Chantal Ringuet

  • Au début des années 1900, Montréal est, avec New York, l'une des deux capitales du monde yiddish en Amérique du Nord. Venus des confins de l'empire russe, fuyant les pogroms et les persécutions, des milliers de Juifs ashkénazes arrivent dans le Nouveau Monde, animés par l'espoir d'une vie meilleure. Ces derniers sont alors les dépositaires d'une culture yiddish très vivante qui trouve, à Montréal un lieu d'expression privilégié. Ce monde n'est plus. Il a disparu, mais il s'est aussi transformé, non sans laisser un héritage le plus souvent méconnu. Qui de nos jours sait que le Monument-National fut en son temps un haut lieu de la culture yiddish?? Que le Collège français était à l'origine une synagogue?? Que le yiddish était la langue parlée dans les familles de plusieurs écrivains anglo-Québécois comme Mordecai Richler ou Irving Layton?? Que des vers de Pamphile LeMay furent en leur temps traduits en yiddish?? Que bon nombre d'avant-gardes artistiques européennes trouvèrent un écho fécond dans les milieux yiddish montréalais des années 1920??
    Abondamment illustré, À la découverte du Montréal yiddish n'est pas seulement une précieuse synthèse historique et culturelle. Il tient aussi du guide, avec un dernier chapitre qui propose cinq itinéraires détaillés à parcourir à pied, pour voir Montréal sous un autre jour. Au-delà des images sépia, découvrez le Montréal yiddish dans toute sa richesse et sa complexité. Celui des années 1900 comme celui de maintenant qui, pour l'oeil exercé, en recueille les traces émouvantes.

  • « J'avais quatorze ans quand Leonard Cohen est entré dans ma vie. C'était l'époque de son retour sur la scène musicale avec l'album « I'm Your Man ». Un jour, dans la capitale nord-américaine de mon enfance, son profil est apparu à l'écran de la télévision. Dès que je l'ai vu déambulant sur la plage de Trouville avec son long manteau noir et sa valise dans la vidéo noir et blanc « First We Take Manhattan », quelque chose a basculé. Dans ma chair, il a tracé son chemin d'exils. Sa voix a fissuré ma silhouette de jeune fille pour en extraire un corps de femme débordant de sensualité. Beaucoup plus tard, c'est avec lui que j'ai vécu la plus inattendue de toutes mes histoires d'amour. La plus inattendue, car elle est née avec sa mort, voire de sa mort elle-même. « Tu es la femme qui m'a délivré / Je t'ai vue observer la lune / tu n'as pas hésité / à m'aimer avec elle ». Parce que sa poésie m'habite depuis si longtemps, à travers ses chansons et ses recueils, et parce qu'il a dessiné pour nous l'architecture de l'amour, j'ai choisi de lui consacrer ce duetto en guise d'hommage.» Chantal Ringuet
    L'auteur: Docteure en lettres et spécialiste de Leonard Cohen, Chantal Ringuet se consacre à l'écriture, à la traduction (de l'anglais et du yiddish) et à la recherche. Enseignante-intervenante à l'Institut européen Emmanuel Lévinas de Paris, elle a co-édité (avec Gérard Rabinovitch) l'ouvrage "Les révolutions de Leonard Cohen" (Québec, PUQ, 2016). Elle a publié plusieurs textes sur l'artiste, notamment dans le catalogue d'exposition "Leonard Cohen. Une brèche en toute chose" (MAC, 2017).

  • Pendant plus d'un demi-siècle, Montréal a été le berceau d'une culture yiddish prolifique, qui a modifié le profil de la ville tout en s'exprimant, au premier chef, par la littérature. Ce numéro anthologique de Moebius présente un aperçu de cette production qui réunit de nombreux genres littéraires : essai, poésie, chronique, récit, mémoires, roman, théâtre. Parmi les dix-sept textes choisis, nous retrouvons les poèmes de Jacob-Isaac Segal, les chroniques du journaliste Israël Medresh et les mémoires d'Hirsch Wolofsky et de Hershl Novak. De plus, on découvrira plusieurs inédits, tels les poèmes, essais et nouvelles de Melech Ravitch, Rachel Korn, Chava Rosenfarb, Ida Maze et Israël Rabinovitch. Un numéro dirigé par Chantal Ringuet, qui signe plusieurs des traductions.

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