Marie Duru-Bellat

  • Un déguisement de princesse et un aspirateur pour les filles, un château fort et une voiture radiocommandée pour les garçons... On pourrait penser qu'un choix de jouets aussi stéréotypé appartiendrait au passé. Il n'en est rien. Une sexualisation de plus en plus marquée s'observe dans l'éducation comme dans tous les domaines de la vie sociale.

    Ces traitements différenciés ne sont pas systématiquement perçus comme des inégalités. Ils sont justifiés par des croyances en des distinctions essentielles, d'ordre « naturel », entre femmes et hommes. Un ensemble de discours psychologisants, de normes et de symboles en découle, qui a des conséquences multiformes sur les rôles assignés à chacun et chacune.

    Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l'invoquer à tout propos, qu'il s'agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l'idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.

  • Cette 5e édition, totalement refondue, d'un manuel devenu « la » référence sur le monde de l'école, des élèves et des enseignants, explore le domaine de manière systématique et objective, et sous des aspects divers : place de l'école dans la société (politiques scolaires, inégalités de carrière, enjeux de la réussite scolaire, évolution des analyses théoriques), mais aussi acteurs et pratiques (profession enseignante, programmes, pratiques éducatives des familles, métiers d'élève).
    L'ouvrage actualisé propose ainsi de nombreux éléments sur les effets des politiques éducatives, la construction et les effets de ségrégation scolaire, ou encore les changements introduits par le renouvellement des enseignants et des élèves eux-mêmes.
    Les auteurs rendent compte de la profusion et de la diversité des recherches conduites ces dernières années dans ce champ qui demeure l'un des plus riches de la sociologie, en prise directe avec l'actualité et les préoccupations des familles, des enseignants et des élèves. Ce manuel exhaustif intéressera les étudiants en sciences sociales, en sciences de l'éducation, les enseignants, les responsables des politiques éducatives et des associations de parents d'élèves.

  • Le mérite a la cote. Avec lui, l'idée que chacun est responsable de ce qui lui arrive, de ses succès comme de ses échecs, et l'espérance qu'en récompensant talents et efforts, on produira une société juste et efficace.La mise en exergue constante du mérite, sans tenir compte des inégalités (sociales, de genre, d'origine, etc.), est pourtant tout sauf anodine. Elle engendre de nombreux effets pervers : à l'école, où l'idéal de la formation de tous s'efface devant la sélection des plus « méritants » ; dans le monde du travail, quand se caler sur la réussite scolaire et le diplôme amène à négliger bien d'autres talents et à créer une concurrence délétère.Sans ôter tout mérite au mérite, ce livre invite à débattre de la place à lui accorder. Une société purement méritocratique, obsédée par l'égalité des chances, ne serait-elle pas source d'injustice, voire invivable ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les inégalités sociales à l'école sont un sujet récurrent de débats, un objet tout aussi récurrent de politiques éducatives, tout en étant néanmoins, dans notre pays, perçues avec un certain fatalisme. Ne dit-on pas volontiers que « tout se joue avant 6 ans », que l'école est bien impuissante face aux déterminismes familiaux, que la réussite scolaire est biaisée par des inégalités sociales désespérément persistantes ? Pour autant, les diplômes et leurs sanctions sociales (conséquentes) ne sont guère contestés et la méritocratie (ou « l'élitisme républicain ») constitue une idéologie respectée et consensuelle.
    Ce livre démonte minutieusement, sur la base de recherches contemporaines, les rouages des inégalités sociales face à l'école et en son sein. Ce faisant, il redresse des idées reçues et questionne un certain nombre de mythes. Il interpelle aussi les diverses théories sociologiques qui ont prétendu, dans les années 1970, donner une vision intégratrice des inégalités. Enfin, en dégageant les processus qui engendrent et reproduisent les inégalités sociales à l'école, il permet d'entrevoir des pistes pour briser le cercle de la reproduction de ces inégalités, en donnant sa place, rien que sa place mais toute sa place, à l'institution scolaire.

  • L'école peut-elle sauver la démocratie ? Nouv.

    On a beaucoup parlé des perdants de la mondialisation ; il est temps de se pencher sur les vaincus de la compétition scolaire. C'est ce que font les deux sociologues François Dubet et Marie-Duru Bellat dans cet essai qui défend l'idée d'une trahison du système scolaire.
    Car si le populisme sonne à nos portes, si les passions tristes comme la haine et le ressentiment fleurissent, c'est aussi parce que l'école n'a pas tenu ses promesses. La massification scolaire qui s'ouvre au début des années 1960 a longtemps été associée à l'espoir d'égalité des chances et de progrès de l'esprit démocratique.
    Or les auteurs démontrent qu'aucun de ces engagements n'a été tenu : l'école a généré de nouvelles formes d'inégalités, plus subtiles. La hausse du niveau de diplômes n'a pas assuré à tous une meilleure insertion professionnelle, et l'ascenseur social donne au contraire le sentiment d'être en panne. Enfin, loin de faire progresser la confiance envers les institutions démocratiques, l'école nourrit chez les perdants de la compétition scolaire le ressentiment : ceux qui pensent que l'école les a méprisés et exclus finissent par rejeter les valeurs démocratiques qu'elle promeut. Le succès de l'autoritarisme, de la démagogie et de l'indifférence politique en témoignent.
    Bref, le long processus de massification scolaire n'a pas eu que des conséquences heureuses. L'identification des progrès de la scolarisation à ceux de la démocratie ne va plus de soi. Il faut donc changer profondément de point de vue sur l'école pour défendre la cohésion sociale et la démocratie.

  • Une vision commune voudrait que l'éducation scolaire contribue à créer des sociétés meilleures. Mais comment l'école aurait-elle la capacité quasi miraculeuse de transformer la société ? Plutôt que de croire ou non à ses vertus, les sociologues François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout ont cherché à comprendre, en comparant les sociétés et les systèmes éducatifs d'une trentaine de pays, par quels mécanismes et sous quelles conditions l'école affecte positivement la société. Ni le déterminisme fataliste de la simple reproduction sociale, ni le volontarisme héroïque d'une école capable de changer le monde ne résistent aux faits.
    Comment les sociétés utilisent-elles les qualifications scolaires ? Quelle est l' emprise du diplôme sur l'emploi et sur la position sociale ? C'est de ce choix politique que dépend le rôle de l'école dans la société. Quand un pays considère que le diplôme doit déterminer strictement la position sociale, la lutte pour son obtention pèse lourdement sur le système scolaire, au détriment de sa dimension éducative et culturelle. Trop d'école tue l'école. À l'opposé, quand un pays croit moins à l'école, il développe d'autres systèmes d'accès à l'emploi, le jeu scolaire y est plus détendu, mais la société crée d'autres inégalités. C'est dans le jeu de ces deux mécanismes que se tiennent les différences entre les sociétés et c'est en agissant sur cette charnière que les politiques peuvent corriger les inégalités.
    François Dubet est professeur à l'université de Bordeaux 2 et à l'EHESS. Dernier ouvrage paru : Les Places et les Chances (Seuil/La République des idées, 2010).
    Marie Duru-Bellat est professeur à Sciences Po et chercheur à l'Observatoire sociologique du changement. Dernier ouvrage paru : Le Mérite contre la justice (Presses de Sciences Po. 2009)
    Antoine Vérétout est ingénieur d'études au LAPSAC-université de Bordeaux 2. Ses travaux portent sur les questions de travail et d'emploi.

  • L'école est-elle responsable des maux de notre société : chômage, notamment celui des jeunes, violences, fractures entre classes et entre générations ... ? Peu à peu le sentiment que l'école française ne parvient plus à jouer son rôle de formation et d'intégration sociale s'est imposé à tous.
    Persistance d'un noyau dur d'élèves en échec, évolution des savoirs et des références culturelles, révolution de l'accès à l'information, métamorphoses de la jeunesse... La situation appelle désormais des remises en questions fondamentales plus que des ajustements à la marge. De la formation des enseignants à la définition des contenus et des apprentissages fondamentaux, en passant par les politiques de l'égalité, de la laïcité et de la citoyenneté, François Dubet et Marie Duru-Bellat ont identifié dix points cruciaux sur lesquels il est possible d'agir efficacement pour changer au plus vite d'école.
    Un livre court, qui ne mâche pas ses mots, s'attaque au cœur du sujet et n'oublie aucun des acteurs concernés : maîtres, élèves, parents, élus et simples citoyens. Deux de nos meilleurs experts lancent le débat.
    François Dubet, professeur de sociologie à l'université de Bordeaux II et directeur d'études à l'EHESS, a publié Les Sociétés et leur école (Seuil, 2010) et La Préférence pour l'inégalité. Comprendre la crise des solidarités (Seuil/La République des idées, 2014).
    Marie Duru-Bellat, sociologue, professeur émérite à Sciences Po, et chercheur à l'Observatoire sociologique du changement et à l'IREDU a publié au Seuil L'Inflation scolaire. Les désillusions de la méritocratie (2006) et Les Sociétés et leur école (2010).

  • Les problèmes scolaires représentent des enjeux politiques et sociaux importants, et chacun essaie de se forger une opinion sur le fonctionnement de l'école et les remèdes à envisager. Dans le même temps, il est clair que ces phénomènes sont complexes : par exemple, la réussite au collège résulte à la fois des caractéristiques personnelles et sociales des élèves, des modes d'organisation de l'école et des pratiques pédagogiques des enseignants à ce niveau, des acquis des élèves en fin de primaire, qui résultent eux-mêmes de leurs expériences scolaires et sociales antérieures. Le parti de ce livre est de présenter des résultats d'un certain nombre de travaux sur le fonctionnement du collège en essayant de rendre explicites les méthodes d'analyse et de traitement des données. Celles-ci permettent de dégager les lignes de forces principales dans la complexité des phénomènes étudiés. À ce titre, ce livre constitue autant une initiation aux méthodes d'analyse des systèmes scolaires qu'une présentation datée de résultats empiriques sur le fonctionnement des collèges.

  • Le collège n'est pas le "maillon faible" du système scolaire, comme le montrent les résultats des élèves, mais là où le métier d'enseignant est le plus difficile face à l'hétérogénéité des effectifs. C'est là aussi que les problèmes sociaux sont les plus envahissants puisque le collège obligatoire accueille tous les adolescents.
    Face à ces difficultés se développe un discours de la plainte, de la chute et, souvent, de la nostalgie d'une école républicaine dont on oublie qu'elle ne s'adressait qu'à une minorité. Sous couvert de "défendre" la culture, on refuse l'ouverture du collège à tous. D'autres prônent une solution libérale. Dans les deux cas, on renonce à l'ambition d'une école démocratique. Ce livre dresse le bilan des connaissances et propose de choisir véritablement le collège, de rompre avec sa contradiction fondamentale, celle qui en fait à la fois l'héritier de l'ancien lycée de l'excellence et l'école de tout le monde. Choisir le collège, c'est décider d'une vraie scolarité pour tous les enfants de ce pays, c'est affirmer la nécessité d'une culture commune, pour que le collège cesse enfin d'être une gare de triage.

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