Anne Dufourmantelle

  • Tout doit-il être montré, dit, vu ? Face à la tyrannie de la transparence, l'auteur d'Éloge du risque et de Puissance de la douceur propose une apologie du secret comme dernier rempart de l'intimité, un lieu de renaissance toujours possible : celui de l'intériorité du sujet, son for intérieur.

  • Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu'elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l'unit à son enfant dans cet espace matriciel à laquelle elle-même, petite, fut livrée. Ce serment se perpétue ainsi, secrètement, de mères en filles et en fils, jusqu'à l'étouffement et parfois même le meurtre, si de la différence ne vient pas en ouvrir le cercle, et briser l'enchantement. C'est ce serment, que doit rompre l'enfant pour devenir lui-même, accéder à sa vérité, son désir. Le risque qu'il affronte, pour pouvoir aimer, c'est d'abandonner la mère à la mélancolie et de traverser la peur d'être lui-même abandonné.
    Comment des individus exposés avec une violence particulière à cette sauvagerie s'en sortent-ils ?
    Pourquoi la parole et l'écoute psychanalytique peuvent elles ouvrir un nouvel espace de vie chez ces êtres menacés d'ensevelissement ?

  • "En réunissant ici les chroniques qu'elle a données à Libération, on donne à tous les lecteurs la possibilité de voir comment la psychanalyste et la philosophe a su, dès leur apparition symptômale, déceler les pathologies, les travers, les difficultés que connaît une société, et qui pour se révéler empruntent parfois les voies les plus inattendues." (Robert Maggiori) Toutes les chroniques qu'Anne Dufourmantelle a écrit pour Libération (2015-2017) présentées par Robert Maggiori. Du Taser, à la valeur du travail, des Pokemon ou l'art de l'enfance, on retrouve toute l'acuité et la subtilité qui ont fait son succès.

  • Blind date... se dit d'un rendez-vous à l'aveugle entre deux êtres susceptibles de s'aimer, organisé par un autre qui les connaît tous deux et ne sera pas là.
    La philosophie...
    commence avec l'étonnement (Aristote), se déclare science de l'être, s'espère soin de l'âme, s'étymologise amour de la sagesse, se voudrait éducation spirituelle, se rectifie en logique des propositions, s'attarde dans les manuels scolaires, s'écrit dans toutes les langues mais ne penserait qu'en une seule,
    s'éteint doucement.
    Le sexe...
    finit quand il faut s'expliquer, ne se commente qu'en disparaissant, bouleverse toute scénographie qui voudrait en isoler les effets,
    est là partout, tout le temps,
    manque partout, tout le temps.
    Le rendez-vous fut pris, dit-on, il y a trois mille ans. Officiellement du moins. Fut sans cesse reporté depuis.

  • Tout à la fois épopée initiatique et roman philosophique, cette oeuvre ultime d'Anne Dufourmantelle, magistrale et prémonitoire, nous mène aux confins du temps et de la terre. Deux quêtes s'y font écho, à des siècles de distance : quittant ses montagnes de l'Altaï, un roi mongol entreprend une expédition par-delà la Chine et l'océan Pacifique jusqu'aux rives de l'Equateur tandis que, de nos jours, un groupe de chercheurs, fasciné par son périple, tente d'en reconstituer le récit. D'un bord à l'autre du monde, entre le XIVè et le XXIè siècle, ce roman nous fascine, nous captive, nous trouble profondément, tel un rêve chargé de vérité.

  • « Les grands incendies sont une espèce en voie de disparition. Ils se propagent à la vitesse du vent et de la nuit. Leur souveraineté soumet l'espace. Pareils aux météorites et au désir,  leur dangerosité, leur degré de combustion, leur trajectoire sont imprévisibles.Dévastation. Régénération.Nous sommes de même nature ; des feux. » Thriller psychanalytique, roman initiatique, histoire d'une passion, quête de soi, labyrinthe de mensonges et de faux-fuyants, de souvenirs écrans, ce suspense qui emprunte les arcanes de l'analyse nous mène de Brooklyn jusqu'aux confins du Caucase à la poursuite d'une mystérieuse disparue.Le premier roman de l'auteur de En cas d'amour et de Défense du secret nous fascine et nous trouble jusqu'au vertige.

  • On a sacrifié les femmes au nom d'à peu près tout : morale, religion, politique, amour, maternité... Aujourd'hui encore, malgré les discours d'émancipation, persistent viols, harcèlements, sévices conjugaux, interdits et humiliations. Le destin de la féminité en Occident serait-il sacrificiel? En témoignent ces grandes héroïnes qui foisonnent dans nos mythes, nos légendes d'amour, nos religions, les textes fondateurs de notre culture, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Elles ont pour nom Iphigénie, Hélène, Penthésilée, Médé, Iseut ou Jeanne d'Arc mais elles sont aussi des soeurs, des voisines, des exilées, des femmes croisées tous les jours dans la rue, prises à leur insu dans des vies manquées, blanches... De quel sacrifice ignoré la vie de ces femmes se soutient-elle? De quelle façon ces figures mythiques circulent-elles dans notre inconscient? Dans un essai de mythologie quotidienne, Anne Dufourmantelle interroge et retourne les destins spectaculaires de ces héroïnes en les confrontant à ceux, anonymes, parfois tragiques, de ces proches inconnues. D'une écriture subtile, elle approche la secrète texture de nos névroses et déploie la dramaturgie, aussi énigmatique que salvatrice, d'une véritable érotique du sacrifice au féminin.


  •    De l'hospitalité fut à l'origine de cet échange, et d'abord un oui à l'invitation.
       Anne Dufourmantelle assiste au séminaire de Jacques Derrida. Il y traite de l'hospitalité, justement, mais aussi de l'hostilité, de l'autre et de l'étranger, comme de tout ce qui aujourd'hui arrive aux frontières. Sensible à l'actualité des thèmes, à la force et à la limpidité du langage, Anne Dufourmantelle invite le philosophe à lui confier deux séances datées. On pourra suivre ainsi le rythme insolite, tour à tour patient ou précipité, d'un enseignement gardé intact.
       Sont médités, comme en aparté, de page en page, des griefs, des plaintes et des souffrances de notre temps. Le séminaire leur donne quelques noms : Antigone en 1996 ou le deuil impossible, oedipe à Colone et les « télétechnologies », E-mail ou Internet, le procès de Socrate et les funérailles de Mitterrand à la télévision, la guerre et le marché des langues, les butées de la citoyenneté, la machine policière, l'interruption du chant, l'interception de la parole.

  • Une psychanalyse est une enquête risquée, sans assurance d'arriver jamais au terme de la recherche. Pas de certitude d'être dans la vérité d'une origine ni de résolution définitive à l'angoisse. Et pourtant il est question de se trouver. Une trouvaille pareille à nulle autre. Parce qu'il faut du courage pour l'entreprendre, et parce qu'il y a de la douceur aussi dans le cheminement de cette rencontre avec soi.
    À partir des souffrances et des angoisses mais aussi des espérances que notre société entretient, Anne Dufourmantelle répond aux questions de Laure Leter. Ce dialogue passionnant explore de nombreuses situations cliniques et les nouvelles maladies de l'âme, comme la fatigue, la solitude affective, l'angoisse, les insomnies... Comment la psychanalyse, tant décriée aujourd'hui, peut-elle encore nous aider à moins souffrir ? En quoi peut-elle donner du sens à ce que nous vivons ?

empty