Nicolas Bancel

  • L'histoire coloniale et postcoloniale fait aujourd'hui débat dans la société française, comme en témoignent les polémiques sur la torture en Algérie, la place de l'histoire coloniale dans le récit national ou la question spécifique des immigrations postcoloniales. Or, l'objet des Postcolonial Studies, c'est précisément de relire l'histoire coloniale et postcoloniale en cherchant à saisir comment la colonisation a profondément affecté les sociétés colonisées, mais aussi les anciennes métropoles et, au-delà, l'ensemble de l'Occident. Comment s'enracine le racisme colonial, dans les colonies et dans les métropoles, et quelles en sont les conséquences contemporaines ? Les rapports géopolitiques et économiques, déjà inégaux durant la colonisation, se reproduisent-ils ? Comment la « rencontre coloniale » a-t-elle provoqué, au-delà de la domination, le métissage des cultures et bouleversé l'identité des hommes ? Nicolas Bancel propose d'explorer, parmi d'autres, ces questions, en s'appuyant sur des exemples concrets, tout en éclairant les idées développées par les Postcolonial Studies.

  • Pourquoi notre pays a-t-il plongé dans ce maelström régressif, animé par une pensée néo-réactionnaire et décliniste, suscitant la peur devant l'Étranger, l'immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l'Europe et la " mondialisation " ? Comment éclairer la montée en puissance inexorable du FN, le nationalisme, la passion de l'entre-soi et de la communauté ethnique ? Après La Fracture coloniale (2005) et Ruptures postcoloniales (2010), un nouveau point d'étape informé et offensif. En 2005, les auteurs de cet ouvrage publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans plus tard, l'espoir d'une évolution positive s'est effondré. D'où la nécessité de faire le bilan des crises identitaires et sociales qui traversent la France, pour sortir des impasses du présent. Pourquoi ce pays a-t-il plongé dans un maelström régressif, animé par une pensée néoréactionnaire se délectant du déclinisme, suscitant la peur devant l'étranger, l'immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l'Europe et la " mondialisation " ? Comment expliquer l'inexorable progression du Front national qui ravive sentiments nationalistes et passion de l'entre-soi ? Aucune leçon n'a été véritablement tirée des événements de 2005. De la faillite de notre modèle d'intégration aux atermoiements de la politique de la Ville, de l'ethnicisation des territoires aux désastres de la lutte contre les discriminations, de l'enkystement du chômage dans les quartiers et les outremers à la fragilisation des classes moyennes, des thèses délirantes sur le " grand remplacement " à la haine de l'islam, des crispations communautaires au ressac de l'antisémitisme, de notre impossibilité d'affronter le passé colonial aux expéditions aventureuses dans nos anciennes colonies, cet ouvrage, réunissant les meilleurs spécialistes sur ces questions, entend dresser le bilan des crises et crispations qui obscurcissent l'horizon. Autant d'analyses qui questionnent le repli identitaire pour lutter contre les obscurantismes de tout bord.

  • Comment est né le concept moderne, scientifique, de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Comment a-t-il pu revêtir une telle importance au cours du XIX e siècle et du début du XX e siècle, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? Des contributions des meilleurs spécialistes internationaux. Comment est né le concept de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Et comment ce concept a-t-il pu revêtir une telle importance, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu'auprès du grand public, au cours du XIXe siècle et du début du XXe, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? L'Invention de la race analyse la genèse des conceptions scientifiques de la " race ", et montre que les nouvelles techniques de mesure et de représentation des corps racialisés opèrent une révolution visuelle majeure, inscrivant la différence humaine dans la biologie. Cet ouvrage avance qu'à partir d'une origine européenne l'idée de race s'est étendue - par les connexions transnationales de réseaux scientifiques et marchands - à tout l'Occident, mais aussi au Japon, à la Corée et à une partie de la Chine. Partout, elle suscite représentations et politiques raciales discriminatoires. L'ouvrage montre aussi que les théories sur les hiérarchies raciales ont influencé les spectacles ethniques (dont les zoos humains), les expositions internationales et coloniales, la photographie ou les collections ethnographiques qui ont largement contribué à forger une vision du monde fondée sur l'inégalité des races.

  • Ce livre est d'abord un livre de colère, une réaction à un processus qui mène la France au bord de l'abîme, sur fond d'angoisses identitaires et déclinistes : le grand repli. Les auteurs de cet essai livrent ici une réflexion libre, tranchée, où les analyses se croisent et s'opposent même parfois, pour prendre la mesure d'un moment qui menace nos fondements démocratiques. Ce livre est d'abord une réaction au processus qui mène la France au bord de l'abîme, sur fond d'angoisses identitaires et de nostalgie de grandeur. Comment en est-on arrivé là ? À cette fragmentation de la société, à ces tensions intercommunautaires, au ressac effrayant de l'antisémitisme, du rejet de l'islam et de la haine de soi ? Comment en est-on arrivé à une logique de repli généralisée ? Comment la France a-t-elle pu céder en quelques années à la hantise d'un ennemi intérieur et au rejet de l'immigration ? Comment expliquer les blocages de la mémoire collective sur la colonisation ou l'esclavage ? Certes, nous ne sommes plus au " bon temps des colonies ", mais certains ont la nostalgie de cet " ordre impérial ", revendiqué comme l'idéal d'une " France blanche ". Et le mythe du " grand remplacement " va de pair désormais avec le fantasme du " grand départ " des immigrés issus des pays non européens et de leurs enfants. Nous en sommes là ! Il est grand temps de réagir.

  • Since 1990, football history has become increasingly important within the field of sport science, yet few studies have centred on the Europeanization of the game from the interwar period onwards. This period saw the creation of a sovereign institution dedicated to European football, the establishment of specific rules about players' transfers and contracts and, in particular, the development of competitions. This book examines the development of European football between 1905 and 1995 from a transnational perspective. It offers a space for discussion to both early-career and established historians from a range of different countries, leading to a better understanding of the crucial turning points in the Europeanization of the game. The volume aims to promote valuable new reflections on the role of football in the European integration process.

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