Éditions Payot

  • Qu'est-ce qu'une société qui ne fait pas de place aux jeunes ? Qu'est-ce qu'un travail qui ne participe pas à la construction de soi ? Réfléchissant aux illusions et impasses de son époque (on est au début des années 1930), Simone Weil nous parle en prophète d'aujourd'hui. Ce livre, qu'elle considérait comme son oeuvre principale, est pour la "génération Covid", si inquiète et en colère.

  • Quel est le plus important : avoir des droits ou des devoirs ? Chef-d'oeuvre de la pensée politique, L'Enracinement est un livre engagé sur le patriotisme, les déracinements et notre besoin vital d'appartenances, mais aussi - et surtout - de vérité. Il peut se lire comme un "manuel de citoyenneté" qui prône une société où l'épanouissement de chacun est la norme, où des principes moraux nous guident, et où l'argent et la technique ne font plus la loi.

  • Karl Marx Nouv.

    Marx par Arendt : un petit livre crucial à l'heure des grandes inégalités, de la menace d'une précarité généralisée, et de la radicalisation des mouvements anticapitalistes. Sur la fin de sa vie, Arendt projetait un essai sur l'auteur du Capital ; elle n'eut pas le temps de le mener à bien ; ce texte, longtemps inédit, devait en constituer le coeur et faire le lien entre ses deux essais majeurs : Les origines du totalitarisme et Condition de l'homme moderne.

  • Pas de pensée sans langage. D'où vient donc le langage et sert-il à quelque chose ? Pour les philosophes, le XIXe fut le siècle de l'histoire et le XXe, le siècle du langage. Ce n'est pas un hasard si 1916 est l'année où paraît le Cours de l'inguistique générale de Saussure et où Walter Benjamin rédige, à 24 ans, l'un des textes fondateurs de sa pensée, "Sur le langage en général et sur le langage humain". Le langage a-t-il une utilité ? Sert-il à communiquer un message ou à révéler un sens caché ? A-t-il une dimension intuitive, poétique ? Ces questions l'occuperont jusqu'à sa mort. Ce recueil, préfacé par l'écrivain et psychanalyste Sébastien Smirou, regroupe les textes qui composent la théorie du langage de Benjamin : le texte de 1916, ainsi que deux fragments des années 1920 sur le « squelette du mot », un micro-conte ("Pourquoi l'éléphant s'appelle éléphant"), et deux essais des années 1930 : "Sur le pouvoir d'imitation" et "Problèmes de sociologie du langage"

  • Pas de changement politique sans au préalable un changement social. Tel est le but d'une révolution : vivre, plutôt que survivre. Dans cet essai inédit qui résonne avec les colères actuelles, Arendt nous invite à nous organiser nous-mêmes pour nous emparer de l'action politique et ne plus la déléguer aux partis. Retrouver ce qui anima les deux grandes révolutions, la française et l'américaine : un désir passionné, chez les citoyens, de participer aux affaires publiques.

  • Ce livre rassemble trois textes de Hannah Arendt qui se situent dans le sillage immédiat de son ouvrage majeur, Les origines du totalitarisme (1951), qu'il contribue à éclairer et à prolonger. Deux articles de 1953, Compréhension et politique et Religion et politique, développent une analyse plus fine du phénomène totalitaire. Le texte central, La nature du totalitarisme, est la matière des conférences que Hannah Arendt donna en 1954 à la New School for Social Research. L'auteur prolonge les réflexions du Système totalitaire et poursuit l'analyse de la terreur et du caractère singulier du totalitarisme. La préface de Michelle-Irène Brudny-de Launay a pour double objet de retracer la réception originale de l'oeuvre de Hannah Arendt en France et d'analyser l'importance comme les limites de la conception arendtienne du totalitarisme, en la situant au sein d'une problématique désormais générale.

  • "In God We Trust" : la formule orne les billets de banque américains. Mais qu'est-ce que l'argent a à voir avec Dieu ou la religion ? Le capitalisme comme religion, l'un des textes les plus célèbres de Walter Benjamin, soutient que l'investissement, la spéculation, les opérations financières, les manoeuvres boursières, l'achat et la vente de marchandises, sont les éléments d'un culte et que le capitalisme est une religion à part entière. Les textes qui composent se recueil sont suivis du "Caractère fétiche de la marchandise et son secret", de Marx.

    Avec une préface de Baptiste Mylondo, philosophe et économiste, spécialiste de la décroissance et l'un des promoteurs du revenu minimum universel.

  • C'est dans cette fameuse histoire critique de la photographie que Walter Benjamin définit pour la première fois le concept d'aura, clé de voûte de sa théorie esthétique, ainsi que la notion d'inconscient optique, ce quelque chose qu'en prenant une photo nous captons sans le savoir et que, par exemple, certains psychogénéalogistes vont traquer pour éclairer notre histoire. Petite histoire de la photographie (1931) est suivi de Un portrait d'enfant (1934), où Benjamin, analysant une photographie du jeune Kafka baignée de tristesse, se trouve soudainement renvoyé à sa propre enfance.
    Avec ce livre, qui est l'autre volet de L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, partez en compagnie d'un maître penseur à la recherche de la puissance des images.

  • À l'occasion d'une célèbre polémique avec Proudhon, Marx règle, dans Misère de la philosophie, ses comptes avec une certaine idée du socialisme et de l'économie. Critiquant le socialisme "petit-bourgeois", il précise ses thèses et en donne une version très accessible dans un texte brillant - et directement écrit en français - qui peut servir d'introduction pour qui veut s'initier à cet auteur. Outre la préface de Jean Kessler, qui répond à la question: "Peut-on encore lire Marx aujourd'hui?", le lecteur trouvera ici rééditée une lettre de Proudhon à Marx dans laquelle il repousse l'idée de révolution brutale.

  • Sur le concept d´histoire, Walter Benjamin Traduit de l´allemand par Olivier Mannoni Préface de Patrick Boucheron Traduction inédite Éditions Payot « Il a les yeux écarquillés, la bouche ouverte, les ailes déployées. Il a tourné le visage vers le passé. Il aimerait sans doute rester, réveiller les morts et rassembler ce qui a été brisé. Mais une tempête se lève... » Au printemps 1940, quelques mois avant de se suicider, Walter Benjamin rédige une suite d´aphorismes denses et étincelants, bouleversants blocs de prose poétique au centre desquels rayonne Angelus Novus, le tableau de Klee, que le philosophe associe à l´Ange de l´Histoire. Réunis sous le titre de Sur le concept d´histoire, ces aphorismes sont le texte le plus commenté de Benjamin. Leur répondent ici deux autres essais : « Eduard Fuchs, le collectionneur et l´historien » (1937), et le célèbre « Paris, la capitale du XIXe siècle » (1935), traversés par une même question : peut-on sauver le passé ?

  • C'était le 28 avril 1912. Bergson parlait, comme souvent, devant une salle archi-comble. Une heure plus tard, dira-t-on avec enthousiasme, il avait démontré l'immortalité de l'âme. Sa célèbre conférence, "L'âme et le corps", peut se lire comme une introduction à Matière et mémoire. Elle illustre aussi que "philosopher est un acte simple".

  • Comment concilier action et rêve, vie et poésie ? Walter Benjamin pensait que l'art pouvait transformer le monde et changer la vie. D'où son intérêt pour le surréalisme dans trois textes fascinants des années 1920-1930 : "Le kitsch du rêve", "Le surréalisme, dernier instantané de l'intelligentsia européenne" et "Sur la localisation sociale actuelle de l'écrivain français", où ce philosophe passionné de littérature développe son célèbre concept d'illumination profane et explore les forces de la créativité contre le capitalisme.

  • Naître et donner naissance ne vont plus de soi. Nombreux sont ceux et celles qui remettent en question leur désir de reproduction. Sans compter le désir parfois contrarié d'enfant (infertilité, âge trop avancé, etc.). Autrefois considéré comme miraculeux et spontané, cet acte est de plus en plus soumis à une logique de contrôle. D'un côté, il est de plus en plus déterminé, mécanisé et médicalisé : PMA, clonage, manipulations génétiques. De l'autre, la fatalité climatique assombrit tout projet tourné vers l'avenir. Sommes-nous déjà trop nombreux ? Peut-on vraiment donner naissance à un être dans un monde en ruine ? Impensé par la philosophie, il est urgent d'interroger et de dessiner les contours de l'acte qu'est naître et s'engager au monde afin de répondre aux défis de l'anthropocène. Pour que la naissance contribue à sauvegarder la permanence d'un monde habitable.

  • Comment transmettre le passé ? Est-ce possible dans un monde régi par l'information brute et l'immédiateté ? Les trois célèbres textes réunis ici - La tâche du traducteur (1923), Expérience et pauvreté (1933), Le conteur (1936) - sont traversés par cette idée : depuis la Première Guerre mondiale, l'expérience a perdu de sa valeur, ce que l'on a soi-même vécu n'est quasiment plus mis en mots et transmis d'une génération à l'autre. Benjamin livre ici une poignante réflexion sur la beauté de ce qui disparaît, le sens de l'histoire et notre attitude ambiguë vis-à-vis du passé.

  • Les grandes villes et la vie de l´esprit suivi de Sociologie des sens par Georg Simmel Traduit de l´allemand par Jean-Louis Vieillard-Baron et par Frédéric Joly. Préface de Philippe Simay. Éditions Payot Quelle est la psychologie de l´habitant des grandes villes ? Son rythme de vie est-il à l´origine de son individualisme ? Comment s´adapte-t-il aux normes de la société ? Et surtout : que ressent-il ? Pourquoi le regard, l´ouïe, l´odorat sont-ils si importants pour comprendre les interactions sociales dans un environnement urbain ? Georg Simmel (1858-1918), philosophe allemand, pionnier d´une approche écologique de la ville, est notamment l´auteur de Philosophie de l´argent, La Tragédie de la culture et Philosophie de la modernité.

  • Pourquoi avons-nous cette étrange impression que la ville ne nous appartient pas ? De n'être que de passage alors même que nous y résidons ? Quel est ce malaise que nous ressentons à la vue d'un banc design segmenté en places individuelles, de pics au rebord d'une vitrine, de grillages et de caméras tous azimuts ? Ce sont autant de symptômes de suspicion et de mépris de la ville à notre égard, autant de sensations de dépossession. Loin d'être une chose inerte, l'espace urbain formé par les urbanistes et architectes est politique, vivant et signifiant. Il envoie des signaux de reconnaissance et de mépris à destination de ceux qui y vivent. C'est pourquoi il est plus que temps d'apprendre à décrypter le langage urbain pour pouvoir reprendre place en son sein et exiger de ceux qui la fabriquent, architectes et politiques en tête, qu'ils prennent en compte sa destination véritable : servir ses habitants.

  • Comment garder la maîtrise de soi et de son corps en société ? Cette question est au coeur de L'Art de se taire qui, dès sa parution en 1771, rencontre le succès. Son auteur, Joseph Antoine Toussaint Dinouart (1716-1786), ecclésiastique, traducteur et polémiste, érudit et bel esprit, propose à la société des salons et des dîners, qui craint alors la dissipation, le bavardage et les mauvais propos, un modèle de comportement calqué sur ceux de la religion et de la Cour. Rien moins, donc, que l'art de dissimuler, d'avoir une bonne contenance et de tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler, un art qui, paradoxalement, accorde une importance toute particulière, au langage du corps, qu'il faut apprendre à décrypter...

  • Que faire de la religion, que tout concourt à déqualifier, mais qui résiste, obstinément, à la menace de sa disparition ? Et qui résiste, non pas comme un vestige du passé, mais comme une ressource de mobilisation, une source de sens et de légitimité de l'action collective, un outil de construction de soi, en dépit de tout, parfois au risque du pire ? Cette question est au coeur des quatre principaux essais, dont deux sont inédits en français, que Simmel consacre, entre 1903 et 1912, à la religion et à la religiosité : « Du salut de l'âme », « La religion », « La personnalité de Dieu » et « La religion et le positionnement religieux aujourd'hui ». 
    Avec une préface de Denis Pelletier, historien, spécialiste du catholicisme, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (Paris).

  • Nous n'oublions rien : tout ce que nous avons perçu, pensé, voulu, persiste indéfiniment. Dès lors, où les souvenirs sont-ils stockés ? Peut-on les convoquer par le rêve ? Que voit-on quand on rêve ? A-t-on des sensations physiques ? Rêver demande-t-il des efforts ? Et peut-on avoir des idées, créer, en rêvant ? C'est à la matérialité du rêve que s'attache ici Bergson. Son texte est suivi d'un magnifique écrit de Robert Louis Stevenson, Un chapitre sur les rêves, que Bergson commente et qui, plus tard, fascinera Jorge Luis Borges. Féru de psychologie, Stevenson y pressent, dès 1888, l'importance de ce que Freud appellera inconscient.

  • Introduction à la métaphysique, par Henri Bergson Préface de Nicolas Novion Payot Voici l´essai qui a rendu Bergson célèbre dans le monde entier. L´auteur du Rire y invente une nouvelle méthode en philosophie et une façon inédite de pratiquer la métaphysique. Qu´est-ce donc que la métaphysique ? C´est reconnaître que tout n´est pas parfait dans l´ordre du savoir, que l´insatisfaction y règne même, et qu´il faut, pour appréhender le monde, utiliser l´intuition. Bref, ce n´est pas quitter un monde instable et mouvant pour rejoindre une réalité ferme et stable, c´est plutôt plonger au coeur des choses, saisir la vie même...

  • Psychologie des femmes, de Georg Simmel Préface de Jean-Jacques Guinchard Traduit par Frédéric Joly Texte inédit Éditions Payot Pour bien vivre en société, il faut soi-même avoir trouvé la bonne distance avec les autres. Penseur de la sociabilité, du plaisir d'être ensemble, Georg Simmel (1858-1918) est l'un des premiers sociologues à s'être intéressé sérieusement à la question féminine. Il le fit dès 1890, dans cette Psychologie des femmes qui était restée inédite en français. Empathie, sentiment amoureux, prostitution, coquetterie, stratégies de séduction, sens même de l'acte sexuel sont autant de thèmes qui lui permettent d'étudier la différence des sexes - radicale, selon lui - et les solutions que les hommes et les femmes inventent au quotidien pour se définir les uns par rapport aux autres.

  • Certains des plus beaux textes de la philosophie ont été écrits à l'approche de la mort. Ce livre ultime de Georg Simmel ne fait pas exception. Atteint d'un cancer, le célèbre philosophe et sociologue allemand, disparu en 1918, à soixante ans, se penche avec intensité, émotion et subtilité sur le mouvement de la vie, le temps et le dépassement de la mort.
    Inédit en français, animé par une vision sereine, non angoissante, de la mort, Intuition de la vie, où Simmel offre une alternative à l'impératif moral kantien et repense l'élan vital de Bergson, a suscité l'admiration de philosophes parmi les plus importants du XXe siècle, dont Martin Heidegger, Raymond Aron et Vladimir Jankélévitch.

  • L´intuition philosophique suivi de : De la position des problèmes par Henri Bergson Préface de Jean-Jacques Guinchard Éditions Payot Durée et intuition - les deux notions clés de la pensée de Bergson sont ici rassemblées en un volume et deux textes : une conférence de 1911 (« L´intuition philosophique ») et le fameux essai qui introduit en 1934 La Pensée et le Mouvant (« De la position des problèmes »). Qu´est-ce donc qu´un problème en philosophie ? En quels termes le pose-t-on ? Comment le résout-on ? Une intelligence intuitive permet-elle de philosopher ?

  • Le destin, la violence, la mort : écrits entre 1921 et 1929, les textes qui composent ce recueil (Critique de la violence, Destin et caractère, Le concept de destin dans le drame de la fatalité, Brèves ombres) contiennent en germe toute la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin et poussent leurs ramifications jusque chez Michel Foucault et Giorgio Agamben. Ils nous parlent de nous, du pouvoir, de nos luttes.

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