Pierre Grimal

  • La civilisation de Rome est-elle différente de la nôtre ? Nous en sommes les héritiers, mais connaissons-nous bien notre héritage ? Et que recouvre ce terme de civilisation ? Apparemment un ensemble complexe de coutumes, de techniques, de règles sociales formulées et informulées, des goûts, un style ou des styles de vie, une manière pour les hommes de s'insérer dans le monde. Aspirations spirituelles et contraintes matérielles s'y affrontent. Dans certaines civilisations, le poids du passé paralyse les forces de vie. À Rome, ces deux forces s'équilibrent, du moins en fut-il ainsi pendant des siècles, où l'on voit se produire une création continue, sans reniement, qui a pour effet (et sans doute pour dessein) de donner à l'homme les moyens d'affirmer et de vivre sa dignité, sa liberté, au sein de la société. Les problèmes romains ne sont jamais très loin de ceux que connaît notre temps. Ils nous aident, sinon à résoudre ceux-ci, du moins à en prendre conscience. Avec ses lumières et ses ombres, ses vertus et ses vices (qu'une tradition méchante se plaît à peindre sous les plus noires couleurs), Rome n'en reste pas moins l'un des grands moments de l'humanité, l'un des plus inspirants et que nous ne saurions oublier sans mutiler le plus profond de notre être.

  • « Réserve de pensée, le mythe a fini par vivre d'une vie propre, à mi-chemin entre la raison et la foi ou le jeu. En lui a pris sa source toute la méditation des Grecs, et, après eux, celle de leurs lointains héritiers ; c'est à lui que les poètes tragiques demandèrent leurs sujets et les lyriques leurs images. Prométhée, OEdipe, Oreste ont été, d'abord, des héros de légende. Les images d'Achille et d'Ulysse, la folie d'Ajax, indéfiniment reproduites sur les vases : cruches à vin, coupes, récipients de toutes sortes, mêlaient le mythe à la vie quotidienne et le rendaient familier. À la maison comme au théâtre, ses figures sont des compagnes qui imprègnent la pensée, occupent l'imagination, dominent les conceptions morales. Il n'est jusqu'aux philosophes, lorsque le raisonnement a atteint sa limite, qui n'y aient recours comme à un mode de connaissance susceptible de livrer l'inconnaissable. »

  • L'âme romaine

    Pierre Grimal

    Promenade antique à la découverte du monde romain.Académicien, latiniste de renom, philosophe et humaniste, Pierre Grimal, avec une sensibilité et une clairvoyance aiguisées, s'est toujours efforcé de comprendre Rome " de l'intérieur ", dans un souci permanent de la vérité. Celui que les habitants de la Ville éternelle nommèrent " le dernier des Romains " et firent Citoyen de la ville s'est intéressé à chacun des aspects qui façonnèrent l'originalité et l'importance de l'urbs et de sa civilisation sur le monde. Ce livre, sous la forme vivante d'un dialogue entre le jeune Marcus, futur empereur Marc Aurèle et son précepteur, le philosophe Fronton, en reprend les points essentiels.
    Les nombreux ouvrages de Pierre Grimal (1912-1996), de l'Institut, témoignent de sa connaissance intime et de sa compréhension du monde romain.
    Un voyage initiatique.

  • Après tant de livres et d'études consacrés à Cicéron, est-il possible de dire sur lui quelque chose de nouveau? C'est ce qu'a tenté l'auteur, relevant le défi porté autrefois par un illustre philologue allemand, prétendant qu'il était impossible d'écrire un Cicéron. P. Grimal, bien qu'il ait enseigné la littérature latine en Sorbonne pendant de nombreuses années, et répudiant toute prudence, a voulu écrire sur l'illustre Romain un ouvrage qui puisse être lu. Il a relevé ce défi à l'impossible et gagné son pari. Voici un Cicéron qui essaie non pas de porter un jugement de l'extérieur, et, à travers l'épaisseur des siècles, sur l'homme, ou le consul, ou l'orateur, mais qui s'attache à comprendre le personnage lui-même dans sa complexité, ce qu'il a été simultanément.
    C'est le moment où Rome devient sensible à la philosophie, et en élabore une qui lui est propre. Le moment où naît l'Empire sur les ruines de la vieille cité-Etat, où la culture, l'éloquence, la préoccupation de la beauté vont devenir le ciment de l'Empire. Cette création, spirituelle autant que politique, a eu pour artisan celui que certains de ses contemporains appelaient avec dédain " l'homme d'Arpinum ". Déchiré, en contradiction parfois avec lui-même, il avait ses racines dans le plus lointain passé, mais ce qu'il apporta au monde devait vivre jusqu'à nous.
    Le Cicéron, extraordinairement vivant et attachant, que nous offre P. Grimal, est un témoignage sur une époque, mais avant tout sur un homme que des générations ont caricaturé et défiguré de mille manières.

  • « Rome avait grandi très vite, avec une rapidité que les Romains ne se lassèrent jamais d'admirer, et non sans raison. Ils avouaient bien qu'au début Romulus ne s'était pas embarrassé de scrupules, mais faut-il chicaner un politique lorsqu'il prépare quelque chose d'aussi grand que Rome ? »
    Pierre Grimal s'attache à raconter, comme un roman, l'incroyable fortune de la Ville : de sa fondation mythique à la décadence de l'Empire, en passant par la vie du royaume et les grandes heures de la République. Sa compréhension profonde de l'esprit romain fait de nous les témoins de l'évolution de ce monde. Nous pénétrons les motivations tant politiques que philosophiques ou religieuses des hommes qui ont fait son destin. Nous assistons à la naissance et à l'épanouissement de la littérature et de l'art, au développement de l'urbanisme qui firent de Rome la capitale du monde.
    L'originalité du texte inédit tient, outre sa valeur scientifique, à son style extrêmement clair, vivant et poétique.
    Pierre Grimal, disparu en 1996, fut membre de l'Ecole française de Rome. Professeur de littérature latine à Paris-Sorbonne, membre de l'Institut (Académie des Inscriptions et Belles Lettres), nommé par la Ville de Rome « cultore di Roma » (citoyen de Rome) en 1993, il a donné de nombreuses traductions des classiques. Il est notamment l'auteur du Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine (PUF, 1951), de Cicéron (Fayard, 1986), de Marc Aurèle (Fayard, 1991) et de La Littérature latine (Fayard, 1994).


  •      Sénèque, auprès de ceux qui le connaissent mal, a mauvaise réputation. L'image, détestable, que l'on se fait de Néron ternit la sienne. Mais il fut son ministre, excellent aussi longtemps que Néron fut tolérable. Il se retira une fois ce temps révolu.
    Mêlé de très près à la vie politique, il avait le souci de maintenir en lui-même et chez ceux qu'il aimait le sens de la liberté intérieure. Il en découvrait le moyen dans la doctrine stoïcienne, qui comptait alors à Rome de nombreux adeptes. Le stoïcisme était une conception totale de tout ce qui existe. Sénèque l'accepte tout entier, mais s'applique à en montrer les implications pour chacun de nous, dans sa vie personnelle, et les remèdes qu'il apporte à la condition humaine.
         Interroger l'oeuvre de Sénèque c'est suivre pas à pas l'histoire morale du temps qui se déroula entre le règne de Tibère et le mo-ment où Néron entraîna Rome dans la tyrannie et la démence. Nous voyons mûrir une pensée qui vit, une nouvelle fois, pour son compte, les découvertes des philosophes grecs, trois ou quatre siècles plus tôt. Ce qui était resté souvent abstrait et théorique, devient ici la vie même. Sénèque est le témoin d'une prise de conscience, celle des Romains qui, entraînés vers la conquête du monde, découvrent que celle-ci ne sera complète que si eux-mêmes en trouvent la justification dans celle de leur propre intériorité. 
         Auprès de Sénèque, pendant les mêmes années, le christianisme est en train de se former. Ce siècle sera décisif dans l'histoire de l'âme humaine.
    P.G.

  • La littérature latine est celle de la Rome républicaine, impériale et triomphante. Du IIIe siècle av. J.-C. au Ve siècle de notre ère, cet ouvrage nous invite à découvrir les oeuvres de Livius, Caton, Cicéron, Ovide, Horace, Virgile, Sénèque, Tacite....

  • Nous connaissons peu la vie de Tacite. Son oeuvre reste le témoignage essentiel sur l'homme et son temps. Contribuant à lui rendre la double valeur qui est la sienne, celle d'une oeuvre d'art et d'un document sur la pensée romaine pendant que se produit la lente transformation d'où va sortir le " siècle des Antonins ", Pierre Grimal tente, avec l'érudition infaillible de l'historien, de découvrir son mobile essentiel, ce qui fait son unité: une certaine idée de Rome et de l'empire.
    Contrairement à une opinion répandue depuis le romantisme, Tacite ne présente pas la " décadence " de Rome, mais sa renaissance. L'unité de sa pensée réside dans une vision qu'il faut bien appeler " épique " du devenir historique. C'est ainsi que celui que l'on considère souvent comme le plus pessimiste des historiens est en réalité animé par un optimisme profond, inspiré par sa foi dans la patrie romaine.
    Le Tacite que nous propose Pierre Grimal est une reconstitution extraordinairement vivante de ce moment capital pour l'Occident où s'affirme la mission spirituelle de Rome face à un monde barbare et à un Orient où règnent la violence et la tyrannie. A cet égard, Tacite nous éclaire sur notre temps.
    Pierre Grimal est membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, professeur émérite à l'Université de Paris-Sorbonne, ancien membre de l'Ecole française de Rome. Il a publié de nombreux ouvrages sur l'Antiquité romaine, dont un Cicéron chez Fayard (1986).

  • Les Romains avaient mis longtemps à se réconcilier avec la monarchie. Mais le poids de l'Empire et les guerres civiles leur avaient appris que c'était le seul régime possible pour eux, et les philosophes que ce pouvait être le meilleur. Marc Aurèle entreprit d'en donner la preuve. Il porta l'Empire à son apogée et nous a, en même temps, laissé le témoignage le plus sincère et le plus émouvant qui soit sur la solitude des rois, des Pensées qu'il n'écrivait que pour lui-même et qui sont, certes, d'inspiration stoïcienne, mais fort éloignées des abstractions de l'école.
    S'il est vrai que les actes d'un prince font l'Histoire, les mobiles profonds qui les inspirent restent le plus souvent secrets. Marc Aurèle nous permet d'aller au-delà de ses propres vertus, que les historiens regardent souvent avec une indulgente ironie, parfois avec agacement. Philosophie, piété véritable envers les dieux, admiration et respect pour la Rome des anciens temps, que semblent menacer les excès et les déviations d'une religion nouvelle dont il est pourtant à même, mieux que personne, de comprendre l'esprit, font de lui le plus grand, le plus efficace, le plus humain des empereurs, sans doute, entre tous, le plus proche de nous.
    P.G.

  • Phénomène lié à une société humaine, une littérature apparaoet puis, après quelques siècles, s'étiole et disparaoet. "Les efforts d'innombrables philologues, depuis quatre siècles au moins, ont eu pour résultat de dégager une certaine image de la littérature latine. Il existe, sur chaque auteur, une "vulgate", qu'il nous appartient de résumer ou d'exposer. Mais cela ne saurait nous dispenser d'apporter au moins quelques autres points de vue, en désaccord avec elle. C'est pourquoi l'on trouvera, le plus souvent possible, après les thèses traditionnelles et les idées reçues, des conceptions différentes, destinées à provoquer la recherche".

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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