Dominique Vidal

  • Le 16 juillet 2017, Emmanuel Macron s'apprête à terminer son discours lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv. Et soudain, se tournant vers Benyamin Netanyahou, qu'il a appelé « cher Bibi », il lance : « Nous ne céderons rien à l'antisionisme, car il est la forme réinventée de l'antisémitisme. »

    Jamais un chef de l'État n'avait commis une telle erreur historique doublée d'une telle faute politique. Voilà ce que ce livre entend démontrer, sur un mode non polémique et pédagogique en traitant successivement de l'histoire du sionisme, de la diversité de l'antisionisme, de l'antisémitisme hier et aujourd'hui, enfin de la politique proche-orientale de la France.

    Journaliste (Le Monde diplomatique) et historien, auteur de nombreux livres dont Le Ventre est encore fécond (Libertalia, 2012), Dominique Vidal exprime ici son opinion, mais s'efforce surtout de donner les éléments d'information permettant à tout un chacun de se faire la sienne.

  • Les nationalistes connaissent un grand essor en Europe. Il s'agit d'abord d'une réaction à la mondialisation et à ses ravages, dans un contexte d'absence d'alternative. D'où un rejet de la supranationalité, à laquelle on oppose un repli sur l'État-nation, synonyme de protectionnisme, xénophobie et même racisme. La critique des élites rime avec l'apologie d'un peuple abstrait. Le mépris de la démocratie débouche sur le culte du chef. À répéter que « nous ne sommes pas dans les années 1930 », on risque de sous-estimer le danger. Il y va de l'avenir de chaque État : niveau de vie, libertés et hostilité à l'immigration. Mais l'avenir de l'Union européenne est aussi en cause : si elle mérite d'être transformée, sa destruction constituerait une menace pour le continent.

  • En matière de croissance, tout dépend de la manière dont on en utilise les fruits. Comme ses " modèles " nord-américain et européens, l'Israël de Benyamin Netanyahou privilégie le (grand) capital par rapport au travail, et accorde de surcroît la priorité absolue à la Défense : tout le reste, à commencer par la politique sociale, paraît bien secondaire. [Chapitre extrait de l'édition 2016 de L'état du monde]
    Depuis plusieurs années, et singulièrement après la crise financière de 2008, les inégalités sont redevenues un thème d'actualité. Des best-sellers internationaux se consacrent à cette question trop longtemps négligée. Des ONG publient des chiffres alarmistes qui illustrent le fossé croissant entre les pauvres, qui paraissent toujours plus nombreux et vulnérables, et les ultra-riches, qui ne savent plus comment dépenser leurs gigantesques fortunes. D'Athènes à New York, de Madrid à Hong Kong, les mouvements populaires qui placent la lutte contre les " inégalités " au coeur de leur programme se multiplient et prennent de l'ampleur.
    Mais, derrière les slogans, comment appréhender et mesurer précisément ces inégalités qui pèsent de plus en plus sur l'agenda international ? Politiques, économiques, sociales, raciales, culturelles ou sexuelles : comment s'enchevêtrent les différentes facettes de l'inégalité ? Pourquoi les institutions internationales, elles-mêmes très inégalitaires, échouent presque toujours à atteindre les objectifs qu'elles se sont fixés en matière de " développement " ? Pourquoi l'accès à l'alimentation, au logement, à l'éducation ou à la santé reste-t-il à ce point inégalitaire ? L'injustice ressentie par de nombreuses populations favorise-t-elle les conflits et la violence politique ?
    Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, cette édition 2016 de L'état du monde propose de nouvelles perspectives pour comprendre les inégalités contemporaines aux échelles mondiale, régionale et nationale. S'appuyant sur de solides ressources statistiques et sur d'innombrables exemples, sur les cinq continents, les spécialistes qui ont contribué à ce volume en décortiquent les mécanismes et fournissent ainsi quelques pistes pour tenter de les combattre.
    Ceci est le chapitre " Israël, premier de la classe néolibérale " par Dominique Vidal, extrait de l'ouvrage L'état du monde 2016.

  • L'emploi domestique est le premier emploi féminin au Brésil, où les relations entre les bonnes et ceux pour lesquels elles travaillent représentent un mode majeur de mise en contact des groupes sociaux. Ce rapport plusieurs fois séculaire connaît des changements importants depuis le retour du pays à la démocratie. La Constitution fédérale de 1988 a en effet accordé de nombreux droits sociaux aux travailleurs domestiques et leur a permis de s'organiser en syndicats. Il a résulté de la mise en place de ce nouveau cadre juridique qu'une relation de travail auparavant négociée de gré à gré entre progressivement dans l'espace public. Sous certaines conditions, les bonnes peuvent aujourd'hui poursuivre un employeur qui n'a pas respecté le droit social, et le respect de ce droit tend à devenir leur critère principal d'évaluation des situations d'emploi. À partir d'une enquête à Rio de Janeiro, ce livre, écrit par un homme, constitue les femmes qui gagnent leur vie dans l'emploi domestique en analyseur de la démocratie au Brésil. Après six portraits qui entendent dépasser le personnage social de la bonne empêchant la compréhension de l'expérience des travailleuses domestiques, il montre leur difficulté à vivre en individu, s'intéresse aux relations qu'elles entretiennent avec leurs employeurs, et analyse leur recours au droit quand elles s'adressent au syndicat des travailleurs domestiques et assignent un ancien patron devant la justice du travail.

  • Entre le " Proche-Orient " qu'il tend à intégrer et l'" Extrême-Orient ",potentiel adversaire d'un Occident dominant, le Moyen-Orient apparaît comme un trait d'union rebelle, une marge et un espace d'affrontement permanent.
    Certes, cette région hors normes a une histoire propre, une dynamique forte liée à sa densité sociale et à son passé, mais elle n'a cessé d'être l'otage d'un jeu international qui la harcèle depuis des siècles, au nom de la foi, de l'ambition des conquérants, du pétrole ou tout simplement des stratégies qui opposèrent les vieilles puissances. Ces interactions renouvellent le regard, conduisant à une analyse internationale du Moyen-Orient. Si l'actualité traduit le désarroi et l'impuissance des imitateurs de sir Mark Sykes et François Georges-Picot, elle montre aussi que l'actuelle réinvention du Moyen-Orient reflète celle du monde.
    Après avoir retracé la formation de ce " cratère ", du XIXe siècle à aujourd'hui, en passant notamment par la création d'Israël, la crise pétrolière et la révolution iranienne, les auteurs mettent en évidence les principaux acteurs - sans oublier la pandémie de Covid-19 - des grands conflits qui endeuillent le Moyen-Orient contemporain et rejaillissent sur le monde entier (de l'interminable tragédie palestinienne aux terribles guerres syrienne, irakienne, afghane et yéménite), les embarras des puissances internationales et régionales, ainsi que le curieux bras de fer saoudo-iranien et ses conséquences dans le Golfe et dans toute la région.

  • "D'après le dernier rapport de l'Observatoire des inégalités, les 10 % les plus aisés des Français touchent 6,7 fois plus que les 10 % les plus pauvres. Curieusement, peu de livres récents traitent de cette question. Rarissimes sont les approches concrètes du phénomène des inégalités, de ses manifestations dans la vie quotidienne. C'est de cette frustration - de lecteurs - qu'est né le présent ouvrage. Nous avons voulu donner un aperçu du développement des inégalités dans les différents domaines de la vie sociale : au travail ; en matière de logement ; dans les transports ; au fil des études, du collège aux classes prépas ; s'agissant des vacances ; face à la fiscalité ; devant la maladie, physique et mentale ; en matière d'alimentation ; et pour les aînés..."

    Samuel Chalom est journaliste chez Capital, en charge de la rubrique emploi.

    Dominique Vidal est journaliste, ancien rédacteur en chef ajoint du Monde diplomatique.

  • L'approfondissement de la crise des systèmes politiques, économiques et sociaux pose avec force la question de l'alternative. Si celle-ci suscite de grandes attentes, elle se heurte à de puissants blocages. Aspirations et déceptions se renforcent réciproquement, au point de donner au phénomène un accent dramatique, dont la vague populiste reste la manifestation essentielle.
    Parmi les facteurs et mécanismes générateurs se mêlent ravages de la " pensée unique ", poids des structures économiques, usures politiques, aveuglement face à la mondialisation, obsessions identitaires, malformations institutionnelles, échec de la gouvernance mondiale. La description des tentatives plus ou moins malheureuses d'alternance révèle la diversité de ces blocages. Des essais de dépassement, encore très fragiles, peuvent-ils néanmoins laisser poindre des lueurs d'espoir ?
    Les chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal opposent l'analyse éclairée au constat fataliste, pour entrevoir l'avenir avec lucidité.
    Ce livre reprend l'intégralité des textes publiés dans
    L'état du monde 2018.

  • L'état du monde propose ici de nouvelles perspectives pour comprendre les inégalités contemporaines à l'échelle mondiale, régionale et nationale. S'appuyant sur de solides ressources statistiques et sur d'innombrables exemples, sur les cinq continents, les spécialistes qui ont contribué à ce volume en décortiquent les mécanismes et fournissent ainsi quelques pistes pour tenter de les combattre.
    Depuis plusieurs années, et singulièrement après la crise financière de 2008, les inégalités sont redevenues un thème d'actualité. Des best-sellers internationaux se consacrent à cette question trop longtemps négligée. Des ONG publient des chiffres alarmistes qui illustrent le fossé croissant entre les pauvres, qui paraissent toujours plus nombreux et vulnérables, et les ultra-riches, qui ne savent plus comment dépenser leurs gigantesques fortunes. D'Athènes à Caracas, de Madrid à New York, de Hong Kong à Ouagadougou, les mouvements populaires qui placent la lutte contre les inégalités au coeur de leur programme se multiplient et prennent de l'ampleur. Mais, derrière les slogans, comment appréhender et mesurer précisément ces inégalités qui pèsent de plus en plus sur l'agenda international ? Politiques, économiques, sociales, raciales, culturelles ou sexuelles : comment s'enchevêtrent les différentes facettes des inégalités ? Pourquoi les institutions internationales, elles-mêmes très inégalitaires, échouent presque toujours à atteindre les objectifs qu'elles se sont fixés en matière de " développement " ? Pourquoi l'accès à l'alimentation, au logement, à l'éducation ou à la santé reste-t-il à ce point inégalitaire ? L'injustice ressentie par de nombreuses populations favorise-t-elle les conflits et la violence politique ?

  • Pour cette édition 2020 de L'état du monde, les meilleurs spécialistes font le point sur la puissance réelle des États-Unis, dans un monde complexe où cartes et atouts sont redistribués.
    En 1945, les États-Unis paraissent imbattables. Détenteurs exclusifs de l'arme atomique jusqu'en 1949, ils semblent dominer totalement le monde. À travers le plan Marshall puis la création de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), ils endossent le rôle de leader. Ils contrôlent le quart du commerce mondial et produisent la moitié de ce qu'ils consomment.
    Le contraste est grand avec la situation actuelle. Il est vrai qu'entre-temps, les registres de puissance se sont diversifiés, les interventions militaires ont perdu de leur efficacité, et la mondialisation a définitivement brouillé les pistes, nouant des relations d'interdépendances inédites. On est ainsi passé, en quelque soixante-dix ans, d'un système quasi hégémonique à un système apolaire, fragmenté par une importante dynamique nationaliste, notamment depuis l'élection de Donald Trump.
    Après avoir retracé l'histoire de la domination américaine, du XIXe siècle à nos jours, les auteurs en mesurent la portée et les potentielles failles dans les domaines militaire, politico-diplomatique, commercial, économique, scientifique et culturel. Enfin, l'analyse des rapports de Washington avec Pékin, Moscou, Bruxelles, Tel-Aviv, Riyad, Téhéran, etc. ou de ses prises de position face au défi climatique interroge sur la puissance réelle des États-Unis, dans un monde complexe où cartes et atouts se redistribuent à grande vitesse.

  • Un tour d'horizon des différents " points chauds " de la planète. Des clés pour comprendre les formes contemporaines des conflits (développement de la cyberguerre, retour de la piraterie, explosion de l'industrie des drones) et pour identifier les différents acteurs et les principales victimes : les populations civiles, les femmes, les migrants, la nature... Congo, Somalie, Nigéria, Mali, Centrafrique, Syrie, Irak, Israël-Palestine, Ukraine... La fin de la guerre froide n'a pas laissé la place à un monde de paix. Deux décennies plus tard, plusieurs dizaines de conflits armés ensanglantent la planète. Si elles ressurgissent dans certaines parties de l'Europe, la plupart des guerres se déroulent aujourd'hui dans les pays du Sud. Et leur nature a profondément changé. Seule une minorité d'entre elles peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres mettent aux prises un État, souvent déliquescent, et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeu le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles. Les divisions ethniques et religieuses alimentent ces nouveaux conflits. Mais ils s'enracinent surtout dans les conséquences de la mondialisation, qui enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres. Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale, tout en s'inscrivant dans le cadre des rivalités entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles. Véritable " roman de l'actualité internationale ", L'état du monde révèle, au-delà de l'immédiateté de l'événement, les grandes tendances des changements à l'oeuvre sur la planète. Ce livre reprend l'intégralité des textes publiés dans L'état du monde 2015.

  • Durant l´année 2011, en Israël, jusqu'à 500 000 hommes et femmes  - l'équivalent de près de 4 millions en France  - ont manifesté contre le saccage néolibéral de l'éducation, du logement, de la santé et de l'État social. Un mouvement sans précédent, soutenu par la grande majorité de l´opinion publique, dans une société pourtant traditionnellement conformiste...


    Qui sont les « Indignés » de Jérusalem, Tel-Aviv et Haïfa ? Comment leur révolte a-t-elle muri avant de surgir ? Mobilisés autour de revendications économiques et sociales, perçoivent-ils que, pour sortir de la crise sociale la plus grave de son histoire, Israël doit cesser de coloniser les Territoires palestiniens, s´en retirer et accepter de reconnaître l´État palestinien qui s´y construit ? Leur révolte bousculera-t-elle un paysage politique obsolète et sans horizon ?


    Pour répondre à ces questions, Dominique Vidal et Michel Warschawski sont allés à la rencontre de vingt porteurs de ce mouvement et demain, peut-être, d'alternatives plus globales. Ils sont Juifs et Arabes, femmes et hommes, laïcs et religieux, militants de base et députés, universitaires et étudiants, anarchistes et communistes, nationalistes et pacifistes, travaillistes et anticolonialistes, etc.


    Un autre Israël est-il possible ?



    Dominique Vidal est historien et journaliste. Également journaliste, Michel Warschawski a fondé le Centre d´information alternative (AIC) de Jérusalem. Tous deux ont écrit de nombreux livres sur le conflit israélo-palestinien. Aux éditions de l´Atelier, ils ont publié ensemble et avec Leila Shahid Les Banlieues, le Proche-Orient et nous.

  • Analyses et perspectives pour comprendre la question du pouvoir, plus mystérieuse que jamais. Quels sont les mécanismes réels de la puissance, comment sont-ils venus à se former, à s'entremêler ? Comment ont-ils débordé les communautés politiques nationales, leur espace constitutif, pour contribuer à organiser un monde aujourd'hui plus interdépendant que jamais ? Fin du communisme, mondialisation et révolution numérique : en trente ans, le monde a changé radicalement. Mais qui le gouverne désormais ? Paradoxalement, la question du pouvoir paraît plus mystérieuse que jamais, au point de susciter des interprétations complotistes qui envahissent Internet. C'est pourquoi cet ouvrage a choisi d'en analyser les grands mécanismes. Il place au coeur de la réflexion cinq paramètres sensibles du système mondial - la tradition, le religieux, les institutions étatiques, l'économie et la mondialisation -, tout en déclinant les différents modes d'exercice du pouvoir.
    Les États ne sont plus les seuls acteurs à prétendre dominer le monde. Avec la mondialisation, qui favorise la mobilité, bouleverse les relations sociales et engendre de nouvelles dépendances, les firmes multinationales et les réseaux défient les souverainetés étatiques, ce qui se traduit également par une apparence de fragmentation du pouvoir et des interdépendances de plus en plus complexes.
    Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, ce livre propose de nouvelles perspectives pour comprendre qui (et comment se) gouverne le monde. Afin d'en finir avec une géopolitique occidentalo-centrée qui ne permet plus de rendre compte de l'évolution d'un paysage international en plein bouleversement.


  • L'état du monde propose une lecture historique et contemporaine du phénomène, nourrissant une analyse rigoureuse de ce retour des populismes.
    Le terme de " populisme " est omniprésent dans la rhétorique politique comme sous la plume des journalistes et des chercheurs. Il semble pourtant aussi délicat à définir qu'à interpréter, conduisant parfois à des rapprochements douteux. En ces temps de fièvre populiste, il est donc décisif et urgent de se saisir du phénomène avec rigueur.
    Quelle est la genèse du populisme ? Les historiens nous aident à comprendre comment et pourquoi celui-ci apparaît par vagues successives depuis la fin du XIXe siècle. Des approches sociologique, politique et économique viennent compléter cette " mémoire ". Quels sont les traits communs à ces expériences diverses, les symptômes - du culte du chef aux techniques de propagande démagogique -, les pratiques récurrentes ? Existe-t-il une ou des politique(s) populiste(s) cohérente(s) en matière économique, sociale ou étrangère ? Enfin, des exemples contemporains, de Trump à Poutine, en passant par Chávez, Erdogan et bien d'autres, permettent d'appréhender très concrètement les expériences populistes actuelles. Pourrait-on parler d'un " moment populiste " de notre espace mondial ?
    Les spécialistes issus de différents champs disciplinaires réunis par L'état du monde 2019 proposent une synthèse informée et éclairante sur ce sujet brûlant.

  • Tenues à l´écart du jeu politique pendant des décennies, prises par le souffle des « printemps arabes », exaspérées par l´austéritééconomique et par le verrouillage des institutions, éreintées par des guerres sans fin, les sociétés réagissent. Au Nord comme au Sud, en dictature comme en démocratie, la circulation accélérée de l´information citoyenne et les capacités renouvelées de mobilisation libèrent la contestation populaire.

    Alors que toute médiation politique est désormais suspecte, la force d´inertie des dirigeants peut-elle suffire à laisser passer la tempête sans que leurs habitudes en soient trop bousculées ? Cette cassure sera-t-elle à l'origine de véritables alternatives politiques nationales, régionales et internationales ?



    Pour prendre la mesure de cette rupture entre le politique et le social, L´état du monde 2013 en expose les manifestations et les retombées en termes économiques, sociaux, environnementaux, culturels ou encore diplomatiques et stratégiques, à travers les approches multiples des meilleurs spécialistes du champ international.



    Véritable « roman de l´actualité mondiale », L´état du monde révèle, au-delà de la succession d´événements immédiate, la tonalité des changements à l´oeuvre sur la planète, tandis que le site l´Encyclopédie de L´état du monde continue d´offrir toutes les ressources complémentaires de cette analyse dans une base documentaire unique (plus de 8 000 articles, 40 000 données statistiques, 10 000 liens...).

  • The use of digital information and communication technologies would be the traces of a social acceptability of the exploitation of all data, in the context of negotiations of uses. This is the reason why the users present themselves actors and contributors of the hyperconnectivity. We would thus witness a new form of dissemination, inviting user experience and social innovations. It is thus the victory of subordination by negotiated renunciation; A new form of serving, no longer that of the 1980s, with the counters and other services, which have become uncontrolled services - excepted when the users are overcome by restrictive ergonomics, revealing too much the subordination device - which joins the prescription apparently without an injunction. The lure is at its height when users and broadcasters come together to produce the services and goods, composing the business model, until the very existence of the companies, in particular the pure players. Crowdsourcing becomes legitimate: consumers create the content, deliver the data, the basis of the service sold (in a painless way because free access most of the time, indirect financing), the providers make available and administer the service, networks , Interfaces (representing considerable costs), also reputation to attract the attention of other consumers or contributors. In these conditions, the environmental stakes are considerable, so we propose another way of considering them, not as they are dealt with - material and pollution - but according to the prism of the relational practices analyzed in this volume.

  • La livraison 2014 de L'état du monde se penche sur la dynamique des puissances mondiales. Contrairement à bien des prévisions, la victoire de l'Occident dans la guerre froide n'a pas débouché sur une longue période de domination américaine. Si les États-Unis restent à bien des égards le pivot des équilibres géopolitiques mondiaux, la puissance américaine est confrontée des concurrences nouvelles. Un constat qui s'applique également aux autres puissances occidentales, en particulier européennes, profondément secouées par la crise économique.
    Cette évolution structurelle s'accompagne de la montée en puissance de nouveaux mouvements sociaux, revendicatifs ou révolutionnaires, qui bouleversent directement ou indirectement les fondements de l'ordre international hérité de l'après-guerre froide.
    Grâce aux dizaines de spécialistes qui y participent, cette édition 2014 évalue donc cette remise en cause de l'hégémonie occidentale, par des puissances émergentes et par les " sociétés civiles ". La Chine, l'Inde, le Brésil, et dans une moindre mesure l'Afrique du Sud et la Russie, se dotent à leur tour des atouts de la puissance politiques, économiques mais aussi culturelles et technologiques. Quant aux mouvements révolutionnaires ou contestataires, dans le monde arabe et ailleurs, ils auront certainement des conséquences sur le modelage en cours de la nouvelle architecture mondiale.
    Outre cette réflexion globale sur les dynamiques de la puissance, L'état du monde 2014 fait le point sur les grandes tendances observables dans les relations internationales, de la recomposition des mafias à l'essor de nouveaux mouvements religieux en passant par le rôle stratégique croissant du pétrole non conventionnel, et sur les situations conflictuelles à travers le monde, de l'Iran à la Colombie en passant par le Mali, la Syrie ou la Corne de l'Afrique.

  • Ce chapitre intégral est extrait de l'édition 2015 de " L'état du monde " : Nouvelles guerres, publiée sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal.
    Le nombre de drones est en augmentation constante dans le monde. Les États-Unis, de très loin les mieux équipés en la matière, disposent aujourd'hui de plus de 600 appareils. D'autres nations investissent également dans cette nouvelle technologie d'armement : soixante-seize pays posséderaient déjà des drones et on peut estimer que ces armes continueront à se répandre. Un de leurs avantages réside dans leur prix, très compétitif par rapport aux avions de combat : un drone du type Reaper M-9 coûte 10,5 millions de dollars, contre 150 millions de dollars pour un avion de chasse F-22. Aussi les dépenses liées à l'acquisition de matériaux et à la recherche dans le domaine des engins volants sans pilote embarqué ne cessent-elles d'augmenter. En ce qui concerne les seuls États-Unis, le budget dans ce domaine est passé de 667 millions de dollars en 2001 à 4,5 milliards en 2012. À l'échelle mondiale, il s'élève actuellement à 6,6 milliards de dollars.
    Si, pour l'heure, la plus grosse partie des dépenses est liée aux emplois militaires, l'utilisation civile des drones se développe elle aussi rapidement.

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