Artois Presses Université

  • Les métaphores de la traduction Nouv.

    S'il existe nombre de travaux consacrés à la question de la traduction des métaphores et de leur problématique transposition dans telle ou telle langue, la réciproque - l'étude des métaphores de la traduction - est encore à l'état embryonnaire. Pourtant, la mise en évidence de champs et de sous-champs métaphoriques de la traduction plus ou moins étroitement articulés en système est de nature à éclairer le sens de l'opération traductive. C'est dans cette perspective que François Géal a lancé en 2015 le projet TMT - Trésor des métaphores de la traduction -, base de données sur les métaphores de la traduction, en français et dans une dizaine de langues « majeures », consultable sur internet. La collecte est destinée à se poursuivre dans les années qui viennent, permettant d'affiner les catégories métaphoriques qui structurent cet ensemble, mais le temps des premières analyses est venu. Mettant en lumière l'intérêt herméneutique de la métaphore, ces contributions jettent un nouvel éclairage sur l'histoire des traductions.

  • Depuis la naissance du professionnalisme en 1932, plus de 500 footballeurs algériens jouent dans le Championnat de France. D'Ali Benouna à Zinédine Zidane, qui sont ces travailleurs immigrés du sport ? Et quelles sont leurs histoires ? En croisant des archives exceptionnelles et des entretiens inédits avec une centaine d'anciens joueurs et leurs proches, Stanislas Frenkiel révèle un pan méconnu de l'immigration algérienne en France. Loin des masques du business et du spectacle, il met en lumière trois générations de footballeurs professionnels dont les carrières sportives et trajectoires sociales s'inscrivent dans les ambiguïtés et turbulences du XXe siècle : décolonisation et mondialisation, désindustrialisation et émancipation, démocratisation et professionnalisation du sport. À la suite d'une longue et passionnante enquête de terrain et plusieurs dizaines de milliers de kilomètres parcourus en France et en Algérie, l'auteur dévoile un livre de référence sur l'immigration dans le football. Il est issu du remaniement approfondi de sa thèse de doctorat.

  • L'intérêt de cet ouvrage consiste à confronter différents champs disciplinaires sur la notion de frontière au sens propre comme au sens figuré : frontière linguistique, religieuse, économique, sociale, géographique, culturelle, artistique, religieuse et naturellement politique. On y trouvera dès lors des contributions portant sur l'histoire, la géographie, l'histoire de l'art, l'archéologie et les religions, mais aussi des études linguistiques et culturelles. La définition et la perception de la frontière sont envisagées comme une zone de rencontres, d'échanges, de regroupements mais aussi comme une zone de confrontation ou de fracture politique, religieuse, militaire.

  • Cet ouvrage réunit une sélection de textes de chercheur(e)s, de praticien(ne)s de la scène, et d'artistes-chercheur(e)s ayant participé à deux colloques successivement consacrés aux dramaturgies - textuelles et scéniques - de la marionnette. Il s'agit, d'une part, de Corps vivant / corps marionnettique : enjeux d'une interaction, organisé par l'Université d'Artois ; et, d'autre part, d'Espace vivant / espace marionnettique : enjeux d'une interaction, ayant eu lieu à l'Université de Strasbourg. Le lecteur aura ainsi l'occasion de constater que, si la marionnette reste un moyen de dire le monde à partir d'un médium spécifique, elle représente aujourd'hui un secteur artistique très diversifié et en perpétuelle évolution, s'enrichissant non seulement de sa confrontation avec les corps vivants de manipulateurs ou d'acteurs, mais réinventant dans le même temps son espace de représentation.

  • La Révolution française et les secousses qu'elle a durablement engendrées dans toute l'Europe ont souligné de manière inédite l'influence du Verbe sur la politisation collective. Selon quelles modalités le bouillonnement rhétorique de la Révolution a-t-il été assimilé, mis à distance et pour partie réinventé en Europe occidentale dans le demi-siècle qui a suivi, tant chez les partisans que chez les adversaires du mouvement initié en 1789 ? Quelle a été l'incidence de cette rhétorique fondatrice dans la sensibilité des générations suivantes et dans la politisation d'individus n'appartenant pas aux élites sociales ? Du monde anglo-saxon aux confins méridionaux de l'Europe occidentale en passant par le territoire flamand, la rhétorique de 1789 a fait l'objet d'adaptations profondes et significatives, quand elle n'était pas franchement rejetée. En France même, loin d'une diffusion de valeurs républicaines directement issue du Verbe révolutionnaire, les analyses présentées au fil de cet ouvrage suggèrent toute la complexité des entrelacements argumentatifs dans la maturation progressive d'un modèle politique national jusqu'en 1848.

  • Le registre des calenges du bailli d'Arras (26 janvier 1362 - 4 novembre 1376) Nouv.

    Le Registre des calenges du bailli d'Arras, passé presque inaperçu des historiens jusqu'à présent, est digne d'un remarquable intérêt tant pour l'histoire de la ville que pour celle de la justice et de la société du Moyen Âge. Il garde en effet mémoire des poursuites criminelles faites par les échevins sur la saisine (« calenge ») du bailli comtal, du 26 janvier 1362 au 4 novembre 1376, soit en tout cent soixante-dix causes pour lesquelles sont précisés les noms des victimes et des accusés, le récit des faits incriminés - plus de la moitié sont des vols, environ un tiers sont des homicides - ainsi que le mode de défense adopté : aveu, déni, invocation de la légitime défense qui donne lieu à une « contreplainte » dirigée contre la victime. Les dépositions de quelques témoins sont enregistrées pour les deux tiers des affaires. L'accusé est une fois sur deux relaxé, dans le reste des cas banni ou puni de mort, plus rarement condamné à une amende ou une peine corporelle. Le Registre des calenges est ici présenté, intégralement édité et traduit du franco-picard en français moderne.

  • Ce volume constitue le deuxième volet d'une recherche que nous avons voulu consacrer aux écritures théâtrales pour la jeunesse dont le premier est paru en 2015 dans la revue Recherches et Travaux. Ici encore, il s'agit d'examiner comment le rapport à la jeunesse correspond moins à une thématique qu'à un engagement dépassant le seul théâtre destiné aux jeunes et interrogeant à la fois le monde et le théâtre, la jeunesse et les adultes soucieux de regarder le monde tel qu'il va depuis l'enfance. Cet engagement est ici plus précisément étudié via la focale de la poétique du drame - une poétique résolument plurielle qui ne manque pas de vivifier le champ de la littérature théâtrale contemporaine dans son ensemble. Attentif aussi bien aux poétiques de l'engagement qu'à l'engagement du poétique dans le théâtre de jeunesse, ce volume propose d'aller à la rencontre de dramaturgies et de voix singulières, telles celles d'Edward Bond, de Joseph Danan, de Daniel Danis, de Philippe Dorin, de Mike Kenny, de Claudine Galea, de Suzanne Lebeau, de Sylvain Levey ou encore de Dominique Richard.

  • Le corps dans l'écriture musicale Nouv.

    Si la musique naît du corps, l'écriture, en son processus de rationalisation, a contribué à élaborer les manifestations de ce corps jusqu'à un raffinement extrême au point qu'il faut souvent en déplier les multiples médiations, puis en décrypter les éléments épars, pour en recomposer la présence. De l'abstraction la plus rigoureuse de certains processus compositionnels, qui confinent à la maîtrise de toute dimension corporelle, jusqu'à la surexposition du geste dans l'écriture même de pièces qui brouillent la frontière entre musique et théâtre, s'ouvre un champ d'investigation aussi vaste que perturbateur. La première partie de ce volume - Corps, tradition, modernité - pose quelques importants jalons historiques. La deuxième partie - Geste, dramaturgie, théâtre musical - aborde des cas particuliers dans lesquels le corps producteur de sons (et de silences) est appréhendé avant tout selon sa dimension théâtrale, bien qu'il soit évidemment difficile de séparer, a fortiori dans ces oeuvres, la musique de la dramaturgie. La troisième et dernière partie - Modèles d'inscription du corps dans la composition contemporaine - présente des écritures musicales dont le trait commun, au-delà des différences de styles et de tons, est la place centrale que le corps occupe dans le travail des compositeurs.

  • De façon récurrente aujourd'hui, dramaturges, acteurs ou metteurs en scène se référent à la musique pour désigner une composante majeure de leur travail, voire un « modèle d'écriture ». On se propose ici d'étudier ce phénomène en l'abordant sous l'angle du corps, et d'explorer les modalités de mise en relation entre le corps et le fait musical (qu'elle soit littérale, ou plus symbolique), dans les textes comme sur les scènes du théâtre moderne et contemporain, en en cherchant la source dans quelques figures phare du xxe siècle, pour se concentrer ensuite sur quelques dramaturgies très contemporaines. De quoi ce « corps musical » est-il donc le symptôme ? La question est aussi bien esthétique que politique. Une première partie de cette étude abordera les écritures, au sens large du terme ; la seconde traitera de la question du corps au plateau, de l'acteur à la mise en scène : qu'est-ce que le corps fait à la musique, et la musique au corps ? Et surtout, quel modèle de pensée, via cet imaginaire musical, vient informer la représentation théâtrale dans son ensemble ? Clôturant chaque partie, deux tables rondes, - l'une d'écrivains et traducteurs, l'autre de musiciens pour la scène -, permettent d'entendre des points de vue parfois divergents sur cette question de la musique et du corps dans le processus de création.

  • Près d'un siècle après l'arrivée de la plus grande vague d'immigration polonaise en France, une partie de ses descendants conserve des traditions polonaises. Cet ouvrage retrace l'évolution de la polonité, c'est-à-dire l'attachement des migrants polonais et de leurs descendants à la Pologne et sa culture, entre 1945 et 2015, au sein des pays miniers de Saône-et-Loire et du Nord - Pas-de-Calais, et identifie les raisons de cette persistance. À partir de sources écrites et orales, le réseau associatif polonais, en particulier les sociétés sportives et artistiques, et le milieu familial sont interrogés pour étudier cette spécificité chez les deuxième, troisième et quatrième générations de migrants polonais. Les constituants et les acteurs de la polonité ainsi que les rôles du territoire sur cette dernière sont déterminés. La dimension comparative confirme l'influence du territoire sur les pratiques, les comportements et l'identité des individus qui peuvent également l'utiliser symboliquement. La lecture de la polonité ici adoptée, pouvant s'appliquer à d'autres populations issues de l'immigration, offre un nouveau regard dans le domaine de l'histoire de l'immigration.

  • Esclavage et droit, du Code noir à nos jours Nouv.

    Dans la pensée contemporaine, l'esclavage est considéré comme un crime contre l'humanité, parce qu'il nie des droits universellement reconnus (la liberté, l'égalité), en faisant de l'être humain une propriété, un objet. Pourtant, l'affirmation de l'homme en tant qu'être juridique porteur de droits subjectifs est historiquement et culturellement marquée. Il a pu exister, même en droit français, un droit objectif de l'esclavage. Cette réalité conduit à s'interroger sur la logique de légitimation de l'esclavage, et à l'inverse sur l'émergence d'une définition juridique de l'homme comme sujet de droit. Le centre « Éthique et procédures » et la faculté de droit Alexis de Tocqueville (Université d'Artois), à l'initiative de Manuel Carius et de Tanguy Le Marc'hadour, ont invité juristes de droit public ou de droit privé et historiens du droit à réfléchir sur les rapports du droit et de l'esclavage. Leurs contributions, limitées à l'espace juridique français, mais étudiant des époques et des lieux variés, analysent le code noir et ses évolutions, ou le droit international contemporain, en passant par le droit du protectorat marocain ou le statut de l'indigène en Algérie. Le droit de l'esclavage ayant longtemps cohabité avec son interdiction, on constate un relativisme juridique qui lui donne des contours imprécis, sur deux points : il fait de l'esclave un être juridique hybride, à la fois chose et homme, dont le statut varie avec le temps, et il désigne aussi « l'autre humanité », susceptible d'être mise en esclavage, et « l'autre lieu », l'ailleurs où existera l'esclavage. Il crée alors une altérité mouvante qui prend des formes différentes selon les époques et les lieux. Les contributeurs du colloque présentent ainsi une réflexion sur un droit pris entre exigence morale et intérêts économiques ou sécuritaires.

  • L'ouvrage, qui rassemble dix contributions, interroge, autour des notions d'hybridité et d'hybridation, l'évolution du théâtre contemporain pour la jeunesse en articulant cette réflexion aux questions que pose sa promotion dans les classes et son ouverture à un public plus large. En effet, si, depuis une dizaine d'années, de nombreux travaux mettent en évidence l'intérêt et les qualités de ce répertoire, et si des incitations institutionnelles, telles les listes de référence, ont relayé ces travaux, sa place dans l'institution scolaire reste encore très marginale, ce corpus restant méconnu. Aussi les contributions des chercheurs, croisant des approches littéraires, esthétiques, dramaturgiques, didactiques, sémiologiques et une ouverture historique apportent-elles différents éclairages à cette problématique, et montrent-elles, dans le mouvement même d'hybridation qui travaille ce corpus, des ressources permettant d'en faciliter l'accès.

  • Entraîner une équipe de football professionnelle : une profession qui fait rêver ? En un sens, presque tout sportif ou amateur de football français s'est déjà identifié à l'entraîneur professionnel de l'équipe locale ou de son club préféré. Discuter les choix tactiques, la composition de l'équipe-type ou la nature des compétences de l'entraîneur est devenu un lieu commun. Cette dimension n'est ignorée par aucun des techniciens qui officient à la tête des clubs professionnels de l'hexagone. Elle constitue un des paramètres inéluctables de leur environnement quotidien. Mais cette visibilité d'homme public, qui caractérise les entraîneurs actuels, a-telle toujours été une des composantes de leur métier ? Cette exposition interroge sur les représentations de celui-ci, selon que l'on se situe du côté du public, des médias, des dirigeants, des joueurs... et des entraîneurs eux-mêmes. De nos jours, nul ne songerait à contester l'existence de la profession d'entraîneur. Mais savoir comment elle s'est constituée, quels sont les hommes qui ont permis son émergence et sa stabilisation, quelles techniques ils ont adoptées ou rejetées au fil des années, permettrait de mieux appréhender ce métier et également de mieux en comprendre les difficultés, mais aussi les satisfactions ressenties par les hommes (et maintenant des femmes, depuis l'arrivée de Corinne Diacre au Clermont Foot 63 en 2014) qui l'exercent. Pour répondre à ces questions, plusieurs méthodologies ont été convoquées : le recours systématique aux archives de la Fédération Française de Football depuis 1920, le dépouillement de la presse spécialisée depuis les années 1890, ont été croisés avec une analyse prosopographique de plus de trente entraîneurs ayant exercé des années 1920 à 2010. Une série d'entretiens effectués avec des entraîneurs professionnels en activité des années 1960 à 2010 a mis en lumière leurs conditions d'exercice au quotidien, les évolutions de leur fonction mais aussi de leurs méthodes, leur manière de se constituer une identité propre, leur attitude face à une précarité croissante... L'histoire sociale et culturelle de ces entraîneurs, indissociable de celle de l'entraînement en football, ne saurait s'appréhender sans recourir à des éclairages sociologiques, anthropologiques, mais également économiques et juridiques.

  • L'accouchement fut pendant des siècles un art du ressort des femmes. Du Moyen-Âge jusqu'au Grand Siècle, les femmes ont exercé un monopole professionnel sur cette activité, en ville comme à la campagne. Mais dès le XVIIe siècle, la médicalisation de la science obstétricale a opéré un bouleversement des rôles et entraîné, à la fin du XVIIIe siècle, une inversion faisant d'une affaire de femmes un domaine soumis à la science masculine. Or, malgré la richesse des travaux consacrés aux croyances et aux rites, aux pratiques médicales et aux souffrances liées à l'accouchement, les conséquences de ce tournant n'ont pas encore toutes été tirées. Cet ouvrage veut remettre les femmes au coeur de l'acte d'enfanter, en envisageant les pratiques, discours et représentations de l'accouchement d'un point de vue genré. Découvrir le métier de sage-femme, les textes où elles ont transmis leur savoir, les pratiques et les risques du métier, l'iconographie et les fictions qui les représentent, voire les objets pédagogiques et les instruments qui gardent la trace de leur travail, permet ainsi d'envisager l'existence d'une expérience et d'une perception féminines différentes de la science masculine.

  • Un jour, dans un verger, une dame mord dans une poire de Saint Riule et l'offre discrètement à son soupirant. Depuis la pomme que mordit Adam, il ne se trouva jamais fruit aussi extraordinaire. La saveur, à la fois douce et amère, a pénétré le coeur de l'amoureux et y demeurera à tout jamais. La suite du récit relate l'arrivée du dieu d'Amour, escorté de personnifications courtoises, qui servent de médiatrices entre la dame et son ami. Celui-ci décide de mettre par écrit l'histoire de leur amour et la dame le prie de venir la lui lire. Tel est l'argument narratif du Roman de la Poire, récit allégorique de 3034 vers, composé au milieu du XIIIe siècle par Tibaut, un poète par ailleurs inconnu. Conservé entre autres dans un splendide manuscrit. (BnF fr. 2186), le Roman de la Poire est resté célèbre pour l'insertion de refrains dans sa trame narrative et l'ingéniosité de ses jeux de lettres qui unissent dans un système d'acrostiches le nom de la dame, celui du poète et le mot Amors. Il est ainsi représentatif des goûts d'un lectorat courtois et de la conception médiévale du livre, considéré comme un objet d'art où se rencontrent le profane et le sacré. L'ouvrage ici présenté donne pour la première fois la traduction intégrale du Roman de la Poire d'après l'édition publiée en 1984 par Christiane Marchello-Nizia. Il offre aussi la reproduction en couleurs de l'ensemble du programme iconographique du manuscrit BnF. fr. 2186.

  • Face aux nombreuses invitations à « traverser les frontières » qui marquent les limites disciplinaires des sciences humaines, ce volume propose une réflexion sur la nature des relations entre la traductologie et ses domaines limitrophes. Cette dernière s'est en effet historiquement définie par rapport aux disciplines connexes, et ses « virages » récents ont souvent correspondu à l'appropriation de problématiques et méthodologies exogènes. Mais la recherche récente ne témoigne-t-elle pas aussi de formes « réciproques » de l'interdisciplinarité, où la mise en commun de ressources critiques résulte en un apport égal aux différentes disciplines en jeu ? Les travaux rassemblés dans ce volume explorent les interactions entre la traductologie et diverses disciplines, telles la philosophie, l'analyse du discours, les sciences de l'éducation, ou l'histoire culturelle et littéraire. Tout en faisant le point sur les pratiques courantes de l'interdisciplinarité en traductologie, le volume propose de nouvelles pistes théoriques et méthodologiques mettant en valeur la contribution actuelle et potentielle de la discipline aux autres domaines de recherche en sciences humaines.

  • Ce volume se veut un hommage au regretté Michel Ballard, qui a contribué à fonder la traductologie et à faire de l'étude de la traduction une discipline à part entière ayant peu à peu gagné son autonomie. La diversité des intervenants, qui ne représentent pas moins de 10 pays (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Liban, Pologne, Roumanie, Russie, Suisse), témoigne du rayonnement de ce chercheur passionné et de la réception qu'ont eue ses travaux, en France et au-delà. Les articles qui constituent cet ouvrage ne sont pas consacrés à Michel Ballard lui-même, mais ils s'inscrivent dans le droit fil de ses réflexions et reflètent la trajectoire scientifique de cet enseignant-chercheur prônant une « traductologie réaliste », et dont l'approche a toujours été triple : historique, théorique et didactique, les trois composantes se nourrissant mutuellement et offrant, fait rare, une démarche complète, englobante et équilibrée. L'ensemble des contributions présentées ici permet d'explorer et de baliser encore une fois ce vaste champ de recherche passionnant, afin de poursuivre l'élan qu'avait impulsé Michel Ballard et de nous plonger, comme il aimait le faire, et comme le suggère le titre de cet ouvrage, « au coeur de la traductologie ».

  • Les contributions rassemblées dans ce volume interrogent la notion de phrase, d'un double point de vue linguistique et didactique. Par leur diversité et leur complémentarité, elles apportent un éclairage particulier sur cette notion plurielle, analysée pour le français et pour d'autres langues, dans une perspective contrastive. Un premier volet linguistique propose une réflexion sur la nature même de la phrase et son identification, par le biais d'analyses portant sur certains constituants ciblés, ou de réflexions sur la dimension énonciative, discursive et interprétative de cette unité. Cette partie fait clairement apparaître la nécessité d'une réflexion sur les critères définitoires pertinents, susceptibles de rendre compte au mieux du fonctionnement de la langue. Le second volet offre une perspective didactique : à partir d'analyses de supports d'enseignement, de dispositifs d'apprentissage ou encore de productions d'élèves, les contributions interrogent l'enseignement-apprentissage de la notion en Français Langue Maternelle comme en Français Langue Étrangère. Ces analyses mettent notamment en évidence la nécessité d'établir des passerelles entre linguistique et didactique et interrogent de fait la formation des enseignants sur ces questions centrales.

  • Dans cette société du spectacle où le sport est roi, le football fait partie de l'ordinaire de la vie « des gens ». Pas une journée ne passe sans un lot considérable d'informations à ce sujet. Une telle inflation, combinée à une présence médiatique quasiment quotidienne, font de ce sport et de ses experts des éléments de notre décor quotidien. Mais qui sait qu'un joueur sur mille deviendra un jour professionnel ? Qui sait à quoi ressemble cet « élu » ? Qui sait pourquoi tel joueur décrochera son premier contrat professionnel alors que tel autre jouera le reste de sa carrière dans l'anonymat du football amateur ? Qui connaît les ingrédients de la réussite ? Ce livre bâti sur plus de trois ans d'enquête réalisés dans trois clubs professionnels existe à cause de ces questions. Version remaniée d'une thèse de doctorat en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, l'ouvrage propose une sociologie au métier de sportif de haut niveau et plus particulièrement au métier de footballeur professionnel. Dans un sport de haut niveau fait de rationalités, de contrôles et de préparations poussées à l'extrême, le hasard et le tâtonnement n'auraient pas leur place. Les éléments de réponse que propose cet ouvrage contestent cette version des faits : la fabrication d'un sportif de haut niveau est aussi structurée par le principe d'incertitude et l'absence de systématisation. Il fallait une sociologie de la formation au métier de footballeur pour découvrir ce que la masse de licenciés et de rêveurs cache mécaniquement.

  • Cet ouvrage réunit les contributions de chercheurs, enseignants, didacticiens et praticiens de la langue, qui se proposent de dresser l'état des lieux et les perspectives de l'intégration linguistique et culturelle des migrants dans le monde professionnel et la société dans son ensemble. Loin de constituer un bilan ou un inventaire d'initiatives forcément en cours de constitution étant donné le caractère fluctuant de cette problématique, cet ouvrage collectif tente d'expliquer les approches actuelles en matière d'ingénierie pédagogique, d'analyse et de pratique linguistique, d'évolution des processus d'insertion linguistique afin d'inciter à la construction de dispositifs de formation cohérents et efficaces, fondés sur la synergie des différents acteurs et la mutualisation des ressources.

  • Conjointement à son édition chinoise publiée simultanément par les Presses de l'Université de Nanjing, on trouvera ici édité en français le texte intégral des communications prononcées lors du colloque international de Nankin (Chine). Cette première manifestation scientifique d'importance, consacrée à la présence et à la représentation de la Chine dans l'oeuvre littéraire des écrivains français du XXe siècle, était coorganisée par l'Université française d'Artois et l'Université chinoise de Nanjing, qui accueillit du 4 au 7 octobre 1999 une vingtaine de chercheurs de ces deux universités ainsi que d'autres instituts de recherche et d'enseignement supérieur des deux pays. Au-delà des études monographiques dédiées, par les meilleurs spécialistes chinois et français, aux figures majeures de la sinophilie littéraire française du début du siècle (Loti, Claudel, Segalen, Saint-John Perse, Malraux, Michaux...) ou plus contemporaine (Marguerite Yourcenar, Gérard Macé, Pascal Quignard...), c'est surtout à une investigation de l'empreinte et de 1'imaginaire de la Chine chez les écrivains français du XXe siècle que se sont attachées les communications. À un moment de crise particulièrement aigue de la conscience européenne, la Chine semble bien avoir été, pour plusieurs générations de poètes et romanciers français et très au-delà de toute « cristallisation » ou « folklorisation », une destination et un espace de représentation dont l'importance symbolique a orienté toute une oeuvre, et toute une vie parfois. « Forge des mythes » pour un Malraux - selon la belle expression de Pierre Morel, Ambassadeur de France en Chine, dans l'allocution inaugurale dont il a honoré ce colloque -, la Chine a aussi représenté pour plusieurs écrivains de cette époque un fantasme de symbiose parfaite (occident / orient, mais pas seulement...) - avec le rêve de se connaître enfin soi-même au contact de cet Autre absolu qu'est 1'« exote » chinois (Segalen), mais aussi avec le risque terrifiant de s'y perdre. De Michaux faisant la découverte renversante que la civilisation est là-bas (et les barbares ici, sans doute) à Foucault constatant l'irréductible « hétérotopie chinoise », tous nous laisseront du moins entendre le même message : on n'en revient pas, de la Chine - pas pareil, pas intact, ou pas du tout. Ce volume apporte donc un éclairage littéraire, mais aussi historique, philosophique et anthropologique particulièrement précieux pour les études interculturelles franco-chinoises, ici illustrées et enrichies par le regard croisé de chercheurs chinois et français en dialogue fécond et stimulant sur les écrivains français du XXe siècle et « leur » Chine.

  • Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, l'allégorie est omniprésente dans notre littérature. Celui qui écrit « dit une chose et en entend une autre ». Le lecteur est convié au décryptage et à la recherche d'un sens, parfois simple, parfois subtil et hasardeux. Le groupe de chercheurs qui livre ce recueil d'articles s'est livré à ce jeu de l'interprétation. Chacun a tenté de proposer des sens cachés. Ou on s'amuse simplement du masque choisi, ou on tâtonne, on fait des hypothèses... Les textes examinés n'ont pas livré tous leurs secrets. Peut-on garantir le sens de ce qu'on lit ? Ce jeu de lecture est une école pour tout lecteur : on découvre les bases culturelles et politiques sur lesquelles se fonde le double langage, les roublardises de ceux qui voulaient contourner la censure ; on comprend aussi l'importance d'une lecture active.

  • Où est ce corps que j'entends ? ». Cette interrogation extraite d'Enfonçures de Didier-George Gabily est emblématique de toutes les formes de dissociation de la voix et du corps telle qu'elle se manifeste dans le théâtre moderne et contemporain. à travers un vaste corpus, qui aborde aussi bien les théâtres francophone, anglophone, hispanophone, que germanophone, scandinave ou russe, cet ouvrage prend la mesure de ce qui, dans la voix, est révélateur de nouvelles modalités de figurations et de représentations du corps. Sont ainsi examinées les multiples frictions et relations entretenues entre le corps et la voix - des voix sans corps aux corps sans voix en passant par ces corps délocalisés, lointains, fantasmés, étranges, étrangers, malades ou malmenés, tour à tour commentés ou mis en fiction par les voix. Révélatrices des principales mutations des écritures théâtrales et de la scène aux 20e et 21e siècles, ces nouvelles relations entre corps et voix ne sont pas pure affaire de forme ; elles sont à penser en regard des représentations sociales, politiques, médicales, culturelles du corps et de la parole dans le monde contemporain.

  • L'enseignement des langues vivantes dans le système éducatif français a fait l'objet d'importantes réformes, en particulier depuis le lancement en 2005 du Plan de rénovation de l'enseignement des langues vivantes étrangères, adossé au Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) du Conseil de l'Europe. Sa mise en place progressive arrive à son terme et une pédagogie actionnelle caractérise aujourd'hui l'ensemble du parcours d'enseignement-apprentissage, du primaire au secondaire. Les étudiants qui rejoignent aujourd'hui l'université sont formés à la compétence de communication selon des modalités nouvelles. Celles-ci modifient fondamentalement les orientations et les techniques d'enseignement des langues dans le supérieur et amènent, par conséquent, à une réflexion sur l'application à l'université du Cadre européen commun de référence pour les langues, trop souvent limitée encore aux certifications de type CLES et pas réellement insérée dans une démarche didactique et pédagogique. Cet ouvrage propose non seulement une réflexion sur le développement des capacités langagières mais présente également de nouvelles approches afin d'optimiser le processus d'enseignement-apprentissage et de rénover les pratiques actuelles. Les travaux ainsi réunis portent un regard actualisé et critique sur les questions de l'apprentissage, de la motivation et de l'auto-motivation, des nouvelles technologies et de l'innovation.

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