Gilles Brougère

  • Comment sont pensées les relations entre jeu et éducation ? Qu'est-ce qui justifie de mettre ensemble ces deux notions ? Comment une activité jadis associée à la frivolité, à l'inutilité a pu aujourd'hui être considérée comme une voie possible pour certains apprentissages ? Refusant les propos convenus sur l'évidence de la valeur éducative du jeu, cet ouvrage analyse les différentes façons de penser cette relation et montre l'origine de la rupture, au début du XIXe siècle, qui fonde l'association contemporaine entre jeu et éducation. Cette analyse si elle s'appuie sur les apports de différents auteurs, pédagogues, philosophes, psychologues, montre également, à travers l'exemple de l'école maternelle française, comment celle-ci a produit un discours sur le jeu tout à fait spécifique. Quand l'éducation se prend au jeu, c'est la façon même de penser le jeu qui en est profondément transformée. Il n'est pas possible de s'intéresser au jeu dans la pratique pédagogique sans s'informer sur les fondements d'une telle association.

  • Il faut avoir la passion des jouets, aimer leur histoire, leur diversité et leur frivolité, pour les prendre au sérieux comme le fait Gilles Brougère.
    Pour cet universitaire aussi rigoureux que facétieux, le monde des jouets, qui occupe une place grandissante dans la culture d'aujourd'hui, n'a pas de secrets. Du Teddy Bear, le célèbre ours en peluche doté du prénom du Président Roosevelt à ses descendants télévisés les Bisounours, des maisons en miniature aux jeux de construction, des poupées bébé à la pimpante Barbie, si controversée, sans compter les Power Rangers et autres personnages guerriers, tout mérite également son attention.
    Ce livre foisonnant révèle ainsi un univers désirable au regard des enfants, où le réalisme importe moins que l'invention et la fantaisie. Il montre aussi les enjeux et stratégies commerciales d'une industrie de plus en plus dépendante de la télévision. Enfin, il démonte quelques certitudes ou inquiétudes peu fondées : la fonction du jouet est ludique plus qu'éducative, les jeux guerriers ne sont pas vraiment dangereux et Barbie ne mérite pas tant d'acrimonie... En fait, les jouets, tels un miroir, nous renvoient surtout l'image de notre relation à l'enfance.

  • L'implication des parents comme critère de qualité de l'éducation préscolaire est développée dans de nombreuses études alors même que la réalité contrastée des institutions limite bien souvent leur présence. Mais la place des parents n'est pas une simple question technique. Elle conduit à s'interroger sur les savoirs au sein des pratiques éducatives du préscolaire entendu comme l'ensemble des dispositifs d'accueil et d'éducation pour les enfants de la naissance à six ans. C'est ce que propose cet ouvrage qui, à partir de recherches réalisées dans différents pays (Belgique, France, Canada, Italie, Chili) tente de comprendre d'une part ce que sont les savoirs du préscolaire, bricolages hétérogènes liés fortement aux pratiques et informés de savoirs scientifiques qu'il convient de contextualiser ; et d'autre part quelle est la relation des parents aux institutions préscolaires et plus encore aux professionnel(le)s qui y travaillent. La question de la relation entre le rôle des parents et la logique des savoirs traverse tout l'ouvrage. Si le savoir préscolaire est lié à la pratique, se construit in situ, les parents peuvent être considérés comme des contributeurs. Ils apprennent pour autant qu'ils puissent participer, mais les professionnel(le)s apprennent également d'eux ; se construisent de la sorte des espaces de rencontre producteurs de savoirs.

  • Written by specialists of cultural and creative industries of childhood and youth, this book offers new international and pluridisciplinary insights into the world of media and cultural goods in children's and young people's lives. The chapters investigate a large range of cultural industries (comic books, productions on YouTube, cartoons, TV series, digital services, etc.) and analyze the transmedia circulation of children's culture. Far from univocal disciplinary discourses, the authors conducted in-depth empirical studies to examine the complexity of the cultural and creative prosumption practices of children and adolescents and to question the role of adults as well as the corporate social responsibility of media companies towards young audiences. Critical approaches to the equivocal links between cultural industries and youth audiences raise ethical issues in marketing and management realms, pointing to the diverse social and ideological roots of the child consumer and prosumer in cultural and creative industries.
    This book includes original contributions by Gilles Brougère, Florence Chérigny, Natalie Coulter, Sébastien François, Pascale Garnier, Quentin Gervasoni, Alison Halsall, Yelyzaveta Hrechaniuk, Mary Grace Lao, Stine Liv Johansen, Stephen Kline, Eve Lamendour, Valérie-Inés de La Ville, Ester Martinez Pastor, and Patricia Nuñez Gomez.

  • Le voyage d'études peut-il être source d'apprentissages et de changements ? Comment et à quelles conditions ?

    Les auteurs répertorient une diversité d'apprentissages liés à la découverte d'autres pratiques d'accueil et d'éducation de jeunes enfants. La préparation du voyage, l'ouverture à l'inattendu, le guidage par les hôtes, les outils pour soutenir la réflexivité, documenter l'expérience et la transmettre, les dispositifs mis en place au retour sont analysés comme autant de modalités de formation. En effet, s'il n'est pas forcément nécessaire d'aller loin pour apprendre et changer, il ne suffit pas de partir : certaines conditions sont nécessaires pour que le déplacement et la rencontre avec l'altérité soient fructueux.

    L'ouvrage offre une argumentation théorique et des bases empiriques à ceux qui souhaitent s'engager dans un « apprendre les uns des autres » déjouant les risques de l'uniformisation et stimulant l'inventivité des apprentissages acquis. S'appuyant sur les analyses d'expériences, réalisées dans plusieurs pays, selon diverses modalités, par des acteurs belges, français, italiens et suisses, il défend la valeur des voyages d'étude, dans la formation initiale et en cours d'emploi des professionnels de la petite enfance (étudiants, professionnels, formateurs, accompagnateurs).

  • Cet ouvrage analyse les dimensions spécifiques des échanges scolaires, qui contrairement aux échanges à distance favorisés aujourd'hui par le développement d'Internet, impliquent une rencontre des corps et la présence d'un lieu où ces corps se déplacent. Les contributions mettent l'accent sur le rôle du corps dans l'échange, omniprésent dans l'exploration des lieux et de l'altérité, à la différence de l'éducation scolaire qui les relègue au second plan.

  • Apprendre de la vie quotidienne est si évident que ces apprentissages semblent dénués d'intérêt. Que peut-on apprendre d'intéressant d'un quotidien routinier, fade, ennuyeux ? Ces apprentissages constituent-ils vraiment des savoirs ? Que peuvent-ils produire si ce n'est des platitudes à la portée de tous ? Autant de questions qui viennent attester que notre regard sur le monde, émoussé par l'habitude, et conditionné par la prééminence de l'institution enseignante, ne voit plus les ressources du quotidien. En répondant à ces questions, cet ouvrage offre aux professionnels comme aux chercheurs l'opportunité de découvrir l'étendue des savoirs acquis dans et par la vie quotidienne. Dépassant les débats récurrents sur la hiérarchie des savoirs entre savoirs théoriques et savoirs d'action, généraux ou pratiques, ce livre trace de nouvelles perspectives d'action en montrant comment apprentissages formels et informels se font écho et se complètent.
    Structuré à partir d'espaces sociaux variés - l'école, l'entreprise, les relations sociales - ce livre associe à la rigueur scientifique une accessibilité aisée avec des regards pluriels sur les propos développés. Il constitue une référence parmi les ouvrages de langue française sur ce sujet.

  • La mobilité interpelle les sciences sociales autant du point de vue théorique que de celui des défis méthodologiques qu'elle pose, mais est à ce jour très peu explorée quant à ses potentialités éducatives. Les apprentissages, les expériences subjectives, les transformations du regard, et par conséquent du positionnement social, que les pratiques mobilitaires produisent et rendent possible, demeurent des champs marginaux de l'investigation en sciences de l'éducation et plus largement en sciences sociales. Que nous apporte concrètement la mobilité ? Quels changements produit-elle au niveau individuel et collectif ? Quelles dynamiques éducatives la traversent et quels apprentissages contribue-t-elle à développer ? Ce sont autant des questions auxquelles cet ouvrage collectif souhaite répondre en se focalisant sur une expérience de mobilité spécifique le tourisme, et pour la majorité des chapitres, le tourisme associatif, en ce qu'il articule, dès son apparition, temps de loisirs et temps éducatifs. Les contributions ici rassemblées s'attachent à historiciser et à cerner, avec une approche ethnographique, les pratiques touristiques en les posant comme des espaces d'interactions et de socialisation, aussi bien du point de vue des organisations touristiques , que de celui des des touristes. L'ambition est de mieux saisir les différentes modalités d'apprentissage en dehors des espaces sociaux qui leur sont dédiés, thématique principale d'EXPERICE.

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