Frédéric Ferney

  • Des grands personnages qui ont façonné le XXe siècle, Churchill apparaît comme le plus sûr de son destin et de son génie. Pas une once de doute chez ce fils de famille, célèbre à vingt-cinq ans, tour à tour officier, aventurier, journaliste, ministre, écrivain, peintre... Jusqu'à l'apothéose de la seconde guerre mondiale, qui en fera de son vivant plus qu'un homme d'Etat : un mythe.Pourtant, ce touche-à-tout égocentrique et généreux, cynique et rêveur, fantasque et indomptable, cachait un secret, une blessure intime que nous dévoile, d'une plume éblouissante, le journaliste et écrivain Frédéric Ferney : le mépris absolu dans lequel le tenait son père.Ce père trop tôt disparu, Winston cherchera toute sa vie à l'épater et à lui donner tort. En faisant revivre les grands moments d'une existence menée au galop, cette traversée d'une vie extraordinaire explore l'insondable lien entre un père et un fils.

  • Ce livre a pour ambition de poursuivre l'entreprise du La Bruyère des Caractères en l'illustrant des différents types humains qui composent notre "comédie littéraire". Pour bâtir son livre, l'auteur a ainsi choisi de procéder comme un zoologue, comme si la "gent littéraire" n'était qu'une sous-espèce du règne animal. Dans chacun des portraits brossés, le lecteur aura vite fait de découvrir tel critique irascible, réputé pour son fiel - n'est-il pas un peu Murène ? Telle autre occupée dans l'édition, si tentaculaire, si à l'aise dans ses nuages d'encre - n'est-elle pas la "pieuvre" ? Il convient de préciser que cet exercice de style est très tenu, les portraits se répondent, se complètent, une préface et une postface les inscrivent dans une perspective vaste et grave : que reste-t-il de la "République des lettres" si l'on veut bien se souvenir que celle-ci est, d'abord, un zoo ?

  • Hier, ils se croyaient le centre du monde. Aujourd'hui, ils doutent d'eux-mêmes. Que sont les Français devenus ? Comment la France, tout en offrant depuis toujours une remarquable diversité de visages et de caractères, conserve-t-elle une unité ? Au-delà des conflits et des contradictions qui l'affectent, elle semble demeurer identique à elle-même : idéale, ancestrale, désenchantée, décevante, divisée et despotique, c'est-à-dire enracinée dans ses abstractions et réfractaire aux dialectes, aux tribus, aux idoles. Mais, entre l'adhésion à certaines valeurs universelles et ses particularismes, la France n'est-elle pas un espace mental plus que natal, un objectif plus qu'un résultat, une illusion ? Dans cet essai qui va de l'histoire à la géographie, des arts au sport, de la politique à la francophonie, Frédéric Ferney dresse le portrait culturel d'une France qui, malgré ses soubresauts et son adaptation au monde moderne, reste étrangement immobile.

  • L'homme disparaît sous la légende : poète de grand chemin. Le rail, le rhum et les rafiots. Hollywood, la pègre, les Années folles. La forêt vierge. Cendrars. Le reporter lyrique. L'amiral à l'encre bleue, passager clandestin des lettres, tout barbouillé d'outremer et d'indigo. Le baroudeur en nage qui troqua les odes au rossignol contre un hymne à l'aéroplane. L'ami des peintres : Léger, Delaunay, Chagall, Modigliani, Soutine. Le poète qui détecta le génie du siècle : l'électricité, le jazz, la pub, le shrapnel, le cinématographe. Je vous invite à rencontrer un autre Cendrars : violent, solitaire, mystique, désenchanté et pourtant amoureux de la vie. Des voyages, quels voyages ? A-t-il jamais cru lui-même à son personnage d'aventurier mirobolant ? Cendrars a transformé les circonstances de sa vie réelle en trajectoire idéale, en destinée. Il a beaucoup vécu, beaucoup rêvé, beaucoup menti. Reproche-t-on à Picasso ou à Braque d'avoir menti sur la forme d'une guitare ? On croit connaître Cendrars. Mais qui était Blaise sous son panama de bourlingueur des Tropiques. F.F.

  • « Où situer Aragon, entre la soumission et l'esclandre ? C'est toujours un jeune homme qui se récrie et qui se déplore : tout ce que je sais je l'abaisse. C'est celui-là, lui et lui seul, qui m'importe et qui me demeure incompréhensible. Je rêve, pour Aragon, d'un éloge impitoyable et doux, d'un hymne moqueur, d'un chahut qui s'enflerait en ovation soudaine. Rien de dicté : des murmures et des verres qui se brisent comme un éclat de rire. Rien de pesé ni de décent ni d'équitable. » Frédéric Ferney donne le ton : ce livre ardent n'est ni un ouvrage commémoratif ni une biographie mais un pamphlet à rebours, amoureux et rêvé. Pour Aragon, il n'y a pas d'un côté vivre, de l'autre écrire : il n'y a dans la supercherie ou dans l'extase qu'une seule façon d'exister. Aragon (1897-1982), ce contemporain capital, est celui qu'on préfère haïr. Pourquoi ?

  • Eros, l'encre du désir Nouv.

    Dans chaque société, l'amour suscite une rêverie préalable, se soumet à des modèles, se plie à des injonctions, obéit à des protocoles et des lois dont nous recevons l'empreinte à notre corps défendant. Que serait l'amour sans les poètes qui commandent nos songes ? Car il ne suffit pas de vivre sa vie, il faut l'imaginer, et c'est possible grâce à la littérature.                 De quoi l'amour est-il le nom ? Que veut-on dire quand on dit : « Je vous aime » - ou bien « Va-t-en, je ne t'aime plus » ? Y a-t-il plusieurs formes d'amour ? Et d'où vient ce tourment, cette fêlure inhérente à l'amour le plus pur et le plus sincère ?                                                                         Nous récitons à notre insu, sur l'échiquier du désir, une pièce déjà écrite. On emporte ainsi dans nos rêves ce qu'on n'a pas encore vécu, ce qu'on a déjà vécu, ce qu'on revivra peut-être, et nos amours ne sont que l'écho de ces passions qui nous habitent.

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