Nouvelles Lectures

  • Lorsque le commissaire Mathieu Difrade reçoit le journal intime de celui qui se présente comme un « méchant », il enfile des gants pour ne pas brouiller les empreintes. Ce n'est qu'après avoir pris cette précaution qu'il lit le texte, d'une seule traite. Il le photocopie, puis, incrédule, le relit avant de confier l'enveloppe et le texte dactylographié au laboratoire de police scientifique.
    Le commissaire Mathieu Difrade se persuade qu'il n'a pas affaire à un mythomane mais bien à un tueur qui le défie. Commence alors pour celui que l'on surnomme le Flicorse une enquête hors norme.
    Une première victime est découverte sur la promenade Polangis qui longe la Marne. Tout comme l'annonce le « méchant » dans son journal...

  • « Les rues défilent. Il regarde les magasins, les enseignes. Des noms, partout des noms. Un sentiment étrange l'envahit. C'est comme s'il entrait dans le monde. Maintenant il est à égalité avec tous ces gens qui circulent sur les trottoirs. Il aurait presque envie de descendre, d'aller serrer la main au premier venu.
    - Bonjour, je m'appelle.... »
    Un nom. Un nom enfermé dans une enveloppe scellée. Comment la loi peut-elle permettre à une mère de cacher, pour toujours, son nom à son enfant ? Quel secret de famille, caché dans cette enveloppe, découvrira Martin, le héros de ce livre, à l'issue de la recherche éperdue de son identité ? L'amour d'une mère adoptive peut-il remplacer l'amour de la mère rêvée, idéalisée, la « vraie » mère ? Cet amour empêchera-t-il la haine de frapper à la porte de la maison ?
    Par ce roman fertile en rebondissements, dont l'issue restera incertaine jusqu'aux dernières pages, histoire policière et romantique tout à la fois, l'auteur revient sur la question tant controversée aujourd'hui du droit à l'identité.

  • Au moment où Peter Ziegler, Américain de 20 ans, pose le pied à l'aéroport de Roissy, il se souvient des évènements récents qui l'ont amené à quitter son pays d'origine, sans doute pour toujours.
    « Ouais, les choses ne se présentent pas aussi mal que je le croyais après tout. Je m'en tire bien. C'est comme le disait Dr Leb, je n'ai qu'à rendre ma vie « gérable » - c'est l'essentiel - et le reste viendra avec le temps - ha ! - et si le reste ne vient pas il va se passer un moment avant que je m'en inquiète. Ça n'a pas d'importance parce qu'aussi longtemps que j'aurais accès à une bonne herbe sans avoir à en payer les absurdes répercussions légales, et que je pourrais la consommer en paix, c'est une véritable consolation pour cette vie maudite que je n'avais pas désirée »
    Ce roman générationnel raconte avec un humour féroce le parcours difficile d'un jeune homme accro au cannabis dans la société américaine du début du siècle.
    L'auteur: Alexander Merchant, Américain de mère française, signe avec ce premier roman le portrait au vitriol d'une certaine bourgeoisie de la Nouvelle-Angleterre.

  • « En mes jeunes années, je me suis pris de passion, le mot n'est pas trop fort, pour l'oeuvre de Michel Déon. D'une certaine façon, l'auteur des « Poneys sauvages » aura été mon père spirituel. Ses héros ont ainsi déteint sur moi, me communiquant cette mélancolie nonchalante, ce regard sur la vie, triste et amusé, qui ne me quittent plus. Le bonheur existant parfois, j'ai eu la chance de correspondre avec celui que je nommais le Grand Michel. Je l'ai rencontré à plusieurs reprises, notamment à l'occasion du Prix des Hussards, créé, ce n'est plus un secret, pour lui. Michel Déon m'a reçu, ensuite, dans sa propriété de Tynagh, en Irlande. Notre dernière rencontre eut lieu quelques jours avant sa mort.
    Le maître avait de plus brillants disciples mais nul homme n'aura eu de meilleur mentor.»

    L'auteur: François Jonquères est avocat et secrétaire général du Prix des Hussards. Il est l'auteur de plusieurs livres, notamment « La Révolution buissonnière » et « Robert B. Sept nuances de gris », romans parus aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

  • «Je cite souvent Annie Ernaux à propos de l'écriture qui est un activateur de mémoire.
    Été 58: elle a dix-huit ans, elle est monitrice dans une colonie de vacances, elle ne veut plus être vierge. Cet épisode bat dans son corps de mère, de grand-mère, de femme qui a surmonté tant d'autres sujets de honte (un avortement clandestin, son père qui tente de tuer sa mère, des amants qui ne sont pas de son milieu social). Ce sont une vingtaine de livres et ces années qui seront nécessaires pour qu'elle trouve les mots justes dans Mémoire de fille, publié en 2016.
    Ses livres m'ont provoqué, ils m'ont poussé, ils sont venus chercher cet autre que j'avais jusque-là contourné dans mes livres, celui que j'étais à dix-huit ans aussi. Ils m'ont donné du courage pour m'engager pleinement dans le sujet.» Patrick Froehlich
    L'auteur: Patrick Froehlich a exercé la profession de chirurgien. Il a vécu à Lyon, Bruxelles et est désormais installé à Montréal. Au préalable, il a publié de nombreux articles scientifiques et des ouvrages dans le domaine de la chirurgie des voies respiratoires des enfants. Il est l'auteur de six livres. Dernier titre paru: La Minute bleue, éditions Les Allusifs, 2020.

  • « Son titre me hante. Depuis des années, le livre patiente dans l'étagère au parfum de bois ancien, enchâssée dans le panneau aux reflets sombres. Folio n° 1455. Je tends la main, caresse la tranche fanée. Sur la couverture, un masque placide rit et se fend pour laisser entrevoir un crâne. Mon ventre se crispe. Je dois affronter Mishima pour savoir ce qui m'attend. » Nicolas Gaudemet
    L'auteur : Nicolas Gaudemet est écrivain. Son premier roman La Fin des idoles a été récompensé par le prix Jules-Renard 2019.

  • « J'avais quatorze ans quand Leonard Cohen est entré dans ma vie. C'était l'époque de son retour sur la scène musicale avec l'album « I'm Your Man ». Un jour, dans la capitale nord-américaine de mon enfance, son profil est apparu à l'écran de la télévision. Dès que je l'ai vu déambulant sur la plage de Trouville avec son long manteau noir et sa valise dans la vidéo noir et blanc « First We Take Manhattan », quelque chose a basculé. Dans ma chair, il a tracé son chemin d'exils. Sa voix a fissuré ma silhouette de jeune fille pour en extraire un corps de femme débordant de sensualité. Beaucoup plus tard, c'est avec lui que j'ai vécu la plus inattendue de toutes mes histoires d'amour. La plus inattendue, car elle est née avec sa mort, voire de sa mort elle-même. « Tu es la femme qui m'a délivré / Je t'ai vue observer la lune / tu n'as pas hésité / à m'aimer avec elle ». Parce que sa poésie m'habite depuis si longtemps, à travers ses chansons et ses recueils, et parce qu'il a dessiné pour nous l'architecture de l'amour, j'ai choisi de lui consacrer ce duetto en guise d'hommage.» Chantal Ringuet
    L'auteur: Docteure en lettres et spécialiste de Leonard Cohen, Chantal Ringuet se consacre à l'écriture, à la traduction (de l'anglais et du yiddish) et à la recherche. Enseignante-intervenante à l'Institut européen Emmanuel Lévinas de Paris, elle a co-édité (avec Gérard Rabinovitch) l'ouvrage "Les révolutions de Leonard Cohen" (Québec, PUQ, 2016). Elle a publié plusieurs textes sur l'artiste, notamment dans le catalogue d'exposition "Leonard Cohen. Une brèche en toute chose" (MAC, 2017).

  • « La relation que j'entretiens avec Koltès est une relation fraternelle. Comme on ne connaît jamais vraiment son frère, je ne comprends qu'imparfaitement sans doute l'oeuvre de Bernard-Marie Koltès. J'en accepte la marge. Je l'aime comme un petit frère. Il a capté de la jeunesse le refus des idées conventionnelles, des formes et des discours. Il fait entendre une musique nouvelle. Un rythme, un langage métissés. Koltès est à mes yeux, à mes oreilles, un dramaturge francophone bien davantage qu'un auteur français. Il sait aussi me prendre en défaut parce qu'il met en échec ma quête de clarté. Je subis l'énigme de ses personnages avec jubilation. Je prends son oeuvre tout en bloc. Elle entre clandestinement dans mes recoins et me pousse à les visiter. C'est un dialogue qui se régénère à chaque lecture et se poursuit en-dehors. Je n'ai qu'à m'installer, à ma place parmi les autres, pour entendre les personnages de Koltès, à chaque création, parler avec une voix que je découvre. » Bénédicte Forgeron
    L'auteur: Enseignante de lettres et d'histoire des arts en lycée, Bénédicte Forgeron est en charge du service éducatif de la Scène nationale d'Angoulême.
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • « J'ai découvert « Stupeur et tremblements » en 2002, trois ans après sa parution. Nommée à un poste de gestionnaire comptable dans une administration publique, je sombrais alors dans les affres de la dépression lorsque je lus le roman d'Amélie Nothomb. Je fus frappée par la similitude de l'expérience de la narratrice Amélie San et de la mienne. En outre, ce texte m'ouvrit à un auteur et à une écriture. Une écriture vive, incisive, courte où se mêlent, à l'extrême, l'humour, l'autodérision et l'humilité. La psychologie du personnage embarqué dans un jeu pervers me stupéfia. « Stupeur et tremblements » changea ma manière d'agir, mon regard sur le réel. Après mon départ de la fonction publique, j'eus une première correspondance avec Amélie Nothomb. Lorsque je me lançai dans l'écriture, elle fut la première personne à qui j'envoyai mon premier ouvrage. Ces échanges se sont poursuivis, au gré des parutions, avec celle qui est devenue ma marraine de coeur. » Sylvie Payet
    L'auteur: Sylvie Payet, formatrice et correspondante de presse, est l'auteur d'un recueil de nouvelles, "À fleur de peau" (2016), et d'un roman, "Camélia rouge" (2017) - ces deux livres parus chez L'Harmattan. "La Baie fait un somme" (Éditions Cadasre8Zéro, 2018) est, entre proses et nouvelles, un ouvrage coécrit avec Philippe Lacoche à partir de photographies de nuit de la Baie de Somme.
    La collection Duetto: un écrivain en raconte un autre.

  • « Mes débuts avec Bernanos furent difficiles : je tombai par hasard, traînant sur un billard dans un château délabré, sur La Joie. Ce livre fut rude à mes quatorze ans, je n'y compris rien. Par grâce, je m'obstinai. J'en fus récompensé. Peu à peu, Bernanos devint mon grand-père spirituel, d'autant plus qu'il ressemblait par plusieurs points à mon grand-père de sang. J'attrapai des idées politiques, religieuses plutôt proches de celles de Bernanos. Bien sûr, l'auteur de Sous le soleil de Satan y était pour quelque chose. De surcroît, je partageai son goût pour le vent sifflant dans les haies de houx et d'aubépines de l'Artois.» Bernard Leconte
    L'auteur: Bernard Leconte a toujours vécu dans le Nord. Il a publié une quinzaine de livres, écrit dans pas mal de journaux et revues et anime à la radio une émission littéraire.

  • « Le cinéma de Philippe de Broca, c'est celui de mes vingt-ans. C'était hier, c'était déjà au siècle dernier. Des actrices ressurgissent de ma mémoire comme des éclats du passé. Marthe Keller, Annie Girardot, Jacqueline Bisset et Geneviève Bujold resteront à jamais mes amours de jeunesse. Elles étaient belles et enivrantes, inaccessibles et désirables. Philippe de Broca les filmait avec sa maestria habituelle, légère et profonde, délicate et sensuelle. Cet immense réalisateur à l'oeuvre essentielle mettait aussi en lumière de merveilleux acteurs : Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, Jean-Pierre Cassel ou Claude Brasseur. Philippe de Broca donnait de l'élégance à nos vies.» Thomas Morales.
    L'auteur : Thomas Morales, écrivain à la plume tendre, nous fait revivre cette parenthèse enchantée. Il pose un regard nostalgique sur ce cinéma d'ancien régime. Vous trouverez dans cet hommage personnel l'insouciance des Trente Glorieuses et les marques d'un pays heureux. Thomas Morales est l'auteur de nombreux livres. En 2018, il a publié "Eloge de la voiture" aux éditions du Rocher, "Noblesse du barbecue" aux éditions Nouvelles Lectures et "Tais-toi quand tu écris" aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

  • « J'ai aimé Jack Kerouac pour ce dialogue :
    -Hey ! Jack, il faut y aller et ne pas s'arrêter avant d'y être.
    -Et où ça, mon pote ?
    -Je ne sais pas mais il faut y aller.
    Je l'ai aussi aimé parce que j'avais lu Jack London, le météore qui ne s'est endormi qu'à sa mort... Ces deux frères Jack m'ont donné envie de tracer la route. Encore et again ! J'ai aimé Kerouac et ses potes beatniks, au point de refaire le même trajet, sur la route US, cinquante ans après. J'ai aimé Kerouac parce que j'ai su garder dans ma main celle de l'enfant qui rêvait d'être un cowboy ami des Indiens. J'ai également aimé Kerouac pour cette phrase : "Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller mais qui brûlent, brûlent..." Kerouac a été ma conquête de l'Ouest. Il m'a donné envie de devenir écrivain. Je suis un coureur des bois, plus que de jupons. Lire Kerouac m'a rendu ivre de livres et de vie. » Guillaume Chérel.
    L'auteur: Guillaume Chérel est un écrivain qui a bourlingué, des Comores à la Mongolie, en passant par la Chine et les États-Unis. Il est l'auteur de nombreux romans et d'un Duetto consacré à Jack London. Derniers livres publiés: Un bon écrivain est un écrivain mort (Mirobole) et Cadavres, Vautours et Poulet au citron (Michel Lafon).
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • « En réalité, je n'étais pas prédestiné à rencontrer J.M.G. Le Clézio. Je ne devais pas vivre une partie de ma vie, dans sa ville natale, et je ne devais pas non plus entendre son nom. Le Clézio s'est pourtant imposé dans ma vie à l'âge de quinze ans, et n'en est plus jamais ressorti. Il m'a hanté, comme il a hanté ma ville d'adoption, celle où je suis arrivé après mon déracinement, mon exil. J'ai été habité par ses personnages, ses histoires qui m'ont emmené jusqu'au bout du monde. C'est donc, en exilé, en voyageur, en lecteur que j'ai arpenté l'oeuvre de Le Clézio. J'étais emporté par une soif de comprendre, un mystère intérieur qui m'a sans cesse ramené à lui et à son oeuvre. Et c'est en chercheur d'or que j'ai accompli ce compagnonnage, comprenant que cette réponse que je lui demandais, comme je la demandais aux autres, il me fallait aller la chercher tout au fond, à l'intérieur de moi. J'avais besoin d'un guide. Le Clézio a été ce guide. » Marc Alpozzo
    L'auteur : Écrivain et critique littéraire, Marc Alpozzo est l'auteur de deux recueils de textes critiques « La Part de l'ombre » (2010) et « Les Âmes sentinelles » (2011), et d'un récit philosophique « Seuls, Éloge de la rencontre » (2014), ainsi que d'un journal de thérapie « Le Saut Nijinsky. Journal d'un éveil » (2015).
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • « Ça a commencé comme une histoire d'amour, une histoire d'amour impossible avec un mort, avec un mort qui même vivant ne pouvait pas vraiment s'accorder à un autre rythme que le sien. Une histoire d'amour avec ses mots ; le frisson que je ressens toujours en le lisant. Une écoute et une attention à la nuit. Je crois que ce sont mes nuits avec Kafka qui fondent ma passion pour lui. Cette écoute de la nuit qui repose sur la qualité du silence, la nuit. L'écriture quand tout dort autour de soi : « Lorsqu'on écrit il n'y a jamais assez de silence autour de vous, la nuit est encore trop peu la nuit. » C'est difficile d'écrire sur les rapports intimes que l'on entretient avec un auteur et c'est encore plus difficile et risqué, je dirai, avec un auteur comme Kafka. Lui qui, dans une de ses plus belles lettres à Milena, énonçait cette mise en garde : « Tout le malheur de ma vie vient, si l'on veut, des lettres ou de la possibilité d'en écrire. C'est un commerce avec des fantômes... » C'est ce commerce avec un fantôme, cette conversation sans cesse interrompue et toujours impossible que je m'efforce de mener dans ce Duetto. » Séverine Danflous
    L'auteur : Séverine Danflous est professeur de Lettres, auteur d'un essai littéraire intitulé « Ecrire la faim : Kafka, Levi, Auster » (L'Harmattan, 2015), elle contribue régulièrement à la revue de cinéma La Septième Obsession.
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • «Belmondo & moi», c'est à la fois un roman, un essai et une biographie sur le plus grand acteur français vivant.
    Vous avez aimé Belmondo au cinéma, vous avez pleuré à la dernière cérémonie des César, alors vous aimerez ce livre.
    Un texte court, nostalgique, original et littéraire qui revisite sa filmographie. Un hommage à la star de nos dimanches soirs écrit par Thomas Morales, l'écrivain et journaliste a reçu « Le Coup de Shako du Prix des Hussards 2017 ». Un styliste qui manie l'humour et l'émotion comme personne.
    Entre anecdotes de tournage et souvenirs d'une époque enchantée, vous lirez aussi une véritable histoire d'amour. «Belmondo & moi» met des mots sur un acteur magnifique et incorrigible qui a largement inspiré notre façon d'être et de vivre.

  • Durant les mois de juillet et de août, on oublie tout ! Les bonnes manières, les injonctions de manger sainement, de boire modérément et de se comporter comme un citoyen exemplaire. Cet été, n'ayez plus peur de vos penchants pour le gras, le grivois et le langoureux. Ne vivez plus sous la surveillance d'une société qui condamne le moindre excès, la moindre faute de goût ! Osez allumer un barbecue, déguster une crêpe au Nutella, danser un slow, prendre l'apéro, participer à l'élection de la miss locale... L'écrivain Thomas Morales magnifie ces délicieux moments, ces «plaisirs coupables», sans lesquels les vacances ne seraient pas tout à fait réussies. Un savoureux guide de survie, à lire de préférence allongé sur un transat, un bob sur la tête, un verre de rosé bien frais à portée de main.



  • « J'ai découvert Stefan Zweig à l'adolescence. Jamais depuis un autre écrivain ne m'a inspiré un tel trouble. Lorsque je croise un lecteur lisant l'un de ses ouvrages, j'imagine qu'il est aussi saisi que moi par ses récits brefs et denses, ses portraits historiques brûlants de vie. Zweig a formé ma sensibilité. Il m'a aussi ouvert l'esprit vers son monde d'hier : l'Autriche d'avant 1914, les écrivains qu'il aimait comme Kleist et Joseph Roth. Même si au fil des années, mes travaux, mes lectures m'ont portée ailleurs, Zweig reste l'un de ceux dont je me sens le plus proche et que j'aime citer en exemple. Il est pour moi un Européen modèle pour qui les frontières n'existent pas quand il s'agit de favoriser les échanges intellectuels et artistiques. J'imagine que j'entretiens avec cet homme généreux et délicat un lien amical certes posthume, mais non moins profond qui m'accompagnera toute ma vie. » Ariane Charton
    L'auteur : Ariane Charton s'est spécialisée dans la littérature du XIXe et du début du XXe siècle. Elle est l'auteur d'une dizaine de livres, dont des biographies de Musset, Debussy et Alain-Fournier parues chez Folio Biographies. Elle tient aussi un blog https://arianecharton.wordpress.com
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre

  • « Hugo Pratt m'a permis de prendre le large. Et cela dès l'adolescence. Comme Homère a pu insuffler à des générations l'esprit d'aventure, le génial dessinateur fut l'un des premiers à guider les pas de mon odyssée littéraire. Corto Maltese a été mon Ulysse. Ce qui m'attache aussi à lui, c'est cette espèce de dérive, de flottement. En imaginant les aventures de cet étrange héros, Pratt explore moins des pays, des situations géopolitiques, que les rêves qu'il a pu faire. En cela, Corto Maltese incarne à merveille l'un de ces personnages légendaires taillés, selon la formule de Shakespeare, "dans l'étoffe dont sont faits les rêves"».
    Olivier Delcroix
    La collection Duetto invite écrivains et critiques à évoquer leur grande passion littéraire, à parler d'un auteur qu'ils admirent, qu'il s'agisse d'un maître disparu depuis longtemps ou d'un contemporain qu'ils ont eu la chance de rencontrer.

  • « Andreï Makine est l'un des rares auteurs contemporains dont j'achète systématiquement tous les livres dès leur parution. Je les « dévore avec lenteur » (pardon pour cet oxymore mais il résume bien ce que je ressens). Et surtout, je les relis régulièrement. Il faut dire que nous avons un certain nombre de choses en commun, Makine et moi : la Russie où il est né, a grandi, a souffert... et qu'il a fuie, et où j'ai moi-même passé plusieurs années de ma vie ; un intérêt marqué pour les liens qui unissent depuis longtemps nos deux pays sur le plan littéraire et artistique. L'amour de la langue française aussi, dans toute sa richesse et sa diversité. J'admire la façon dont Makine entremêle et emboîte ses histoires (au sens de récits) et les met au service de l'Histoire, ainsi que le souci de perfection qui l'anime. Enfin, il incarne pour moi ce paradoxe lumineux : être à la fois si intime de notre culture, et posséder ce recul qui nous oblige à la considérer d'un oeil neuf. » Lyane Guillaume
    L'auteur : Lyane Guillaume est romancière, professeur de Lettres, journaliste et femme de théâtre. Ses nombreux séjours à l'étranger (Inde, Afghanistan, Russie, Ukraine, Ouzbékistan) ont abondamment nourri et inspiré son oeuvre.
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • « Qui suis-je pour vous parler de Georges Perec ? En réalité je ne l'ai jamais rencontré mais il hante ma bibliothèque, où nous nous croisons régulièrement. C'est lui qui l'a pour ainsi dire inaugurée. Il s'y est installé petit à petit pour y tenir aujourd'hui une place prépondérante. Alors nous avons sympathisé et sommes devenus partenaires de jeu, dans mes lectures comme dans mon écriture. J'ai appris à connaître ses ruses au fil de nos longues parties. Il change cependant souvent de tactique et parvient toujours à me piéger, pour mon plus grand plaisir. C'est à cet ami potentiel que je rends hommage. » Frédéric Schmitter
    L'auteur: Pour gagner sa vie, Frédéric Schmitter est attaché territorial, dont l'anagramme est « Tchao, art littéraire ! ». S'il écrit sous contrainte, c'est uniquement parce qu'il le veut bien. Adepte des jeux dits de l'Oulipo, il a publié deux livres avec Jacques Perry-Salkow : «Les dessous des mots d'amour - 100 énigmes, anagrammes et jeux de mots surprenants» (Points-Seuil 2012) et «Petits propos pessimistes pour plaisanter presque partout» (Équateurs 2014).
    La collection Duetto: un écrivain en raconte un autre.

  • « Modiano a longtemps plané comme un spectre autour de mon existence. Je me souvenais de lectures de jeunesse, intenses et vibrantes, sans jamais me résoudre dans la suite de ma vie à ouvrir un de ses nouveaux romans. L'écrivain français, nobélisé en 2014, faisait partie d'un passé enfoui, oublié, une vie fantôme que je me cachais à moi-même. C'est donc à Paris que je me suis résolu à rouvrir son oeuvre, et la lire dans son intégralité ; sur les pas de ma mère, arpentant les rues de la capitale, sur les bancs publics, ou dans les transports en commun j'ai lu avidement tous ses livres, retrouvant le passé perdu, m'égarant dans les phrases et les histoires comme une âme errante cherchant son chemin, et la lumière, à la poursuite d'un itinéraire et d'une identité floues, et à la recherche d'un homme nouveau, apte à un nouveau départ. Ce texte se veut donc un hommage au grand écrivain, à son oeuvre unique et brillante comme du cristal, et à ce cheminement intérieur que seules les oeuvres majeures vous permettent d'accomplir... » Marc Alpozzo
    L'auteur : Marc Alpozzo est né en 1969 à New York. Écrivain et critique littéraire, il est l'auteur de plusieurs livres dont un récit philosophique "Seuls, Éloge de la rencontre" (2014), d'un journal de thérapie "Le Saut Nijinsky. Journal d'un éveil" (2015), d'une "Lettre au père" (2017) et d'un récit philosophique sur le démon du départ "Partir. Cartographie de l'errance" (2017). Il a publié un premier "Duetto" sur J.M.G. Le Clézio. Actuellement, il vit et travaille à Paris.
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • «Je souhaite parler de Mauriac parce qu'il est l'écrivain qui depuis mes 17 ans, m'a le plus touchée, émue. Parce que sa poésie et sa tendresse m'ont bercée. Parce qu'il me préserve du doute et du leurre depuis toujours. Parce qu'il m'habite en permanence, parce qu'il me transporte et que pour de multiples raisons qui tiennent à la fois à l'éthique, à mes croyances personnelles, à mes convictions profondes, à mon éducation, et à la fidélité que je place en à peu près tout, je continue de me nourrir de lui, de me reconnaître et de me lire en lui. Il est mon maître, mon guide, mon ami, mon frère aîné de lettres que je relis sans cesse et dans lequel je plonge tête baissée invariablement. Je me demande souvent ce qu'il aurait dit devant tel fait de société, comment aurait-il réagi à telle parole ? Qu'aurait il pensé de cette société écartelée, malheureuse, anéantie ? Je pense qu'il se serait bien gardé de soubresauts ou de résidus inutiles tant il était un exemple de pondération et de justesse de ton : je sais aussi qu'il n'aurait jamais trahi quiconque ou quoi que ce soit, comme il le fît toujours, sans renoncer pour autant à exprimer ses certitudes, à renoncer à ses engagements. C'est aussi cette approche artistique du verbe que je propose au lecteur avec ce Duetto que je lui consacre.»
    Laurence Biava
    L'auteur : Laurence Biava est romancière, chroniqueuse littéraire, présidente de deux Prix littéraires créés en 2011 et 2012, présidente de l'association Rive gauche à Paris qui oeuvre à la réalisation d'événements culturels et littéraires en Ile de France, et depuis juin : agent littéraire . Elle a publié 5 livres depuis 2010 et chronique ponctuellement pour Actualitté, Unidivers, et BSC News.
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • « Je me souviendrai toujours de ce que je ressentis quand je lus "Harry Potter à l'école des sorciers", cette impression de sortir enfin à l'air libre après avoir vécu en apnée pendant trop longtemps, cette sensation de s'éveiller d'un long coma, cette exaltation de chaque instant, ce désir furieux de ne pas s'arrêter de lire tout en comptant avec angoisse le peu de pages qu'il me restait à découvrir. »
    Comment une oeuvre peut déclencher une telle passion ? Fanny Durousseau vous raconte dans ce Duetto l'histoire de ce petit secret qu'elle a longtemps dissimulé et de sa relation fusionnelle avec J. K. Rowling. Découvrez ce qui se cache derrière ce sentiment profond, intensément ressenti, à la lecture des aventures du petit sorcier à lunettes.
    Mais de la passion à la déception, de l'amour à la colère, il n'y a bien souvent qu'un pas...
    L'auteur : Fanny Durousseau est une passionnée du livre. Depuis toute petite, son imaginaire s'est construit autour de cet objet. Adepte de différentes formes de littératures, elle n'est pas fermée aux grands mythes, légendaires comme contemporains.
    Auteure et scénariste, elle est également rédactrice en chef adjointe du magazine culturel Rebelle(s).
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

  • « Mon phare s'appelle Sylvia Plath. Elle a longtemps irrigué mes pensées. Elle aimait la vie, et certainement trop. Elle savait lui rendre hommage, apprécier les bonheurs. Elle rêvait de gonfler chaque seconde, de l'emplir à craquer. Elle cherchait à conquérir la plus grande densité. Elle voulait une existence gorgée. Être soi-même comme un arc bandé, nerfs luisants, oeil bombé, pouls frénétique, papillon de sang qui danse : passer tout entière, dans une parole, un geste, et en faire un éclat, un luxe somptueux. Cette femme, je l'ai aimée, je l'ai comprise, je l'ai intégrée dans mes raisonnements les plus intimes. Je m'invite encore, de manière fréquente, dans son espace, sa puissance poétique et j'y trouve des résonances, des miroirs, des similitudes, des feux et des lumières.»
    Virginie Troussier
    L'auteur : Virginie Troussier est née dans les Alpes. Elle a longtemps escaladé ses montagnes natales et pratiqué le ski en compétition, avant de vivre à Paris. Elle a publié deux romans "Folle d'Absinthe", en 2012, et "Envole-toi Octobre", en 2014, aux éditions Myriapode. Son troisième roman paraîtra en février 2017 aux éditions La Découvrance. Elle collabore régulièrement à Montagnes Magazine, Voile Magazine et actualitte.com. Elle tient également une chronique littéraire à France Bleu, et part naviguer aussi souvent que possible dans les eaux charentaises et bretonnes.
    Le blog de Virginie Troussier : http://lesheuresinsulaires-virginietroussier.blogspot.fr/
    La collection Duetto : un écrivain en raconte un autre.

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