Pierre Vermeren

  • La métropolisation est une tendance lourde de nos sociétés. Né aux États- Unis, ce phénomène de concentration de la production de richesses dans de très grandes agglomérations a gagné la France au cours des dernières décennies et l'a profondément transformée. Pierre Vermeren retrace les étapes de cette nouvelle organisation du territoire autour de ses principaux pôles urbains.
    Mais l'objet de son livre est surtout d'alerter sur les retombées négatives de cette évolution. Elle a conduit à une éviction des classes moyennes et populaires des métropoles, renvoyées dans une « France périphérique » appauvrie. La crise des Gilets jaunes a mis en lumière les dommages démocratiques de cette partition sociale et territoriale. Encore faut-il leur ajouter les dégâts écologiques causés par le béton-roi, la démultiplication des infrastructures nécessaires à l'approvisionnement et au fonctionnement des métropoles et l'usage massif de l'automobile imposé à leur périphérie.
    Le bilan sans complaisance de ces effets délétères de toute nature mène à une conclusion sans ambages : la métropolisation est une impasse. Il n'est que temps de remettre en chantier une vision plus équilibrée de l'aménagement du territoire.

  • Depuis 1870, la République gouverne le peuple français. Si les Français ont largement adhéré à ce régime, c'est qu'il a contribué à leur bien-être, et surtout a permis aux plus modestes de s'élever par le travail et l'école. Pourtant, aujourd'hui, nos concitoyens s'interrogent sur les impasses de notre démocratie, les manquements face aux nouvelles inégalités et l'affaiblissement de leur État. Notre République est-elle menacée ou obsolète ?

    Pierre Vermeren revient de manière concrète sur la fabrique du républicanisme à la française. Il décrit les mécanismes et les conjonctures qui, depuis quelques décennies, ont conduit nombre de nos compatriotes à devenir méfiants envers leurs élites. Cent cinquante ans après la proclamation définitive de la République, il en retrace les constructions, les ambitions et les failles, nous questionnant au passage, en ce moment dont nous pressentons qu'il est un tournant, sur la démocratie que nous voulons pour construire l'avenir.

  • Qui est Mohammed VI ? Est-ce le roi qui dirige ? L'islam marocain est-il un garde-fou contre l'islamisme ? Les Marocaines sont-elles libres ou soumises ? À quoi aspire la jeunesse marocaine ? Pourquoi la France envoie-t-elle ses imams se former au Maroc ? Le Maroc est-il un modèle pour le monde arabe ?

    Royaume arabo-berbère à la longue histoire islamique, dynastique et impériale, le Maroc se voit comme le plus occidental des pays arabes et africains. Jouant au maximum de son soft power, il est au mieux avec tous les États du monde, exceptés l'Algérie et l'Iran. S'il aspire à devenir une démocratie, le Maroc veut aussi être une grande puissance islamique, avec à sa tête le chef le plus prestigieux de l'islam politique. Ami de tous, protégé par ses alliés, dominant ses opposants et affichant un nationalisme décomplexé, le roi Mohammed VI a-t-il remporté la partie après vingt ans de règne ? Restent néanmoins plusieurs ombres au tableau : misère du monde rural, manque de formation, lutte contre le radicalisme religieux et le terrorisme, repli du pays dans ses frontières. En fin connaisseur, Pierre Vermeren décrypte les paradoxes d'un royaume qui se rêve en pays d'exception.

  • Quatrième édition de cette indispensable synthèse sur le Maroc contemporain, mise à jour notamment en fonctionnement des développements des printemps arabes de 2011, qui ont placé la Monarchie au pied du mur : réformer à chaud pour sauver l'essentiel.. Le 2 mars 1956, le Maroc recouvre son indépendance, après quarante-quatre années de protectorat. De 1956 à 1961, Mohammed V restaure la puissance de son trône, rendant possible le règne de son fi ls Hassan II (1961-1999), qui consolide l'intégrité territoriale du pays. En 1965, Ben Barka paye de sa vie son opposition au régime, mais l'instabilité persiste et culmine lors des coups d'État de 1971 et 1972. Hassan II reconstruit alors un pouvoir ébranlé par le consensus autour de la récupération du Sahara, mais au prix des " années de plomb ". Après 1991, le Maroc s'engage dans un processus d'ouverture à petits pas qui conduit à l'alternance de 1998. L'avènement de Mohammed VI en 1999 précipite une transition aux exigences contradictoires : dissocier monarchie et " années de plomb ", incorporer les islamistes au champ politique, améliorer la gouvernance tout en contenant la menace terroriste... Mais tout se précipite au rythme des événements de l'histoire : les attentats de 2003, qui relancent l'hypothèque autoritaire, puis les printemps arabes de 2011, qui placent la monarchie au pied du mur : réformer à chaud pour sauver l'essentiel.

  • Sentiment de déclassement, blocage de l'ascenseur social, taxation fiscale alourdie : la République a failli dans sa promesse de justice et de réussite par le mérite. En deux générations, l'héritage gaullien a été dilapidé conduisant à une grave crise de confiance des Français envers leurs élites. Ainsi est née une révolte, dite des Gilets jaunes, qui nous renvoie aux prémices de la Révolution. Fin observateur de notre société, Pierre Vermeren, avec son regard d'historien, ausculte l'échec des politiques publiques et économiques depuis la fin des années 1970 : la désindustrialisation destructrice d'emplois, la déshumanisation des services, la déqualification qui entraîne la mésestime de soi, l'absence de réflexion sur l'aménagement du territoire et la rétraction des services publics qui brisent le lien social. Une faillite entraînant le désenchantement des classes populaires et les populismes qui l'accompagnent. C'est un constat profond mais indispensable qu'il convient de regarder en face afin que l'État prenne les décisions nécessaires pour les prochaines années en reconsidérant la France, toute la France.

  • La guerre d'Algérie n'est pas finie. Elle se poursuit de façon discrète sur le territoire français. Mais le plus préoccupant, c'est que ce conflit larvé se déroule avec la complicité ou le silence embarrassé de nos élites hexagonales. Les dirigeants français font tout pour éviter de poser les questions qui fâchent, qu'il s'agisse de notre politique arabe en ruines, ou des contours d'une nouvelle société musulmane transférée en quelques décennies sur le sol français avec ses millions de croyants (et d'athées). Les adeptes de la déconstruction ont voulu présenter la présenter comme un fantasme, ignorant ou refusant de penser que l'Islam, au sens de civilisation, est un tout culturel, social, politique et religieux qui va façonner une partie du destin français dans les prochaines années. Or, la donne a changé en 2001 avec l'irruption du djihadisme terroriste en Occident. Il a bien fallu cette fois ouvrir les yeux, ce qui n'empêche pas le déni français de perdurer. Ce sont les secrets qui entourent notre relation avec le monde arabe que dévoile Pierre Vermeren, l'un des meilleurs historiens actuels de l'Afrique du Nord.

  • Le temps semble loin où notre pays était un empire. Les territoires autrefois colonisés ont été rendus à eux-mêmes et sont désormais maîtres de leur histoire. C'est contre cette vision simpliste et historiquement fausse que s'insurge Pierre Vermeren : les révolutions arabes de 2011 et 2012 sont la conséquence directe, le dernier chapitre de l'histoire de la décolonisation. De guerre lasse, dans un mélange de bonne conscience et de culpabilité, l'État et les élites de France ont laissé leurs successeurs à la tête du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie et des pays d'Afrique agir en toute impunité. Le silence et l'aveuglement de la France, mais aussi de l'Europe tout entière, ont permis dans ces anciennes colonies l'accaparement des richesses, la confiscation des libertés et la soumission des peuples. Pierre Vermeren apporte aux événements les plus récents, qu'il s'agisse des explosions de colère au Maghreb comme de la lutte contre le djihadisme, l'éclairage irremplaçable de l'histoire. Pierre Vermeren est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-I-Panthéon- Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation.

  • « Les Maghrébins sont des Arabes », « Au Maghreb, on parle français », « Le Maghreb est un carrefour de civilisations », « Au Maghreb, c'est l'explosion démographique », « Au Maghreb, les femmes n'ont aucun droit », « Les Berbères, ce n'est pas pareil... », « Le Maghreb, c'est la chasse gardée de la France » ... Pierre Vermeren nous invite à (re)découvrir cette Afrique du Nord avec laquelle nous avons des liens historiques et culturels très forts.

  • « La France est l'amie du Maroc », « Le Maroc vit du tourisme », « Le vrai Maroc, c'est les villes impériales, pas Casablanca ! », « Les Marocains sont différents des Algériens », « La monarchie marocaine tient par la force », « Les Marocains sont tolérants »...

  • Cet essai de synthèse est consacré à l'historiographie du Maghreb contemporain. Qui a écrit, et qui écrit l'histoire de l'Afrique du Nord, devenue Maghreb, depuis la fin du XIXe siècle ? Un demi-siècle après les indépendances, sans doute est-il nécessaire de revenir sur ce champ de recherches extrêmement idéologique. L'historiographie du Maghreb en langue française se présente comme une succession de séquences politiques et idéologiques qui se chevauchent rapidement. Pour éclairer ces interrogations, Pierre Vermeren dresse le portrait des générations d'historiens et autres spécialistes de ce champ. Cette histoire d'hommes, d'écoles et de réseaux est d'autant plus nécessaire, en ce début de XXIe siècle revenu des grandes idéologies, que la cohorte des historiens du Maghreb est résiduelle. Cette peau de chagrin scientifique peine à dépasser le cadre des spécialistes de la guerre d'Algérie. Or l'histoire de la région ne s'est pas arrêtée en 1962. En dépit de la forte demande sociale des héritiers et porteurs de cette histoire, le Maghreb s'est-il échappé du champ des préoccupations françaises ? Et pourquoi ?

  • L´Algérie, le Maroc et la Tunisie ont constitué l´Afrique du Nord française.
    Ils forment aujourd´hui le Maghreb indépendant. Cet Occident des Arabes est devenu l´Orient proche des Français. Un monde à la fois voisin et très mal connu. Après les luttes anticoloniales, le tiers-mondisme triomphant et la seconde guerre d´Algérie, le temps de la maturité est venu. Mais entre pouvoir autoritaire et menace islamique, la démocratie est-elle envisageable dans cette région du monde ?

    C´est la question que pose cet essai et à laquelle il tente de répondre grâce à un éclairage historique approfondi. Le nationalisme arabo-musulman ne peut occulter vingt siècles d´une histoire complexe que les militants pour l´indépendance ont voulu gommer. A l´heure de la démocratie planétaire et du grand jeu américain au Proche-Orient, quel destin pour le Maghreb ? Poste avancé de l´Amérique dans le monde arabe, ou marge démocratique de l´Union européenne ?

  • Durant plus d'un siècle et demi, l'empire colonial français fut un espace de contacts entre les religions du Bassin méditerranéen. Comment instaurer la coexistence ? Comment réguler, dans un cadre français, les relations entre islam, confréries musulmanes, chrétiens et juifs ? Ces interrogations furent le souci quotidien de générations d'officiers et d'administrateurs, sous la houlette des gouvernements successifs.
    Cet ouvrage retrace l'histoire des pratiques mises en oeuvre dans le coeur battant de l'empire colonial, ses terres « arabes » et « arabo-berbères ». Il raconte la découverte de l'islam au début du xixe siècle, les aléas de la protection des chrétiens d'Orient, la relation au judaïsme, les missions et la politique du « royaume arabe ». Il analyse la manière dont la République « laïque » a piloté les religions et les réactions suscitées en Afrique du Nord, notamment la montée du salafisme à l'aube de la décolonisation.
    Souvent ignoré, l'héritage colonial pèse sur notre présent. En saisir les complexités ne peut qu'aider à affronter les problèmes de notre temps, en particulier la question religieuse, qu'on croyait à tort apaisée. À cet égard, ce livre est une contribution essentielle.

  • Quel rôle a joué l'école dans la reproduction des élites au Maghreb au cours du XXe siècle ? C'est la question dont traite ce livre, de façon rigoureuse et érudite. Machine de déclassement social sous la colonisation pour les classes dirigeantes précoloniales, l'école ouvre, avec l'indépendance, ses portes aux enfants des classes moyennes. La contestation politique des années soixante qui s'ensuit incite les autorités à réformer le système scolaire en vue de le neutraliser. La politique d'arabisation débouche sur la dualisation des systèmes d'enseignement au Maghreb, opposant filières d'élite et filières de relégation que sont les " facultés-casernes ". La voie est alors ouverte à l'islamisme. L'auteur retrace cette histoire en brossant le portrait de quatre générations. Jusqu'aux indépendances en 1956, le baccalauréat est la clef de la conquête des études supérieures pour une infime minorité de musulmans. Comme la génération des pionniers, celle des indépendances s'affirme en tirant profit de son capital social. Les réformes de grande ampleur, mises en place à partir de 1945 et renforcées à l'indépendance, permettent l'émergence, du début des années soixante jusqu'au milieu des années soixante-dix, de la génération de l'ouverture. Dans le dernier quart du siècle, la génération de la crise est confrontée à la saturation de l'État national. La fermeture sociale s'est installée face au processus de consolidation de la nouvelle élite.

  • Le Maroc est un carrefour d´histoire et d´influences, qui se chevauchent à un rythme accéléré depuis le début du XXe siècle. On trouvera dans ce livre vivant et accessible une présentation des différentes facettes du Maroc. Pierre Vermeren y propose une analyse originale du poids de l´héritage colonial et du fonctionnement du Makhzen (l´appareil d´État marocain), mais aussi des nombreuses évolutions qui contribuent à transformer la société : rôle croissant des femmes, affirmation des mouvements berbères et islamistes, dynamisme de la presse et de la création culturelle, arrivée au pouvoir de nouvelles générations, etc.

  • Les "Printemps arabes" ont pris l'Occident par surprise. Pourtant, face aux Etats autoritaires nés après les indépendances, des hommes et de femmes se sont toujours levés. Ce sont à proprement parler des dissidents politiques, comme en connut l'Europe de l'Est à l'époque soviétique. Mais, à la différence des régimes autoritaires du passé, l'autoritarisme contemporain ne peut pas s'abstraire de son siècle : tous les habitants et tous les dirigeants savent qu'il existe un monde libre, quelque part, et que dans de nombreux Etats, y compris souvent les plus proches culturellement et géographiquement, les libertés politiques, publiques et privées sont en vigueur.
    Au Maghreb, cette conviction est d'autant plus forte qu'il existe un espace de circulation à la fois physique (15 millions de Maghrébins avec leurs descendants vivent en Europe au début du XXIe siècle), linguistique et culturel avec l'Europe, et en particulier avec la France. Deux grands spécialistes du Maghreb, l'historien Pierre Vermeren et la politiste Khadija Finan, écrivent une histoire méconnue du Maghreb.
    Des militants ont combattu au sein d'organisations nationales de droits de l'Homme (contre les brutalités policières et judiciaires), en faveur de revendications culturelles (droit à la langue berbère), de la liberté d'expression (droit à une presse et à des syndicats libres), de genre (droit à l'égalité des femmes) ou de respect des droits des travailleurs. L'aventure politique des Printemps arabes a tourné à la tragédie en Syrie et seule la Tunisie est parvenue à établir un compromis mais il demeure un point clef : un autre Maghreb est possible.



  • L'Algérie et nous


    -> Entretien avec Gilles Kepel. Les différents scénarios du « printemps algérien »
    Gilles Kepel met en perspective les récentes manifestations algériennes avec les « printemps arabes ». D'après lui, le futur pouvoir algérien prendra les allures d'une cohabitation militaro-salafiste.

    -> « Accueillons cette lueur présage de bonheur » par Sébastien Lapaque
    Vu de l'hexagone, il est impossible de comprendre l'Algérie depuis son indépendance en 1962, affirme Sébastien Lapaque. Grâce à ses voyages et ses relations nouées sur place, l'écrivain nous emporte au coeur de ce pays à la fois libre et enchaîné.
    -> La Casa del Mouradia par Ryad Girod
    Le romancier Ryad Girod livre une version littéraire des premiers jours du « printemps algérien ».

    -> Le mystère de Gaulle par Éric Roussel
    L'historien Éric Roussel décrypte la politique algérienne de De Gaulle en rappelant le parcours et les idées du Général en matière coloniale.

    -> Les intellectuels français sur l'Algérie par Pierre Vermeren
    La guerre d'Algérie conduit les intellectuels français à se positionner pour ou contre la colonisation. Pierre Vermeren revient sur les violentes controverses.

    -> Entretien avec Jean-François Kahn. Les médias français et la décennie noire
    Jean-François Kahn a couvert la guerre civile algérienne pour différents journaux. Il témoigne des aveuglements et des dénis d'une grande partie de la presse française de l'époque sur les groupes islamistes.

    -> Camus, écrivain algérien ? par Robert Kopp
    Né en Algérie, Camus militait pour une cohabitation pacifique entre colonisateurs et colonisés. Robert Kopp évoque ce positionnement politique qui relevait davantage d'un rêve.



    Littérature


    -> Inédit L'inadapté par Clara Dupont-Monod
    Un enfant naît avec une maladie rare. À travers le personnage de la soeur, Clara Dupont-Monod raconte l'épreuve, la souffrance et la force.





    Études, reportages et réflexions


    -> Alexandra David-Néel, une âme en peine. Portrait de l'orientaliste en femme (presque) ordinaire par Marion Dapsance
    L'aura dont bénéficie Alexandra David-Néel gomme certains traits de sa personnalité. Marion Dapsance nous les révèle.

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