Encrage Édition

  • Retour sur le parcours étonnant d'un grand écrivain Georges Simenon est connu dans le monde entier comme le père de Maigret. Mais la silhouette légendaire du commissaire fait souvent oublier les autres romans. Ici, on a voulu voir en l'auteur un romancier, tout simplement, et s'interroger sur un écrivain véritable phénomène littéraire de notre siècle. Autrement dit : découvrir le vrai Simenon. Une intéressante biographie littéraire mettant en relation les anecdotes de la vie de l'auteur avec ses oeuvres EXTRAIT En 1949, un journal canadien, sous le titre de « Pronostics pour l'an 2000 », proposait à ses lecteurs un classement des écrivains francophones qui franchiront le cap de cette fin de siècle : parmi les élus figurait Georges Simenon... Aujourd'hui, nous sommes presque au rendez-vous du troisième millénaire et le « père de Maigret » est considéré comme l'un des grands romanciers de ce siècle, même si d'aucuns voudraient le reléguer aux marges de la littérature officielle, entre le « polar » et les héritiers d'une tradition classique. Georges Simenon est un auteur qui ne laisse pas indifférent : depuis les années 30, il étonne et fascine des acteurs de l'institution littéraire aussi importants qu'André Gide. Pourtant ses détracteurs existent et interdiront au romancier belge d'entrer vraiment dans le sérail : depuis 1933, Georges Simenon espère obtenir un prix littéraire, mais le Goncourt lui échappera régulièrement... A PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Alavoine est Maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne, Amiens (en 1998) et spécialiste de l'oeuvre de Georges Simenon. Il a participé également à l'ouvrage collectif Simenon : l'homme, l'univers, la création (1993).

  • Un roman fantastique aux teintes comiques Roman qui débute de manière très classique mais où il est bientôt question d'une religion devant succéder à toutes les autres, où le personnage principal est un mythe antique, où perce même la science-fiction, Les Fils de Judas est à coup sûr le chef d'oeuvre de Ponson du Terrail qui, cette fois, manie en virtuose le fantastique mais aussi la dérision. La complexité de sa construction, la solidité de son rythme tendent à prouver que ce roman a bel et bien été conçu et rédigé d'une seule traite, et se démarque ainsi de la production la plus courante de l'auteur. Découvrez ce classique de la littérature française, entre anticipation et comique EXTRAIT Maître Callebrand avait plusieurs fois déjà ouvert sa fenêtre et s'était penché au dehors avec inquiétude, murmurant parfois : - Pourquoi donc Tony ne revient-il pas ? Onze heures du soir venaient de sonner cependant et la pluie torrentielle qui tombait depuis huit heures, entremêlée de rafales et d'éclairs, avait rendu les rues désertes dans ce quartier toujours solitaire qu'on appelle l'île Saint-Louis. Maître Callebrand était seul dans son laboratoire, situé dans un vieil hôtel qui faisait l'angle de la rue des Deux-Ponts et dont les croisées donnaient à la fois sur la Seine et sur l'extrémité de la Cité qu'on appelait jadis le Terre-Plein. Le laboratoire, vaste pièce à panneaux de boiserie et à plafond traversé par de grandes solives peintes, était plongé dans l'obscurité. Au milieu seulement, ou apercevait un point lumineux rougeâtre. C'était la braise d'un fourneau, sur lequel était un alambic. A PROPOS DE L'AUTEUR Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • L'auteur s'intéresse aux mécanismes de création littéraire chez le père de Maigret.
    Depuis les années 1950, Georges Simenon est reconnu par la critique pour son don particulier à rendre les atmosphères et à créer des ambiances à l'aide des sensations. Cependant, le romancier ne se contente pas de la vue et de l'ouïe mais s'approprie aussi l'odorat, le goût et le tactile. Comme le commissaire Maigret, Simenon se compare volontiers à une « éponge », parce qu'il enregistre plus ou moins consciemment les sensations. Cette capacité à s'imprégner, puis à reproduire dans ses romans le monde sensible est probablement unique.
    Aujourd'hui Georges Simenon est connu dans le monde entier, il reste cependant pour beaucoup de lecteurs le « père » de Maigret : cet essai souhaite montrer qu'il est avant tout un romancier qui a saisi avec justesse les angoisses de l'homme du vingtième siècle.
    Cet ouvrage passionnant explore un volet méconnu et néanmoins prolifique de l'oeuvre de Simenon.
    EXTRAIT
    Pour beaucoup de lecteurs, Georges Simenon est le romancier des canaux et des brumes du Nord, des atmosphères grises et pluvieuses, des notations exactes de l'univers quotidien. Tous ces clichés font partie de la « légende Simenon » et contribuent à entretenir le malentendu avec l'institution littéraire, même si depuis quelques années la position du romancier a sensiblement évolué. À vouloir « classer » Simenon dans les écrivains réalistes, le considérer comme le successeur de Balzac, on occulte ce qui fait la richesse du romancier : un mode de création original et un style faussement plat.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Universitaire, Bernard Alavoine a déjà publié Georges Simenon, parcours d'une oeuvre et Les Enquêtes de Maigret : lecture des textes chez Encrage Édition, ainsi que de nombreux articles en France et à l'étranger sur cet auteur.

  • Découvrez l'histoire du plus célèbre commissaire du cinéma et de la télévision Le commissaire Maigret est aussi célèbre que Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Le héros créé par Georges Simenon en 1929 est entré dans la légende grâce au cinéma et à la télévision. Traduites dans le monde entier, ses enquêtes suscitent toujours la curiosité des lecteurs. Comment Maigret est-il né de l'imagination du romancier ? Quelle est sa méthode d'investigation ? Quelle place occupe-t-il dans un genre qui connaît une véritable évolution médiatique ? Autant de questions sur lesquelles s'arrête ce guide de lecture. Un guide de lecture unique sur le célèbre héros de Simenon EXTRAIT Aujourd'hui, le commissaire Maigret est célèbre dans le monde entier. Depuis 1931, le policier à la pipe poursuit une honnête carrière dans la littérature mais surtout au cinéma et à la télévision. Même s'il est parfois boudé par les jeunes générations, Maigret reste une figure incontournable du roman policier et tous les Columbo, Derrick ou Navarro lui doivent quelque chose... Le commissaire est toujours d'actualité comme en témoigne la bonne santé de la série interprétée par Bruno Cremer : 54 épisodes tournés de 1991 à 2005 alors qu'initialement les producteurs en avaient prévu 12 ! Quant à la série des « Jean Richard », même si elle ne fait pas l'unanimité, elle continue à être rediffusée régulièrement sur les chaînes européennes. Du côté de l'édition, les lecteurs ont le choix entre l'intégrale chez Omnibus et Le Livre de Poche... Sans oublier la bande dessinée avec plusieurs titres au catalogue. A PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Alavoine, maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne, a déjà signé Georges Simenon, parcours d'une oeuvre, ainsi que de nombreux articles sur cet auteur.

  • En famille

    Hector Malot

    A travers le destin d'une jeune orpheline, la vie et l'évolution des usines Saint Frères dans la Somme, grand complexe industriel de la fin du XIXe siècle Roman « populaire » dans la tradition des récits d'enfant à la recherche de leur origine, En famille est aussi un roman sur la question sociale qui intéressait beaucoup d'écrivains de l'époque. Car, à travers un récit dans lequel l'auteur fait, une fois de plus, la preuve de ses talents de conteur, ce sont la condition ouvrière et le patronage industriel qui sont au coeur de l'oeuvre. Découvrez les oeuvres d'Hector Malot, publiées par Encrage Edition. Des romans réalistes et sociaux pour plonger au coeur du 19e siècle EXTRAIT Comme cela arrive souvent le samedi vers trois heures, les abords de la porte de Bercy étaient encombrés, et sur le quai, en quatre files, les voitures s'entassaient à la queue leu leu : haquets chargés de fûts, tombereaux de charbon ou de matériaux, charrettes de foin ou de paille, qui tous, sous un clair et chaud soleil de juin, attendaient la visite de l'octroi, pressés d'entrer dans Paris à la veille du dimanche. Parmi ces voitures, et assez loin de la barrière, on en voyait une d'aspect bizarre avec quelque chose de misérablement comique, sorte de roulotte de forains mais plus simple encore, formée d'un léger châssis tendu d'une grosse toile ; avec un toit en carton bitumé, le tout porté sur quatre roues basses. A PROPOS DE L'AUTEUR Hector Malot, né à la Bouille (près de Rouen), le 20 mai 1830, mort à Fontenay-sous-Bois, le 17 juillet 1907, devint, après des études de droit et des emplois de clerc de notaire puis de journaliste, l'auteur d'environ soixante-dix romans de veine réaliste, dans lesquels il offre un panorama fidèle de tous les milieux de la société de son siècle.

  • L'un des tout premiers romans de guerre publiés à l'issue du conflit franco-prussien de 1870 Le 3 novembre 1870, Hector Malot note le projet d'un roman à faire : Le voyage en France est en ce moment lugubre ; dans les gares et en wagon on ne rencontre que des blessés qui sortis des hôpitaux retournent à leur pays : jambes coupées, bras amputés, balafres au visage. Et tous ces éclopés jeunes et vaillants. Que vont-ils faire dans la misère où nous entrons. Comment vont les accueillir celles qui les aimaient. Il y a là un roman à faire : le Blessé, volontaire par amour revenant estropié après avoir vu tout ce qu'il y a de caractéristique dans cette guerre, et remercié par celle qu'il aime. Ecrit dans sa maison de Fontenay-sous-Bois encore occupée par l'ennemi, Souvenirs d'un blessé paraît dès novembre 1871. Découvrez les oeuvres d'Hector Malot, publiées par Encrage Edition. Des romans réalistes et sociaux pour plonger au coeur du 19e siècle EXTRAIT Mon nom est Goscelin, ou plus justement pour être exact, Louis Goscelin d'Arondel, car s'il faut en croire la tradition, je descends des Goscelin d'Arondel qui accompagnaient Guillaume le Bâtard dans la conquête de l'Angleterre, et qui ont encore aujourd'hui des représentants à la Chambre des lords. Malgré cette noble origine, mon père consentit à donner son nom à une bourgeoise, fille d'un simple fabricant de papiers à Courtigis, sur les bords de l'Eure ; il est vrai que la bourgeoise était riche, tandis que le gentilhomme était pauvre. A PROPOS DE L'AUTEUR Hector Malot, né à la Bouille (près de Rouen), le 20 mai 1830, mort à Fontenay-sous-Bois, le 17 juillet 1907, devint, après des études de droit et des emplois de clerc de notaire puis de journaliste, l'auteur d'environ soixante-dix romans de veine réaliste, dans lesquels il offre un panorama fidèle de tous les milieux de la société de son siècle.

  • Revivez l'histoire de la cathédrale d'Amiens Printemps 1236, la nef de la cathédrale d'Amiens est achevée. Néanmoins les bâtisseurs entrent dans la phase clé de l'élévation, la croisée des transepts. De plus le rite impose que la face de Dieu soit représentée au porche central afin que les offices religieux puissent s'y tenir. Le Livre d'Amiens ou le secret d'une cathédrale se situe à cette époque. Le lecteur est invité à entrer tour à tour dans l'intimité de Silvère, l'imagier sculpteur supposé du Beau Dieu, et de Jehan, l'appareilleur ou chef de travaux sous les ordres de l'architecte Renaud Cormont. Deux points de vue, celui d'un compagnon venu d'ailleurs et celui d'un fils d'échevin amiénois, pour faire revivre la ville d'Amiens au XIIIe siècle. La cathédrale d'Amiens est l'harmonie dans toute son élégance et sa splendeur, elle est l'apogée de l'art ogival. L'auteur y voit l'accomplissement du génie humain émanant de l'union de deux forces, celle de la connaissance - science et philosophie de l'alchimie - et celle d'une spiritualité authentique exprimée par la fraternité des compagnons et les sacrifices consentis par le peuple amiénois. Un roman historique empreint de spiritualité EXTRAIT Pour la première fois depuis bien longtemps, il ne s'était pas senti l'âme aussi légère en s'éveillant. Il ne se souvenait même pas d'avoir sombré dans le rêve répété de l'Atrocité hantant ses nuits depuis cette terrible Saint-Michel 1228. La cloche du couvent qui l'hébergeait résonna, il se prépara en toute hâte. Ce jour était décisif pour lui. Maître Thomas l'accepterait-il parmi les compagnons construisant le Grand Oeuvre ogival ? Sa vie d'errances et d'humiliations allait-elle enfin prendre un sens ? A PROPOS DE L'AUTEUR Marie-Françoise Hiroux, née en 1951 à Amiens, philosophe de formation, est une enseignante engagée dans la promotion de l'éducation et de la culture pour tous. Poète et photographe, elle a déjà publié plusieurs recueils de poésie et de nouvelles, et a exposé ses photographies dans des galeries amiénoises.

  • Découvrez les oeuvres et la vie du grand romancier d'aventures Gaston Leroux Ce premier volume propose une présentation courte mais complète de l'oeuvre du célèbre père de Rouletabille et de Chéri-Bibi, après un rappel de sa biographie, selon le plan commun à tous les volumes de la collection : introduction (enjeux actuels), biographie, présentation thématique de l'oeuvre, réception critique, bibliographie commentée complète et détaillée, filmographie. Ce présent ouvrage est le premier en France entièrement consacré à Gaston Leroux, grand journaliste, homme de théâtre à la vocation contrariée et perpétuel joueur qui devint le plus troublant des romanciers d'aventures de notre siècle. Pour la première fois, un ouvrage entièrement consacré à Gaston Leroux par Encrage Edition EXTRAIT Gaston Leroux n'échappe pas à la règle des romanciers prolifiques dont le public ne lit avant tout que les oeuvres les plus célèbres, oubliant de s'intéresser à d'autres titres pourtant tout aussi intéressants si ce n'est plus. Leroux, pour beaucoup, est surtout le père de Rouletabille, le petit détective français qui dame le pion à ses aînés anglo-saxons, et de Chéri-Bibi, le bagnard innocent poursuivi par une fatalité tout droit descendue de l'Olympe. Il est encore l'auteur du Fantôme de l'Opéra dont le cinéma s'est de nombreuses fois emparé pour des adaptations fidèles (le film avec Lon Chaney de 1925) ou lointaines (Phantom of the paradise de Brian de Palma), et de La Poupée sanglante, roman pseudo-fantastique qui a connu la gloire du petit écran. A PROPOS DE L'AUTEUR Fondateur d'Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, entre autres, L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981) et L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • Comment empêcher la guerre ? Est-ce par un refus antimilitariste de porter les armes, ou par un effort préventif pour régler pacifiquement les conflits au moyen d'organismes internationaux ? Peut-on interdire de faire la guerre ? Y-a-t-il des guerres justes ? Pour se défendre par exemple si l'on est attaqué. Peut-on instituer un Droit de la guerre interdisant certaines pratiques ? Le débat autour de la guerre et de la paix n'est pas récent. Dès le Moyen Age et la Renaissance des hommes d'Eglise s'interrogent. Au XVIIIe siècle certains rêvent d'instaurer une paix « perpétuelle ». Mais c'est au XIXe siècle et au XXe que philosophes, économistes, écrivains, hommes politiques, clercs élaborent de nombreux projets. Car, du précepte chrétien Tu ne tueras point à la conception marxiste d'une guerre capitaliste dont les prolétaires seraient les instruments et les victimes, le courant pacifiste s'exprime dans une multitude de mouvements d'inspiration variée, incarnés parfois par d'illustres personnalités. Dans cet ouvrage Nadine-Josette Chaline, professeur émérite à l'Université de Picardie Jules Verne, révèle toute la diversité de ce pacifisme, son écho dans l'opinion publique, mais aussi son échec face à deux guerres mondiales qu'il n'aura pas su ou pas pu empêcher. EXTRAIT Eviter la guerre ou, une fois le combat engagé, l'arrêter... Tel est le but que se donnent divers groupes ou personnalités aspirant à faire disparaître la violence pour régler les différends susceptibles de survenir entre les pays. Ces efforts émanent d'hommes engagés depuis parfois longtemps dans une réflexion sur la nécessité et les moyens de maintenir la paix. En effet, un pacifisme aux multiples facettes se développe au cours du XIXe siècle, beaucoup plus discret que le nationalisme, mais surtout divisé en multiples tendances selon ses motivations. Utilisé pour la première fois au Congrès universel pour la Paix tenu à Glasgow en 1901, le terme « pacifisme » n'est d'ailleurs passé dans le langage courant qu'au début du XXe siècle et n'est admis dans le Dictionnaire de l'Académie qu'en 1930 après de longues discussions. Mais quelle paix veut-on ? Et par quels moyens l'obtenir, puis la garantir ?

  • Un ouvrage intéressant qui reprend le point de vue d'un militaire avant la Première Guerre mondiale Loin de l'idée reçue d'un XIXe siècle marqué par une phase de paix entre les guerres de Napoléon et la Grande Guerre, la correspondance familiale de l'officier du génie Ernest Ballard témoigne de la violence des premières phases de la conquête de l'Algérie en 1831 et 1841 qu'il décrit à ses parents. Reparti en Méditerranée orientale en 1855, le capitaine Ballard, désormais officier d'état-major relate à son épouse l'expédition de Crimée, de son départ de Marseille à son débarquement à Constantinople, puis de Sébastopol au camp de Traktir. Ce témoignage épistolaire inédit est d'autant plus exceptionnel que ce polytechnicien est un adepte du fouriérisme, actionnaire de l'Union agricole du Sig près d'Oran, lecteur de la Démocratie pacifique de Victor Considérant. EXTRAIT Alger, le 21 novembre 1831 Ernest à sa soeur Louise Ballard On m'a rappelé à Alger pour être meunier, c'est à dire surveiller les travaux que l'on avait à faire à des moulins que l'on avait établis depuis six mois et qui ne vont pas. Depuis mon arrivée, je n'ai eu le temps de connaître que le chemin d'Alger aux moulins et pas autre chose. Enfin, imagine-toi que je n'ai pas seulement vu la Casbah, c'était cependant le moins qu'on pouvait faire, de sorte que je ne t'apprendrai presque rien de ce pays. Je ne me suis trouvé qu'une seule fois l'occasion de parler bédouin, langue épouvantable, à laquelle personne ne mord ; il est très peu de personnes dans l'armée qui l'entende et encore moins qui la parle. Mais si les personnes qu'on rencontre ont une figure française, il n'en est pas de même des maisons qui ont une tournure algérienne et qui ne ressemblent en rien aux nôtres. Toutes les fois qu'on aperçoit une maison ayant des fenêtres de plus d'un pied carré, on peut dire qu'elle n'est pas habitée par des naturels du pays, qui n'ont que de très petits jours, grillagés dans la rue et placés à un pied au-dessus du sol des appartements. C'est derrière ces jours que les Algériennes se mettent pour regarder les passants, ce qui est le seul délassement pour elles.

  • Plongez au coeur d'un voyage atemporel et mystérieux, à la découverte d'une civilisation disparue Un mirage... Dans le Sahara, cela n'a rien d'exceptionnel, même quand un homme accablé de chaleur aperçoit une oasis, purement visuelle. Mais s'il découvre un monde différent, une civilisation disparue, une cité en réalité détruite depuis des millénaires ? Igor, et ses amis FIora et Ben, fuyant le désastre atomique, se trouvent devant cette énigme. Et quel est le secret de cette crypte à demi effondrée où ils vont découvrir une horloge-zodiaque, défendue par un piège électronique ? Leur surprise ne sera pas plus grande que celle de la reine Mulkis, contemporaine de l'Atlantide, qui, avec son peuple, découvre soudain ces intrus venus... d'ailleurs. Quel drame, quand la reine constate que son fils, le prince Ki, semble connaître ces étrangers sacrilèges. Que son égérie, la troublante Aïkkè, pactise avec eux, au mépris des lois sacrées de Mulkis ! Une fantastique aventure, entre deux univers, deux mondes où se retrouvent mystérieusement ceux qui, en apparence, devraient être séparés par des siècles et des siècles. Mais en apparence seulement, car les âmes se retrouvent hors des énigmes du temps. Un roman entraînant dont on ne peut se détacher avant d'avoir lu le mot de la fin ! EXTRAIT L'homme se traînait. Il cuisait littéralement. Partout, le désert, le sable. L'épouvante... La guerre ? On ne savait même pas. Les derniers vestiges de l'humanité, dont il était, avaient fui comme ils avaient pu devant le cataclysme. Nucléaire, le cataclysme. Incontestablement. Des bombes atomiques et encore des bombes atomiques. Une planète sur laquelle déferlaient des nuages empoisonnés, autour du globe des éclairs valant cent mille fois les soleils, brûlant les regards, brûlant les vivants, brûlant la vie, brûlant tout... Cela s'était produit on ne savait comment. Pas même un conflit. Un accident de laboratoire. Ou le geste forcené d'un hystérique quelconque, ou bien... N'importe ! La Terre était ravagée. Lui était des derniers. Il fuyait dans le désert, comme ça, bêtement. Seul. A PROPOS DE L'AUTEUR Maurice Limat est né le 23 septembre 1914 à Paris et mort le 21 janvier 2002 à Sèvres. Écrivain, ses genres de prédilection sont la science-fiction, les romans policiers et d'espionnage. Sa production est particulièrement abondante et polymorphe. Il fut publié avant-guerre par la maison d'édition Ferenczi & fils, puis principalement au Fleuve noir - dont il était l'un des piliers - pour ses oeuvres de science-fiction, ainsi qu'à la Société des Éditions Générales pour ses romans d'espionnage. Féru d'occultisme, il s'est aussi essayé au fantastique, au théâtre et à la poésie. Il a publié des romans sous divers pseudonymes, notamment Maurice Lionel, Maurice d'Escrignelles, Lionel Rey et Lionel Rex.

  • Embarquez à bord du Nevermore en direction d'une Nouvelle Terre, mais à vos risques et périls... Sélectionnés pour leurs qualités morales et physiques afin de peupler une nouvelle Terre, Liane, Génio et bien d'autres, voyagent à bord du Nevermore, un vaisseau spatial qui voyage presque à la vitesse de la lumière. La routine et l'ennui s'installe jusqu'à ce que leur chemin croise celui d'une comète radioactive. La descente aux enfers commence et c'est l'hécatombe parmi les passagers. A l'arrivée, un seul survivant, mais à quel prix ? Son corps se transforme, sa peau prend l'allure de l'écorce, son sang celui de la sève et la durée de sa vie s'allonge... pour très longtemps. Que vont découvrir, ceux qui après tant d'années, vont à leur tour poser leurs pieds sur cette planète ? Un roman d'anticipation à la fois angoissant et poétique qui vous tiendra en haleine ! EXTRAIT - Jamais plus... Le front au hublot Liane contemplait l'étendue noire où les astres piquetaient leurs gemmes, fixes comme des regards de statues. Et l'expression désabusée s'était exhalée de son coeur. Sans s'en rendre compte, elle avait dû parler tout haut. Elle n'entendait pas, dans le couloir de l'astronef, le pas de Génio, le vrombissement incessant rongeant tous les bruits. Et puis le revêtement de plastique permettait de s'approcher en silence. Un bras viril glissa le long de la taille de la jeune femme. Instinctivement, elle sursauta et se rassura en le reconnaissant : - Pourquoi ces soupirs, chérie ? Te voilà mélancolique... Il était grand, solide. Ses cheveux noirs et abondants de Latin se plantaient assez bas sur le front, lui donnant une impression de rudesse démentant la grâce des traits. Il souriait, confiant dans la réussite de l'expédition, étrange prospection interstellaire qui devait trouver son couronnement dans toute une série de mariages. Liane leva vers lui ses beaux yeux clairs, un peu tristes dans le visage rosé. Elle ne dit rien, puis appuya sa chevelure dorée contre l'épaule puissante. - Nevermore... Jamais plus... Pourquoi avoir ainsi baptisé notre navire ? A PROPOS DE L'AUTEUR Maurice Limat est né le 23 septembre 1914 à Paris et mort le 21 janvier 2002 à Sèvres. Écrivain, ses genres de prédilection sont la science-fiction, les romans policiers et d'espionnage. Sa production est particulièrement abondante et polymorphe. Il fut publié avant-guerre par la maison d'édition Ferenczi & fils, puis principalement au Fleuve noir - dont il était l'un des piliers - pour ses oeuvres de science-fiction, ainsi qu'à la Société des Éditions Générales pour ses romans d'espionnage. Féru d'occultisme, il s'est aussi essayé au fantastique, au théâtre et à la poésie. Il a publié des romans sous divers pseudonymes, notamment Maurice Lionel, Maurice d'Escrignelles, Lionel Rey et Lionel Rex.

  • La sublimation des forces de l'armée française face à l'invasion allemande En 1912, le grand écrivain militaire Emile Driant, dit capitaine Danrit, rédige un roman dont le cadre est un conflit entre son pays et l'Allemagne, profitant de l'occasion pour valoriser une arme d'élite : le génie. Initialement publié dans le Journal des Voyages, ce roman qui a pour titre Robinsons souterrains et relate l'odyssée d'un groupe de sapeurs au cours de l'attaque d'un fort tenu par l'ennemi, va connaître une destinée surprenante, du fait du déclenchement du premier conflit mondial. Il est reproduit dans un grand nombre de journaux, au cours des premiers mois de la guerre, essentiellement les quotidiens de province, ce qui incite Danrit à le revoir, avant tout à cause de l'attaque en règle qu'il contient contre les pacifistes, au premier rang desquels les instituteurs. Aussi trouve-t-il le temps, non pas réécrire son roman, mais du moins de lui apporter quelques modifications. Danrit meurt au combat, devant Verdun, au début de l'année 1916. Même si son dernier roman - rebaptisé La Guerre souterraine - n'est pas, à proprement parler, un roman de guerre écrit durant le premier conflit mondial par un militaire de carrière, comme le seront ceux d'un Georges de Lys, il a bien sa place dans cette collection car il en contient le thème principal, la guerre, et traduit l'esprit de l'époque, celle de l'Union sacrée face à l'invasion allemande. Un roman d'aventures historique de l'époque de la Première Guerre mondiale qui ne manque pas de rythme ! EXTRAIT - Non, encore une fois, non que je vous dis ! - Voyons, mon adjudant !... - Inutile d'insister. Jamais je ne vous donnerai une autorisation pareille, quand c'est votre tour de prendre le service. - Mais puisque je serai revenu à temps pour le prendre, mon service ! - On ne sait jamais. Et puis la consigne est formelle : défense d'aller dans les villages voisins ; il y a encore trop de patrouilles allemandes qui passent la Moselle la nuit et qui viennent rôder par ici : ce serait du propre de vous faire pincer le jour de votre arrivée... - Oui. Mais il y a toujours moyen de se défiler... Je suis sûr que le capitaine ne me refuserait pas, mon adjudant, si je lui expliquais... - Le capitaine est à l'ambulance avec un éclat d'obus dans la jambe ; le lieutenant est à la tranchée jusqu'à demain matin, et moi je suis seul à la compagnie et je vous dis non... Est-ce compris ? - C'est bien ! A PROPOS DE L'AUTEUR Sous le nom de plume de Capitaine Danrit se cache l'officier militaire Emile Driant, né en 1855 et mort à Verdun en 1916. Emile Driant développe très tôt une prédisposition pour une carrière dans l'armée, s'illustrant particulièrement lors de ses études à Saint-Cyr. Brillant officier, Emile Driant devient parlementaire libéral lorsqu'il prend sa retraite militaire. Il utilisa le pseudonyme "Capitaine Danrit", anagramme de son nom, afin d'éviter la censure. Ses romans d'aventures militaires, influencés par le style de Jules Verne, ont connu un succès considérable.

  • Intrigues familiales sous fond de scènes criminelles Les Mystères du Temple est un petit chef-d'oeuvre de puzzle familial et criminel. Peu de personnages sont en scène - contrairement à la légende qui veut que Ponson du Terrail devait employer des marionnettes pour s'y retrouver - mais ils ont tous entre eux des rapports complexes. Ainsi par exemple, d'emblée, s'affrontent deux hommes dont l'un est le fils légitime du marquis de Hauteserre mais non son fils biologique, et l'autre son véritable fils, mais né d'une liaison adultère. Selon un procédé courant, l'auteur apprend à ses lecteurs le passé de ses personnages par l'intermédiaire de manuscrits prévus à cet effet et que l'on vole ou détruit selon l'intérêt du moment. Mais l'aspect le plus frappant de ce roman est l'intensité du registre criminel. Le crime semble être roi... Ce roman est paru dans le journal L'Omnibus, du 4 décembre 1862 au 26 avril 1863. Un supsense saisissant qui s'intensifie au fil des pages ! EXTRAIT Un matin d'hiver, comme le jour commençait à poindre, un homme qui marchait furtivement, le nez dans son manteau, se retournant de temps à autre pour voir s'il n'était point suivi, s'arrêta vers le milieu de la rue Nazareth, devant une boutique encore fermée, au-dessus de laquelle on lisait : Jacob Isambart marchand d'habits - C'est bien là, se dit-il en examinant cette enseigne. Et il frappa. Il avait plu toute la nuit, le ciel était gris, les trottoirs couverts de boue. L'homme qui frappait à la porte du marchand d'habits semblait avoir marché une partie de la nuit, si on prenait garde à sa chaussure dont le vernis avait disparu sous une épaisse couche de fange, et à son pantalon noir crotté jusqu'au genou. Cependant l'ensemble de sa mise sentait l'élégance, et ce n'était pas évidemment le besoin qui amenait cet homme dans un de ces antres soumis à patente, où le pauvre monde va chercher un peu d'argent en échange de ses habits. A PROPOS DE L'AUTEUR Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • Revivez les premiers épisodes de la Grande Guerre ! Lors de sa publication dans Le Petit Parisien au début de l'année 1915, Sur les routes sanglantes de Jules Mary est qualifié de « récit de la Grande Guerre ». L'action se déroule en effet pendant le conflit : elle commence début juillet 1914, ce qui permet à l'auteur de mettre en scène la déclaration de guerre, la mobilisation, l'arrivée des soldats face à l'ennemi, les combats en Belgique, et l'épilogue se déroule en octobre 1914 près du village de Vailly dans l'Aisne, non loin du Chemin des Dames (où a eu lieu la première bataille de la Marne, fin août-début septembre 1914). Dans ce contexte particulier, Jules Mary développe une intrigue complexe comme il aime à en nouer dans ses récits. Soulignons la maîtrise narrative d'un romancier qui écrit pendant le déroulement de la Grande Guerre, vraisemblablement fin 1914, et parvient à y situer un récit qui relève tout à la fois de l'enquête policière, du récit d'espionnage, du drame familial et sentimental, et, bien sûr, du roman de guerre. Un roman historique au suspense haletant grâce à son intrigue d'espionnage EXTRAIT Au printemps de cette année-là, l'état-major achevait un voyage d'études sur les lignes de l'Oise, de la Somme et de l'Aisne. Les autos s'étaient arrêtées au pied d'un coteau, entre Vailly et Craonne. Les officiers avaient monté la côte et, la jumelle aux yeux, admiraient le joli paysage de fraîcheur et de verdure qui s'étendait à perte de vue en un panorama sur lequel s'abaissait lentement le déclin du soleil. Sur le versant des côtes, Chavignon, Vailly, Berry-au-Bac étalaient leurs maisons couvertes d'ardoises des Ardennes, et le filet de l'Aisne serpentait à leurs pieds en longs et multiples anneaux qui semblaient garder, en descendant vers Soissons et Compiègne, les reflets des sombres frondaisons de la forêt d'Argonne. Sur le haut du plateau où les officiers venaient de s'arrêter, le Chemin des Dames profilait sa régularité parfaite parallèlement à la rivière, en frôlant la ferme d'Heurtebise et la tour du vieux moulin à vent de Vauclère, d'où Napoléon suivit les détails de la bataille en 1814. Vers le sud, un étroit repli de cette vallée d'ombre, de fraîcheur et de repos est traversé par le ruisseau du Ployon et se barre du côté de l'Aisne par un long talus naturel appelé bois des Couleuvres. Là, est le village de Craonnelle... Au long du Ployon, des moulins. A PROPOS DE L'AUTEUR Jules Mary est né en 1851 et mort en 1922. Officiant en tant que franc-tireur pendant la guerre franco-prussienne, l'écrivain se lie d'amitié avec Arthur Rimbaud qu'il rencontre au cours de son séminaire à Charleville. Membre de la Société des Gens de Lettres et décoré de la Légion d'Honneur, Jules Mary fut fortement influencé par le mouvement littéraire du naturalisme, et en particulier par la fresque politique et historique de Victor Hugo, Les Misérables. L'un des thèmes principaux de ses romans est "l'erreur judiciaire".

  • Une enquête criminelle autour d'un savant fou En 1882, Fortuné du Boisgobey est passé maître dans l'art d'écrire un roman policier. Tout commence naturellement par un crime, introduit de manière spectaculaire, et se poursuit par une double enquête : d'un côté celle de la police officielle et de la justice ; de l'autre celle de détectives amateurs. Chez Boisgobey, ceux-ci sont souvent de jeunes aristocrates courageux ; ici, ce sont des artistes : le peintre Alfred Caussade et son ami vaudevilliste Georges Darès. Mais cette fois, l'adversaire n'est pas un mystérieux étranger, mais une femme... La perspective change, le registre sentimental est grandement exploité, mais l'intensité du drame demeure, avec un intéressant suspense final. Un personnage de savant fou - médecin, pour être plus précis - agrémente la distribution, et sa terrible invention aura son importance. Le roman est paru initialement dans La Lanterne, du 16 octobre au 19 décembre 1882, puis fut publié en librairie chez Plon, en 1883. Fortuné du Boisgobey offre ici un nouveau roman policier avec une intrigue judiciaire et une romance parfaitement menées EXTRAIT Ce n'est pas un mariage du grand monde ; ce n'est pas non plus une noce d'ouvriers, où chacun paye son écot. Il n'y a pas de voitures de maître à la porte du restaurant, mais les mariés et leurs témoins sont venus dans des landaus de louage, conduits par des cochers gantés de blanc et traînés par des chevaux enrubannés. Si le dîner a été commandé dans la banlieue, c'est que, dans l'intérieur de Paris, les salons de cent couverts sont assez rares ; mais l'établissement du père Cabassol, à Boulogne-sur-Seine, n'est pas une guinguette. Il est avantageusement connu depuis quarante ans, et sa spécialité, c'est de confectionner, au plus juste prix, les repas de noce de la bourgeoisie aisée. Plus d'un gros négociant, qui tient maintenant le haut du pavé sur la place, y a fêté jadis le plus beau jour de sa vie, alors qu'il débutait dans les affaires et qu'il s'estimait trop heureux d'épouser la fille d'un boutiquier, avec cent mille francs de dot. Cette fois, c'est la fille d'un médecin qui épouse le caissier d'une maison de banque. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

  • Romances et mystères en Bretagne Paru dix mois après La Fin d'une Walkyrie, toujours dans L'Echo de Paris, Le Mystère de Ket-Even, grand roman d'espionnage inaugure les « Delly double », romans plus longs qui vont désormais alterner, dans l'oeuvre de l'auteur, avec ses romans habituels. Pour ce format, Delly va plonger vraiment dans le roman populaire et bâtir une intrigue remarquablement prenante, sur un fait d'actualité documentaire contemporain, la Grande guerre en cours, avançant son explication personnelle, si l'on peut dire, du conflit, dont les racines sont à rechercher loin dans le prologue de l'avant-guerre, dans les réseaux sournois que nos cousins « germains » sont sensés avoir tissé dans notre pays trop confiant. Delly s'appuie en fait tout simplement sur la littérature de propagande dénonçant l'espionnage allemand installé en France. Le crime, motif feuilletonesque essentiel, sature littéralement le récit, et la volonté criminelle est un moteur majeur de l'intrigue. Ici, cette volonté criminelle a comme nom le pangermanisme. De fait, les monstres moraux vont devenir de plus en plus noirs et monstrueux d'un roman dellyen à l'autre, dans une tentative sans cesse renouvelée d'atteindre à la noirceur sublime et totale, idéal toujours à surpasser, tandis que les anges de bonté opteront pour le chemin symétrique et inverse. Parcourir tous les échelons du Mal chez Delly semble être une source de délice pour cet auteur autant que pour ses lecteurs. Suspense, histoires d'amour, secrets : tout est au rendez-vous pour séduire le lecteur tout au long de ce roman EXTRAIT Il pleuvait depuis le matin - petite pluie fine, serrée, que les marins appellent « crachin ». Elle noyait l'horizon, étendait son triste voile gris, humide, sur la mer sombre presque tranquille aujourd'hui, sauf autour des récifs contre lesquels, toujours, elle écumait en vagues pressées, rageuses, comme demandant aux rocs sournois la proie qu'ils lui avaient si souvent procurée, depuis des siècles. La route conduisant au petit port de Conestel n'apparaissait pas cependant trop boueuse, grâce à son sol dur - un vrai sol de granit ! comme le répétait le colporteur qui avançait d'un pas lourd, en poussant devant lui une petite voiture recouverte d'une toile cirée. C'était un homme d'environ quarante-cinq ans, plutôt petit, maigre, les cheveux blonds grisonnants. Des yeux d'un bleu vif brillaient dans sa face blafarde, aux traits mous. Une longue pèlerine en drap verdi tombait sur ses épaules, un large béret noir le coiffait. Des bottes solides montaient jusqu'à ses genoux, et leurs semelles épaisses, leurs talons ferrés martelaient le sol, qui rendait un son mat. A PROPOS DE L'AUTEUR Derrière le nom de Delly se cache en réalité un frère et une soeur, Jeanne-Marie et Frédéric Petitjean de la Rosière. Ayant connu un succès retentissant, ces deux écrivains sont emblématiques de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle. Adoptant une attitude moraliste dans leurs oeuvres, leurs romans revêtent pour la plupart un caractère sentimental.

  • Quel était leur quotidien lors de la Première Guerre mondiale ? Femmes et gosses héroïques est un recueil d'écrits de circonstances, mots, réflexions et nouvelles de guerre, publié en 1915. Il présente l'originalité de donner la vedette à des femmes et à des enfants, qui apparaissent comme des exemples de courage et de patriotisme à imiter alors que la guerre s'installe dans le quotidien des Français. L'ouvrage se caractérise aussi par une grande variété : dans la forme adoptée par les textes, la nationalité et la condition des personnages, ou encore les lieux où se révèle leur héroïsme - à l'arrière, au front, à Paris, en province, en Allemagne, en Pologne... Avec des récits tantôt dramatiques, tantôt pleins d'une savoureuse ironie, il permet d'apprécier le talent de nouvelliste d'un auteur davantage connu pour ses romans d'aventures. Découvrez la vraie vie de ces femmes et de ces enfants, au front comme à l'arrière EXTRAIT Lineke (diminutif affectueux d'Aline) est toute blonde et toute rose. Elle a grandi dans la Flandre catholique. Sa petite âme simplette et pure réprouvait naturellement la violence. Elle ne concevait que pardon, excuse, miséricorde, même pour les pires coupables. Je la rencontre. Est-ce pour la taquiner ? Peut-être ; mais je lui dis : - Vous avez lu... à tel endroit... cette hécatombe d'Allemands ? Ses paupières palpitent. Elle pâlit un peu en murmurant : - Et des nôtres ? - Oh ! beaucoup moins. La proportion est de un à cinq. Son visage s'éclaire. Elle joint les mains, et fervente : - Que Dieu soit béni ! A PROPOS DE L'AUTEUR Paul d'Ivoi est le nom de plume de Paul Deletre, né en 1856 et mort en 1915. Auteur de pièces de théâtre de boulevard, Paul d'Ivoi est surtout connu pour sa série Les Cinq sous de Lavarède et pour la série des Voyages excentriques, fortement influencée par Les voyages extraordinaires de Jules Verne.

  • Plongez-vous au coeur du conflit entre la Russie et le Japon ! Parmi la vingtaine de romans d'aventures militaires qu'Emile Driant signe Capitaine Danrit, L'Invasion Jaune occupe une place à part. Après L'Invasion Noire, oeuvre de jeunesse publiée en 1894, qui décrivait la submersion de l'Europe par les peuples africains, il s'agissait maintenant des masses asiatiques. On était en 1905, à l'époque de la guerre russo-japonaise et du « grand tournant de la politique mondiale », titre du livre de l'ambassadeur Maurice Paléologue. Le roman peut ainsi être lu à deux niveaux, soit une suite d'aventures haletantes, soit l'évocation d'une situation politique internationale tendue et complexe. Les politiques internationales sont au coeur de ce roman d'aventures qui ne manque pas de rythme EXTRAIT Dans l'un des vastes couloirs de granit rouge qui couraient dans les sous-sols du gigantesque palais du milliardaire sir Jonathan Wishburn, de San Francisco, une ombre se glissait dans un silence spectral. Homme ou femme ? La longue robe de soie bleue qui emprisonnait d'un fourreau moiré son corps maigre et souple aux allures félines, eût trompé de loin un observateur peu exercé ; mais il suffisait de regarder un instant le faciès du personnage, à la lueur opaline d'un des globes électriques qui nuit et jour éclairaient l'opulente demeure, pour reconnaître en lui un Japonais de race, au type fortement accusé, mélange apparent de vieil ivoire, de laque et d'acier. De petite taille, mince et souple, les membres grêles, il appartenait manifestement à la race aristocratique nippone, avec sa peau d'un blanc jaunâtre, ses attaches fines, son front haut, son nez fin et ses grands yeux en amande ombragés d'épais sourcils d'un noir bleu. Quel était son âge ? Aux nombreuses petites rides qui plissaient son front, on pouvait seulement affirmer qu'il n'était plus jeune. Il marchait avec précaution, chaussé d'épaisses sandales de feutre et semblait glisser sur les mosaïques de marbre aux dessins polychromes. De temps en temps il s'arrêtait, écoutait en se redressant. Il était bien seul. A PROPOS DE L'AUTEUR Sous le nom de plume de Capitaine Danrit se cache l'officier militaire Emile Driant, né en 1855 et mort à Verdun en 1916. Emile Driant développe très tôt une prédisposition pour une carrière dans l'armée, s'illustrant particulièrement lors de ses études à Saint-Cyr. Brillant officier, Emile Driant devient parlementaire libéral lorsqu'il prend sa retraite militaire. Il utilisa le pseudonyme "Capitaine Danrit", anagramme de son nom, afin d'éviter la censure. Ses romans d'aventures militaires, influencés par le style de Jules Verne, ont connu un succès considérable.

  • Embarquez pour une odysée autour du monde ! Publié en 1875, La Conquête de l'air d'Alphonse Brown fut salué par Le Petit Journal comme la première imitation de Jules Verne. Le roman a un côté vernien en effet, avec, au début, le pari d'accomplir le tour du monde en quarante jours. Pour faire mieux que Phileas Fogg, Marcel Valdy utilise une machine volante qu'il vient d'inventer, le Céleste qui va lui permettre de gagner son pari. Comme son auteur modèle, Brown décrit tant la fabrication de l'engin que son fonctionnement et les diverses péripéties qui en soulignent les capacités. L'anticipation technique accompagne la vulgarisation géographique : le lecteur suit les personnages dans divers pays à chaque atterrissage du Céleste et observe, inquiet ou amusé, le comportement des populations autochtones envers leurs visiteurs. Brown cite les mêmes sources que Verne en particulier La Landelle, Arthur Mangin, Wilfrid de Fonvielle et Louis Figuier. Le lecteur familier des « Voyages extraordinaires » pourra relever combien les éléments de ce récit ressemblent à ceux des romans verniens : des bateaux, un volcan en éruption, des protagonistes appartenant à diverses nationalités - des Français, un Américain, des Russes et des Anglais. Sans oublier la disparition finale de la machine extraordinaire et la préoccupation souvent répétée de la nourriture. Ces thèmes, souvent analysés comme des obsessions de Verne, ne sont-ils pas ceux de l'imaginaire d'une époque ? L'intrigue est bien menée par Alphonse Brown, même si, encore une fois par comparaison avec un roman de Verne, on ne trouve pas ici de scène grandiose, de combat, ni de suspense final. Un roman d'aventures palpitant retraçant les progrès et innovations techniques de la fin du XIXe siècle EXTRAIT Le 1er septembre 18** vers huit heures du soir, plusieurs personnes étaient rassemblées dans le salon de conversation du grand hôtel d'Arcachon. Le refroidissement subit de la température, la pluie fine et serrée qui tombait au dehors, expliquaient cette réunion insolite. Il fallait tuer le temps, ainsi qu'on le dit vulgairement, et les baigneurs le tuaient en babillant. Quelquefois, cependant, la causerie devenait languissante, et chacun écoutait silencieusement le clapotage des vagues sur la plage sablonneuse ou le mugissement du vent qui secouait les rameaux des pinadas. Plusieurs groupes s'étaient formés ; chaque personne, selon son caractère, son humeur ou le caprice du moment, pouvait varier son babil. Dans un coin on parlait littérature, dans l'autre la discussion était toute politique. Mais le groupe le plus animé était celui où l'on s'entretenait des explorations lointaines et des voyageurs qui les avaient entreprises. A PROPOS DE L'AUTEUR Alphonse Brown commence à publier des romans à partir de 1875 et est alors salué comme l'un des premiers imitateurs de Jules Verne. Son oeuvre est en effet constituée de romans d'aventures à travers le monde, où il ne néglige ni la partie didactique, ni le progrès scientifique (notamment dans les moyens de transport) : dans La Conquête de l'air (1875), on vole grâce à un engin mi-aéroplane, mi-ballon.

  • Confitou

    Gaston Leroux

    Quand un jeune Français se rebelle contre l'armée allemande Le jeune Confitou, fils d'un père français et d'une mère allemande, et plutôt enclin à suivre l'exemple de sa mère, change totalement de sentiments lorsque les Allemands arrivent. Il va même prendre les armes pour trahir sa mère et son oncle, officier allemand, et aider à la libération de son village... Ce court roman, paru en feuilletons quotidiens, inaugure les textes « de guerre » de Leroux qui monte au front littéraire. Le thème des « atrocités allemandes » est au centre de l'oeuvre. Un roman historique rythmé qui vous replongera au coeur de la Première Guerre mondiale EXTRAIT - Comment va Mme Raucoux-Desmares, mon cher maître ? On ne la voit plus ! - Elle est un peu souffrante, répondit évasivement le célèbre professeur Raucoux-Desmares à la petite Mme Lavallette qu'il avait croisée dans le vestibule de son fameux institut de Saint-Rémy-en-Valois, transformé, sur son initiative, en hôpital militaire ; et il hâta le pas vers la sortie. Il venait de passer encore une nuit blanche, car le dernier train du Nord avait laissé à Saint-Rémy une douzaine de grands blessés qui avaient dû être opérés d'urgence. Depuis trois jours il n'avait pas dormi huit heures. Enfin, il allait être cinq heures du matin ; on attendait d'autres blessés à onze heures. Il n'avait pas de temps à perdre et son repos devait être aussi précieux aux autres qu'à lui-même. C'est sans doute ce qu'il aurait désiré que la petite Mme Lavallette comprît bien ; mais elle courut derrière lui. A PROPOS DE L'AUTEUR Gaston Leroux est né en 1868 et mort en 1927. Figure majeure du roman policier aux nuances fantastiques au XIXe siècle, Gaston Leroux commença sa carrière en tant que chroniqueur judiciaire, après s'être fait remarqué pour sa version du procès d'Auguste Vaillant. Ses succès notoires sont Le Mystère de la Chambre Jaune avec le célèbre reporter Rouletabille, et Le Fantôme de l'opéra. Gaston Leroux a également milité de nombreuses fois dans ses écrits contre la peine de mort.

  • Revivez une odyssée incroyable au coeur des tranchées ! Durant la Grande Guerre, Arnould Galopin (1863-1934) devient correspondant de guerre et se rend sur le front. Il en ramène la matière de nombreux articles - dont certains seront repris en librairie dans Sur la ligne de feu (Carnets de campagne d'un correspondant de guerre) chez De Boccard, en 1917 - et de plusieurs romans qui paraissent en feuilletons dans la grande presse quotidienne. Dans Les Poilus de la 9e, il met en scène une escouade - de la 9e compagnie du 388e régiment d'infanterie (VIe armée, 37e division) - dont on va suivre l'odyssée, rapportée par l'un de ses membres, le soldat Jules Parizot - ouvrier parisien dans le civil. Ce roman est un excellent exemple du «?roman de tranchée?» populaire qui conserve la verve des récits d'aventures traditionnels tout en évoquant la terrible réalité du moment?: un conflit dont on ne connaît pas encore - ni de sitôt - l'issue. Un roman historique de la Grande Guerre qui vous tiendra en haleine EXTRAIT D'abord, que je vous présente les poilus de la 9e. Ils sont quinze en tout et pour tout... pas un de plus, pas un de moins... Les autres sont restés là-bas, dans les plaines de Belgique, de la Marne, ou ailleurs ! De ceux-là nous ne parlons plus - à quoi bon chanter des de profundis ? - mais nous y pensons quelquefois. On ne s'est pas battu un mois ensemble sans se lier un peu d'amitié, n'est-ce pas ? Le sergent Robin, qui est un dur à cuire - il a rempilé deux fois, - prétend qu'il ne faut jamais pleurer les disparus parce que ça enlève tout courage... Si l'on doit parfois songer à eux, c'est uniquement pour tâcher de les venger. Drôle de corps, le sergent Robin ! Grand sec, le nez pointu, la moustache effarée, il court sans cesse, en agitant le bras droit, comme s'il sabrait quelque chose d'invisible. Au demeurant le meilleur garçon du monde. Il en est encore à donner une punition, et Dieu sait cependant, s'il pourrait en distribuer des « crans », car il y a, parmi ceux de la 9e, trois farceurs de Parisiens qui ont failli le rendre fou avec leurs montages de bateaux. A PROPOS DE L'AUTEUR Arnould Galopin est né en 1863 et mort en 1934. Salué par la critique et par ses pairs, en remportant le Grand Prix de l'Académie française pour Sur le front de mer, Arnould Galopin s'illustre dans le genre de la science fiction et du policier et dédie quelques-unes de ses oeuvres à la jeunesse. Il est notamment le créateur de Ténébras, l'adversaire farouche de Fantômas, du célèbre Allan Dickinson, mais aussi d'Edgar Pipe, personnage infuencé par Arsène Lupin. On remarquera également un style d'écriture commun à celui de Jules Verne et de H. G. Wells. Arnould Galopin est aussi l'auteur de quelques poèmes.

  • Quels mystères et secrets cache cet étrange médecin de campagne ? Ce roman fait exception chez l'auteur en cela qu'il s'agit non plus d'un roman d'aventures criminelles, c'est-à-dire où l'aventure domine - avec ses éléments narratifs?: enlèvement, duel, usurpation d'identité, poursuite, etc., - mais bien d'un roman purement criminel dans lequel, sans artifice superflu, un personnage tente de mener à bien une entreprise à but criminel, l'entraînant le plus souvent à commettre des crimes de sang. La figure du criminel est cette fois celle d'un médecin de campagne, bien éloigné de ces médecins apprentis sorciers que sont le Dr Samuel des Gandins (1860) ou le médecin anonyme de L'Héritage d'un comédien (1864). Son projet est beaucoup plus modeste mais non moins terrible ; il repose sur l'ambition et sur la haine. En l'absence d'une véritable enquête policière, il n'est démasqué que grâce à un procédé pour le moins exotique. Un roman au suspense à couper le souffle EXTRAIT C'était la veille de Noël. La neige couvrait la terre, le brouillard rampait au-dessus de la neige et, au travers, apparaissait çà et là un coin de ciel bleu parsemé d'étoiles. Cependant, l'hiver n'avait pas été rude. Il avait beaucoup plu en octobre, il avait un peu gelé en novembre ; mais l'été de la Saint-Martin était arrivé, et après lui quelques journées brumeuses. Le temps était à peine froid et la neige ne durcissait pas ; mais de cette neige à peine consistante s'élevait un brouillard épais, dense, et qui avait des tons rougeâtres. Deux hommes, l'un à pied, l'autre à cheval cheminaient de compagnie et causaient à mi-voix. De temps en temps, l'homme à cheval se pressait sur ses étriers comme s'il eût voulu percer le brouillard de son regard, et voir s'il était loin encore du terme de son voyage. Sur la gauche, un clocher de village perçait la brume ; sur la droite, on entendait un clapotement. Le village dont la flèche montait dans le ciel gris se nommait Fay-aux-Loges. A PROPOS DE L'AUTEUR Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • Un crime au coeur de Paris avec en toile de fond la guerre franco-prussienne Roman contemporain, roman policier, roman parisien : tel peut être défini Le Coup de pouce. L'action se partage entre Paris intra-muros et la localité - imaginaire - de Charly-sous-Bois. Un crime est commis dont on croit connaître le coupable qui est très vite emprisonné, car, désigné par sa victime, tout semble l'accuser... Mais, selon un schéma très courant chez l'auteur, un jeune aristocrate, Julien de La Chanterie, convaincu de l'innocence du personnage, va se lancer dans une véritable enquête policière, découvrir un mystérieux document et s'intéresser à un troublant notable étranger : Wilfrid Wassmann... L'action se déroule à la veille, puis dans les premières semaines de la guerre franco-prussienne, des événements dont Fortuné du Boisgobey a été le témoin. Aux descriptions précises et passionnantes qu'il donne, comme toujours, de Paris et de sa banlieue, il ajoute cette fois le ressenti personnel du témoin authentique. Pour finir, on frôle le roman d'espionnage mais, après avoir subi un constant suspense on découvre le pot-aux-roses, alors que l'ennemi de la nation approche... Le roman est paru initialement dans le Petit Moniteur Universel du Soir, du 27 juin au 16 septembre 1874, puis a été publié en librairie chez Dentu en 1875. Un roman d'espionnage historique dont le suspense est maintenu jusqu'à la dernière page ! EXTRAIT L'omnibus de la Madeleine à la Bastille roulait sur la ligne des boulevards, et versait des torrents de poussière sur ses obscurs blasphémateurs, comme disait ce pauvre Arnal dans Renaudin de Caen - un vaudeville d'il y a trente ans. En style vulgaire, il faisait une chaleur abominable, le macadam poudroyait, et l'omnibus étant complet, les gens qui couraient après lui s'essoufflaient inutilement, puis s'arrêtaient en s'essuyant le front et en maugréant contre le monopole de la Compagnie. Déçus dans leur espoir, ces aspirants à la locomotion à bon marché n'avaient pas même la consolation d'être plaints par les voyageurs plus heureux qui remplissaient la voiture. Au contraire, les premiers occupants leur riaient au nez - ainsi va le peuple le plus spirituel de la terre, - et les moqueries s'adressaient surtout à des femmes, car, sous ce soleil torride, les hommes recherchaient peu l'impériale, où ils ont seuls le privilège de grimper. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

empty