Revue Agone

  • Une première tentative de reconstruire la raison, considérée comme base permettant de revendiquer l'égalité et de combattre l'injustice
    Dans beaucoup de milieux intellectuels, y compris à gauche et à l'extrême gauche, la raison est aujourd'hui traitée comme une ennemie. Instrument au service de l'État et du Capital, des polices, des bureaucraties et des technocraties, de la Science qui ne serait que technoscience, de l'Occident et de l'impérialisme, elle signifierait contrôle des corps et des esprits, exclusion et enfermement, écrasement des identités et des différences, ethnocentrisme et colonialisme, productivisme et destruction de la nature et de la Terre...
    Certes, la raison et l'universel ont servi de paravents à toutes sortes d'horreurs et d'oppressions. Mais les irrationalismes politiques et religieux en ont « justifié » bien d'autres. Et comment dénoncer l'injustice, revendiquer l'égalité et le respect des différences, comprendre la place de l'espèce humaine au milieu des autres et sur la Terre, sans s'appuyer sur la raison ? Pas une Raison supérieure, surplombante et totalisante, censée justifier l'ordre établi ou le cours de l'histoire. Mais la raison commune qui est en chacun, cette capacité de demander pourquoi et comment, de chercher ce qui est vrai et ce qui est mieux.
    Ce dossier veut ouvrir quelques pistes pour contribuer à l'immense projet de reconstruire la raison, notamment à travers une réévaluation critique de l'idée de « progrès » dans un dialogue avec Jacques Bouveresse, une analyse des modes de pensée irrationnels voire religieux dans l'extrême gauche française, une réflexion sur l'héritage des Lumières à partir de la dichotomie entre Lumières radicales et modérées mise en évidence par les travaux de Jonathan Israel, ou encore une confrontation avec le rationalisme mal connu de Hayek, aussi puissant philosophiquement que discutable dans ses principes et ses conséquences.

  • Les experts et les consultants sont désormais omniprésents dans le monde du travail. Leur rôle est notamment central dans l'immense opération dite de « réorganisation » ou de « restructuration » des entreprises. Consultants, conseils et avocats de tout poil sont au service des patrons dans leurs efforts pour tirer plus de profit des salariés qu'ils emploient. Mais on les trouve aussi aux côtés des représentants qui défendent les intérêts des personnels. Quelles sont les nouvelles formes de l'expertise au service des patrons ? Et quelles ressources les syndicats ont-ils réussi à construire dans ce domaine ? Comment se mènent les batailles d'experts ?
    Les textes rassemblés dans ce numéro font la lumière sur des enjeux décisifs mais trop souvent rendus illisibles, précisément parce qu'ils sont réservés aux experts. Ils montrent aussi que l'essor d'un vrai marché syndical de l'expertise ne se fait pas toujours au bénéfice des salariés. Et ils insistent enfin sur l'importance des formes autonomes d'expertise que les militants et les professionnels doivent construire et mobiliser eux-mêmes pour se défendre efficacement face aux restructurations.

  • En Chine, la plupart des libéraux regardent les Chinois ordinaires avec bienveillance tant qu'ils contribuent au développement du marché en tant que consommateurs. Pour eux, le danger du nationalisme populaire est que les masses ne se contentent pas d'être trop critiques envers l'Ouest, ...

  • « Quand vous portez un habit et que vous êtes sur un cheval, déjà vous ne voyez pas les choses de la même façon... Quand on est à cheval, on ne voit pas le chemin de la même façon, on ne voit pas la forêt de la même façon, on ne voit donc pas les gens de la même façon non plus.

  • Ce numéro aborde les conditions de l'action collective en entreprise - de l'adhésion syndicale aux grèves - en plaçant la focale sur les dispositifs et stratégies patronales pour l'entraver et la canaliser.

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