André Tubeuf

  • L'embarcadère

    André Tubeuf

    Le second roman d'André Tubeuf où se mêlent son amour de la musique et la quête qui irrigue toute son oeuvre : chercher ce qui compose nos souvenirs et façonne nos existences.En 1880, sur une île de l'Adriatique, non loin de Venise, vit une famille dans laquelle deux frères sont très unis. Un jour, l'un des deux disparaît mystérieusement. Celui qui reste comprendra au fil du temps qu'ils doivent se perdre pour se retrouver et que leur accomplissement passe par cette disparition. C'est à ce prix, celui de l'absence, qu'ils grandiront et effectueront ce retour vers eux-mêmes.
    Ce second roman d'André Tubeuf aurait dû être le premier mais l'oeuvre a maturé pendant des années avant qu'il ne le réécrive entièrement aujourd'hui.
    Le public de Tubeuf le retrouvera entier : la musique irrigue ce roman à la fois dans son style poétique et spirituel et sa structure construite sur le modèle de la sonate pour piano de Beethoven Les Adieux. Le compositeur Franz Liszt, ami de la famille et figure vénérable du sage et de la foi, traverse le récit, accompagné de musiques de Bach et Beethoven.
    Mais le vrai sujet de ce roman est celui qui parcourt toute l'oeuvre de Tubeuf : la quête de la mémoire. Inlassablement, livre après livre, quelle que soit la forme choisie (essai, récit, roman), André Tubeuf n'a cessé de chercher ce qui compose nos souvenirs et façonne nos existences.

  • Brahms ecclésiaste

    André Tubeuf

    L'un des plus grands penseurs de la musique nous invite à une lumineuse méditation sur l'oeuvre de Brahms." Tout ce qu'il a ressenti, tout ce qu'il a accompli, il l'a fait pour la part de nous-mêmes qui reste intemporelle, et aussi attenante au surnaturel. [...] Si on vous demande vers où un soir tardif d'automne cet homme-là nous a quittés, il faudra répondre : Abseits, à l'écart. Non pas de l'autre côté. Ici même mais à part. Mais il a vu l'autre côté. Sa musique pleinement le fait là, amical, hospitalier, ouvrant ses grands bras pour que nous nous y jetions, enfants que nous sommes, et ne cesserons pas d'être, toujours affamés et de pain et de chant. "
    Ce livre n'est pas un livre ordinaire sur l'oeuvre et la vie de l'un des plus grands compositeurs de tous les temps. Il est aussi, et avant tout, le fruit d'une longue et intense méditation à partir de deux pages essentielles écrites d'après les Écritures saintes, qui se répondent à presque trente années de distance : le Requiem et les Quatre chants sérieux, composés un an avant la mort de Brahms.
    Pages de deuil, mais aussi de salut, elle se donnent la main par-delà le temps, dégageant une autre image de Brahms, très personnelle, intime et proche de nous, où l'enfance et la mort correspondent, au-delà de toute " vanité "...

  • Ce dictionnaire amoureux est l'expérience de toute une vie de mélomane, le vagabondage réussi d'un auteur au service du plus grand nombre de curieux possible.
    Cet ouvrage est le livre d'une vie. Une vie d'écoute et donc de passion. D'aussi loin que je me souvienne, la musique fut pour moi comme une évidence. Du coté de ma mère, tout le monde avait chanté, joué du piano, été à l'opéra. Du coté de mon père, il y avait eu deux très bons professionnels. Enfin, les Soeurs m'ont fait un don, entre tous inestimable : elles m'ont appris à poser ma voix sur mon oreille. L'enfant solitaire que j'ai été n'a pas eu de mal à apprendre du Chérubin de Mozart et, quand on n'a personne pour qui chanter (ou même à qui parler), eh bien, on chante aux brises. Enseignant je fus, ce qui oblige à mieux savoir ce qu'on sait et mieux aimer ce qu'on aime. Rassure-toi donc, lecteur : de Glyndebourne à Salzbourg, de Bach à Dutilleux, tu trouveras ici tout ce qu'il faut pour te plaire tant le vagabondage de l'auteur est insatiable.Professeur de philosophie, André Tubeuf a collaboré à de nombreuses revues (notamment Le Point, Classica et Diapason). Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont L'Offrande musicale (Laffont, coll. " Bouquins ", 2007) et Ludwig van Beethoven (Actes Sud, coll. " Classica ", 20069) qui lui a valu le prix de l'Essai de l'Académie française.

  • L'un des plus grands penseurs français sur la musique nous invite à redécouvrir Bach, authentique témoin de l'optimisme des Lumières, plus que jamais salutaire en ces temps incertains. Tout a été dit sur Bach, sa vie, son oeuvre, mais pas assez ce qui fait aujourd'hui son urgence. Au jour où l'esprit et l'art sont déboussolés, où règnent l'incommunication, l'exclusion, le malentendu, seul Bach sait encore rassembler et réconcilier. Sa musique manifeste un ordre et un sens auxquels tous peuvent consentir. Elle nous recentre. Elle nous fait citoyens du meilleur des mondes. Il faut découvrir ce Bach salutaire, en qui continue de rayonner l'authentique optimisme des Lumières.
    Explorant l'oeuvre du compositeur, cet essai montre à quel point ne font qu'un le Bach esprit souverain, qui conçoit et combine, et le Bach serviteur, sans cesse appliqué à faire de la musique le pain quotidien de tous.
    Un essai magistral sur ce créateur universel par le plus grand penseur français d'aujourd'hui sur la musique.

  • Relirais-je tout Platon, pour me permettre d'en parler ? Je n'ai plus guère les yeux, ni la patience, ni peut-être le temps. J'ajoute que je n'en éprouve pas la nécessité. Je n'ai jamais prétendu tout savoir de Platon, je n'ai pas tout lu, les Lois, le Parménide aussi, me sont tombés des mains. Mais ce que j'ai lu je l'ai bien lu, comme on fait forcément quand on doit expliquer à d'autres, dont l'attention critique est impitoyable, et qu'on ne saurait payer d'à peu près. Simples angles, pour entrer dans la citadelle par des accès qui parlent. Je n'ai jamais pratiqué un enseignement savant, j'ai essayé de pratiquer un enseignement stimulant. À chacun ensuite de se trouver en lui-même, des raisons, des façons d'aller plus loin. Dans sa propre voie. Sinon, n'est-ce pas, l'acte d'écrire n'irait pas plus loin que ce qu'on a mis sur le papier. D'autres le font beaucoup, et sont définitifs ou rien. Je ne peux pas. J'ai trop longtemps été oral, et seulement oral. Trop longtemps j'ai eu en face de moi cette chose incomparable : des jeunes gens qui écoutent avec leurs yeux, des yeux qui écoutent.

  • Depuis sa disparition, Rudolf Serkin n'a cessé de se faire de plus en plus vivant. André Tubeuf, dans ce livre au ton très intime, nous le rend tel qu'il n'a connu, entendu et aimé. Voici Rudi. La leçon Serkin.

  • Comme une « suite française » au récit de son enfance dans la Corne d'or (L'Orient derrière soi - Prix Méditerranée de l'Essai 2017), le chroniqueur musical et philosophe André Tubeuf a composé le récit de ses années d'apprentissage au Lycée Louis-le-Grand dans le Paris d'après-guerre. Un retour sur ce qui faisait, hier, le quotidien des impétrants normaliens, leur ardeur ou leurs renoncements, l'amitié des coturnes et les bizutages (alors toujours de mise) : l'internat tel qu'il fût et n'est plus. Mais dont certaines valeurs irriguent, aujourd'hui encore, les couloirs de nos grandes écoles.

  • En 100 courts chapitres pénétrants, André Tubeuf revient ici sur son compositeur fétiche. Car, nous explique-t-il, il y un miracle Mozart, permanent, et qui à chaque fois recommence. Et sous ce miracle se tient un mystère, celui de la bonté de Mozart, de sa charité, « du bien qu'il nous fait, quand il nous adresse ces messagers que sont ses personnages de théâtre ». Il sera donc question des opéras. Mais aussi des Concerto pour piano. Ou des Quintettes. Mozart leur infuse ce que Richard Strauss appelle « la mélodie de l'âme humaine », jamais entendue ailleurs...  
    Oui, l'affirme Tubeuf, Mozart est bien cet Ange de Rilke, ce « Visiteur » qui laisse vivre en nous les plus belles des musiques, celles qui nous aiment et nous consolent. 
    Grâce à ce nouvel essai, Mozart n'a jamais été aussi haut dans nos coeurs. Ni si proche.

    "Un Mozart de plus ? Pour qui, et pourquoi ? Tout ce que nous avons besoin de savoir de lui a été rassemblé, communiqué, et souvent bien dit. Moi-même j'ai essayé voici presque trente dans un « Mozart, chemins et chants »  que certes je ne renie pas, et qui devrait me suffire. Mais l'angle... Si un angle vraiment neuf se présente, et qui oblige à voir autrement, alors le paysage, les perspectives changent et un Mozart apparaît ; non pas un autre, mais vu d'ailleurs, vu autrement." André Tubeuf

  • Un récit d'apprentissage et de construction de soi, qui est d'abord et avant tout un hommage tendre et inconditionnel à l'Orient, ses paysages, ses cultures et ses religions mêlées, son hospitalité, sa générosité...

  • C'est le début d'un des plus beaux airs d'opéra français, dans les Pêcheurs de perles. Mais cela dit aussi exactement l'acte de la mémoire, la remémoration. Là le souvenir des choses belles qu'on a vues et entendues, des gens étonnants qu'on a rencontrés, remonte en bouffées vivantes: embellies peut être, car c'est le passé ; mais fidèles, personnelles, vécues; et faisant de toute façon revivre de l'inoubliable.
    Ce que je crois entendre encore, ce sont des voix. Les timbres, qui sont le visage vrai des individus. Et les heures à parler, avec chanteurs, pianistes, acteurs : les uns simplement croisés (mais d'une façon qui pour moi a marqué), les autres suivis un bon bout de chemin. Jeune étudiant, c'étaient Jouvet dans son bureau de l'Athénée, Gérard Philipe dans Les Epiphanies, Chauviré dansant Mirages. Suivront Rubinstein, Silvia Monfort, Schwarzkopf, Carlos Kleiber. Tous vivent en moi avec le détail de la rencontre, l'émotion intacte, il me semble qu'il n'y a qu'à les rapporter pour ceux qui ne les ont pas connus. Dirais-je que je le leur dois ? Même la rencontre la plus brève (avec Callas, Karajan) montre d'eux quelque chose de proche et de rare, qu'on ne sait pas assez. Instantanés d'une mémoire reconnaissante, comme un disque qui ne cessera plus de tourner.

empty