Olivier Besancenot

  • Petrograd, octobre 1917 : portés par un idéal de liberté et de justice, galvanisés par la possibilité d'un monde meilleur, les bolcheviks s'emparent du pouvoir. Pourtant, pour nombre d'historiens, 1917 n'a pas été une révolution du peuple, mais un coup d'État, une manoeuvre politique destinée à installer au pouvoir le premier régime communiste de l'histoire, qui fera le lit du totalitarisme stalinien. Fin du débat ? Pas si simple.
    Olivier Besancenot a fait le choix de se pencher sur le principal acteur de cette période, le peuple russe, qui s'est dressé il y a cent ans contre le tsarisme et contre la guerre, et s'est auto-organisé pour bâtir une société nouvelle. À travers l'exemple de 1917, c'est aussi la question de l'émancipation humaine, aspiration spontanée, universelle et intemporelle, qui est ici posée.
    Un essai vigoureux qui offre un regard à contrecourant sur l'un des événements les plus discutés de l'histoire contemporaine.

  • Le règne de la liberté commence avec la réduction de la journée de travail.
    Karl Marx avait nettement désigné, au Livre III du Capital, la finalité du communisme, le point où il se réaliserait  : il serait la liberté rendue à chacun une fois effectué collectivement le travail nécessaire pour répondre aux besoins de tous. Cet aspect de sa pensée, négligé, oublié, garde une acuité et une pertinence renouvelées dans le contexte actuel.
    À l'aube du XXIè siècle, le royaume de la non-liberté s'étend. Le vol de temps de travail effectué au détriment des salariés a pris l'ampleur d'un braquage mondial. Les huit heures travaillées par jour, victoire arrachée de haute lutte, sont menacées. On assisterait même à la fin d'un phénomène qui aura duré plus de cent ans  : la diminution du temps de travail. Et la part du temps chômé, plongeant les gens dans la misère,ne semble rien devoir y changer.
    Les maîtres du temps salarial ont décidé de dérégler les horloges et de repousser les aiguilles du cadran, par tous les moyens nécessaires, empiétant sur chaque instant possible  : le surtravail humain reste encore, pour l'économie
    de marché, le gisement le plus profitable.
    Cette attaque chronophage, menée telle une croisade, à coups de réformes, rencontre de nombreuses résistances sur son chemin. Il est urgent de se réapproprier plus d'un siècle de luttes.

  • De toutes parts, on ne cesse de déplorer le manque de compétitivité et la paralysie d'un monde de l'emploi accablé par l'impôt : la France vivrait au-dessus de ses moyens, le travail coûterait trop cher.
    Contrairement aux idées reçues, le travail en France n'a jamais été aussi productif et rentable. En revanche, le capital, dans son aspect le plus parasitaire, triomphe au détriment des salaires, des droits sociaux et des investissements : la rémunération du travail est devenue une simple variable d'ajustement pour garantir des dividendes exponentiels aux marchés financiers. Une situation inédite dans l'histoire, dont s'alarment les économistes de tous bords.
    Comprendre les mécanismes à l'oeuvre permet de s'affranchir de cette société du renoncement et de la culpabilité collective, pour appeler à plus de justice sociale face au despotisme du capital.

  • Le 6 mai 2012, le 1 % des Français les plus riches a perdu son VRP et la foule, place de la Bastille, a davantage fêté le licenciement politique de Nicolas Sarkozy que la victoire de François Hollande. Mais sous les urnes il y a la vase. 48,5 % des Français ont voté pour un candidat qui a fait une campagne xénophobe, raciste et " islamophobe ", violant ainsi, pour la plupart, un interdit moral et ouvrant la voie au Front national.On a voté... et puis après ? La crise prospère à l'instar des banquiers, les plans de licenciement et les délocalisations sortent des tiroirs. Il faut bien faire monter la Bourse !Olivier Besancenot invite à une prise de conscience, à la reprise des luttes sociales. Même sous un gouvernement de " gauche ", rien ne sera donné. Tout est à reprendre.

  • Les prolétaires - celles et ceux qui sont obligés de vendre leur force de travail, manuelle ou intellectuelle pour vivre - n'ont jamais été aussi nombreux dans l'histoire du capitalisme. Pourtant, ils n'ont jamais eu aussi peu conscience d'exister en tant que tels. Tel est le paradoxe des temps modernes.
    Dans l'élan de la Révolution française, en 1796, Gracchus Babeuf imaginait prolonger l'égalité sur les questions économiques à travers un ultime combat contre le Directoire qui lui coûta la vie, à lui et à ses camarades, lors de la " conjuration des Égaux ". Deux siècles plus tard, à front renversé, une " conjuration des inégaux " semble s'être imposée à nous. Vue d'en haut, la lutte des classes ne fait pas débat, elle se mène, point barre, et elle se gagne. Elle n'est ni anonyme ni virtuelle ; elle est au contraire symbolisée par une élite - des noms et des visages, unis par de multiples relations opératoires et redoutablement efficaces. Au sol, elle cherche à dépasser les ravages de la division sociale savamment provoquée et entretenue par les classes possédantes afin de saper toute amorce de reprise de conscience de classe. Derrière ce pare-feu illusoire que constitue le mythe des " classes moyennes ", les identités sociales se diluent, se perdent et s'ignorent. Au point que l'écrasante majorité s'oublie jusqu'à en devenir invisible. Les prolétaires - celles et ceux qui sont obligés de vendre leur force de travail, manuelle ou intellectuelle, pour vivre - n'ont jamais été aussi nombreux dans l'histoire du capitalisme. Pourtant, et c'est un paradoxe, ils n'ont jamais eu aussi peu conscience d'exister en tant que tels. Dans cet essai, Olivier Besancenot apporte une contribution pour tenter de redéfinir les contours de ce que la Communarde Louise Michel désignait déjà en son temps comme " le nombre immense qui ne connaît pas sa propre force ".

  • La manipulation par les mots.Mondialisation financière, crise économique, sociale et politique sans fin, réchauffement climatique, guerres, attentats, catastrophes humanitaires... Notre société change et bascule dans une nouvelle ère. Le bouleversement est profond et anxiogène. En témoigne ce petit abécédaire langagier qui en dit long sur l'air du temps : " l'unité nationale ", " la République intransigeante ", un " Je suis Charlie " spontané et solidaire détourné en slogan inquisiteur, la force du travail métamorphosée en " coût du travail ", les vagues de licenciements en " plans de sauvegarde de l'emploi ", les cotisations sociales en " charges ", les préjugés racistes en " problème de l'immigration ", " assimilation ", " musulmans de France ", etc., autant de nouvelles formules dont on ne cherche plus à analyser ni l'origine ni la portée. Trop répétitives pour être spontanées, ces expressions de la pensée dominante inondent les estrades politiques, les plateaux télé, tournent en boucle sur les ondes et irriguent la plume de nombreux éditorialistes. Aucun sujet ne doit plus échapper à cette standardisation lexicale qui traque l'esprit critique. Les terribles attentats de janvier et novembre 2015 marquent une étape supplémentaire pour la langue de l'ordre et du marché dans sa tentative de confisquer notre libre arbitre.
    Une violence verbale contre laquelle nous pourrions aussi nous dresser.

  • L'histoire du mouvement ouvrier raconte en détail les désaccords, les conflits et les affrontements entre marxistes et anarchistes, jamais les véritables alliances et des solidarités agissantes entre ces deux mouvements. Olivier Besancenot et Michael Lwy ont choisi d'éclairer ce versant ignoré, souvent délibérément, qui révèle la fraternité de leurs combats depuis la Commune de Paris jusqu'à nos jours sans toutefois omettre leurs sanglants affrontements. Solidarités, convergences, et oppositions politiques sont passées au tamis de l'histoire par le portrait de grandes figures (Louise Michel, le Sous-commandant Marcos, Walter Benjamin, André Breton, Daniel Guérin) et la discussion autour des sujets qui divisent (la « prise du pouvoir », l'écosocialisme, la planification, le fédéralisme, la démocratie directe, le rapport syndicat/parti). À l'occasion du 150e anniversaire de la fondation de la Première Internationale cette Association révolutionnaire pluraliste qui a connu, au moins pendant ses premières années, des convergences significatives entre les deux courants de la gauche radicale , l'objectif est de montrer que l'avenir sera rouge et noir : l'anti-capitalisme, le socialisme ou le communisme du XXIe siècle devront puiser à ces deux sources de radicalité.

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