.

  • François Ladouceur se sent appelé par le désert. Mais en attendant, sur fond d'apocalypse nucléaire programmée, Myrrha et lui s'aiment d'un amour édénique dans le jardin dont ils ont la garde. Jusqu'à ce que François s'intéresse aux activités d'une secte qui prône un retour aux cultes antiques.

  • Voyager en emportant ses racines, quel beau rêve... Quel cauchemar. On voudrait devenir un autre, mais les racines sont là, elles nous suivent, leur terreau nous colle aux talons: rêves, souvenirs, images des absents, et jusqu'à l'avenir lui-même. Un seul besoin: la lumière. Assis sur mon petit bout de sol natal, je suis une forme qui fluctue. Ce sont les fluctuations de cette entité parfois floue que j'ai essayé de fixer, sans toujours m'en rendre compte, et parce qu'il faut bien écrire, quand on a fait la gaffe de se déclarer d'entrée de jeu écrivain. Comme une plante en pot, j'ai exposé mes feuilles à un soleil de douze mois. Les textes réunis ici se promènent entre la Gaspésie et la Mauricie, lieux des souvenirs d'enfance et de la vérité première, et entre Montréal et Paris, là où, parfois brutalement, j'ai été éjecté dans l'univers. Si mon identité, en tant que représentation d'une créature distincte, existe, elle ne se définit jamais mieux que par ma relation avec mon chat, ne se trouve pas ailleurs que dans ce lac encore sauvage de la Mauricie où, par une chaude fin d'après-midi qui laisse le monde inchangé, je m'immerge jusqu'aux narines et commets quelques brasses, pendant qu'un couple de huards qui refait périodiquement surface me crie après. Voilà. Se fondre dans le monde et, perpétuellement, naître. C'est la seule aventure dont il sera question ici.

  • Depuis toujours le pôle Nord fascine. Territoire hostile, ce nest quau xxe siècle que les explorateurs atteindront cette destination mythique. Et pourtant, en 1595, le génial cartographe flamand Gérard Mercator publie, dans son atlas mondial, une planche

  • Le thème du territoire impose la prospection, l'exploration, le mouvement. Il résonne depuis toujours dans notre littérature, dans nos imaginaires. Que dire aujourd'hui, dans la cartographie connue du monde connu, dans la planète Google accessible de partout du bout du doigt? Qu'intime le territoire aux écrivains d'ici, alors que les déplacements GPS se calculent en nombre de minutes restantes, de tracés prédéfinis et sans surprise, que les paysages défilent sous la poésie d'une voix robotisée servant momentanément de copilote? Le territoire se redéfinit et l'immensité s'amenuise comme peau de chagrin. À la limite des territoires, subitement, la menace du seul et du même, du standardisé et du sans rêve. Les imaginaires se doivent de contre-attaquer. C'est dans cette urgence que Mathieu Blais a suggéré ce projet d'un numéro sur le territoire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • C'est sans préméditation que les textes du présent numéro s'articulent autour d'un pôle d'attraction qui leur confère une certaine unité malgré leur grande diversité. Ainsi, le voyage initiatique, la transmutation et le déplacement identitaire sont présents dans les récits de Louis Hamelin et de Roland Bourneuf, sensibles dans les réflexions poétiques de Dominguo Cisneros, Guillaume Asselin, Roger Des Roches ou Cédric Demangeot ainsi que dans les proses de Marie Cosnay, Emmanuel Kattan et Jean-Claude Brochu, pour ne nommer que ceux-ci. La revue propose aussi un hommage à Robert Lepage en publiant son discours d'acceptation de la Médaille de l'Académie des lettres du Québec reçue l'automne dernier, texte précédé d'une synthèse de son oeuvre par André Ricard, directeur adjoint de la revue.

  • Pour nous Québécois, l'Amérique a toujours été une question. Nous sommes d'Amérique, c'est l'évidence, mais nous ne sommes pas, nous n'avons jamais été complètement américains. Nous vivons un peu comme dans un pays d'Europe du Nord : société prospère, politiques sociales généreuses, respect de la diversité, grands espaces, etc. Et, comme dans ces sociétés où il ne se passe jamais rien, nous sommes étrangers aux violences vécues aux États-Unis et dans les pays d'Amérique latine, qu'elles soient le produit d'un conflit racial qui s'éternise, de la guerre contre les narcotrafiquants ou des inégalités sociales criantes. Le dossier de ce numéro, constitué des textes de Vincent Lambert, Mathieu Bélisle, Samuel Archibald et Louise Desjardins, fouille la question : Sommes-nous américains? À quelle Amérique ou à quelle dimension de l'Amérique pouvons-nous nous identifier?

  • Le dossier de ce numéro, dirigé par Michel Nareau et Jacques Pelletier, et comprenant des articles de Julien Desrochers, de Jimmy Thibeault, de Daniel Laforest, de François Ouellet et de Robert Dion, tente une première exploration collective de l'oeuvre foisonnante de Louis Hamelin. En plus de ces articles de fond, le dossier propose trois incontournables pour le chercheur en littérature contemporaine québécoise : un entretien avec l'auteur, un texte inédit et une bibliographie actualisée incluant tant l'oeuvre de Louis Hamelin que les articles qui en traitent. Aussi au sommaire de ce numéro, une étude de Louise-Hélène Filion sur la perception polémique de l'Autre dans Ça va aller de Catherine Mavrikakis et un essai de Jonathan Livernois à propos du livre de Jean Larose, Essais de littérature appliquée et de celui d'André Langevin, Cet étranger parmi nous.

  • «Je me suis engagé spontanément dans des domaines qui deviendront caractéristiques du modèle québécois, à savoir l´enthousiasme de faire, l´université, le rôle de l´État, le Nord et la langue. J´ai commencé des enseignements dans des matières peu connues: géographie, géomorphologie en milieu froid. J´ai suggéré l´organisation d´un ministère du Nord; un tel outil n´a jamais été créé, mais il aurait été fort utile lors du développement de l´hydroélectricité du Moyen Nord, l´élaboration de la Convention nordique et la conceptualisation de modèles administratifs originaux.» Louis-Edmond Hamelin a consacré sa vie au travail intellectuel tout en continuant des activités physiques étonnantes. Géographe, économiste et linguiste, il a fondé, en 1961, le Centre d´études nordiques interdisciplinaire, à l´Université Laval, où s´est déroulée la majeure partie de sa carrière scientifique. De 1978 à 1983, il fut recteur de l´Université du Québec à Trois-Rivières. On lui doit de nombreuses publications (dont le livre Nordicité canadienne aux Éditions Hurtubise HMH) qui lui valut le prix du Gouverneur général en 1976), ainsi que d´innombrables néologismes.
    Octogénaire, ce pionnier des études géographiques et nordiques au Canada décrit son parcours intellectuel, sa carrière et son cheminement personnel où le tout apparaît très lié. Il pose un regard global sur le Québec de l´Est à l´Ouest et du Sud au Nord. Un regard qu´il devient de plus en plus urgent que nous posions nous aussi.

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