Thomas Desaulniers

  • Cet éminent artiste national, décédé depuis peu, était-il pédophile? Un jeune journaliste s'empare du sujet, content d'échapper le temps d'une enquête à sa propre angoisse rampante. Dans un village anonyme aux environs de Thetford Mines, une victime lui offrira son témoignage.

    Personne n'est dupe : la vérité est une chose, le récit qu'on en fait en est une autre. Entre la parole du survivant et les articles qui lui permettront d'être entendue, quelque chose d'essentiel se perd. Chez le journaliste étourdi par la curiosité et par le succès, les questions les plus insidieuses s'installent bientôt à demeure. Qui est-il pour avoir raconté cette tragique histoire? Existe-t-il une échelle des traumatismes - toutes les souffrances se valent-elles? Quand on crée, est-ce qu'on se dévoile ou on se dissimule?

    À l'image d'un bungalow qu'on rénove au fil du temps, Le fond des choses se déplie et se reformule, se remeuble pour aboutir, peut-être, à la tranquillité.

    Avec un humour tonique, Thomas Desaulniers-Brousseau fait preuve d'une intime connaissance des diverses sortes de trous qu'on peut creuser pour aller au fond des choses.

  • Mais l'ennui nous prend parfois par surprise, comme une mélancolie, le retour de cet antique amour du réel provient de Ce que dit l'écorce de Nicolas Lévesque et Catherine Mavrikakis et titre le numéro d'été de Moebius, dirigé par Jean-Philippe Michaud et Chloé Savoie-Bernard. L'ennui est-il l'occasion de retrouver dans le réel un éclat de vie qui nous aurait échappé dans le temps? Faire un pas de côté vers la mélancolie, laisser errer son âme l'instant de retomber, peut-être, amoureux du présent, c'est à cela que vous convie quatre prosateurs et dix poètes. Dans cet entre-deux temporel, ils ont les pieds sur un tremplin qui peut les mener au mieux comme au pire, avec devant les yeux l'encre de la mélancolie, et la perte comme moteur. Retrouvez aussi dans ce numéro, Jean-Marc Beausoleil et Laurence Pelletier dans la rubrique « les yeux fertiles » et la « lettre à un écrivain vivant » de Pierre-Luc Landry à Nicholas Giguère.

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