Michel Samson

  • À Marseille, les délinquances seraient bien plus nombreuses et plus graves que dans les autres villes françaises. Y prospèreraient de puissants réseaux bénéficiant de la complicité de décideurs politiques locaux, impliqués dans divers trafics et suffisamment influents pour que police et justice soient à leurs ordres. Michel Samson part à l'assaut de cette idée reçue et, au terme d'une enquête exhaustive, en propose une démystification aussi instructive que salutaire. Marseille, capitale du crime en France : une réputation (presque) mondiale. Les délinquances y seraient bien plus nombreuses et plus graves que dans les autres villes françaises. Y prospéreraient de puissants réseaux bénéficiant de la complicité de décideurs politiques locaux, impliqués dans divers trafics. Et supposés suffisamment influents pour que police et justice soient à leurs ordres. Marseille serait ainsi gangrenée par une mafia qui en tiendrait les commandes. Enquêtant au quotidien depuis des décennies sur les réalités marseillaises, Michel Samson a voulu savoir comment ce mythe - car c'en est un - a pu naître et, surtout, pourquoi il reste si vivace. D'où une nouvelle enquête, dont rend compte ce livre au ton vif, truffé d'informations. Après avoir décortiqué les ressorts d'une légende construite depuis les années 1930 par des centaines de films, de livres, d'articles et d'émissions, l'auteur raconte cette réalité à partir d'un observatoire privilégié : le palais de justice de Marseille, où sont jugées les personnes accusées des délits et des crimes qui s'y commettent - et d'autres aussi... On y découvre les " comparutions immédiates ", qui jugent à la chaîne les délinquants ordinaires, comme ailleurs en France : voleurs de voitures, conducteurs sans permis, vendeurs de shit, chefs de réseau, escrocs divers... Une autre délinquance parle d'escroqueries d'ampleur ou de détournements de fonds publics, là aussi comme ailleurs. Et devant les assises, comparaissent enfin les auteurs de crimes. De " règlements de comptes " notamment, dont on découvrira que, contrairement au cliché médiatique, ils sont moins nombreux aujourd'hui qu'hier. En bref, une entreprise de démystification aussi instructive que salutaire.

  • Pendant plus de dix-huit mois, l'auteur a enquêté sur la gestion de la ville de Toulon par le Front National. A ses yeux, la nature même de leur gestion ne peut que les conduire à la radicalisation.

  • Lorsque le 5 novembre 2018 deux immeubles s'effondrent rue d'Aubagne à Marseille, emportant huit vies et provoquant la colère des voisins, c'est tout un appareil politique qui se trouve mis en faillite. Celui d'abord de la municipalité en place, dont le drame révèle l'incapacité à construire durant son long " règne " une politique du logement et de lutte contre la pauvreté. Mais aussi celui de la vieille gauche institutionnelle dont les appareils ont été dissous dans trois élections successives perdues. Quant aux nouveaux acteurs portés par des vagues nationales, La France insoumise et LRM, ils peinent à s'ancrer localement, tandis que le Rassemblement national, comme une maladie endémique, semble tirer profit de la faiblesse des autres.
    Cet ouvrage est d'abord une chronique sans équivalent de cette décomposition et de ses effets à la veille de nouvelles élections municipales. Marseille y apparaît comme une ville sous tutelle, où les services de l'État assument le quotidien d'une gouvernance à laquelle les acteurs politiques locaux et les petites bourgeoisies qu'ils représentent semblent avoir renoncé. Mais à cette léthargie s'oppose une révolte populaire qui vient de loin, ancrée dans l'humus social d'une jeunesse précarisée mais créative, portée par le dynamisme des industries culturelles et les solidarités populaires, soutenue enfin par une expérience militante acquise de longue date. La résistance s'organise comme l'utopie d'une ville où les mondes populaires n'ont pas encore renoncé à l'urbanité. Ce livre est aussi le récit de cette résistance, assumé parfois comme subjectif et partisan.

  • Marseille a connu, depuis les années 1960, une transformation économique et sociale fondamentale lorsque son port au rayonnement mondial s'est mué en centre administratif et provincial, déserté par les bourgeoisies commerçantes, laissant de côté les classes populaires.
    De ce moment perdurent des légendes encore vivaces. Marseille, même assommée par la crise économique, reste une ville imaginée, représentée par les médias, le cinéma ou la littérature, autant qu'habitée, mais fracturée. Le face-à-face tendu d'une classe moyenne administrative et d'une grande pauvreté partage encore un centre-ville qui a résisté à la gentrification. Parce que les notables locaux jouent un rôle crucial dans une ville où nombreux sont ceux dont la subsistance dépend des deniers publics, il faut analyser les dispositifs politiques et leur fonctionnement.
    Enfin, Marseille est l'objet et l'enjeu de l'une des plus grandes opérations d'urbanisme menée en France au XXI e siècle. Sa " renaissance " économique prend la forme d'une réinvention des espaces portuaires " rendus " à la ville et animés par des industries culturelles. Mais au bénéfice de qui et au prix de quelles expulsions ?

  • La langue de la communication publique en République fédérale d'Allemagne, l'analyse du discours politique, la problématique linguistique dans l'Allemagne divisée puis réunifiée, le rôle du langage lors du tournant de 1989, la critique des abus du langage - ce sont là quelques-uns des thèmes évoqués durant le colloque qui s'est déroulé les 5 et 6 novembre 1993 au Goethe-Institut de Paris.

empty