Antonio Tabucchi

  • "Ce livre, outre une insomnie, est un voyage. L'insomnie appartient à celui qui a écrit le livre, le voyage à celui qui le fit." Antonio Tabucchi suggère que ce livre pourrait servir de guide aux amateurs de parcours incongrus. Car il y a certainement quelque chose d'insensé dans la recherche obstinée d'un ami disparu dans une Inde tour à tour inquiétante, hallucinée et fascinante, où l'on croise des devins dans l'autobus, des prostituées de Bombay ou encore des jésuites portugais. Mais de rencontres paradoxales en coïncidences mystérieuses, des chambres d'hôtel miséreuses de Bombay aux luxueux resorts de Goa, une logique singulière se révèle dans l'obscurité de la nuit indienne. Ce roman d'Antonio Tabucchi, prix Médicis étranger en 1987, adapté au cinéma par Alain Corneau et considéré désormais comme un "classique moderne", est présenté ici dans la nouvelle traduction de Bernard Comment.

  • Les îles d'Antonio Tabucchi sont des paysages qui glissent vers la tentation métaphysique, ses baleines bleues sont des sirènes qui évoquent un lointain appartenant à l'Être et non au Temps et à l'Espace, ses gestes de chasse et ses naufragés ont comme toile de fond les champs magnétiques et les analogies puissantes et mystérieuses des mots.
    Dans ces récits de voyages et de naufrages, de chasse à la baleine et d'histoire d'amour contrarié, on retrouve le style poétique de Tabucchi et son penchant pour le rêve et le merveilleux. Si l'on pense à Melville et à Conrad, c'est sans doute du côté du Zibaldone de Giacomo Leopardi que résonne le plus clair écho.

  • "Mais vous êtes qui ?, demanda-t-il en me fixant. Celui qui est indiqué sur le billet, répondis-je, je suis Tadeus. Je ne vous connais pas, répliqua-t-il. Mais vous connaissiez Isabel, dis-je, c'est pour cela que vous me recevez dans votre appartement, le nom d'Isabel a éveillé votre curiosité. Isabel appartient au passé, répondit-il. C'est possible, dis-je, mais je suis ici pour reconstruire ce passé, je suis en train de faire un mandala." Antonio Tabucchi avait achevé la rédaction de Pour Isabel en 1996. Il l'avait conçu comme un mandala : chaque chapitre dessine un cercle dans lequel le protagoniste Tadeus rencontre un nouveau personnage ayant connu Isabel. Cette dernière a mystérieusement disparu depuis des années, et son ami Tadeus cherche à retrouver sa trace... L'éditeur italien d'Antonio Tabucchi a qualifié l'aventure de Tadeus Slowacki d'"enquête que l'on dirait menée par un Philip Marlowe métaphysicien". Difficile de mieux résumer ce magnifique inédit du grand écrivain italien.

  • 'Hypocondries, insomnies, impatiences et tourments sont les muses boiteuses de ces brèves pages. J'aurais voulu les intituler Extravagances, non tant en raison de leur caractère, mais parce que nombre d'entre elles me paraissent vaguer dans un curieux extérieur qui leur est propre et qui ne possède pas d'intérieur, comme des éclats à la dérive ayant survécu à un tout qui n'a jamais existé.'
    On retrouve dans ce recueil de courtes nouvelles, dans ces fragments de prose inspirée, un 'bruit de fond' qui traverse comme un vaisseau toute l'oeuvre d'Antonio Tabucchi : la sensation de naviguer dans un espace intime, confidentiel, dont la géométrie demeure inconnue. Entre mythe et histoire, anges et monstres, le temps perd sa consistance linéaire, le souvenir et le rêve se confondent, la présence et l'absence abandonnent les personnages à leur évanescence, et la vie se réinvente sans cesse, à l'abri de toute réalité.

  • Deux hommes dans une grande pièce. L'un joue de l'orgue de Barbarie. L'autre, qui ressemble à Fernando Pessoa, annonce qu'il interprète bel et bien Pessoa et qu'il veut téléphoner au dramaturge Luigi Pirandello, car il n'a pas réussi à le rencontrer lors du séjour de celui-ci à Lisbonne en 1931, un dialogue manqué.
    Une chambre d'hôpital, dans laquelle un homme se faufile, prétextant être le frère du grand blessé qui vient de mourir, encore allongé sur le lit. Durant cette veillée, l'homme dialogue avec sa conscience, invective le mort, rappelle des souvenirs de famille et se penche sur le temps, ce temps qui passe trop vite. Un autre dialogue manqué.

    Un studio de la BBC, à Londres, dans les années trente, et une émission en forme de conversation, qui évoque Guglielmo Marconi, l'inventeur de la télégraphie sans fil, avec un historien, un anarchiste italien aux prises avec le fascisme, et le grand écrivain anglais George Orwell, racontant moins ce qui est advenu que ce qui adviendra.

    Avec l'érudition joyeuse et la délicate pointe de mélancolie qu'on lui connaît, Antonio Tabucchi nous livre trois pièces courtes, les deux premières écrites pour la scène et la troisième pour la radio, qui rappellent combien l'auteur de Pereira prétend est à l'aise dans tous les registres et toutes les formes que prend la littérature.

  • Set in the sweltering summer of 1938 in Portugal, a country under the fascist shadow of Spain, Pereira Maintains tells a tale of reluctant heroism. An editor at a second-rate Lisbon newspaper, Dr Pereira wants nothing to do with European politics. Something of a recluse, his closest confidante is a photograph of his late wife, and he is content to lose himself in the world of books. All this changes when he meets Francesco Monteiro Rossi, an oddly charismatic young man. Pereira gives Rossi work, even after discovering that he is using the money to recruit for the anti-Franco International Brigade. Pereira Maintains chronicles Pereira's ascent to consciousness, culminating in a devastating and reckless act of rebellion.

  • A lot of people lose their way in India . . . it's a country specially made for that.' Amid the backstreets, brothels and faded hotels of Bombay, Madras and the old Portuguese port of Goa, a man searches for his lost friend. Xavier has been missing for a year, and the only clues to his disappearance lie with an overworked doctor, a young prostitute and the leader of a strange religious order.

    Dreamlike, elusive and profoundly disquieting, Indian Nocturne calls into question the very nature of identity.

  • As the collection's title suggests, time's passage is the fil rouge of these stories. All of Tabucchi's characters struggle to find routes of escape from a present that is hard to bear, and from places in which political events have had deeply personal ramifications for their own lives.
    Each of the nine stories in Time Ages in a Hurry is an imaginative inquiry into something hidden or disguised, which can be uncovered not by reason but only by feeling and intuition, by what isn't said. Disquieted and disoriented yet utterly human in their loves and fears, the characters in these vibrant and often playful stories suffer from what Tabucchi once referred to as a "corrupted relationship with history." Each protagonist must confront phantoms from the past, misguided or false beliefs, and the deepest puzzles of identity--and each in his or her own way ends up experiencing "an infinite sense of liberation, as when finally we understand something we'd known all along and didn't want to know."

  • A metaphysical detective story about love and existence from the Italian master, Antonio Tabucchi. When Tadeus sets out to find Isabel, his former love, he soon finds himself on a metaphysical journey across the world, one that calls into question the meaning of time and existence and the power of words.
    Isabel disappeared many years ago. Tadeus Slowacki, a Polish writer, her former friend and lover, has come back to Lisbon to learn of her whereabouts. Rumors abound: Isabel died in prison under Salazar's regime, or perhaps wasn't arrested at all. As Tadeus interviews one old acquaintance of hers after the next, a chameleon-like portrait of a young, ideological woman emerges, ultimately bringing Tadeus on a metaphysical journey across the continent. Constructed in the form of a mandala, For Isabel is the spiraling search for an enigma, an investigation into time and existence, the power of words, and the limits of the senses. In this posthumous work Tabucchi creates an ingenious narration, tracing circles around a lost woman and the ultimate inaccessible truth.

  • Entretien à Pise avec Antonio Tabucchi, à propos d'engagement politique, des géraniums de son jardin, de Fernando Pessoa, de Sigmund Freud, de Luigi Pirandello, des anarchistes toscans et des médecins-philosophes français. Dans son roman Petits malentendus sans importance, Tabucchi utilise les théories de ces derniers, en particulier le principe de la "confédération des âmes", de Théodule Ribot et Pierre Janet, qui serait présent dans chaque individu. Selon cette théorie il n'existe pas de moi unitaire, mais une confédération de moi parmi lesquels à chaque étape de la vie s'impose un "moi hégémonique". L'âme qui correspond à cette conception est une âme plurielle.

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