Meriam Korichi

  • 'J'ai toujours pensé que j'aimerais avoir une tombe sans rien dessus. Pas d'épitaphe. Pas de nom. J'aimerais, en fait, qu'on écrive dessus : fiction.' Quand Andrew Warhola (1928-1987) arrive à New York en 1949, il a tout juste vingt et un ans, et s'est

  • « Quand pensez-vous avoir menti pour la dernière fois ? »

    Nous mentons tous - parfois avec scrupule, parfois avec un certain plaisir, parfois sans y penser - et cependant nous ne faisons pas du tout la même chose : nous pouvons exagérer, ne pas démentir, simuler, dissimuler, affabuler, délibérément ou dans le feu de l'action. « Mentir » recouvre tout cela, qui n'a pas la même gravité mais suscite toujours un malaise quand le mot surgit, car on le dit assez aux enfants : « Mentir, c'est mal. »

    La philosophie est marquée par l'approche rigoriste et intransigeante d'Augustin et de Kant condamnant tout mensonge. Qu'en est-il de l'usage commun ? La condamnation morale du mensonge résiste-t-elle à la revendication bravache de la « post-vérité » et à l'irruption contemporaine
    des « faits alternatifs » ?

    Voici une réflexion pétillante, à hauteur d'individu, qui interroge le sens du mensonge à l'aune de la vie que nous imaginons toujours en partie, faisant de nous des êtres créateurs, à nos risques et périls.

  • Que se cache-t-il aujourd'hui derrière l'expression « bons sentiments », expression résolument péjorative, reflet d'un état d'esprit contemporain qui semble refuser toute place aux émotions et à la sensibilité ? Le dénigrement des bons sentiments caractérise l'homme de la rue comme l'Académicien, l'homme politique comme le philosophe. L'usage négatif s'est à ce point répandu qu'il a presque vidé l'expression de tout contenu clair et distinct. Critiqués, suspectés, honnis, rejetés, les « bons sentiments » en sont venus à signifier le contraire de ce qu'ils affirment littéralement. C'est un voyage dans l'histoire de la langue commune et philosophique que Mériam Korichi propose dans ce livre qui prend la forme d'un traité, en suivant à la fois une méthode analytique pour retracer l'origine des sens positifs et négatifs de l'expression « bons sentiments » et une méthode génétique pour établir la signification qu'elle peut prendre aujourd'hui au-delà de son caractère dépréciatif. Si l'on admet que la sensibilité à l'égard de l'autre est une base pour la fondation des relations entre les individus, on comprendra en quoi les bons sentiments sont au coeur de la mêlée des idées contemporaines relatives à l'avenir social de l'humanité.

empty