Éditions Somme toute

  • Pourquoi les personnes courageuses ont-elles des couilles, alors que les mauviettes doivent s'en faire pousser une paire ? Pourquoi dit-on d'une femme qu'elle tombe enceinte, mais d'un homme qu'il la met enceinte ? Pourquoi les femmes sont-elles bavardes comme des pies si ce sont les hommes qui mecspliquent ? D'où vient notre tendance à disséquer les femmes en un panier de fruits : des melons ou des prunes à la poitrine, une peau d'orange, la cerise pour l'hymen ? Pourquoi les blagues de blondes font-elles rire ? Depuis combien de siècles les femmes sont-elles hystériques ? Pourquoi l'homme est-il conquérant quand la femme est facile ?

    La réponse à ces questions et à bien d'autres se trouve dans ce Dictionnaire critique du sexisme linguistique, recensant des centaines d'expressions sexistes. Un projet qui invite les féministes à passer des actes à la parole !

    Suzanne Zaccour et Michaël Lessard vous invitent à la rencontre d'une trentaine de voix féministes québécoises de différents milieux, qui relèvent le pari de faire rire, sourciller, décrier, sourire et grimacer avec des textes aussi riches que colorés.


    Avec la collaboration de : Dorothy Alexandre, Dalila Awada, Isabelle Boisclair, Marie-Anne Casselot, Catherine Chabot, Sarah R. Champagne, Élise Desaulniers, Audrey-Maude Falardeau, Catherine Dussault Frenette, Rosalie Genest, Marilyse Hamelin, Naïma Hamrouni, Céline Hequet, Caroline Jacquet, Sarah Labarre, Diane Lamoureux, Louise Langevin, Louise-Laurence Larivière, Widia Larivière, Annick Lefebvre, Judith Lussier, MamZell Tourmente, Catherine Mavrikakis, Emilie Nicolas, Florence Ashley Paré, Julie Podmore, Marie-Michèle Rheault, Sandrine Ricci, Camille Robert, Annelyne Roussel, Marie-Ève Surprenant, Cathy Wong, Suzanne Zaccour

  • On estime qu'au rythme où vont les choses, il faudra encore deux cents ans avant de résorber les inégalités qui perdurent entre les hommes et les femmes. De la rémunération pour un travail égal au partage de la charge mentale, en passant par la représentativité dans les rôles de pouvoir et la prise en charge des plaintes pour agression sexuelle, on connaît les combats à mener.

    Le féminisme a beau connaître un regain de popularité, il continue de susciter des réactions négatives, voire carrément hostiles. Mais de quoi a-t-on peur quand on craint le féminisme et ses revendications? Et que se passerait-il si on cessait de résister?

    Les brefs essais qui composent ce livre explorent les entraves à l'égalité entre les sexes en anticipant les manières dont cette égalité s'articulerait si elle était atteinte. Les autrices et auteurs imaginent et décortiquent avec inventivité les moyens par lesquels la société serait devenue égalitaire, tant du point de vue du travail, de l'urbanisme, de l'économie, de la famille, que du couple. Ils proposent des repères pour envisager l'égalité entre les sexes comme un projet dont la portée est autant politique et économique qu'elle est intime.

    En imaginant les avancées rêvées, les angles morts à considérer et les territoires où le changement reste à générer, ce livre est une réponse à ceux qui affirment qu'on n'a plus besoin du féminisme.

  • Observateur attentif de la société américaine depuis des décennies, Serge Truffaut est d'abord et avant tout un passionné de jazz. Un fou de jazz, sur lequel il ne cesse d'écrire dans le quotidien Le Devoir, même s'il y a officiellement pris sa retraite après quelque 35 ans de travail passionné. Conteur au style inimitable, Truffaut propose ici un regard unique sur le jazz, à travers des portraits de grands noms qui ont nourri cette musique de partage, où les échanges entre musiciens, d'une formation à l'autre, d'une écoute porteuse d'improvisations à une autre, en font un art qui épouse si bien l'histoire dans lequel il s'est déployé. Le jazz ne se réduit pas aux quelques figures de génie dans laquelle on l'enferme souvent, comme le montre bien Truffaut à travers le portrait de près d'une quarantaine de musiciens. Et pour bien montrer l'ancrage de cette musique dans l'espace qui l'a vu naître et se développer, c'est aussi le rôle clé de certaines villes dans l'histoire du jazz que Truffaut esquisse : Kansas City, Détroit et d'autres villes encore prennent ici une couleur qu'on ne leur soupçonnait pas. Le tout avec des dessins inédits de Christian Tiffet, qui contribuent à sortir le jazz d'un imaginaire saturé par des photos qui n'épuisent pas la richesse de cette tradition musicale.

  • Le photographe Sébastien Raymond signe un essai sur les habitudes photographiques des gens. Sur comment l'arrivée du numérique a changé que ce soit les habitudes des professionnels du médium photographique que celles des amateurs. Il ne suffit que d'aller au centre-ville pour remarquer la quantité incroyable de photos qui se prend à l'aide de téléphones cellulaires. Mais qu'arrive-t-il de ces photos? La plupart d'entre elles ne seront jamais regardées. Vivons-nous encore le moment présent? Choisissons-nous réellement ce que nous voulons prendre en photo ou sommes-nous seulement rendus avides de quantité? Est-ce que ces photos servent seulement prouver que nous existons, en les partageant sur les réseaux sociaux? Pourquoi prenons-nous toutes ces photos? Un petit essai personnel levant voile sur notre désir constant d'être en représentation, sur notre façon de lire les images et sur les mutations du métier de photographe. Le texte est accompagné de photographies de Sébastien Raymond.

  • La discrimination, les oppressions et les préjugés que subissent les gros et les grosses restent aujourd'hui parmi les formes de stigmatisation les plus banalisées. Au nom de la santé, les personnes grosses sont marginalisées, ridiculisées, condamnées, isolées. Renforcées autant par les médias, les productions culturelles ou un certain discours médical, les déclarations grossophobes circulent aujourd'hui librement en ne provoquant que de rares réactions, sinon des rires.

    Mais est-il inéluctable que les caricatures de Gaétan Barrette concernent uniquement son poids? Les personnes grosses ont-elles toujours le diabète? A-t-on besoin d'abdominaux pour changer le monde? Peut-on vraiment aimer un corps gros?

    Entre témoignage, analyse sociale et discours militant, La vie en gros propose un regard sur ces violences diverses et quotidiennes qui se manifestent autant dans la vie professionnelle que dans les relations amoureuses, dans les transports en commun ou à l'hôpital, sur la couverture d'un magazine ou au grand écran. Mickaël Bergeron part de cette idée que si l'on se préoccupait vraiment de la santé des personnes grosses, on les aimerait avant de les rabaisser.

  • Dès les années 1970, le mouvement féministe québécois s'est largement mobilisé pour obtenir la reconnaissance sociale et économique du travail ménager. Toutefois, à partir des années 1980, cette lutte a été écartée, tant du mouvement des femmes que de son histoire. Combat abandonné, mais non gagné, son fardeau continue de peser aujourd'hui sur les femmes. Si la conciliation travail-famille ou la répartition des tâches dans le couple sont des thématiques présentes dans l'espace public, ce sont encore largement les femmes qui en assument la responsabilité. Ce livre propose une analyse historique des discours féministes sur le travail ménager et des débats entourant sa reconnaissance, à travers trois avenues : la socialisation, le salaire au travail ménager et les réformes gouvernementales. Rendre visible un travail qui ne l'est pas et réinscrire au sein des luttes féministes les enjeux liés à la reproduction sociale, tel est le but de cet ouvrage documenté et rigoureux.

    *Ce livre est inspiré du mémoire de maîtrise de Camille Robert qui a remporté le prix de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant lors de la remise annuelle des Prix du livre politique de l'Assemblée nationale.*

  • Le scénario est une forme d'écriture ingrate, puisque l'oeuvre finale ne sera jamais le scénario lui-même, mais bien un long métrage qui devra passer à travers le regard de plusieurs intervenants. Aussi maîtrisé soit-il, le scénario peut parfois être trahi par le film qui le transpose en images et en sons. Lors de l'écriture, le scénariste doit se soumettre à des règles dont un romancier par exemple peut aisément se libérer. Alors qu'un auteur de roman peut entrer dans la tête de ses personnages pour nous laisser savoir ce qu'ils pensent ou ressentent, le scénariste lui, doit se limiter à ce qui peut être montré et dit, il doit donc s'en tenir aux actions de ses personnages et à leurs dialogues.

    Romancier et scénariste de longue expérience, Pierre Billon témoigne ici que l'écriture scénaristique, malgré ses exigences et ses contraintes, se révèle être aussi une aventure passionnante et gratifiante, autant par ses joies que par ses difficultés, par l'esprit d'invention et de dépassement dont il faut faire preuve et par l'attention constante aux moindres détails susceptibles d'accroître l'intérêt et la tension du récit.

    Cet ouvrage complet et détaillé ne propose pas de recettes faciles et « infaillibles ». C'est au contraire le témoignage d'un praticien lucide qui nous partage ses connaissances, en se gardant de les prendre pour d'incontournables vérités. Il n'en demeure pas moins qu'il nous invite à le suivre sur un terrain qu'il connaît parfaitement et où son enthousiasme de guide est contagieux.

  • L'accès à la culture est plus grand qu'il ne l'a jamais été. Toutefois, les artistes ne semblent pas profiter d'une émancipation conséquente. C'est que la culture est enclavée. Entre autres par l'industrie culturelle qui rend incontournable sa production de masse et par les algorithmes de recommandation qui renvoient aux oeuvres les plus populaires. Quantité d'oeuvres restent confinées à un espace restreint.

    La culture obéit en grande partie aux règles du libre marché et reproduit le fonctionnement de notre système économique. Les inégalités sociales trouvent leur équivalent dans la disparité entre les rares artistes qui atteignent des sommets de popularité et la majorité qui tire le diable par la queue. Le modèle culturel des États-Unis domine le marché tout autant que son modèle économique. La concurrence, la performance, la dérèglementation, les résultats mesurables et l'emprise des grandes firmes caractérisent le monde culturel contemporain.

    Dans son ouvrage, Claude Vaillancourt s'interroge sur la place de la culture à l'ère de la marchandisation. Comment peut-on favoriser une meilleure diffusion de la diversité ? Est-il possible d'évaluer les oeuvres selon d'autres critères que le succès commercial ? De quelles façons les artistes peuvent-ils vivre de leur art alors que l'accès aux oeuvres est souvent gratuit ? Ce livre ouvre une riche réflexion et propose des solutions en vue d'améliorer une situation qui crée trop de laissés-pour-compte.

  • Les mois se suivent et se ressemblent : scandales, outrances, tweets vénéneux, faits alternatifs, bouffonneries et autres gâchis se succèdent à la Maison-Blanche comme si Donald Trump refusait qu'une seule journée soit consacrée à autre chose qu'à rendre son mandat présidentiel le plus extravagant de l'histoire américaine. Sur fond de racisme décomplexé, de conflits d'intérêts, de magouilles électorales et de haine grimpante, le chef de l'exécutif refuse, rage, invective, méprise, renvoie, bouscule, trafique, ment, insulte, détruit.

    Mais quels intérêts Trump cherche-t-il vraiment à défendre? Et comment y arrive-t-il? Doit-on simplement voir en lui un grotesque milliardaire ou encore un fin manipulateur?

    Dans ce deuxième opus de sa série sur Trump, Serge Truffaut propose le récit des 15 mois qui forment le coeur de sa présidence (mars 2018 à mai 2019). En livrant un portrait exhaustif de ce mandat hors norme, ce livre permet de mettre en évidence et de relier les lignes de fracture, les tensions, les abus et les révoltes qui le ponctuent.

  • Tout le monde s'entend pour dire que la langue française a changé au fil du temps. Pourtant, on semble avoir plus de mal à accepter qu'elle se transformera encore, et pas seulement en gagnant de nouveaux mots. Elle changera dans sa structure et dans son fonctionnement, comme elle l'a déjà fait à maintes reprises. Les évolutions linguistiques ne sont pas des dégradations, des appauvrissements ou du nivellement par le bas. La langue moderne n'est pas l'état optimal que plus rien ne peut ni ne doit atteindre. Le prétendre peut être dangereux, car les locuteurs, par qui la langue existe, peuvent se lasser d'une langue anachronique, et se tourner vers une autre langue qu'ils perçoivent comme plus adaptée à leurs besoins. Pour maintenir la langue française au Québec, au lieu de vouloir la conserver sous une cloche de verre, ne faudrait-il pas plutôt l'affranchir, et se raccommoder avec l'évolution linguistique?

    À la suite de La langue rapaillée, Anne-Marie Beaudoin-Bégin plaide ici pour que les Québécoises et les Québécois se réapproprient avec fierté leur langue et cessent, notamment, de craindre des emprunts à l'anglais. Instructif, documenté et rigoureux, son nouveau livre est également un vibrant appel à embrasser le changement linguistique.

  • Faire l'histoire d'une langue, c'est faire l'histoire des gens qui l'ont parlée, écrite, chantée, vécue. Un mot seul ne peut changer de sens comme par génération spontanée. Ce sont les personnes qui l'utilisent dans différents contextes qui, lui accordant de nouvelles connotations, ou le rattachant à une nouvelle réalité, inconsciemment ou non, lui donnent un nouveau sens. L'histoire de la langue française est faite de ces décisions arbitraires, de ces accidents de parcours, de ces concours de circonstances. Si le français a été la lingua franca de prestige pendant longtemps, ce qui fait qu'il en garde encore les rubans et les paillettes, il n'est pas que ça, et il n'a pas été que ça. Il a été aussi la langue des gens ordinaires, des gens dont on ne parle pas dans les livres. Mais ce sont ces gens qui ont contribué à faire du français ce qu'il est aujourd'hui. L'histoire du français, c'est aussi leur histoire. C'est notre histoire. Il est temps de nous l'approprier.

    Dans ce dernier livre de la trilogie sur la langue, Anne-Marie Beaudoin-Bégin met en lumière, avec toujours plus de justesse et de pédagogie, les liens qui unissent les gens à une langue. À quel point langue et société se nouent dans des habitudes lexicales mais aussi leurs transformations. Les deux premiers livres de l'autrice, La langue rapaillée (Somme toute, 2015) et La langue affranchie (Somme toute, 2017), sont sur les listes d'études de nombreux programmes et de nombreuses formations en linguistique. Ces livres audacieux, parfois même irrévérencieux, symbolisent la réappropriation d'une langue pour en faire une fierté.

  • Le 20 janvier 2017, le 45e président des États-Unis prêtait serment sur les marches du Capitole, à Washington. Donald Trump amorçait ainsi la présidence la plus extravagante de l'histoire américaine. Accro aux tweets et en guerre ouverte avec les médias, qu'il combat à coups de faits alternatifs, Trump n'a depuis cessé de bousculer tous ceux et celles qui osent s'opposer à lui, même si des soupçons de toutes sortes planent continuellement au-dessus de sa tête.

    Serge Truffaut suit au jour le jour, depuis ses tout débuts, cette présidence hors normes. Il propose le récit des 14 mois ayant marqué l'arrivée au pouvoir d'un homme en train de bouleverser le paysage de la politique américaine. Nourri de nombreuses pérégrinations de l'auteur au pays de Donald Trump, ce livre permet de cartographier et de relier les scandales et les outrances qui ponctuent ce mandat présidentiel, donnant ainsi la mesure de l'énorme gâchis que ce président laissera en héritage sur les plans environnemental, international, social et juridique, entre autres.

  • Le français québécois est souvent présenté comme du joual, comme du mauvais français, comme un simple registre populaire qui contrevient au contenu des sacro-saints ouvrages de référence. Cela entache l'identité québécoise d'une profonde insécurité. Mais si on le présente dans toute sa complexité, comme une variété de langue légitime et pour laquelle les locuteurs ont un droit de regard, on nettoie cette tache. On donne à l'identité québécoise tout le lustre dont elle a besoin
    pour s'épanouir. Cette langue, elle est à nous. Récupérons-en toutes les dimensions, toutes les variations, tous les jugements et disons : « Voilà notre langue rapaillée. »

  • Croatan, c'est cette île légendaire où les pirates prétendaient aller, l'endroit où l'on disparaît. De nombreux capitaines de marines royales, croyant les débusquer, se seraient ainsi retrouvés dans des baraquements vides, devant un écriteau « Gone to Croatan ». Il ne fallait pas chercher l'endroit sur une carte, mais comprendre plutôt qu'on ne les retrouverait pas. Michel Vézina a fait de Croatan sa destination préférée et il en a souvent parlé à demi-mot comme d'un vieux secret. Ce livre nous fait enfin visiter les lieux.

    L'auteur a été chroniqueur pendant quinze ans. Ses textes mêlaient commentaire politique, critique littéraire, récit de vie, coups de gueule. Aujourd'hui, Vézina se permet de ne plus jouer le jeu médiatique, il prend le temps, remplace les chroniques par le carnet, en format livre plutôt qu'en blogue. Et c'est tout son rapport à la culture, à la société, qui change. Car partir pour Croatan, ce n'est pas que fuir, c'est résister, espérer. Les textes qui composent ce livre sont ainsi plus libres, à la fois plus éclatés et plus exigeants. Ils recherchent beauté et humanité en dehors des normes; ils racontent, avec ce mélange d'amour et de colère, la vie au fond des bois et la démarche d'écriture comme des voyages en diagonale.

    Une lecture pour poètes-écolos wanna be pirates.

  • Avec sensibilité et humour, Sylvie Laliberté remonte le fil de sa vie, depuis son enfance rêvée dans les livres jusqu'à aujourd'hui, alors qu'elle côtoie la vieillesse de son père. Se jouant des conventions, elle nous livre par petites touches un récit à propos de l'identité, du bonheur, de l'amour et de toutes ces grandes et petites choses du quotidien.

  • De la condamnation de l'enrichissement personnel par Aristote à la critique du fanatisme du marché de Joseph Stiglitz, en passant par la lutte de Milton Friedman contre l'interventionnisme ou la taxe sur les transactions financières proposée par James Tobin, ce guide présente la vie et les idées maîtresses de près de 80 grands penseurs de l'économie. Ce livre est une mine d'informations et de repères pour tout public, que l'on soit étudiant, enseignant ou simple curieux de la chose économique, c'est une alliance de pédagogie et d'érudition pour nous éclairer sur notre système économique actuel.

  • Inspiré par la prophétie de trois sorcières et par les conseils de sa femme, le général Macbeth assassine le roi d'Écosse pour s'emparer du trône. Ce meurtre, premier d'une longue série, le plonge dans la culpabilité et le fait sombrer dans la folie.

    En transposant ce texte culte, écrit en 1606, en langue vernaculaire québécoise, Garneau rompt avec la tradition des traductions françaises de Shakespeare et lui rend tout son pouvoir d'évocation. Le Macbeth de Garneau frappe par sa puissance poétique, véritable réincarnation de la parole shakespearienne. Traduite entre l'élection du Parti québécois et le premier référendum, et inspirée de la langue québécoise populaire puisée à même sa source ancestrale, la pièce devient un texte culte, faisant accéder le québécois au rang de langue mythique. Garneau rend ici à l'oeuvre de Shakespeare ses dimensions politique, poétique et pulsionnelle. La «pièce écossaise» n'aura jamais été aussi sentie, vibrant sous la langue libre et souple du traducteur.

  • «À Baie-Trinité, Hélène et les servantes aménageaient la nouvelle maison. Elles avaient la garde des petits pendant qu'à Mingan, Mary-Luce attendait incessamment son septième enfant. Le coeur n'était pas à la besogne, mais plutôt à l'angoisse. Elle s'inquiétait d'Alex. L'adolescent était certainement perdu, noyé lors d'un naufrage. La goélette qui devait le ramener avait passé vers le 27 mai. La seule nouvelle qu'on avait pu donner à la famille, c'est que le jeune avait quitté Trois-Rivières au tout début de mai.» Napoléon-Alexandre Comeau, le fondateur de la ville de Baie-Comeau, est au centre de ce roman historique. Il fait partie des grands personnages qui ont contribué à bâtir le Québec. À la fois explorateur, photographe, télégraphiste, maître de poste, inspecteur, guide, trappeur, voyageur, naturaliste, ornithologue, médecin, chasseur et pêcheur, il est à l'image de la Côte-Nord : débrouillard, immense et libre. Grâce à la plume sensible de Pauline L. Boileau, c'est toute une époque qui revit à travers son histoire.
    Née à Québec, Pauline L. Boileau a été comédienne, animatrice à la radio et à la télévision, journaliste et professeure. Elle a consacré vingt ans de sa vie à la défense des droits des consommateurs. Elle est la petite-fille de Napoléon-Alexandre Comeau.

  • «La télé, la radio, les journaux, ils exultent sous le conseil. On nous parle partout de vie pratique. Ça ne me repose pas d'entendre parler de vie pratique, ça m'ennuie. Au coton. Et comme je l'ai déjà dit, les gens trouvent peut-être ça inutile les analyses, la philosophie, les discussions intellectuelles, mais, pour ma part, faire venir trois spécialistes pour parler pendant vingt minutes de bûches écologiques, c'est quand même assez élevé dans l'échelle de l'inutilité.
    On nous dira qu'il y a un public pour ça. Certes, certes. Il y a un public pour tout. Mais il y a aussi un public qui ne veut pas de ça. Alors il fait quoi ?»
    «Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément.»
    Ces paroles de Nicolas Boileau pourraient facilement s'appliquer à la démarche de Catherine Voyer-Léger lorsqu'elle écrit ses chroniques. D'abord publiés sur le blogue de l'auteure, les textes réunis dans cet ouvrage couvrent des sujets aussi divers que la critique culturelle, le féminisme, la place des arts dans notre société, l'écriture, le rapport au corps et la littérature. À la fois précise et nuancée, la plume de Catherine Voyer-Léger creuse des pistes de réflexion qui nous sortent de notre confort et de notre indifférence.
    Après des études supérieures en science politique, Catherine Voyer-Léger consacre sa carrière à sa passion, les arts et la culture. Elle travaille actuellement comme directrice du Regroupement des éditeurs canadiens-français. En plus de fréquenter frénétiquement les lieux culturels d'Ottawa et de Montréal, elle est connue comme blogueuse prolifique et tweeteuse hyperactive. Détails et dédales est son premier livre.
    Le livre est préfacé par Marie-France Bazzo.

  • «Je me tourne sur le côté, je sens une douleur pointue entre mes seins qui se change en coups de poing, puis en pression constante. Quelqu'un insiste et veut pénétrer mon coeur. La crise cardiaque, elle me suit depuis des années. Elle tachycardise mon temps et mon espace. Elle accélère et ralentit mes gestes. Elle me surprend, m'indispose et ose. Sans cesse, elle m'effraie.» Viscéral serait le bon mot pour décrire l'univers de Passagers de la tourmente. Du dégoût d'une grand-mère pour son petit-fils à la sexualité exacerbée d'une fillette de huit ans, les conventions et les repères habituels ne sauraient y tenir la route. De même qu'aucune ligne droite, pure et sans failles ne sauraient définir tous ces personnages rongés de l'intérieur. Anne Peyrouse fait habilement défiler sous nos yeux leurs réalités dans une langue à la fois crue et sensible, aussi dérangeante que délectable.
    Docteure en littérature, enseignante en création littéraire à l'Université Laval au département des Lettres, directrice littéraire aux éditions Cornac, Anne Peyrouse a publié plusieurs recueils de poèmes et un recueil de nouvelles qui se sont mérité plusieurs prix. Elle a également fait paraître des anthologies sur le slam, sur la poésie amoureuse et la poésie humoristique. Elle écrit pour le magazine Entre les lignes. Passagers de la tourmente est son deuxième recueil de nouvelles.

  • « Moi, tout ce que je veux, c'est une vie loin des tumultes. Comme je suis seul à porter tout le fardeau de mon existence, mes responsabilités me pèsent. Je savais qu'un jour ou l'autre j'aurais la sensation d'être encore trop petit pour supporter tout ça. Maintenant que je suis un adulte, je n'ai plus le choix. Je suis trop investi dans la galère de la vie pour rebrousser chemin. Et c'est justement ça qui fait peur. » Écrire un journal, c'est consigner au fil des jours ce qui nous façonne et nous transforme subrepticement. C'est aussi nommer l'indicible à travers les questionnements, les doutes, les espérances, les défaites, les élans, les petits drames et les rencontres probables et improbables, réelles ou fictives.
    /> Ce livre, où l'on suit les pas d'un jeune homme de vingt ans dans les années 1990 à Montréal, aurait aussi bien pu s'intituler Comme un roman, mais malheureusement ce titre était déjà pris.
    Côté écriture, Éric Simard est une tortue qu'on pourrait comparer à celle de la célèbre fable, car il parvient toujours à finir les nombreuses courses qu'il entreprend, souvent même avant le lièvre. Mine de rien, Le Mouvement naturel des choses est sa quatrième publication en quinze ans. Il nous avait auparavant offert Martel en tête, Cher Émile et Être.

  • «Cache tes coudes, tes genoux et tes clavicules, et porte des bas en tout temps. Ne t'exhibe pas, ne te déhanche pas et retiens tes cheveux par un bandeau. N'écoute pas de musique à la mode. Ne chante pas, ni ne fredonne. Ta voix pourrait charmer les mâles présents. Ne lis pas de livres interdits. Ne te lance dans aucun commentaire inapproprié devant les enfants à propos de sottises. J'ajoute que tu ne dois, en aucune occasion, fixer les hommes dans les yeux, leur adresser la parole, les toucher ou bien les frôler. Ne tends jamais la main la première, ne serait-ce à une femme, c'est plus prudent.» À la suite d'un drame, Alexandra Ackerman, une jeune fille russe intelligente et curieuse, est séparée des siens et trouve refuge chez des juifs hassidim du quartier d'Outremont à Montréal. Déracinée, elle est obligée de se fondre dans des traditions ancestrales qu'elle remet sans cesse en question. Témoin privilégié, Alexandra comprendra rapidement que la famille qui l'héberge cache plusieurs lourds secrets, que ses membres portent en eux des cicatrices profondes laissées par l'histoire de leurs ancêtres.
    Née en France, Magali Sauves vit au Québec depuis une dizaine d'années. Elle a obtenu une maîtrise en éducation à l'UQAM et poursuit aujourd'hui des études doctorales sur les mécanismes de la compréhension de lecture à l'Université de Montréal. Yiosh! est son deuxième roman.

  • Une fois qu'on est dans l'indignité, on ne peut plus s'en sortir. On y sombre. Et le fond semble étrangement lointain. On regarde les livres sur nos tablettes : La première année de bébé, Comment nourrir sainement votre progéniture ou Aider votre enfant à bâtir son estime de soi. On les regarde, ces bouquins, et on ricane. La première année de bébé nous semble noyée dans le brouillard du manque de sommeil. Côté nourriture, aucune inquiétude, puisque c'est avec notre équilibre mental que notre progéniture casse la croûte. Quant à l'estime de soi, c'est plutôt celle des parents qu'il faut rebâtir brique par brique, roman policier par roman policier, gin tonic par gin tonic.
    Et tome par tome, d'où ce tome 2 qui, espérons-le, vous fera rigoler autant que le premier. On pourrait aussi bien dire que ça vous fera réfléchir, mais ce serait un mensonge éhonté.


    Longue vie à l'indignité!

    Caroline Allard a mis deux enfants au monde. Bien qu'elle les aime énormément, elle ne peut réprimer une envie irrépressible de défoulement qu'elle soulage en écrivant des chroniques rigolotes à leur sujet. Son premier roman, tiré de son blogue, a remporté le Grand Prix littéraire Archambault et lui a aussi permis de visiter moult Salons du livre, ce qui a pour avantage de l'autoriser à fuir ponctuellement la maison pour s'amuser en bonne compagnie. Son principal projet d'avenir est (cochez la bonne réponse): A) Avoir 13 autres enfants pour subséquemment écrire 13 nouveaux tomes de Mère indigne; B) Attendre que ses filles grandissent pour leur faire rédiger ses chroniques à sa place; ou C) Aller se préparer un gin tonic, parce qu'écrire une bio, ça donne soif.

  • être

    Eric Simard

    «Boris ne veut plus avancer. Il a la chienne. Il ne comprend plus ce qui lui arrive. Avant, il se foutait des autres et de leur stupidité. Maintenant, il est tout à l'envers à la seule idée de mettre le gros orteil dans la cour de récréation. En même temps, c'est tellement clair dans sa tête qu'il n'a plus envie qu'on le traite comme on l'a toujours fait. Pour une fois dans sa vie, il aimerait pouvoir faire une entrée discrète et se fondre dans le décor sans qu'on se rende compte de sa présence.
    Être là, tout en ayant l'air de ne pas y être. Comme la plupart des autres enfants.» L'existence est au coeur de ce recueil de nouvelles qui s'intéresse aux actions importantes de la vie d'un être humain. Qu'ils vivent en marge de la société ou non, de Vivre à Mourir, on découvre des facettes complexes de personnages qui se battent pour exister pleinement. À la fois dérangeant, dur, tendre et émouvant, jamais désespéré ni complaisant, l'auteur reste fidèle au style qui le caractérise.

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