Michel Samuel

  • Autour des propos tenus librement par des travailleurs immigrés sur les conditions de leur départ, de leurs séjours en France, de leurs rapports entre eux et avec les familles demeurées aux villages, de leurs conditions de travail, Michel Samuel présente les problèmes de l'émigration africaine en France en relation avec le milieu d'origine. Le discours des travailleurs nous éclaire sur la manière dont ils perçoivent l'histoire coloniale, les méthodes de la colonisation, la place qu'ils croient tenir dans les rapports entre la France et leur pays, etc. Les récits d'événements survenus dans les foyers ou aux villages donnent la mesure des transformations subies par les rapports sociaux et sur leur capacité à se développer vers de nouvelles formes plus efficaces et plus porteuses de changements radicaux. Ces documents bruts, qui donnent pour la première fois véritablement la parole aux intéressés, sont accompagnés de commentaires de l'auteur qui permettent de les situer et d'en comprendre toute la portée. La longue fréquentation des foyers et des villages d'origine de leurs occupants par M. Samuel font de cet ouvrage un document exceptionnel parmi la littérature consacrée à ce sujet.

  • Les paysans marchent vers le prolétariat un à un au cours de « l'exode rural » ; ils marchent aussi vers le prolétariat, en un autre sens, collectivement. Et ces deux marches sont interdépendantes, car la convergence des nouveaux prolétaires vers les pôles de développement capitaliste permet le rapprochement entre les diverses paysanneries dont ils sont issus - et auxquelles ils retournent souvent au bout de quelques années - et l'ensemble du prolétariat. Un tel rapprochement peut être la base de l'alliance révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie travailleuse, construite sous la direction des fractions les plus exploitées de ces classes : paysanneries pauvres d'un côté, prolétariat déqualifié de l'autre (issu en général depuis peu de ces paysanneries pauvres). Au sein de la zone dominée par l'impérialisme français (France et anciennes colonies), c'est en Afrique Noire que se trouve la plus grande masse de paysans pauvres ; et cette paysannerie pauvre fournit aussi des contingents de plus en plus importants de prolétaires déqualifiés que l'impérialisme français asservit aussi bien en France qu'en Afrique. Pour lutter sérieusement contre cet impérialisme, il est donc indispensable de connaître dans le détail les mécanismes qui amènent cette prolétarisation des paysans africains et les relations complexes et contradictoires qui lient la paysannerie à sa migration ; seule une telle étude permet d'éviter les deux écueils - sous-estimation et idéalisation - qui menacent constamment les militants politiques ou syndicaux en ce domaine ; seule une telle étude permet de situer à leur juste place les luttes des paysans et des ouvriers africains (émigrés ou non) dans la lutte d'ensemble contre la bourgeoisie française et pour la construction du socialisme partout où cette bourgeoisie et ses relais locaux sont aujourd'hui dominants. Le présent ouvrage tente, à travers quelques enquêtes de terrain et quelques analyses théoriques, de faire progresser cette étude. Cet ouvrage est écrit en collaboration avec Émile Le Bris et Michel Samuel.

  • En cinq moments littéraires marquants, en images, en poésie ou en prose, c'est la figure plus grande qu'elle-même du poète, chanteur et romancier Leonard Cohen que ce numéro hivernal de Lettres québécoises met de l'avant. Ce choix n'est pas anodin, comme le souligne l'éditorial, puisque le dossier, justement titré « Chicane de famille ? », porte sur la musique et la littérature. Samuel Mercier revient sur l'attribution du Nobel de littérature à Bob Dylan, alors que Stanley Péan interroge l'art du parolier. Écrire des chansons serait-il un art mineur? À lire également, les 45 titres ayant, selon la rédaction, marqué l'année littéraire 2017, un cahier critique encore et toujours plus étoffé, un récit d'Élise Turcotte, un poème inédit de François Rioux et une lecture illustrée de L'Hiver de force de Réjean Ducharme par Catherine Ocelot.

  • Le numéro de mars-avril de Relations offre des pistes de réflexion pour mieux comprendre les tumultes politiques qui agitent notre temps, entre néolibéralisme affairiste et populisme ethnonationaliste. «Depuis quelques années, l'échiquier politique semble mouvant. L'hégémonie d'une démocratie libérale devenue essentiellement formelle semble se fissurer en Occident. Les points de repère traditionnels, notamment l'axe gauche-droite, deviennent plus flous avec la montée de courants dits populistes, de gauche comme de droite. Quelles logiques sous-tendent ces reconfigurations ? Quelles voies privilégier pour "démocratiser la démocratie" en ces temps agités ? » Lisez aussi sur la persécution des Rohingyas à la frontière du Bangladesh, les revendications amazighes en Algérie, la rubrique « Sur les pas d'Ignace » à propos de l'impératif de la non-violence, et le débat entre Luc Lefebvre et Philippe de Grosbois sur la nationalisation d'Internet.

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