Peggy Sastre


  • Nous sommes à l'âge de la colère.

    La formule vient de l'intellectuel indien Pankaj Mishra et beaucoup de nos contemporains partagent ses idées : nous serions au bord d'une « guerre civile mondiale » parce qu'on se rendrait compte que la modernité n'a pas tenu ses promesses.
    Je partage le constat de Mishra sur le caractère pour le moins tendu de notre époque, mais mon diagnostic est aux antipodes : si nous sommes aujourd'hui aussi à cran, ce n'est pas parce que notre civilisation issue des Lumières n'a pas tenu ses promesses.
    Au contraire, c'est qu'elles se sont tellement bien réalisées que nous ne savons plus à quoi pourrait ressembler des épreuves proprement existentielles.
    Pourquoi ? Parce que nos perceptions, comme souvent, nous trompent. Nous avons peut-être l'impression que les périls se suivent, se répètent et empirent, mais c'est surtout parce que nous ne cessons d'élargir la définition du périlleux et transformons en catastrophique ce qui était anodin voici encore peu.
    Deux questions animent ce livre :
    - Pourquoi avons-nous le conflit si facile, l'hostilité si séduisante, l'affrontement si confortable ?
    - Pourquoi tant de gens semblent incapables d'exister s'ils ne s'imaginent pas avoir des ennemis à anéantir ?
    Son programme est celui d'un « pacifisme appliqué » : plonger au plus profond de notre nature conflictuelle grâce aux apports des sciences comportementales darwiniennes.
    Peggy Sastre est docteur en philosophie des sciences, spécialiste de Nietzsche et de Darwin. Ses travaux s'orientent principalement autour d'une lecture biologique des questions sexuelles.
    Elle a notamment publié aux Éditions Anne Carrière, La Domination masculine n'existe pas (2015) et Comment l'amour empoisonne les femmes (2018).
    En tant que chroniqueuse et traductrice, elle collabore à divers titres de presse (Le Point, Slate, L'Obs).

  • Les femmes ont acquis le droit de travailler, de voter, de faire ou non des enfants, de disposer de leur corps et de leurs ressources matérielles.
    Bref, la libération féminine a eu lieu.
    Sauf que, dans un monde qui traque les différences sexuelles empêchant les femmes d'atteindre, en proportions équivalentes aux hommes, les positions sociales les plus élevées, il est un élément qu'à peu près personne n'a la présence d'esprit d'interroger. Ce grand absent du débat, c'est le boulet amoureux. Cet essai jette un éclairage drôle et décapant sur la dépendance affective dont souffrent encore trop souvent les femmes.

    La question n'est pas d'opposer émancipation et amour, mais de comprendre ce que les sciences ont à nous dire sur la toxicité du surinvestissement amoureux.

  • La domination masculine n'existe pas Nouv.

    L'homme (avec un petit h et un pénis de taille variable) est une pourriture : c'est lui qui vole, viole, tape, tue, refuse de laver ses slips et préférerait crever plutôt que de vivre dans un monde où des bonniches ont le droit de devenir PDG. Voici la « version officielle » de notre histoire. L'histoire humaine est, dit-on, l'histoire d'une domination masculine, faite par et pour des hommes prêts à tout pour tenir les faibles femmes à leur botte.
    Sauf que cette histoire est fausse. Du moins en partie.
    Si les hommes ont le pouvoir, c'est parce que les femmes l'ont bien voulu, tout au long des 99,98 % de l'histoire de notre espèce. Et ces millions d'années qui nous ont vus devenir lentement ce que nous sommes, elles les ont passés à frétiller du derche au moindre indice de force, de puissance et de brutalité. Pourquoi ? Parce lorsque votre organisme renferme des ovaires et un utérus, que votre reproduction vous fait courir un danger vital aussi extrême qu'indispensable, et que vous vivez dans un environnement hostile, de tels attributs sont encore les meilleurs pour vous protéger, vous et le fruit de vos entrailles, et vous aider à transmettre vos gènes aux générations suivantes.
    En d'autres termes, il n'y a pas de domination masculine. Un tel système oppresseur, vertical et unilatéral n'existe pas. Ce qui existe, c'est une histoire évolutive qui aura poussé les deux sexes à des stratégies reproductives distinctes.
    En décortiquant les principaux territoires de la « domination masculine » - les inégalités scolaires et professionnelles, le harcèlement, les violences familiales et conjugales, le viol et les violences sexuelles, la culture de l'honneur, l'agressivité, la guerre et le terrorisme -, cet ouvrage non seulement les éclaire d'une lumière radicalement nouvelle dans notre paysage intellectuel, mais il permet surtout de mieux les comprendre et de les expliquer, quitte à risquer de saisir, au passage, que les femmes ne s'en sortent vraiment pas si mal.
    Peggy Sastre est docteur en philosophie des sciences, spécialiste de Nietzsche et de Darwin. Ses travaux s'orientent principalement autour d'une lecture biologique des questions sexuelles. Elle a notamment signé Ex utero - pour en finir avec le féminisme (2009, La Musardine) et Le Sexe des maladies (2014, Favre). En tant que chroniqueuse et traductrice, elle collabore à divers titres de presse (Slate, L'Obs). Elle a également publié aux éditions Anne Carrière "Comment l'amour empoisonne les femmes" et "La haine orpheline".

  • Il y a encore peu de temps, la disette sexuelle n'était pas jugée négativement.
    Au contraire : haro sur les fornicateurs, les masturbateurs, sur tous ceux qui séparaient sexe et procréation. Si la révolution sexuelle peut avoir quelques ratés, son influence ne fait aucun doute sur un point précis : désormais, c'est une libido faible, voire inexistante, que l'on montre du doigt. Manifester un goût peu prononcé pour la chose prend des allures de tare à soigner. Au centre du soupçon, une poignée d'individus se revendiquant asexuels et qui, autour du site Internet asexuality.org, conquiert peu à peu une visibilité sociale et médiatique.
    Pour quelles raisons peut-on être dépourvu de libido ? L'asexualité est-elle une autre de ces modes made in USA ou l'expression d'une profonde mutation de notre société ? Faut-il obligatoirement avoir envie de faire l'amour ? C'est ici que commence la passionnante enquête historique, sociologique et scientifique que Peggy Sastre a choisi de mener. Avec un unique préjugé : l'asexualité n'a rien d'une maladie.

  • Et si les femmes étaient au fond les premières responsables des injustices dont elles sont encore victimes ? Et si revendiquer l'égalité de salaires, le partage équitable des tâches ménagères ou encore la parité politique n'étaient que cautères sur jambes de bois ? Telles sont quelques unes des nombreuses questions que pose Ex Utero de Peggy Sastre. Un essai percutant où se côtoient, dans un mélange pour le moins détonnant, biologie, philosophie et mythologie, mais aussi pornographie, sado-masochisme, libertinage et prostitution. Un regard absolument neuf sur des questions où les préjugés ont la dent dure et où la science a tôt fait d'être vue en ennemie. Un texte d'une rare intelligence qui incitera les femmes qui s'y reconnaîtront à dépasser ce que leur sexe a fait d'elles pour peut-être, enfin, en finir avec le féminisme.

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