Pierre Musso

  • L'industrie est une vision du monde et pas seulement un phénomène historique. Avant d'être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles.
    Cet ouvrage porte un regard anthropologique et philosophique de l'Occident sur lui-même. Cet Occidental selfie met au jour sa puissante religion industrielle, jamais vue comme telle.
    L'industrie absorbe tout. Elle fait tenir l'architecture culturelle de l'Occident. Car l'Occident a bien une religion. Il ne s'est produit aucune « sécularisation ». La religion ne peut disparaître : elle se métamorphose. Avec la « Révolution industrielle », un « nouveau christianisme » technoscientifique a été formulé.
    Cet ouvrage donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne, d'une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle. L'esprit industriel s'est emparé du plus grand mystère de l'Occident chrétien, celui de l'Incarnation, et l'a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l'Humanité et de l'Ordinateur.
    Pierre Musso explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (xie-xiiie siècles), la manufacture (xviie-xviiie) puis l'usine (xixe), avant de constituer l'entreprise (xxe-xxie). Son élaboration s'est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.

  • L'industrie a réalisé un imaginaire de la rationalité et du Progrès, construit sur la longue durée. à son tour, l'industrialisation produit depuis le XIXe siècle, des «méta-industries» de l'imaginaire : depuis le luxe, la publicité ou l'audiovisuel, jusqu'aux industries du logiciel et du web. Cet ouvrage décrypte ce puissant imaginaire industriel caractéristique de la vision du monde de l'Occident.

  • Personnages ayant surgi comme par effraction à la présidence
    de leur pays, perçus comme des « politiques » improbables,
    Berlusconi, Trump et Macron ont été bien rapidement étiquetés
    « populistes », « élitistes », « néo-libéraux ». Si ces trois figures,
    pourtant en phase avec l'époque, restent incompréhensibles, c'est
    qu'ils méritent que l'on formule d'autres hypothèses d'interprétation
    du phénomène qu'ils représentent.
    Berlusconi, Trump et Macron, antipolitiques en politique, sont des
    figures pionnières de l'État-Entreprise. Cette institution double se
    manifeste et apparaît aujourd'hui, tandis que l'État est plus affaibli
    que jamais, et à sa suite la politique et le système de la représentation.
    L'Entreprise, en premier lieu la grande Entreprise (big corporation),
    triomphe. Elle est à l'apogée de sa puissance.
    Ce livre met en perspective, sur la longue durée, la mutation profonde
    du politique en Occident et donne à voir ce qui se joue à l'arrière-plan,
    entre l'État (institution de la religion du politique) et l'Entreprise
    (institution de la religion industrielle) : un lent processus de neutralisation
    de l'État qui s'accélère depuis la fin du xxe siècle et semble
    tendre à son démantèlement, au profit de l'Entreprise... À tout le
    moins assistons-nous à un transfert d'hégémonie.
    Le temps de l'État-Entreprise advient, temps de la mutation du pouvoir
    et du rapport de force entre les deux institutions désormais hybridées.
    Pierre Musso, philosophe de formation, docteur d'État en science
    politique, est professeur des universités, conseiller à l'Institut d'Études
    avancées de Nantes. Spécialiste de Saint-Simon, il a co-dirigé l'édition
    critique des OEuvres complètes d'Henri Saint-Simon (PUF, 2013). Il est
    l'auteur d'une trentaine d'ouvrages sur la philosophie des réseaux, la
    politique et l'imaginaire industriel, dont le dernier paru est La Religion
    industrielle (Fayard-IEA, 2017).

  • 2008 : Les formes de conquête et d'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy en France et par Silvio Berlusconi en Italie suscitent bien des interrogations. Elles présentent des similitudes identifiant un phénomène original : le « sarkoberlusconisme ».Fin 2010 : Leur capital confiance est au plus bas, la crise les a rattrapés et les « affaires » qu'elles soient de moeurs, judiciaires ou d'argent semblent prendre plus d'importance que la politique menée. Est-ce pour autant la fin du « sarkoberlusconisme » ?

  • Si l'importance de la rupture artistique apportée par Yves Klein (1928-1962) avec sa «révolution bleue», est largement reconnue, les interprétations de sa démarche se multiplient et se perdent bien souvent dans les méandres de la psychologie, de la religion, voire de l'obscurantisme. Alors que le projet de l'artiste s'éclaire si on veut bien analyser son oeuvre fulgurante et ses écrits multiples, et les inscrire dans leurs rapports à l'histoire de l'art. Cet ouvrage défend une thèse forte, à savoir que l'oeuvre de Yves Klein achève la déconstruction du dispositif de la représentation et de la perspective héritée du Quattrocento, déconstruction commencée avec l'impressionnisme. Yves Klein clôture cette critique en immatérialisant le tableau, cette «geôle» des couleurs et cette prison de la sensibilité. Du même coup, il abandonne la structure ternaire (modèle/toile/regard) qui soutient tout le dispositif de la représentation, au profit d'une structure binaire, celle du Vide et de la Vie ou de la Nature et du Sujet. En mettant fin de façon radicale à la représentation, Klein inaugure l'ère de l'a-représentation, de la post-représentation. Il invite à la construction d'une nouvelle forme symbolique en art, voire au-delà, et en explore les multiples potentialités avec le théâtre du Vide, l'immatériel ou l'architecture de l'air et du feu.

  • Partout la figure du réseau s'impose pour "réenchanter" la vie quotidienne et réinterpréter le monde contemporain. Le réseau a remplacé l'arbre. Celui-ci symbolisait l'enracinement, la hiérarchie et la verticalité religieuse reliant terre et ciel, le réseau est l'objet fétiche pour le culte contemporain du mouvement, du passage et de l'horizontalité reliant présent et avenir. Le parcours dans "l'invention du réseau" auquel ce livre invite, permet de suivre un travail de formalisation du réseau considéré comme une forme artificielle, celle du filet et du tissu, avant d'envahir toutes les représentations au siècle des Lumières et de devenir aujourd'hui un mode de représentation de l'ensemble de la société. Parallèlement l'invention du réseau est aussi un trajet dans l'incarnation symbolique des structures réticulées dans le corps humain, notamment le cerveau, puis dans la nature avant d'envelopper la planète entière. A travers l'histoire, trois objets sont saisis et étudiés dans les mailles du réseau, le corps, la nature et la société.

  • Saint-Simon fait partie de ces grandes figures théoriques fascinantes de notre civilisation, avec Marx il est l'un des seuls grands penseurs dont on a transformé le nom en un courant, le saint-simonisme. Il est l'un des premiers théoriciens de la société industrielle et sa philosophie politique a été reprise par quatre grandes vagues d'actualisation mêlant approches théoriques et exigences politiques.
    Cet ouvrage s'inscrit dans la "quatrième vague" de retour à Saint-Simon, à l'occasion d'une interrogation sur la crise du capitalisme post-industriel et de la représentation politique, accompagnée d'un nouvel intérêt pour les pensées utopiques du millénaire. Il reprend en partie les communications faites au cours d'un Colloque de Cerisy

  • La notion moderne de réseau a été inventée par Saint-Simon, par la suite les saint-simoniens ont transformé cette notion de réseau en culte des réseaux de communication. Cette dégradation du concept s'est amplifiée actuellement de nos jours, tout est devenu « réseau » chargé d'une symbolique indiquant un futur social meilleur, promettant à tous une société transparente et égalitaire. Inventé pour penser le changement social, ce concept est devenu une prothèse technique d'un changement social à venir.

  • Nombre d'économistes et d'analystes adhèrent à la perspective tracée par l'OCDE et présentée sous le terme de "knowledge society". En écho les spécialistes du management s'engagent dans le "knowledge management". Cet ouvrage étudie les discours sur le sujet et les pratiques mais aussi les caractéristiques, la place et le rôle des technologies auxquelles s'adossent ces pratiques, ainsi que l'instrumentalisation des capacités, des compétences et du potentiel cognitif des acteurs économiques et sociaux, et particulièrement des salariés, qui deviennent des "knowledge workers".

  • La finalité du Métafort est de contribuer à la « maîtrise » sociale et culturelle des technologies multimédias, notamment dans les domaines de l'image et du langage. On peut le définir simplement comme une « fabrique à projets culturels ». si l'on met l'accent sur son identité par rapport à d'autres équipements culturels. On y viendra pour « faire se rencontrer et réaliser des projets », plus que pour « voir ». Son ambition est de construire une vaste collaboration interdisciplinaire des artistes, des ingénieurs, des philosophes, des industriels et des publics pour contribuer à la production d'une nouvelle éthique et d'une nouvelle esthétique de la technique. En effet, pour maîtriser les mutations en cours, il est nécessaire de développer des lieux pour la critique, de favoriser des appropriations-détournements artistiques et sociaux, et plus généralement, d'expérimenter, de créer, de chercher, de dialoguer, de façon interdisciplinaire.

  • Modéliser l'imaginaire semble être un oxymore. En fait, c'est une invite à l'audace de la création et de l'exploration.
    Pour innover dans l'industrie, il faut combiner l'imaginaire, et même l'imagination, avec la formalisation, et nouer les savoir-faire et les sciences, l'industrie et la recherche, la mémoire et l'oubli, l'interdisciplinarité et la spécialisation, l'imitation et la créativité.
    Cet ouvrage relève ce défi grâce aux regards croisés de chercheurs et d'industriels collaborant dans la Chaire «Modélisations des Imaginaires, Innovation et Création».

    Les auteurs : Anne Asensio, Alexandra Borsari, Tamy Boubekeur, Virgile Charton, Wilfried Coussieu, Pascal Daloz, Jean-Louis Dessalles, Pascal Feillard, Laurent Gille, Hélène Jeannin, Frédérique Legrand, Jean-François Lucas, Rémi Maniak, Brigitte Munier, Pierre Musso, Catherine Pelachaud, Pascal Plantard, Jean-Marc Raibaud, Rossella Rega, Laetitia Ricci, Mathilde Sarre-Charrier, Gaël Seydoux, Candace L. Sidner, Jean-Jacques Wunenburger.

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