Michel Pleau

  • D'une douceur infinie, ce recueil respire l'enfance retrouvée, ses gestes, ses odeurs et ses moments de grâce. Évoquant l'été de ses huit ans, Michel Pleau écrit ici le petit livre qui, à son insu, commençait alors à prendre forme dans son coeur, à travers les jeux et la découverte de la nature. Après des années d'hiver intérieur, le poète renaît et fait revivre une saison qu'il croyait à jamais perdue.



    en ce temps-là

    la clarté était dure comme une prière

    et j'allais pour la première fois

    apprendre l'alphabet des départs

    me retrouver seul derrière une table

    où écrire goûterait bon



    Par leur dépouillement et leur absence d'artifices, les poèmes de Michel Pleau puisent dans la mémoire une certaine compréhension du monde.

  • « Michel Pleau raconte que la mort de son père, survenue alors qu'il n'avait que douze ans, a été l'événement le plus marquant de sa vie. Après ce décès, une ombre immense a recouvert la terre. L'enfant Pleau ne possédait pas les moyens pour lutter contre ce phénomène. Il ne disposait que des lettres de l'alphabet auxquelles, petit à petit, il accorda une sorte de pouvoir magique.» Pierre Chatillon

    par-dessus ton épaule
    la lumière n'avait aucun défaut

    j'aurai tout fait pour m'approcher
    de ta voix
    trouver refuge dans une parole
    qui s'élèverait avec la mienne

    Un recueil intimiste, rempli de nostalgie et d'espoir, qui ponctue vingt-cinq ans d'une vie consacrée à la poésie.

  • Que faire de soi ? s'interroge le poète pour qui le monde est comme un rivage difficile à atteindre. Le ciel de son enfance, celui de la basse-ville, devient l'occasion, pour lui, de vivre au présent et de traverser enfin la nuit. Entre les souvenirs et la mort, où se tient la vie?

    rue st-vallier je ne sais plus
    qui est l'écho de l'autre

    il me reste un peu de soleil
    dans les mains
    comme un bibelot de verre
    que la nuit n'a pas rongé

    je protège ce petit feu de rien
    et souffle sur les braises
    pour retrouver je ne sais plus quoi

    Depuis « Le feu de l'autre rive » et, surtout, « La lenteur du monde », Michel Pleau a entrepris une quête d'identité qu'il poursuit admirablement dans « Le ciel de la basse-ville ».

  • La lenteur du monde est un livre de l'aube. Une autre journée se lève sur le monde et voilà que le regard, toujours au début de chaque chose, se fait attentif à tout ce qui commence.
    Ce recueil est une plongée dans l'enfance, les souvenirs et les amours. Autant de préludes à l'essentielle rencontre de soi où le poète avance tranquille vers le but ultime, «Devenir», titre du dernier poème.
    Michel Pleau poursuit ici sa quête de lumière. Un peu en retrait, il se met à l'écoute et cherche à dire la beauté du monde. L'enjeu, qui sous-tend le titre, est brillamment relevé et la poésie en sort grandie.

  • Avec « Québec, ville insolite », Moebius nous invite à oublier les images de carte postale au profit d'une vision plus inhabituelle de Québec. Les écrivains ayant collaboré à ce numéro - Patrick Nicol, Martin Grange, Martine Delvaux, Éric Plamondon, Hélène Matte, pour ne nommer que ceux-ci - prennent plaisir à s'aventurer au-delà des clichés, renversant le regard pour créer de nouvelles perspectives. Car malgré les nombreuses étiquettes terriblement usées qui lui sont accolées, la capitale nationale ne cesse d'attiser l'imagination des écrivains qui s'ingénient à la nommer autrement, « chatouillant le romanesque, soufflant le poème comme du verre de Murano » (Marie-Ève Sévigny). Un numéro piloté par Marie-Ève Sévigny.

  • En couverture du numéro printanier de la revue Nuit blanche se trouve l'une des bibliothèques de survie de l'auteur et voyageur littéraire Charles Sagalane, rappelant comment un atlas littéraire, à l'image de celui qui est présenté en ouverture, permet de découvrir le paysage littéraire québécois selon l'itinéraire de chacun. En entrevue, voyez les ciels d'Abitibi qui colorent l'oeuvre de Louise Desjardins, puis, parcourez ces « espaces où tout flambe » que sonde Émilie Turmel. Lisez aussi un hommage rendu au poète Gilles Hénault. Ensuite, examinez les questions liées à l'antiracisme et aux mécanismes qui lui sont contraires dans « Le Noir et le Blanc ». La crise des médias est, elle, abordée à travers Le journaliste béluga de Mathieu-Robert Sauvé et Nous méritons mieux de Marie-France Bazzo. Eh oui, Pierre Nothomb, l'écrivain méconnu de ce numéro, « chantre de la nature et des arbres » est bien lié à une romancière belge bien connue... Il est son arrière-grand-père ! (source : Nuit blanche)

empty