Etienne Balibar

  • Ce volume - le premier des six recueils qui composent cette série d'
    Écrits d'Étienne Balibar - réunit des essais et des textes d'intervention à caractère historique, philosophique et politique, pour certains inédits, rédigés entre 1995 et 2019. Ils ont en commun de chercher à éclairer le passage d'un siècle l'autre et d'affronter la question de la " fin de l'histoire ", en référence, d'une part, à l'achèvement de la mondialisation capitaliste et, de l'autre, à l'altération de notre environnement biologique et planétaire, qui a atteint le point de non-retour à la fin du XXe siècle mais demeure en partie indéterminé dans ses conséquences sociales et civilisationnelles.
    Dans cette perspective, il faut arriver à penser philosophiquement un écart entre des " futurs passés " et des " nécessités contingentes ", non pas de façon purement spéculative, mais en combinant d'une façon toujours singulière la mémoire et l'analyse : repérant des
    traces événementielles déterminantes pour notre institution de la politique (la " Grande Guerre ", la révolution d'Octobre, l'insurrection de Mai 68) ; décrivant des
    frontières essentiellement contestées entre Orient et Occident, Nord et Sud, dans notre espace commun méditerranéen (France-Algérie, Israël-Palestine) ;
    conjecturant les formes et les objectifs d'une gouvernementalité stratégique, qui devrait se préoccuper simultanément de grandes régulations planétaires institutionnelles et parier sur la capacité d'invention et de rupture des insurrections locales.
    Une politique d'après la politique, à laquelle conviendront peut-être encore les noms de démocratie, de socialisme et d'internationalisme.

  • Ce deuxième volume des
    Écrits d'Étienne Balibar est constitué de neuf études à caractère philosophique portant sur des auteurs classiques ou contemporains (Canguilhem, Badiou, Pascal, Machiavel, Marx, Foucault et Althusser, d'autres encore) et traversant les questions du savoir scientifique, de la " prise de parti " politique et de son incidence sur la connaissance, du statut de la théorie entre spéculation théologique et interprétation de l'actualité.
    Rédigées entre 1994 et 2016, ces études illustrent le passage de l'auteur d'une épistémologie historique et critique, dont la question centrale avait été celle de l'articulation entre l'
    idéologie et la science, à une phénoménologie des
    énonciations de la vérité, dont le caractère intrinsèquement conflictuel, ouvert sur les " réquisitions " de la conjoncture, implique des interférences constantes entre la recherche de l'intelligibilité, le moment inéluctable de la décision et la répétition des grandes traditions spéculatives. Ces deux types de recherches, apparemment incompatibles, partagent une même
    passion du concept, qui est commune à tous les auteurs commentés.
    Distribuées en trois constellations thématiques, les lectures proposées s'organisent autour de formulations symptomatiques dont on documente à chaque fois les trajectoires d'un auteur à l'autre :
    histoire de la vérité,
    point d'hérésie,
    idéologie scientifique. Elles débouchent sur l'esquisse d'une problématique de l'ascension polémique (par opposition à l'" ascension sémantique " des logiciens) à laquelle donnent lieu les confrontations théoriques en révélant dans l'actualité leurs enjeux de principe.

  • L'un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Marx en propose une synthèse des thèmes et problématiques proprement philosophiques, ainsi que son actualité sociale et politique. Cette édition de poche est augmentée d'une préface inédite à l'édition allemande de ce livre

    Étienne Balibar tente ici un double pari : rendre accessibles les thèmes et les problèmes proprement philosophiques qui ont été traités par Marx ou qui peuvent être posés à partir de son oeuvre et - au terme d'un siècle et demi de controverses passionnées dont la " philosophie marxiste " a été le lieu ou l'enjeu - proposer les éléments d'un bilan et d'un pronostic. Le marxisme, aujourd'hui en pleine refonte, n'est-il pas en train de devenir une composante d'une pensée critique plus large ? Libérée de toute prétention à constituer par elle-même une " conception du monde ", échappant par là même aux oscillations qui ont marqué son passé récent entre le statut d'une quasi-religion et celui d'une pseudo-science, la pensée philosophique issue de Marx reformule ses questions premières : celle des fonctions sociales et des enjeux politiques de la théorie, celle de la vérité comme " appropriation pratique " du monde, celle des formes d'assujettissement liées à l'universalité elle-même, celle des " contradictions du progrès " et de la dialectique historique, celle de l'éthique révolutionnaire comme expression de l'effort de libération individuelle et collective. Cette nouvelle édition, revue et augmentée, comporte une préface et un complément inédits de l'auteur. Vingt ans après avoir écrit La Philosophie de Marx, Étienne Balibar y présente ses conceptions actuelles et renouvelle ainsi sa contribution aux débats sur la théorie marxiste.

  • Ce volume rassemble les principales études consacrées par Étienne Balibar à la philosophie de Spinoza, dans son rapport intrinsèque à la politique. Partant de la thèse que Spinoza avait reprise de Tacite (la « crainte des masses »), il aboutit à une interprétation renouvelée des modes de communication et des genres de vie, que résume la triple explication du Nom divin : Dieu c'est la Loi, Dieu c'est l'Homme, Dieu c'est la Nature. Pour accomplir cette transition, il faut parcourir plusieurs espaces théoriques : la construction de la démocratie comme limite des régimes étatiques, où s'exprime la puissance de l'être en commun ; l'ontologie du transindividuel, qui affirme le primat de la relation sur l'être isolé ; enfin la constitution du sujet comme une conscience recherchant l'intelligence des affections de son propre corps. Cette enquête permet alors d'approfondir la conception de l'anthropologie philosophique que l'auteur défend dans le cadre du débat contemporain sur l'actualité du spinozisme.

  • L'ouvrage se propose d'introduire à la philosophie de Spinoza à partir du rapport intrinsèque qu'elle entretient avec la politique. Après une mise en situation de Spinoza dans les conflits de son temps, ce qui éclaire les multiples dimensions de son projet intellectuel, les trois grandes oeuvres sont analysées. Les thèmes, tels le rapport entre raison et imagination, la démocratie, la religion... sont particulièrement étudiés.

  • Dans les essais qui forment ce livre, la question de la modernité est retravaillée en prenant pour fils conducteurs l'auto-énonciation du sujet (Descartes, Locke, Rousseau, Derrida), la constitution du « nous » communautaire (Hegel, Marx, Tolstoï), l'aporie du jugement de soi-même et des autres (Foucault, Freud, Kelsen, Blanchot). On parvient ainsi à mieux définir la dialectique de l'universalité et des différences à l'époque bourgeoise. Le rapport du commun à l'universel devient un écart politique au sein de l'universel lui-même.
    L'ensemble pose la question d'une nouvelle donne pour l'anthropologie philosophique - après la grande « querelle de l'humanisme » qui aura occupé la philosophie du XXe siècle - en termes de mouvements contraires : devenir-citoyen du sujet et du devenir-sujet du citoyen. Le citoyen-sujet qui se constitue dans la revendication du « droit aux droits », ne peut exister sans un envers, qui le conteste et le défie. Il n'est pas seulement rapport social, mais malêtre de ce rapport. Dès lors, l'humain ne peut être institué qu'à la condition de se retrancher de soi-même, dans la forme des « différences anthropologiques » qui assignent normalité et identité comme conditions de l'appartenance. La violence de l'universalité civique-bourgeoise est plus grande, mais aussi moins légitime, que celle des universa-lités théologiques ou cosmologiques. Le droit se fonde sur l'insoumission. L'émancipation tire sa puissance de l'altérité.

  • Cet ouvrage rassemble deux séries d'essais, écrits sur une période de vingt ans (1989-2009) : les uns, philosophiques, portent sur l'énonciation et l'institution des droits fondamentaux, au cours d'un processus inséparable des luttes d'émancipation de la modernité ; les autres sont des interventions dans l'actualité politique française, à propos d'événements qui ont eu un retentissement mondial en raison des problèmes qu'ils révélaient (en particulier l'interdiction des « signes religieux » dans les établissements scolaires et les émeutes des banlieues en 2005).
    Leur point de rencontre est une problématique des antinomies de la citoyenneté, en tant qu'institution du politique que son rapport originaire à la démocratie oblige en permanence à repenser ses conditions de légitimité et de transformation. Leur horizon est un projet collectif de démocratisation de la démocratie, seule alternative au processus de « dé-démocratisation » enclenché par la crise de l'État national social, et accéléré par la mondialisation néo-libérale.
    Le recueil inclut la réédition de l'essai de 1989, « La proposition de l'égaliberté », dont les formulations sont associées au point de vue « post-marxiste » défendu par l'auteur en philosophie politique. Il s'achève par un essai inédit sur la « co-citoyenneté », appliquant à la circulation des migrants les principes d'une démocratie sans exclusion. Entre ces pôles, ont été insérés plusieurs essais critiques (sur Rancière et Esposito, Poulantzas, Arendt, Laclau), esquissant une topique des courants les plus significatifs en philosophie de la démocratie.

  • Bien que les médias ne lui portent qu'un intérêt à éclipses, la question des sans-papiers est désormais posée de façon permanente à la société française et à l'Europe. Et ce ne sont pas les régularisations partielles et temporaires intervenues ces dernières années qui peuvent laisser espérer une solution.



    Comme le montrent les auteurs de cet essai, le problème tient à des facteurs structurels, dont rien ne permet de penser qu'ils pourraient disparaître dans un avenir prévisible par un simple bricolage institutionnel : la persistance d'une offre significative de travail clandestin liée aux profits substantiels de la « délocalisation sur place », encourageant une « clandestinité officielle » ; l'illusion entretenue de la maîtrise étatique des phénomènes migratoires, au prix de l'insécurisation des populations d'origine étrangère ; le marasme de la coopération et l'ignorance dans laquelle notre système juridique tient les dispositions du droit international ; la tentation croissante d'un apartheid européen. Dans tous ces domaines, les auteurs proposent un « état des lieux », procèdent au recensement critique des idées reçues, avancent des contre-propositions nouvelles. Et, sur la base de ce solide argumentaire, ils dénoncent avec vigueur les contre-vérités du discours gouvernemental justifiant le maintien dans la précarité de dizaines de milliers de sans-papiers.

  • Étienne Balibar examine trois grandes questions, dont chacune exige un effort de pensée spécifique : celle des frontières de l'Europe en tant qu'espace politique ; celle de l'État ; celle du peuple.

    Faisant suite au volume paru en 1992, Les frontières de la démocratie, ce recueil d'essais poursuit la tentative de " penser autrement ", dans la conjoncture et même dans l'événement, les problèmes fondamentaux : citoyenneté et nationalité, politique des droits de l'homme, civilité, dont les termes mêmes ont été bouleversés par l'effondrement des cadres politiques du XXe siècle. Mais il resserre les interrogations autour d'un enjeu principal, désormais incontournable : l'avenir incertain de la construction européenne. La formation de cet espace politique nouveau, sans précédent historique véritable, est en effet l'occasion d'une renaissance de la figure du " citoyen ", par-delà le déclin des institutions qui l'ont portée et qu'elle a contribué à légitimer : la Cité, l'empire, l'État-nation et l'État national social. Étienne Balibar examine ainsi trois grandes questions, dont chacune exige un effort de pensée spécifique : celle des frontières de l'Europe en tant qu'espace politique, qui commande toute réflexion sur l'identité collective et les identités communautaires, et que surdétermine de plus en plus la nouvelle économie de la violence mondiale ; celle de l'État, pôle de concentration du pouvoir et d'attribution de la souveraineté, mais aussi appareil administratif où s'affrontent les logiques du service public et du contrôle des populations ; celle du peuple, enfin, dont il est urgent de faire " quelque chose " - selon le mot d'ordre de 1789 - en combinant à l'échelle transnationale la lutte contre l'exclusion (notamment celle des immigrés), la conquête des pouvoirs ou des contre-pouvoirs et l'apprentissage de leur exercice. Ce sont ces questions qui donnent un contenu à la notion d'une " Constitution " européenne, qui devra être arrachée au formalisme juridique et moral et replacée sur le terrain politique. Nouveau nom du politique, nouvel enjeu de ses conflits fondamentaux, l'Europe sera plus démocratique que l'État-nation, ou elle ne sera pas.

  • Ce livre explique, clairement et simplement, ce que Marx et Lénine entendaient par dictature du prolétariat. La question de la dictature du prolétariat a été publiquement posée par le XXIIe Congrès du Parti communiste français. Elle intéresse tous les Français qui luttent pour l'union de la gauche, au premier rang desquels se trouvent les communistes. Ce livre, qui reproduit en annexe des documents du XXIIe Congrès et les textes fondamentaux des classiques du marxisme, constitue, en fait, une contribution à la discussion désormais ouverte, dans le Parti communiste français, sur la dictature du prolétariat.

  • Louis Althusser est mort le 22 octobre 1990. Après dix ans d'isolement, consécutif au meurtre de sa femme Hélène en 1980, l'auteur de Montesquieu, la politique et l'histoire, de Pour Marx, de Lénine et la philosophie, de Philosophie et philosophie spontanée des savants, ne faisait plus lui-même partie du paysage intellectuel français. Pourtant, par delà le déclin du structuralisme, dont il était considéré comme l'un des fondateurs (aux côtés de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault), par delà la crise du socialisme et du marxisme dont - au prix de controverses passionnées - beaucoup voyaient dans ses écrits la refondation, sa trace intellectuelle est loin d'être effacée. Dans ce recueil, Étienne Balibar, qui fut l'élève et l'ami du philosophe, rassemble quatre écrits sur Althusser et pour lui, qui s'échelonnent de 1977 à 1990. Il s'agit d'un adieu public, où se mêlent la discussion conceptuelle et l'évocation personnelle. Il s'agit, surtout, de commencer à évaluer l'héritage du théoricien qui, plus que tout autre, a voulu combiner la modernité philosophique avec l'engagement communiste : depuis sa conception de la science (issue d'une refonte de l'épistémologie bachelardienne) et de l'idéologie (avant tout nourrie de Spinoza et de Freud), jusqu'à celle de la révolution (qui joue Marx contre lui-même). Au rebours de l'image dogmatique qui continue de prévaloir, l'accent est mis sur les tensions et les contradictions qui n'ont cessé de maintenir ouverte la pensée d'Althusser et sur l'urgence des questions qu'elle pose.

  • Constitué de huit essais complémentaires - de la « désobéissance civique » à la « citoyenneté européenne », de la « préférence nationale » à la possibilité d'une « culture mondiale » - ce livre traite des questions vives de la citoyenneté : fondements de l'autorité de la loi, mise en oeuvre des Droits de l'homme et du citoyen dans des conditions nouvelles, démocratisation de la frontière, pratique de l'art et rencontre des cultures... Multipliant les éclairages à l'occasion des débats de ces derniers mois, ce livre audacieux en montre les cohérences politique et philosophique. Les pratiques et les représentations touchant au statut des étrangers dans la nation constituent, pour Étienne Balibar, la pierre angulaire de « politiques de la citoyenneté » mutuellement incompatibles, entre lesquelles il nous faut choisir. L'articulation de telles questions résulte d'une conjoncture caractérisée par la montée du néofascisme dont les causes sont structurelles, profondément enracinées dans la crise de l'État national et social. Il faut les comprendre en profondeur pour réinventer la politique et forger les institutions nouvelles d'une démocratie ouverte.

  • Une réflexion en profondeur sur le poids politique de l'Europe, toujours en devenir, face à l'hégémonie américaine et à ses divers théoriciens et idéologues. Étienne Balibar propose de repenser les relations entre identité collective et puissance, constitutives du concept même de politique. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)
    Sommes-nous au bord d'un embrasement du monde ? Depuis que le président Bush a déclaré une " guerre sans fin " contre le terrorisme et les pays de l'" axe du mal ", qui a débouché sur l'invasion de l'Irak, de nombreuses voix se sont élevées en Amérique pour interpeller l'Europe : elle devrait exercer une médiation, fournir un contrepoids, pour retenir les États-Unis sur la pente de la militarisation et d'une remise en question des droits démocratiques, et préserver le monde entier d'une polarisation irrémédiable entre " civilisations " hostiles. À cette demande, les experts en stratégie répondent que le décalage entre le poids économique de l'Europe et sa faiblesse militaire rend illusoire toute perspective d'influence dans les affaires mondiales. Étienne Balibar, lui, choisit de s'en saisir pour repenser les relations entre identité collective et puissance, constitutives du concept même de politique. La voie qu'il explore est celle d'une " anti-stratégie ", dans laquelle les exigences de l'action primeraient sur celles de l'homogénéité culturelle et de la forme constitutionnelle, de façon à ouvrir une alternative dans le cours actuel de la " mondialisation ". Tout en s'inspirant des leçons de l'histoire, son propos s'articule autour de quatre propositions: sécurité collective dans un " ordre public international ", relance du désarmement universel progressif et contrôlé, primat de la politique locale sur l'exploitation globale des " nouveaux conflits ", construction de l'ensemble euroméditerranéen comme exemple de réduction des " fractures " de civilisation.

  • Rédigés entre 1981 et 1991, ces treize essais politiques et philosophiques proposent une réflexion suivie sur quelques-unes des grandes questions qui, en France et en Europe, auront marqué la décennie : progression du racisme et des nationalismes, crise du socialisme et effondrement du communisme " réel ", exclusions et inégalités, mais aussi mouvements pluriculturels et nouvelles dimensions de la citoyenneté.
    À l'intérieur comme à l'extérieur de l'espace national, les " frontières " (entre États et entre groupes sociaux, étroitement imbriquées aujourd'hui) sont le pont où la démocratie s'arrête. Elles sont aussi le seuil de expansion possible, de ses progrès. Tel est le thème commun aux treize essais politiques et philosophiques composant ce recueil. Rédigés entre 1981 et 1991, ils proposent une réflexion suivie sur quelques-unes des grandes questions qui, en France et en Europe, auront marqué la décennie : progression du racisme et des nationalismes, crise du socialisme et effondrement du communisme " réel ", exclusions et inégalités, mais aussi mouvements pluriculturels et nouvelles dimensions de la citoyenneté. L'ouvrage débouche sur une interrogation de fond quant aux contradictions et à la dynamique d'une véritable politique des droits de l'homme : à propos des paradoxes de l'universalité, des transformations de la propriété et du travail, de la violence et de la paix. Il montre que dans le monde actuel, plus que jamais, la sécurité est au prix du risque, et que dans l'État " de droit " n'ira pas sans nouvelles avancées de la démocratie, portée jusqu'à ses propres limites par la réflexion et l'action collectives.

  • Ce livre, devenu un classique depuis sa première édition en 1988, est d'abord une contribution à la discussion d'un des plus graves problèmes de notre temps : pourquoi, soixante-dix ans après la défaite du nazisme, cinquante ans après la décolonisation et la reconnaissance des droits civiques aux Noirs américains, le racisme est-il en progression dans le monde ? La thèse soutenue ici est qu'il ne s'agit ni d'un épisode, ni d'une survivance, ni d'un préjugé, mais d'un rapport social indissociable des structures mêmes de ce monde : le complément intérieur de l'universalisme " bourgeois ". Ce livre est ensuite un dialogue entre deux auteurs, historien et philosophe, américain et français, chacun représentant à sa façon un courant et une expérience de rencontre entre la recherche théorique et l'activité militante. D'un texte à l'autre, les divergences se redistribuent, les convergences se dégagent en vue de l'analyse des conflits sociaux de demain, dans l'espace de la politique-monde où la crise de la forme nation s'accompagne de la flambée du nationalisme.

  • Écrit à l'occasion du XXIIIe Congrès du P.C.F. (9-13 mai 1979), pendant sa période de préparation, ce livre est un appel adressé, par quatre militants communistes, à leurs camarades de Parti, pour qu'ils tirent les leçons de dix années de travaux et de luttes placées sous le signe de l'Union de la gauche et du Programme commun. Elles ont abouti, provisoirement, en mars 1978, à la défaite, à la désunion et à l'impasse politique, dans une situation historique lourde de menaces. Si nous ne voulons pas que, dans le Parti et dans les masses, cette expérience conduise au désespoir, il faut ouvrir les yeux sur les réalités du monde actuel : le nouveau cours de l'impérialisme, les conditions que la crise économique impose aux luttes sociales, la crise du socialisme et du Parti communiste lui-même. Alors, on pourra proposer une politique cohérente sur les questions brûlantes, aujourd'hui bloquées, depuis la construction européenne jusqu'à l'union à la base, en passant par ces tâches prioritaires que sont l'unité de la classe ouvrière et le renouveau de l'internationalisme. Mais cela ne se fera pas sans la transformation profonde du Parti, libérant l'initiative de ses militants, pour en faire l'instrument de la conquête du pouvoir par les travailleurs eux-mêmes. Tâche de longue haleine, qu'il faut entreprendre dès maintenant : l'avenir du Parti, celui de la gauche, sont à ce prix. Refusons donc la tentation du sectarisme et de l'isolement. Ouvrons largement la fenêtre, camarades !

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