Arvède Barine

  • Ce livre est une partie d'un volume beaucoup plus ample de 1898 qui, en plus de Thomas de Quincey et Gérard de Nerval, opposait Ernst Theodor Amadeus Hoffmann et Edgard Allan Poe. Cette partie choisie par l'auteur suffit à mettre brillamment en lumière "l'irritante, humiliante et redoutable question, si souvent posée et jamais résolue, des rapports du génie et de la folie".

  • Texte intégral révisé. Biographie de Thomas de Quincey. Arvède Barine, historienne, critique littéraire et biographe entre autres de E.T.A. Hoffmann, Edgar Poe et Gérard de Nerval, relate ici le parcours de l'auteur des Derniers Jours d'Emmanuel Kant et des Suspiria de Profundis, depuis son enfance malheureuse jusqu'à sa mort en passant par sa jeunesse agitée dans les bas-fonds de Londres, sa plongée dans l'enfer de la toxicomanie ou encore ses relations avec les poètes lakistes (William Wordsworth, Samuel Taylor Coleridge, Robert Southey). Analysant sa névrose et se penchant notamment sur l'influence de la drogue tout au long de l'élaboration de son oeuvre, elle nous livre un saisissant portrait du poète en mangeur d'opium.

  • Chaque génération chante pour elle-même et dans son langage. Elle a ses poètes, qui traduisent ses sentiments et ses aspirations. Puis viennent d'autres hommes, avec d'autres idées et d'autres passions, toutes contraires, le plus souvent, à celles de leurs aînés. Ces nouveaux venus demeurent insensibles à ce qui paraissait la veille si émouvant. Leurs préoccupations ne sont plus les mêmes, ni leurs yeux, ni leurs oreilles, ni leurs âmes. S'ils goûtent d'aventure les poètes de la génération précédente, c'est à la réflexion, après une étude, comme s'il s'agissait d'écrivains d'un temps lointain.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Il était une fois un grand roi, dont le royaume était le plus beau du monde. Sa cour n'était que fêtes et plaisirs, et il n'y en avait point d'aussi galante ni d'aussi magnifique. Elle était jeune, car le roi était jeune, et tout respirait la jeunesse dans ce lieu enchanté. Tout respirait aussi l'amour. Cent beautés s'empressaient à plaire au prince, parce qu'il était roi et parce qu'il n'y avait point d'homme dans tous ses États qui fût aussi bien fait.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Portraits de femmes

    Arvede Barine

    Jane Baillie Welsh appartenait à une très vieille famille écossaise, riche en héros et en originaux. « Plusieurs coquins, mais pas un imbécile », disait avec satisfaction le vieux John Welsh, de Craigenputtock. Par son père, le docteur Welsh, Jane descendait du plus fanatique des chefs de la réforme, de ce John Knox, qui, en parlant à Marie Stuart, ne l'appelait jamais que nouvelle Jézabel. Du côté maternel, elle descendait de Wallace, dont les paysans écossais se rappellent encore avec admiration la glorieuse révolte contre le roi d'Angleterre Édouard Ier.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La reine Christine de Suède, fille du grand Gustave-Adolphe, est une des figures les plus attirantes de l'histoire. Elle joint l'étrangeté à l'éclat, un air d'énigme à un air de roman. Son siècle ne sut comment la juger. Peu de créatures humaines ont été plus encensées et plus injuriées de leur vivant. On remplirait plusieurs pages avec les seuls titres des odes, harangues, panégyriques, pièces de théâtre, en prose et en vers, en latin, en suédois, en français, en allemand, en italien, où Christine est portée aux nues. La liste ne serait pas moins longue des pamphlets, mémoires, épigrammes, en toutes langues aussi, où elle est traînée dans la boue. Aujourd'hui encore, elle embarrasse par un mélange, peut-être sans exemple, de grandeur et de ridicule, de noblesse et de perversité. On est en peine de décider si elle fut sincère, ou si elle se moqua de l'Europe. On ne l'est pas moins d'expliquer pourquoi la comédie tourna soudain en drame. La lumière se fait cependant p+eu à peu ; en écoutant Christine nous parler elle-même dans ses lettres, ses pièces diplomatiques, ses recueils de Maximes, son autobiographie, ses notes marginales jetées çà et là, nous finissons par la comprendre, et nous comprenons en même temps les jugements contradictoires des contemporains. A mesure que cette physionomie ambiguë nous livre son secret, elle nous inspire des sentiments ambigus comme elle. On est amusé et révolté, séduit et écoeuré.

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