Mona Latif-Ghattas

  • Elle s'appelle Madeleine. Elle s'appelait Manitakawa dans des temps plus anciens, au coeur d'un continent de neige. Lui n'a pas de nom. Il s'appelait Fêve le Fou au milieu d'un désert d'Anatolie balafré par la guerre. Un dimanche de novembre, elle l'aperçut sortant des eaux du Saint-Laurent ou de la cale d'un navire, sans bagages. Elle le ramène chez elle, là où peuvent quelquefois se cacher les sans-papiers du monde. Ainsi se trame leur double conte. Le Double Conte de l'exil. Mona Latif Ghattas a su trouver les mots âpres et justes pour dire la rencontre d'une Québécoise d'origine amérindienne et d'un réfugié, qui n'ont pour identité que leur déracinement, dans ce populeux désert qui a pour nom Montréal.

  • Poème de délivrance et de résurrection offerts par l'auteur sur facebook à la jeunesse révolutionnaire égyptienne contre la dictature et la laideur et pour partager l'amour du pays. "Peuple / par tes multiples voix / lancées vers les nuages / tu chatouilles le soleil / qui se réveille / s'habille en riant / et t'envoie quelques rayons / pour te dire qu'il arrive / sur son char de lumière."

  • Ce recueil se présente en deux parties : la reprise, d'abord, des Chants du Karawane, originalement paru en 1993 (Elais Publishing House), suivie de la partie qui donne son titre au recueil : « Un moment Anne ».
    Depuis une relation mythique à ses origines, la poète trouve à se recueillir et à s'épanouir auprès de la poète Anne Hébert - forgeant son identité québécoise et francophone à ses mots et images. Depuis cette double force - égyptienne et québécoise, arabe et francophone - la poète élève une voix assumée, celle déjà présente dans les Chants du Karawane, c'est-à-dire du rossignol.

  • Comme le dit Jean-Paul Daoust dans son texte de présentation, « le parfum sert de fil d'Ariane » pour ce numéro thématique qui a inspiré plus d'une trentaine de poètes et écrivains. Qu'il soit une « capture de la fuite » (Monique La Rue), une fragrance de grande maison parisienne (Claire Dé) qui peut tout à coup se transformer en « odeur de salon funéraire » (Louise Dupré), le parfum fait se réveiller en nous toute une palette de sensations : la lenteur des jours qui se suivent (Pénélope Bourque), une nostalgie de l'enfance (Herménégilde Chiasson), des révoltes parricides (André Carrier) ou encore des brûlures océanes (Madeleine Monette)... Un numéro qui, à l'instar de son thème, transportera le lecteur dans un voyage riche en contrastes.

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