Jean-Pierre Beland

  • La souffrance de l'accompagnement en fin de vie pourrait-elle nous aider à approfondir la notion de souffrance des soignants dans le système de la santé afin de bien saisir en quoi cette souffrance est un problème difficile à résoudre?
    Parler d'un appui pour les soignants par rapport à la mort des patients en fin de vie, c'est entrer dans la question identitaire profonde du soignant dont l'attention est plus centrée sur le > que sur le >. Le vécu de l'échec par rapport à l'idéal de > souvent inculqué durant les études médicales ou paramédicales implique ainsi une remise en question du sens de la profession.
    Comment mieux comprendre cette souffrance du soignant qui remet en question le sens du travail professionnel et telle ou telle partie du > de la santé? Comment résoudre ce problème pour garder la passion, le vif intérêt de la profession et la vive estime de son identité en tant que soignant? Ce problème ne risque-t-il pas de s'aggraver en notre nouvelle situation ou la loi 52 sur les soins de fin de via autorise l'aide médicale à mourir en soins palliatifs?

  • Cet ouvrage collectif propose par ses contributions d'approfondir d'une manière inédite les enjeux les plus intéressants pour pénétrer plus avant le sujet du droit et de l'éthique de la transformation de la personne humaine par l'intelligence artificielle (avec le développement d'algorithmes performants comme systèmes d'aide à la décision dans différents secteurs), la robotique (robots d'assistance médicale) et les implants (implants de mémoire, puces, nanorobots).
    Partant d'un questionnement sur la personne (Qu'est-ce qu'une personne ? Définir la personne transformée : pourquoi et comment ? Le robot peut-il favoriser le développement de la personne ?), l'ouvrage établit un diagnostic de crise en déterminant le problème crucial d'adaptation de l'éthique humaniste et du droit à la responsabilité à la situation présente de la transformation de la personne et propose les manières dont le droit et l'éthique peuvent effectivement se redéfinir en réponse aux changements engendrés par les répercussions de ce développement technologique.

  • Isaac Asimov (1920-1992), écrivain américain qui a marqué la science-fiction, est mort depuis vingt ans. Pourtant l'intérêt pour son oeuvre est toujours présent, comme en témoignent les activités qui signaleront le vingtième anniversaire de son décès. La science-fiction possède un pouvoir particulier, celui de nous projeter dans le temps et, par l'imaginaire, de tracer le développement technologique ainsi que les réactions humaines à son égard. Avec le temps, la science-fiction peut paraître très déphasée ou, au contraire, être demeurée pertinente pour penser une autre époque. L'oeuvre d'Asimov met en scène, à travers diverses nouvelles et plusieurs romans, des robots dont certains ne sont que des machines complexes, alors que d'autres sont des humanoïdes. Ces robots qui interagissent avec les humains sur la Terre ainsi que dans les colonies permettent à Asimov de soulever divers enjeux éthiques, économique, environnementaux, légaux et sociaux connus sous l'acronyme E3LS. Que peut-on tirer d'une lecture d'Asimov aujourd'hui? Comment cet auteur pensait-il ces enjeux? Comment en évaluait-il les risques et les répercussions? De plus, en imaginant une morale des robots pour les rendre plus acceptables socialement, comment voyait-il les enjeux du vivre ensemble? Enfin, on peut se demander aujourd'hui, alors que le développement de la robotique et des implants avance à grands pas, si les robots d'Asimov sont ou seront un jour réalisables. Voilà les questions qui amènent deux philosophes et deux physiciens à se rencontrer pour penser l'acceptabilité des robots dans l'oeuvre de science-fiction d'Asimov.

  • Un patient atteint d'une maladie incurable terminale demande à mourir dans la dignité. Comment le médecin clinicien, le personnel soignant, les proches et la société, pourraient-ils bien interpréter cette demande? Le patient veut-il des soins palliatifs pour cesser de souffrir indûment ou hâter la fin de sa vie?

    Cet ouvrage aux exigences d'information, de débat public et de réflexion aidant à l'explication et à la résolution de ce dilemme soulevé par la demande de mourir dans la dignité en situation de fin de vie. Il situe la réflexion et le débat dans l'horizon d'une « liberté responsable » en bioéthique, afin de favoriser le respect de la dignité de la personne, un accent plus important étant mis sur les conditions de son autonomie de choix.

    La première partie de l'ouvrage montre qu'il y a trois conditions nécessaires à une prise de décision responsable en situation:

    - La clarification des concepts impliqués dans les choix possibles,

    - L'état de la législation.

    - La démarche éthique.

    La seconde partie de l'ouvrage présente ensuite quatre témoignages qui illustrent que la plupart des médecins, des soignants, et des proches sont confrontés, sans le vouloir vraiment, à la complexité des situations de la demande de mourir dans la dignité.

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