Calmann-Lévy

  • Peu d'idées sont autant galvaudées aujourd'hui que celle de « réalité ». Hommes politiques, chefs d'entreprise, mais aussi économistes et romanciers s'en réclament : seul le réalisme semble recevable, et il suffit à tout justifier. La réalité constitue désormais, dans notre mentalité collective, la valeur étalon. Elle est le nouveau dieu que nous vénérons ; le dernier qui reste en magasin, peut-être.Mona Chollet, épingle l'usage pernicieux de cette notion dans tous les types de discours et démontre pourquoi l'injonction réaliste relève de l'imposture. À une époque où les relations essentielles à notre équilibre, la relation à l'environnement, la relation à l'autre se vivent sur un mode chaotique, il est temps de se poser quelques questions... Un texte mordant et salutaire, qui non seulement déconstruit l'idéologie implicite de certains "réalistes", mais ouvre aussi joyeusement un chemin de traverse : il rappelle les bienfaits de l'imagination et du rêve, non pas pour "fuir la réalité", mais au contraire pour se donner une chance de l'habiter pleinement.

  • L'homme primitif chassait, sa compagne cueillait. De cueillette en chaudron, de brouet en guérison, la médecine en vint bientôt à se conjuguer au féminin. Jusqu'au Moyen Âge, où la création des universités réservées aux clercs écarte les femmes de l'accès aux études et aux diplômes. La parenthèse va durer sept siècles. Sept siècles d'exclusion, mais aussi de résistance et de clandestinité, pendant lesquels les filles d'Hyppocrate persistent et soignent. Et même si elles risquent le bûcher en tant que sorcières, sont traînées en justice, doivent se travestir en hommes ou partir exercer à l'autre bout de la terre.À la fin du XIXe siècle, partout dans le monde, elles luttent. Manifestations hostiles dans les rues, interventions d'hommes politiques, d'une impératrice, d'un tsar, de journalistes et de policiers rien ne leur est épargné. Et, enfin, elles gagnent le diplôme de docteur en médecine, l'accès aux concours, le poste de « mandarines » et, pour certaines, le Nobel.Ce passé tumultueux, cette épopée haletante, Josette Dall'Ava-Santucci les a reconstitués dans toute leur rigueur historique, mais aussi avec une verve éblouissante qui fait de cet ouvrage un véritable roman d'aventures.    

  •    Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l'égoïsme et l'arrogance d'êtres supérieurs convaincus d'être «maîtres d'eux-mêmes comme de l'univers».   Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s'accumulent : dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d'espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d'hommes à occuper cette Terre : après nous, le déluge?   Nicolas Hulot a parcouru notre planète sous toutes les latitudes. Nul ne le sait mieux que lui : c'est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d'alerte avant de céder au désespoir : si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l'écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble.    Nous devons être solidaires du vivant comme du futur : cet avertissement, Nicolas Hulot s'en est fait le messager passionné et infatigable, du sommet de Johannesburg à l'école de son village, des lambris dorés de l'Élysée aux exploitations agricoles de Bretagne et de Lorraine. «Je ne suis pas né écologiste, nous dit-il, je le suis devenu.» Et nous aussi nous pouvons, nous devons le devenir.    Le Syndrome du Titanic est un livre essentiel, à lire d'urgence. Avec Nicolas Hulot, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.

  • La crise en Côte d'Ivoire est à la présence française en Afrique ce que la prise de la Bastille fut à l'Ancien Régime : le symbole de la fin, insensiblement d'abord, puis à un rythme qui est allé s'accélérant pour culminer en cette funeste nuit de novembre 2004, quand l'armée française ouvrit le feu sur une foule de "patriotes" à Abidjan, la France a perdu "son" Afrique, celle où, de Dakar à Libreville en passant par Djibouti, N'Djamena, Brazzaville et Antananarivo, elle aimait à penser qu'elle était aimée.À présent la France rapatrie ses ressortissants sous les huées, sinon sous les balles. Ailleurs, elle est déjà partie en catimini, à la fin de la guerre froide, quand l'Afrique a été abandonnée à son sort : effondrement de l'Etat, guerres, sida... L'aide a été amputée, les coopérants ont été retirés. Seule l'armée française est restée enfermée dans ses bases, garde prétorienne de régimes indéfendables. Après avoir été pendant plus de quarante ans le "gendarme de l'Afrique", la France s'est recyclée en "gardien de la paix". De plus en plus souvent, les Etats-Unis et la Chine dament le pion à une "vieille" France gênée aux entournures par le génocide au Rwanda, le scandale Elf, les turpitudes de la "Françafrique"... Il est loin le temps où la "mission civilisatrice" sur le continent noir était une affaire entendue, l'un des rares sujets d'accord entre droite et gauche. À l'heure du divorce, l'ancienne puissance coloniale se triouve dans une situation intenable : qu'elle intervienne, comme en Côte d'Ivoire, et on dénonce son "ingérence". Qu'elle s'abstienne, et on lui reproche son "indifférence".Dans ce livre sans concessions, remarquablement documenté et étayé d'innombrables exemples et témoignages, Stephen Smith et Antoine Glaser pointent les erreurs, les lâchetés et les ambiguïtés qui ont émaillé la politique africaine de la France, et lui on fait perdre ce "pré carré" qu'elle rêvait de façonner à son image.

  • Les grandes compétitions sportives internationales reposent sur une organisation colossale. Plongeant au coeur des coulisses de Roland- Garros, ce livre explore l´envers du décor. Il met en lumière les enjeux économiques, l´arrière-plan logistique, les retombées médiatiques et les dimensions culturelles du sport aujourd´hui.Comment les arbitres et les ramasseurs de balles sont-ils sélectionnés ? Comment les courts sont-ils préparés ? Comment est assurée la sécurité des joueurs ? Qui décide de la programmation des matchs ? Que se passe-t-il derrière la porte des vestiaires ? Quelles sont les sommes en jeu ? Une enquête minutieuse permet de répondre à ces questions.Un tournoi comme Roland-Garros est bien davantage qu´un simple évènement sportif. Il s´agit d´un fait social total. Chaque année, un demi-million de spectateurs viennent dans le stade. Les matchs sont retransmis dans cent quatre-vingts pays. Pour mettre au point un tel spectacle, des milliers de personnes travaillent sans relâche. De l´entraîneur au médecin, en passant par le cordeur, l´hôtesse d´accueil, l´agent de sécurité, le cuisinier, jusqu´à l´orfèvre qui réalise les coupes, une extraordinaire diversité de savoir-faire préside à l´organisation de cette manifestation. Ces acteurs de l´ombre, et les rapports sociaux qu´ils tissent, constituent la matière vive de cet ouvrage.Un récit vivant et informé, une façon originale de parler du sport et de sa place dans nos sociétés

  • 20 août 2004 - 21 décembre 2004. Pendant 124 jours, la France a vécu au rythme des annonces quotidiennes qui scandaient les noms de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Pendant ces mêmes 124 jours, dans un Irak déchiré, les deux hommes souffrent, connaissent peur et espoir, tentent de saisir dans les yeux et la voix de leurs gardiens le sort qui leur est réservé. Ballottés de cache en cache, les deux otages vont vivre durant quatre mois une expérience singulière et douloureuse. Dans ce livre, ils nous confient les émotions et les préoccupations les plus intimes de leur captivité. Soucieux de dire ce qui n'a que peu été exprimé jusqu'alors, ils abordent les nombreuses questions que l'on se pose : suffit-il de recouvrer la liberté et de rejoindre les siens pour quitter le statut d'otage ? De quel prix un journaliste de terrain paie-t-il cette liberté ? Quelles sont les limites du fameux syndrome de Stockholm ? Comment s'opère le retour à cette vie qu'on dit normale ? Revient-on indemne d'un tel choc psychologique ?   Mais au-delà de leur propre histoire, aussi forte soit-elle, ils ont tenu à mener, dès leur retour en France, leur propre contre-enquête auprès des principaux acteurs de l'ombre.  Dans cet ouvrage, Christian Chesnot et Georges Malbrunot nous révèlent au quotidien les négociations souterraines, l'action des services spéciaux comme celle des politiques, les secrets du processus qui a abouti à leur libération.

  • Dévasté hier par la guerre, privé d'armée offensive, le Japon écrase aujourd'hui les sociétés occidentales sur leur propre terrain de la performance économique, au nom même de leurs valeurs capitalistes, les deux hommes les plus riches du monde sont japonais. La plus grosse entreprise et les sept banques les plus puissantes sont japonaises. La capitalisation de la bourse de Tokyo a dépassé celle de Wall Street. Le Japon est devenu le premier créancier de la planète, le premier pourvoyeur d'aide aux pays en voie de développement, le banquier privilégié des Etats-Unis. L'équilibre financier international se maintient à l'abri de la toute à oxygène japonaise, sous perfusion de yens.
    De l'industrie lourde à l'automobile, de l'immobilier à l'électronique grand public, de la haute technologie à la finance, du rêve américain des grands studios de Hollywood au symbole français des vins de Bordeaux. Dominique Mora écrit ici le grand roman des armées du Soleil Levant en marche...
    Face à cette déferlante irrésistible où la plaie de l'infiltration la dispute aux stratégies d'influence, l'Occident paraît désarmé. Vaste laboratoire expérimental d'un véritable jeu de go planétaire, l'Amérique est aujourd'hui divisés comme le sera demain l'Europe. Le Japon est-il le sauveur de notre croissance ou le fossoyeur de notre puissance ? Un partenaire normalisé ou un adversaire irréductible ? Le Samouraï ne nous croit-il que pour mieux nous étouffer progressivement, en un long baiser de la mort ?

  •    Cela pourrait vous arriver : vous vivez une vie tranquille, rangée ; vous êtes un père ou une mère de famille exemplaire, et un beau jour, vous voilà accusé du pire des crimes : agression sexuelle sur votre propre fille.   Anne et Philippe Sirvent sont respectivement magistrate et policier, à Toulon, quand la foudre les frappe un beau matin. Leur petite Julie, trois ans, a montré le bas de son corps à sa maîtresse en disant : "Papa a fait mal."   Et la machine infernale s'ébranle : "signalement", mise en examen, éloignement du domicile familial, expertise et contre-expertise médicales, les collègues qui ne vous connaissent plus, les amis qui vous tournent le dos, l'opprobre...   Anne et Philippe s'en sortent bien : neuf mois plus tard, comme à contrecoeur, l'institution judiciaire admet "qu'il n'y a pas lieu de poursuivre". Mais pour un couple fort, aimant, au fait de ses droits, combien, comme à Outreau, sont broyés tous les ans par un appareil judiciaire devenu comme fou ?   Anne et Philippe ont voulu tout raconter. Pour eux, parce qu'il leur faut laver leur honneur. Pour nous, à qui cela pourrait arriver demain.   Et pour Julie, qui voudra un jour savoir la vérité sur ce tremblement de terre dont elle a été, bien inconsciemment, l'épicentre.

  •    Quelles menaces réelles représente le terrorisme aujourd'hui ? Comment sanctionner les auteurs, commanditaires et financiers tout en respectant un juste équilibre entre la réparation due aux victimes et la sauvegarde des droits et des libertés de chacun ? Quelle place est réservée aux victimes du terrorisme dans les législations pénales internes de chacun des États membres de l'Union européenne ?   Qu'en est-il de la coopération européenne et internationale ? Cet ouvrage collectif, réalisé par S.O.S. Attentats, s'inscrit dans la continuité du Livre noir que cette ONG a publié en 2002 et du colloque international qu'elle a organisé à Paris le 5 février 2002. Il réunit quarante contributions émanant d'experts en relations internationales et en droit international pénal, qui apportent des réponses aux questions que tout citoyen est en droit de se poser.   Malgré les progrès réalisés, force est de constater que, dans la lutte contre le terrorisme, les États demeurent hésitants à assumer leur responsabilité. Alors que le procès des auteurs et commanditaires des actes terroristes est reconnu comme une étape indispensable de la reconstruction des victimes, ces dernières en sont encore trop souvent écartées.   Crime international incontestable, le terrorisme ne peut demeurer exclu de la compétence de la Cour pénale internationale. Ses auteurs, quelles que soient leurs fonctions, ne sauraient demeurer impunis au prétexte d'une prétendue coutume internationale qui les met, aujourd'hui, à l'abri de toute poursuite et de toute condamnation. Par cet ouvrage, S.O.S. Attentats a pour ambition de favoriser, dans le plein respect des droits de la défense, une véritable reconnaissance des droits des victimes du terrorisme.    S.O.S. Attentats a reçu pour cet ouvrage le soutien financier du Programme GROTIUS II de la Commission européenne.

  • Ouvrages, slogans, bons sentiments ont beau faire, le rejet de l'Autre semble être, aujourd'hui comme hier, la maladie chronique de l'Homo sapiens. Nul ne doit se dire immunisé, tant chacun peut en devenir le vecteur comme la victime.L'Occident, surtout celui des savants, porte une responsabilité majeure dans les justifications théoriques du racisme : ce dernier a été présenté, trois siècles durant, démonstrations à l'appui, comme une vérité scientifique à partir de laquelle tous les excès ont été justifiés, colonialisme, esclavage, apartheid, génocide.Désormais, la plupart des savants affirment que le racisme n'a aucun fondement scientifique et que l'avenir de l'espèce passe par la capacité de chacun à vivre en bonne entente avec les autres, au-delà de nos différences, réelles ou imaginaires. Pourtant, dans nombre de textes scientifiques, ou prétendus tels, il subsiste la marque de préjugés raciaux. Michel Girod, géologue de formation, s'est d'abord étonné de la survivance de ces clichés, au cours de nombreuses missions en diverses régions du monde, puis il a décidé de se replonger dans toute la littérature des sciences pour comprendre le rapport des scientifiques au racisme. Nul avant lui n'avait dressé un inventaire aussi exhaustif des discours et théories.Préjugés et exclusion ne sont pas inéluctables : le métissage a été, depuis la nuit des temps, le passage obligé de la marche en avant de l'espèce, par-delà la diversité constitutive des civilisations, cultures et religions. Ce livre, accessible à tous, est un plaidoyer argumenté contre le racisme.

  • Comment succéder à Jean-Paul II ? La question ne concerne pas seulement la personne du nouveau pape mais l'Eglise catholique tout entière. Quels que soient leur talent ou leur aura, les stars, en effet, ne sont pas toutes puissantes.Dans l'Occident riche, la culture religieuse s'appauvrit, les fidèles vieillissent, les vocations se raréfient, et Dieu lui-même devient une marchandise que les uns utilisent pour légitimer la guerre, les autres pour satisfaire leurs rêves d'harmonie. Sur la planète des pauvres où les inégalités grandissent, les sectes pullulent, les intégrismes se développent et l'Eglise apparaît comme l'alliée des riches.Comment dire à ce monde inquiet le message de justice, de liberté, de partage, de fraternité dont l'Eglise est porteuse ? Quels mots trouver ? Quels gestes inventer ? Quel mode de fonctionnement et de gouvernement instaurer ? Quelles proximités vivre et quelles exigences formuler pour que l'homme soit plus homme et l'humanité plus humaine ?En journaliste qui suit depuis de nombreuses années les reculs et les avancées, les crises et les évolutions de l'Eglise catholique, Jean-Claude Petit aborde toutes ces questions et d'autres, avec liberté et sérénité. En expert reconnu, déjà auteur chez Calmann-Lévy d'un ouvrage apprécié, intitulé Dieu a-t-il un avenir ?, il détaille pour nous les dossiers chauds qui attendent le nouveau pape.

  • Le 29 mai 1985, la finale de coupe d´Europe des clubs champions opposant la Juventus de Turin au Liverpool FC doit se jouer au stade du Heysel, à Bruxelles. Ce qui devait être une grande fête du football devient l'un des pires drames de l'histoire du sport. Une heure avant le coup d'envoi, en direct devant quatre cents milllions de téléspectateurs sous le choc, des hooligans anglais chargent des supporters de la Juventus, provoquant une immense panique. Trente-deux Italiens, quatre Belges, deux Français et un Irlandais meurent étouffés et piétinés sur les gradins du sinistre bloc Z.
    Comment la "finale du siècle" a-t-elle pu déboucher sur un tel bilan de guerre, au coeur même de la capitale de l'Europe ? Fallait-il jouer ce match ? N'a-t-il pas été arrangé afin que la Juventus soit certaine de l'emporter ? Autant de questions qu'une commission d'enquête et deux procès  très médiatisés ne sont pas complètement parvenus à élucider. Au "Plus jamais ça !" obligé des lendemains de catastrophe s'est même peu à peu substituée une indidieuse volonté d'oublier, en Angleterre mais aussi en Italie. Les victimes n'ont pourtant jamais pardonné les scènes de joie de Michel Platini et de ses coéquipiers après que le Français a marqué le seul but du match, sur un penalty imaginaire.
    Vingt ans après, Jean-Philippe Leclarie a retrouvé de nombreux acteurs ou témoins de cette tragédie, parmi lesquels des joueurs des deux équipes, les responsables des forces de l'ordre, mais aussi des survivants et des anciens hooligans. Il reconstitue pour nous, minute par minute, le déroulement de ce drame, en analyse les causes, avant de décrire les conséquences qu'il a eues sur la vie de chacun mais aussi sur le sport européen.
    À l'heure où violence et racisme sont en recrudescence dans les stades, cette enquête minutieuse et impartiale nous rappelle où ces dérives peuvent mener. Elle sonne comme une mise en garde : oui, un autre Heysel pourrait malheureusement se produire demain si se combinent à nouveau, comme à Bruxelles, la bêtise et le laisser-aller.

  •    Si la mer, vue du rivage, continue à « danser le long des golfes clairs », sous la surface, c´est une tragédie qui se joue : à force d´être mangée par l´homme, la mer se meurt.    En l´espace d´un siècle et demi, loin des regards, des ressources qu´on pensait inépuisables ont été poussées au bord de l´effondrement par une surpêche qui prélève plus de 100 millions de tonnes de poisson par an dans le monde.  En pêchant toujours plus loin, toujours plus profond, et à présent toujours plus « petit », l´homme est en train de transformer les océans du globe en désert liquide. Des bateaux et des technologies toujours plus performants ne laissent aucune chance aux poissons. Du bateau-usine à la pirogue, toutes les embarcations capturent des espèces réputées inaccessibles ou non consommables. Le pillage est systématique et aveugle, car il est particulièrement difficile de sélectionner les espèces capturées. À ce rythme, ce sont des maillons entiers de la chaîne alimentaire marine qui ont déjà été rayés de la liste du vivant, avec comme conséquence, à terme, une déstabilisation inquiétante de tout l´écosystème marin. L´effondrement brutal et irréversible des ressources halieutiques n´est plus une hypothèse fantaisiste. Que font les pouvoirs publics ? Si peu, alors qu'il faudrait une mobilisation générale. On cherche en vain les prémices d´une gouvernance mondiale, seule à même de rétablir la productivité des océans. Et la plupart des pays redoute de se mettre à dos ses pécheurs, la France plus que tout autre...     Une mer sans poissons est un état des lieux d´autant plus alarmant qu´il est factuel et qu'il s'appuie sur une documentation très complète et souvent inédite en français. Après l'avoir lu, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

  • Depuis le 11 septembre 2001, le monde vit dans la hantise du terrorisme musulman. Mais ce traumatisme n'a pas permis une réflexion en profondeur sur l'origine de ce terrorisme : l'intégrisme. Quand il l'a fait, le monde occidental a voulu se persuader que seul l'islam pouvait susciter la barbarie. Ce qui a le mérite de rassurer et d'accréditer la thèse du « choc des civilisations ». Caroline Fourest et Fiammetta Venner se sont plongées dans les documents, les témoignages, les interviews et les textes sacrés. Elles apportent un cinglant démenti à cette illusion en démontrant que, sur bien des points (comme les droits des femmes, la sexualité, l'intolérance culturelle ou la violence), le monde dont rêvent les intégristes musulmans ressemble à s'y méprendre à celui prôné par les intégristes juifs et chrétiens. Mieux, malgré les apparences d'un choc des religions, leurs actions convergent vers un monde toujours plus instable et de moins en moins sécularisé dont tous profitent. La véritable ligne de fracture, loin d'isoler l'Islam du « reste du monde », pourrait surtout séparer partout dans le monde les démocrates des théocrates, autrement dit, les partisans d'une cité ouverte, tolérante et protectrice des libertés individuelles , des intégristes, fondamentalement d'accord pour prendre la laïcité sous les tirs croisés de leurs fanatismes.Ce livre analytique par son ton et sa méthode, mais explosif par les questions qu'il soulève et les réponses qu'il apporte, est un signal d'alarme pour tous les défenseurs des libertés et de la laïcité.

  •      Elle avait tout pour plaire : elle était jeune, belle et sportive, elle filait le parfait amour avec son mari, elle dirigeait une affaire florissante.     Elle était née juive dans une famille décimée par la Shoah. Mais la vie lui souriait et elle avait fini par oublier qu'elle était déjà, en quelque sorte, une rescapée. Le 23 décembre 1983, la vie de Françoise Rudetzki bascule. Alors qu'elle fête ses dix ans de mariage au célèbre restaurant Le Grand Véfour, une bombe explose et lui broie les jambes. Commence alors une lutte contre la mort qui ne cessera plus.     Maintes fois opérée et greffée, elle se bat pour survivre, pour marcher à nouveau, pour vaincre son handicap. Puis, prenant conscience de l'indifférence dans laquelle se débattent les victimes du terrorisme, elle se mobilise pour les autres en fondant S.O.S. Attentats.     L'indemnisation garantie par l'État, c'est elle.     Le statut de victime civile de guerre dans les cas de terrorisme, c'est elle.     La prise en charge psychologique des traumatisés, c'est elle.     Le combat incessant pour faire prévaloir la justice et la morale dans les juridictions du monde entier, c'est encore elle.     Les politiques la respectent, mais la trouvent souvent encombrante, pour ne pas dire gênante : elle perturbe les petits arrangements diplomatiques avec certains pays et empêche de passer l'éponge sur les souffrances des victimes au nom de la raison d'État, comme ce fut longtemps le cas avec la Libye dans l'affaire de l'attentat contre le vol UTA.     Partie civile dans tous les procès pour terrorisme, Françoise Rudetzki a été menacée de mort à plusieurs reprises. Le terroriste Carlos l'a copieusement insultée en pleine audience.     Et pourtant, ces menaces ne sont rien comparées à celle avec laquelle elle vit depuis vingt ans, qui ne la quitte pas : son fardeau, sa croix. Sa troisième peine?      Triple peine est un livre bouleversant qui retrace, en termes simples mais extraordinairement éloquents, le calvaire d'une femme d'exception et son combat acharné contre ce summum de lâcheté et d'inhumanité qu'est le terrorisme, et pour que justice soit rendue.

  •     Il faut se rendre à l'évidence : la maison France est au bord de la banqueroute. Sa dette publique réelle, deux fois et demi plus élevée que sa dette avouée - déjà astronomique - asphyxie l'économie du pays : comment imaginer qu'il en soit autrement quand le paiement des intérêts absorbe d'ores et déjà à lui seul la totalité des recettes de l'impôt sur le revenu ?   Rémi Godeau détaille pour nous, avec une précision féroce, un exceptionnel talent de pédagogue et une bonne dose d'humour noir trente ans de gabegie, d'inconscience et de filouterie qui ont conduit la France au bord du gouffre.   L'irresponsabilité et le cynisme ne sont ni de droite ni de gauche. Ils sont le fait d'hommes politiques de tous bords qui, par facilité ou par clientélisme, ne veulent pas imposer à leurs électeurs l'indispensable potion amère dont les effets bénéfiques profiteront à leurs successeurs. Alors, depuis trente ans, on truque, on tronque, on maquille, on manipule et on diffère : que les générations susivantes se débrouillent avec la facture de nos excès !   Quelques-uns, adeptes de la dépense à tout va, poussent l'inconscience jusqu'à affirmer que la dette ne représente aucune menace sérieuse pour le pays. Au diable l'euro et ses contraintes ! Qu'importe le vieillissement de la population ! Silence sur l'archaïsme de notre administration ! Les contribuables, eux, ne sont pas dupes. Parce qu'ils savent qu'un jour la note leur sera présentée, ils économisent plus que leurs voisins européens, plombant par ricochet la croissance.   À bout de souffle, le "modèle social français" se meurt. La classe politique fait l'autruche. Au risque qu'un jour, pas si lointain, la bombe de la dette explose ...

  • De cinq années de disette en coupe d'Europe à deux finales en 2004 pour les clubs ; du plus beau doublé de l'histoire du foot à une qualification laborieuse pour la Coupe du monde 2006... Vous aussi, vous avez du mal à vous habituer aux montagnes russes que nous impose depuis dix ans le football français ? Alors ce livre est fait pour vous.
    La queule de bois qui a suivi l'ivresse des années 1998-2000 n'en finit pas, et l'équipe nationale n'est pas seule en cause : hormis une belle percée de Monaco en 2004, puis de Lyon en 2006 en Ligue des champions, les clubs français ont peu à peu décroché du peloton de tête du foot européen. Les professionnels - et ils sont de plus en plus nombreux - veulent croire que cette crise est passagère, et avancent que les conditions d'une renaissance du foot français sont désormais réunies : fin 2004, la Ligue vendait ses droits de transmission télévisée pour la somme astronomique de 600 millions d'euros par an, faisant ainsi de LI le championnat le mieux doté d'Europe, et depuis de mois de février 2005, un nouveau président est installé à la tête de la Fédération française de football, avec l'intention déclarée de mettre de l'ordre dans la maison.
    C'est qu'il y a urgence : dix ans après l'arrêt Bosman, la crise est multiforme. En s'appuyant sur sa connaissance intime des hommes, des clubs, des sources de financement et des ressources en talents qui structurent ce sport roi, Jean-Philippe Bouchard répond à onze questions clés :
    - Pourquoi l'équipe de France s'est-elle effondrée ?
    - La relève est-elle prête ?
    - Y a-t-il toujours un modèle français en matière de formation ?
    - Les sélections nationales sont-elles en danger ?
    - Quel est le niveau réel du championnat de France ?
    - Les clubs français peuvent-ils lutter au niveau européen ?
    - Quelles solutions au manque de ressources ?
    - Quelles tendances vont-ils suivre ?
    - Comment le statut du joueur va-t-il évoluer ?
    - Racisme, agents ripoux, arbitres malmenés : quel poids accorder aux dossiers noirs ?
    - Le foot reste-t-il un jeu ?

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