Arnauld Pontier

  • En 1967, André voit Flora et l'aime immédiatement, passionnément. En 1964, Gert cherche son fils perdu et rencontre Rachel. Un personnage tourmenté nommé Jurij, naguère officier dans un camp de concentration, semble connaître les terribles arcanes des liens tissés à leur insu entre ces différents personnages.

  • "Et soudain, c'est l'écrasement. Une pression quatre fois supérieure à la gravité terrestre, qui nous plaque sur la couchette. Je crois mourir. Que mes yeux sortent de mes orbites. Que mon coeur va exploser dans ma poitrine. Et puis, au bout de deux minutes trente, un arrêt brutal, à l'inverse, nous propulse en avant, fait décoller nos épaules, malgré les sangles qui nous attachent. Avec l'arrachement de la coiffe de protection, la lumière nous envahit alors dans un bruit sourd : l'éjection de notre tour de sauvetage.
    Tout va bien. Tout se déroule comme prévu. Nous avons survécu au lancement. Le baril de poudre sur lequel nous étions assis n'a pas explosé. Il a rempli sa mission : nous sommes libérés de l'attraction terrestre."
    _ Véritable hommage à la culture martienne (des romans aux films, en passant par les études scientifiques), empreint d'un réalisme troublant, Arnauld Pontier nous fait vivre l'odyssée comme si nous y étions. Nous en sommes en 2025, à bord de la fusée, nous faisons partie de cet équipage mixte, nous partageons le quotidien de ces hommes et ces femmes qui se préparent à mettre le pied sur cet astre mille fois visité en songe. Un récit de voyage où l'émotion flirte avec la contemplation et l'émerveillement.


  • " Il s'apprête à franchir un tertre, lorsqu'il entend le bruit. Le son caractéristique d'une vague déferlante. Il relève la tête : à trois kilomètres, devant lui, les flots se soulèvent, comme si un gigantesque animal se déplaçait sur le fond de l'océan, remontait des abîmes vers la rive. Il entend le bruit de ses pas, puissants, qui font résonner la terre. Lorsqu'un bras colossal, de treize mètres de long, surgit de l'eau, dans une extraordinaire gerbe blanche, et projette, loin devant lui, un trait de cuivre acéré - un rayon de diadème -, il comprend qu'il est la cible, que le dieu solaire qui s'est détaché du sommet de la tour l'a attendu afin d'accomplir sa vengeance. La vengeance de toute l'Humanité."

    De notre civilisation, ne reste que des traces, des ruines, des monuments oubliés. Et un Semblant. Un Semblant qui parcourt la planète depuis des centaines d'années, à la recherche d'une voix, d'une chanson, d'un souvenir peut-être. Portant ses pas jusqu'aux confins de la mémoire, là où les territoires qui avaient un nom n'ont plus d'histoire, il lui faudra affronter ce que réserve le passé aux enfants de la fin des temps, dans une ultime tentative de corriger le cours des événements.

  • Nicolas, le fils du lieutenant du vaisseau, est fou amoureux d'Aurore qui, de son côté, ne s'intéresse qu'aux beaux pilotes...
    Aurore 7 ans, vit sur le vaisseau p 3,141?6 que son père commande. Nicolas, le fils du lieutenant, est amoureux d'elle, mais elle n'a d'yeux que pour les navigateurs.
    Un peu jaloux, il décide de s'initier au pilotage et s'introduit dans une navette. Mais, par mégarde, il l'éjecte du vaisseau...
    Se sentant responsable, Aurore part à sa recherche.
    Ils vont tous deux atterrir sur une étrange planète, Serkle, au coeur d'un labyrinthe gardé par une bête dévoreuse d'enfants... Arriveront-ils à déjouer les pièges de la maîtresse des lieux, la cruelle REINE DE SERKLE ? À moins que la réalité ne soit, finalement, tout autre...
    Embarquez à bord d'un roman jeunesse de science-fiction et d'aventures pétillantes et périlleuses menées par deux enfants qui atterissent par accident sur l'étrange planète de Serkle, gardée par une dévoreuse d'enfants plus que rusée !
    EXTRAIT
    Aurore continua son chemin. En passant devant la porte de la Section des navigateurs, elle aperçut les navigateurs Hug et Jak, en combinaison réglementaire, le casque sous le bras. Elle s'arrêta, admirative. Elle regardait surtout Hug, dont elle était secrètement amoureuse. Ils s'apprêtaient à sortir, Jak précédant Hug. Hug avait posé une main sur l'épaule de son compagnon. Il aperçut Aurore et lui fit un geste complice de la main.
    - Bonjour, Aurore.
    Aurore ne répondit pas?; elle rougit, pétrifiée. Il lui avait parlé?! Elle ne prêta aucunement attention à Nicolas, le fils du lieutenant Spill, un garçon de deux ans son aîné, qui s'était approché d'elle et lui avait demandé :
    - Salut. Tu viens jouer??
    Elle ne prit conscience de la présence de Nicolas que lorsque le navigateur Hug disparut de sa vue.
    - Ah... c'est toi...
    Nicolas, lui, était secrètement amoureux d'Aurore.
    - Alors, tu viens jouer?? répéta-t-il.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Arnauld Pontier a exercé différents métiers et n'a jamais cessé de voyager. Depuis 2002, il a publié de nombreux textes : romans, nouvelles, récits, poésie et contes, en littérature générale comme en littérature de l'imaginaire.
    Anne Buguet est illustratrice depuis une vingtaine d'années. Pour dessiner ses personnages, ses paysages ou les éléments du décor, elle explore une vaste étendue de techniques originales : encres, peintures, cirages ou colorants en tube, répandus sur des papiers découpés, collés, pliés, froissés ou même trempés...


  • Dans la série : Raconte-moi une photo.

    L'image est celle de la femme éternelle. Une image qui se fiche des controverses sur la réalité ou le fantasme de cette « féminité » idéale : de la place de chaque sexe sur le vaisseau de la vie. Cette femme, c'est celle qui naît de la vision d'un homme ; il ne cherche pas en elle son semblable, son égale : en elle, il voit l'espérance, l'amour qui l'attend, un jour, quelque part, en dépit du temps qui passe et des aléas de la vie. Ou bien l'amour qu'il a perdu, manqué. Femme, soeur, marraine, mère... elle est là jusque dans la défaite : jusqu'à la fin.
    Fixée en une seule et belle image, cette femme éternelle est l'allégorie de la vie. Force et douceur. Attirance. Respect. Mystère. Elle est notre désir.
    En quatre textes, sur une photo emblématique, c'est cette figure de proue, cette égérie qui est illustrée, espérée, fantasmée. Remerciée. « Tout est sauvé, une femme est avec nous », écrivait Victor Hugo, dans sa correspondance, en 1853. Ainsi soit-il.
    ***

    Extrait :

    Elle lui tournait le dos, regardant par la fenêtre quelque chose qu'il ne pouvait voir - sans doute tout simplement la pluie... Elle portait sa robe blanche, dont le col, évasé, était ajouré en motifs de dentelle, un peu à la façon d'un macramé ; de sa main gauche, elle tenait en un chignon improvisé ses cheveux blonds, découvrant sa nuque où pointait un grain de beauté. Il apercevait le lobe de son oreille droite, auquel était accrochée une boucle d'oreille fantaisie en métal argenté, constituée d'un arceau de nacre agrémenté d'un sautoir de miniperles et d'une plume de faisan vénéré. Elle ne pouvait pas être là, il le savait. Elle avait disparu, comme les autres. Pourtant, sa présence s'obstinait, à la fenêtre.

empty