Michel Debout

  • « De quoi est donc morte cette jeune femme dont le corps sur la table d'autopsie ne présente ni hématome, ni traumatisme, ni blessure liée à un projectile ou une arme ? » Chaque récit de ce livre nous plonge dans le quotidien d'un médecin légiste, et nous convainc que ce métier ne saurait se réduire à l'examen des corps, ni se confiner à la salle d'autopsie.
    Car ce « journal incorrect », découverte passionnante d'un métier peu commun, est aussi une réflexion sur l'inquiétante évolution de la médecine : quand celle-ci ne considère plus les patients comme des sujets mais seulement comme des corps, réduisant le médecin légiste à un expert en balistique et recherche d'ADN, que reste-t-il de sa vocation humaniste ?
    Revenant sur les moments marquants de sa carrière, Michel Debout rappelle que le coeur de la médecine légale est la prise en charge des violences, sous toutes leurs formes. Des avortements illégaux aux violences sexistes, des agressions de rue aux braquages de petits commerces, de la souffrance au travail à celle du chômeur, le médecin légiste est, comme le prouve cet ouvrage, un témoin privilégié de notre époque.

    Ce livre a bénéficié de la collaboration de Gérard Clavairoly, journaliste spécialisé dans les questions de santé.

  • Le temps de vie est la première richesse de chaque être humain. Or, en France, l'écart d'espérance de vie entre les plus démunis et les plus aisés atteint 13 ans... Cette inégalité de santé insupportable est la conséquence de toutes les autres inégalités : de pouvoir, d'éducation, d'habitat, de travail, de transport, de mode de vie.
    Après la question civique qui mobilisa les énergies de la Révolution française à la fin du XIXe siècle, après la question sociale posée à l'ère industrielle, c'est désormais la question humaine qui doit dominer les choix de société. Ce n'est plus seulement le citoyen et le travailleur qui sont menacés dans leurs droits et leur avenir, mais l'être humain lui-même et sa vie sur terre.
    C'est pourquoi il faut placer la santé, c'est-à-dire le bien-être physique, mental et social, au coeur du projet politique. En s'appuyant sur les trois fondements de la personne humaine, la biologie, l'écologie et la communication, cet essai formule des propositions précises pour un accès de chacun au bien-être dans trois domaines essentiels : l'habitat, le travail et la vie dans la cité.

  • Ce livre met un nom sur ce que vivent cinq millions de personnes en France. Être licencié et quitter des collègues, ne pas parvenir à retrouver un nouvel emploi, ne plus arriver à payer son loyer et les échéances d´un emprunt, se sentir inutile... Ces phénomènes, loin d´être anodins, provoquent souvent un véritable traumatisme. Pourtant, aucune action de santé n´est engagée auprès des chômeurs pour prévenir ces risques majeurs. Médecin, Michel Debout décrit avec précision les effets psychiques et physiques du licenciement et du chômage. Sous de multiples aspects, la souffrance vécue par beaucoup de chômeurs est incommunicable. Elle engendre ainsi des dégâts multiples : repli sur soi, problèmes conjugaux, sentiment de précarité, addictions, impossibilité d´envisager le futur et, parfois... suicide.

    En identifiant ces différents symptômes et leur enchaînement, Michel Debout met le doigt sur le gâchis humain provoqué par la mise à l´écart de près d´un actif sur dix. Il formule des propositions pour que ce traumatisme du chômage soit enfin pris en compte dans les politiques de santé. Ceux et celles qui ont perdu leur emploi ne se réduisent pas à des chiffres. Quand la société va-t-elle enfin s´engager avec eux dans une démarche de prévention et de soins qui renforce leur dignité ?

    Psychiatre, professeur émérite de Médecine légale et Droit de la santé au CHU de Saint-Étienne, Michel Debout est membre associé du Conseil économique, social et environnemental, et membre de l´Observatoire national du suicide. Il préside l´association Bien-être et société. Il est administrateur et trésorier de la Fondation Jean-Jaurès. Ce livre a bénéficié de la collaboration de Gérard Clavairoly, journaliste spécialisé dans les questions de santé.

  • Le suicide est un cri adressé aux autres, un cri trop souvent étouffé par tous ceux qu'il dérange. Il est un rendez-vous manqué avec les vivants, une protestation, un refus de toutes les injustices sociales qui mènent au désespoir et facilitent le passage à l'acte. Étudiants précarisés, salariés épuisés, harcelés, agriculteurs isolés, enseignants oubliés, policiers stigmatisés, chômeurs fragilisés, femmes violées... il faut aller au-devant de toutes celles et ceux que la société laisse au bord du chemin, entendre leur cri pour prévenir l'irréparable. Mais la prévention n'est possible que par une connaissance précise, approfondie de la réalité du suicide, des groupes les plus exposés et de celles et ceux qui doivent vivre l'épreuve indicible du suicide d'un proche.
    En interrogeant les idées reçues qui entourent ce sujet encore tabou, cet ouvrage répond à un enjeu essentiel : mieux comprendre afin de mieux prévenir. Car la France, très en retard dans ce domaine, doit de manière urgente faire de ce drame personnel et social une grande cause nationale de santé.

  • Resté dans l'ambiguïté sur la plupart des questions politiques et de société, le Parti socialiste a subi l'échec en mai 2007, échec lié aussi au manque de réflexion collective, à la confrontation des ego de ses leaders. Cet ouvrage décrit les sept chantiers capitaux qu'un gouvernement devrait ouvrir en cas d'alternance. Effets de la prolongation de l'espérance de vie, politique du logement, chamboulements dans le travail, crise annoncée de la démographie médicale, questions éthiques soulevées par le désir forcené de sécurité, par "illusion sanitaire", par la génétique, abrogation de l'hypocrite loi 1970 sur le cannabis, mise à jour des lois sur la prostitution... Autant de rudes chantiers.

  • L'Union Nationale pour la Prévention du Suicide (UNPS) a été créée il y a bientôt 10 ans, regroupant des associations de professionnels et de bénévoles à la recherche de réponses médico-psycho-sociales mieux adaptées à la souffrance et au désespoir des personnes suicidaires.
    L'UNPS a souhaité développer un axe de recherche, d'une part pour susciter des actions en fonction des résultats acquis sur un plan scientifique et, d'autre part, pour concourir à l'amélioration des connaissances, à partir des observations cliniques dans les lieux de soins et de prévention.
    - Où en est-on des données épidémiologiques qui permettent de mesurer l'ampleur du phénomène et d'en suivre l'évolution dans le temps ?
    - Que font les autres pays en matière de prévention et quelle est l'évaluation des programmes ?
    - Comment sont organisés le repérage et les soins aux suicidants dans les centres hospitaliers ?
    - Quelle est la formation des intervenants ?
    - Existe-t-il des « modèles » pour renforcer le lien social à partir de structures d'aide ? Quel est le rôle de la téléphonie sociale ?

    Ce livre pose toutes ces questions. C'est une synthèse des avancées et des hésitations dans le rapprochement entre chercheurs et acteurs de prévention et de soins. Il est donc indispensable à tous ceux qui travaillent sur ce douloureux sujet.

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