FeniXX réédition numérique (Barbacane)

  • Nathalie Nabert a déjà publié des textes poétiques dans plusieurs revues, dont Esprit, La Barbacane, Création etc. Voici son premier recueil, où elle se révèle une muse cavernicole admise par la tribu, sur le chemin des mots, au coeur de l'art pariétal, entre Lascaux et Pech-Merle. Traitant de ses Absidiaires, André Doms écrivait récemment - dans Le Journal des Poètes - qu'il y voyait une "évocation du monde des fresques rupestres dans la tradition de Ganzo, mais surtout et directement, de la paroi et la prairie de René Char ; sur fond de grands cerfs murés". Je crois devoir prédire à Nathalie Nabert une parole durable "parmi les siècles sourds". Ainsi, j'exerce, du fond de ma tanière verbale, mes jubilatoires prémonitions, convaincu que l'avenir exigeant ne les jugera pas périssables...

  • « Parfois, le dénuement amène la vie à se dévêtir », écrit superbement Gabrielle Althen. Alors, la nudité regarde la vie. Mais il ne s'agit pas d'un silence du désir. Ni d'un vide. Le vide n'intéresse l'auteur que s'il lui donne un plein plus plein ! La nudité devient le Nu et accepte sa gloire. Le nu vigile est celui qui prend garde et patiente. Le nu vigile est celui qui espère. En partie nés dans le dénuement de l'hôpital, en partie jaillis du bruissement des cigales, ces textes sont comme la chronique de l'épreuve infligée à qui voudrait passer derrière les mots, pour mieux en saisir le mystère et le message. Les mots dans leur jaillissement artésien. Belle méditation, digne et forte, que nous livre Gabrielle Althen, avec l'économie qui caractérise son écriture, où la plus infime vibration s'élargit sans fin, dans l'exil du temps et des mots.

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