Moustapha Safouan

  • Que peut-on dire de la psychanalyse, après en avoir fait sa principale activité pendant plus de soixante ans ? Le but de ce livre est de répondre à cette question.Mémoire vivante du champ freudien, à cheval sur plusieurs langues et plusieurs cultures, Moustapha Safouan a commencé son analyse alors que Freud était mort quelques années auparavant et Lacan encore presque un inconnu.Il présente ici les éléments fondamentaux de la psychanalyse, et l'éclaircit en suivant les trois fils de ses avancées théoriques successives, de sa fonction thérapeutique singulière et de son histoire institutionnelle mouvementée.Une référence pour les spécialistes, qui servira tout aussi bien d'introduction pour les profanes ou les étudiants.

  • Les questions relatives à l'essence des choses et à leur définition tournent court. Il est préférable de leur substituer celles concernant leurs relations. " Qu'est-ce que l'inconscient ? " devient : quelles sont les relations de l'inconscient au signifiant, à la vérité, au savoir, aux lois universelles de la parole et, last but not least, à l'objet de la pulsion telle que Freud l'articule dans sa métapsychologie ?
    Mais encore : en quoi ces relations nous renvoient à notre situation au sein du langage ? Quel est le sens qu'elles donnent à la division du sujet ? – et non pas du moi, ce dernier étant l'instance où s'investit le leurre de l'unité.
    Ces questions sont traitées dans cette réédition de La Parole ou la Mort dont la première édition portait plus particulièrement sur les lois universelles de la parole, en tant qu'elles constituent les conditions des possibilités de la société humaine. Ce changement du centre de gravité du livre a entraîné des modifications substantielles ; il ne serait pas exagéré de parler d'un nouvel ouvrage.
    Moustapha Safouan est analyste, formé au sein de la Société Psychanalytique de Paris. Il a été parmi les premiers à suivre l'enseignement de Lacan dès ses débuts, en 1951, ce qui lui a permis de mesurer combien cet enseignement renouvelait la pratique et la théorie psychanalytiques. Parmi ses nombreux ouvrages : L'Inconscient et son scribe (Seuil, 1982) et Le Langage ordinaire et la Différence sexuelle (Odile Jacob, 2009).

  • Fruit d'une pratique et d'un travail théorique de plus de quarante ans, les dix textes réunis dans ce livre examinent quelques-unes des difficultés soulevées par l'expérience psychanalytique. A partir du constat des impasses auxquelles se heurte l'analyste dans sa pratique quotidienne, Moustapha Safouan s'attache à faire progresser la théorie analytique qui, à son tour, aidera le praticien dans son approche des souffrances psychiques contemporaines.
    Les matériaux théoriques élaborés par Sigmund Freud puis Jacques Lacan, notamment, trouvent ici un traitement neuf. Les principales têtes de chapitres signalent le parcours : le réel dans la psychanalyse, la sexualité dans la névrose et la psychose, la jouissance, la sublimation, la relation d'identité, l'analyse de contrôle, l'acte analytique.
    Psychanalyste, Moustapha Safouan est l'auteur de plusieurs ouvrages, tous parus aux éditions du Seuil, notamment L'inconscient et son scribe (1982), Le transfert et le désir de l'analyste (1988), La parole ou la mort (1993).

  • L'important, en matière de différence sexuelle, n'est pas la réalité des sexes, qui est incontestable, mais le choix par le sujet d'un désir conforme ou non à son sexe. Mais comment se fait ce choix ? Quels rôles jouent notamment la fonction de la castration et la première identification au père ? Quel est le sens de cette fonction et quelle est la portée de cette identification ? Ne faut-il pas voir dans la phase phallique, plutôt qu'une théorie infantile, un fantasme du langage « ordinaire » par opposition aux langages formalisés ?Sur tous ces sujets, Moustapha Safouan s'interroge, analyse, propose. Une fois le livre refermé, on mesure à quel point, soucieuse de la transmission des biens, notre société promeut une morale sexuelle totalement fondée sur la méconnaissance de ce qui est au coeur de tout un chacun : le désir. Moustapha Safouan est psychanalyste. Formé au sein de la Société psychanalytique de Paris, proche et fidèle de Jacques Lacan, il a été membre de l'École freudienne de Paris jusqu'à sa dissolution. Il a publié, entre autres, Études sur l'oedipe, La Parole ou la Mort, Pourquoi le monde arabe n'est pas libre : politique de l'écriture et terrorisme religieux.

  • Le célèbre Séminaire que Jacques Lacan a tenu pendant plus de vingt-cinq ans (de 1953 à 1979) occupe une place majeure dans l'histoire du mouvement psychanalytique, en France comme dans le reste du monde. Moustapha Safouan, accompagné pour ce deuxième volume par onze psychanalystes, revient sur la seconde partie de cet enseignement - qui, proposé à un public élargi, devint alors un fait culturel - et présente méthodiquement le déroulement, en perpétuelle trouvaille, de cette doctrine.
    L'examen de ces seize séminaires, dont le contenu est, pour l'essentiel, encore inédit, met en lumière les réponses de Lacan aux questions soulevées par la théorie et l'expérience psychanalytiques, et les concepts nouveaux que ces réponses appellent. Lacan relit Freud, bien sûr, mais aussi Descartes, Frege, Joyce ou Vélasquez, approfondit sa théorie de l'objet a , expose sa fameuse thèse selon laquelle « il n'y a pas de rapport sexuel», ainsi que les fondements de sa topologie des noeuds.
    Ces lectures attentives, parfois critiques, de ce qui fut un enseignement oral d'exception revisitent la pensée du plus génial des psychanalystes français.

  • Que le transfert - découvert dès l'aube de la psychanalyse - soit seulement l'ombre d'un amour passé qui se répète sur la personne du médecin et que le désir de ce dernier n'y soit pour rien ; qu'il renvoie au fantasme de l'analysant dont l'objet reste un x indéfini ; qu'il implique impasse parce qu'il est tout à la fois le moteur de l'analyse et celui de la résistance : telle fut la conviction de Freud, qui laissait le transfert impensable. De là qu'après Freud, dans une série d'études dont il est rendu compte ici exhaustivement, on ait oscillé autour des thèmes pré-analytiques de l'identification de l'analysant à l'analyste (mis en place ou d'idéal du moi, ou de surmoi, ou de moi sain). Repenser le transfert, c'est pointer qu'il s'exprime - pour ne pas dire s'analyse - à travers les jeux autonomes du signifiant ; et qu'il se porte sur une personne oui, mais pour autant qu'elle masque l'objet perdu du fantasme ; et encore, qu'il ne peut se dénouer que parce que l'analyste est lui-même habité par un désir bien en place, c'est-à-dire débarrassé de tout vouloir-savoir. Telle est la structure du transfert ressaisie pas à pas par Jacques Lacan, et c'est la seule qui permette d'articuler transfert, résistance, liquidation - bref : de rendre intelligible la psychanalyse.

  • L'OEdipe, comme on sait, n'a pas bonne presse ces derniers temps. Qu'est-ce pourtant qui permet à un sujet de s'arracher à la prison d'une relation duelle au désir de sa mère, sinon un signifiant tiers : le père symbolique (lequel n'a nulle raison de recevoir même figure partout et en toute culture) ? Et comment se pose, pour le sujet, l'articulation de tout désir à une loi d'interdit, sinon par la figure du père idéal, effet induit dans l'imaginaire par le père symbolique : tout à la fois pôle d'identification et représentation d'une différence figée ? Figure, le père idéal, dont M. Safouan remarque qu'il faut être aveugle à son rôle dans la constitution d'un sujet pour croire l'OEdipe artificiel et contournable. « Faute de dégager cette figure, tout discours sur l'OEdipe s'inscrirait dans les effets mêmes de l'OEdipe : et garderait par là un caractère idéologique. » Enfin, rien ne permettrait de réaccorder ce qui s'est ainsi trouvé opposé, entre désir et loi, en l'absence du père réel qui seul peut diriger le désir en dehors de la famille.
    Cette réflexion sur l'OEdipe, dont tout l'axe porte comme on voit sur le père, et qui permet d'avancer que l'OEdipe c'est la castration, n'est pas effectuée ici sur un mode didactique mais à travers une série d'investigations sur la technique analytique elle-même : le rêve comme indication du rapport subjectif à l'ordre symbolique, la fin de l'analyse, l'art de l'interprétation.

  • Le célèbre Séminaire que Jacques Lacan a tenu pendant plus de vingt-cinq ans (1953-1979) occupe une place majeure dans l'histoire du mouvement psychanalytique, tant en France que dans le reste du monde. Moustapha Safouan, l'un des plus proches disciples de Lacan, revient dans ce volume sur les premières années de cet enseignement, délivré alors à l'hôpital Sainte-Anne, en en présentant méthodiquement le déroulement.
    L'examen de ces dix premiers séminaires met en lumière les réponses qu'apporte Lacan tant aux questions majeures soulevées par l'expérience psychanalytique qu'aux impasses théoriques auxquelles s'était heurté Sigmund Freud, ainsi que les concepts nouveaux que ces réponses appellent. L'auteur explicite notamment la fameuse thèse selon laquelle " l'inconscient est structuré comme un langage ", et souligne que, dès les premières années de son enseignement, Lacan chemine vers une conception de la psychanalyse comme savoir sans connaissance, où l'objet ne peut être saisi que par métaphore.
    Psychanalyste, Moustapha Safouan est l'auteur de plusieurs ouvrages, tous parus aux éditions du Seuil, notamment L'inconscient et son scribe (1982), Le transfert et le désir de l'analyste (1988), La parole ou la mort (1993).

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