FeniXX réédition numérique (Vinci)

  • Fausto : - Quand, à travers la fenêtre, tu te perds dans les montagnes, je te regarde. Tu t'abandonnes au silence intérieur, et moi je rêve. Comme d'une nostalgie précieuse... Des seins blancs et chauds. Des couleurs endiablées qui se succèdent sur les joues d'une femme qui fait l'amour... Je revois la gorge qui se crispe. Le regard qui se creuse. La vie qui disparaît in-e-xo-ra-ble-ment... Je sens presque sur ma peau le souffle rauque. La sueur qui colle, les frôlements insistants. Est-ce que je te respecte ? Est-ce que je te désire ? Je ne le sais pas. Peut-être que je t'imagine. Peter : - C'est mieux ainsi. Je ne donne rien à personne... Dis-moi, me trouves-tu belle ? Fausto : - Belle ? Qu'est-ce à dire ? Tu es Peter, ça me suffit, c'est définitif. Nul besoin de bâtir un palais de songes autour de toi. Le rêve ne fait qu'appauvrir le réel. Peter : - Chacun sa fragilité, Fausto. Tu verras... Pour la mission... Tout se passera bien.

  • « Nous vous avons privés d'ennemis ! » Cet ultime défi lancé aux démocraties par les derniers hiérarques soviétiques contenait en germe toutes les incertitudes de l'après-guerre froide. Déconcertées par leur victoire imprévue, les démocraties hésitèrent à investir l'empire du monde qui leur était dévolu et se trompèrent par deux fois de diagnostic sur leurs responsabilités à venir. En inventant l'ingérence, elles crurent leur mode de gouvernement universel, quand il était seulement universalisable. Intransigeantes dans leurs relations mutuelles, elles se voulurent tolérantes avec leurs adversaires. Comme aux origines de la bipolarité, les premières crises de l'après-guerre froide se chargèrent de détruire les illusions. Si le monde avait subi de profonds bouleversements, il n'avait pas fondamentalement changé pour autant. La pax democratica n'annonce donc ni un monde sans guerre, ni l'avènement du règne de la Loi ; tout au plus est-ce la promesse d'un ordre à peine moins imparfait que celui qu'il remplace et l'espoir d'un avenir un peu plus pacifique, un peu plus juste et donc, un peu plus stable. Cet objectif est aujourd'hui envisageable ; il n'est nullement garanti. Il suppose que la démocratie relève le défi qui lui est proposé, en acceptant de placer les forces des nations démocratiques au service des valeurs qui sont les leurs.

  • Plus de cent écrivains rêvent, réfléchissent et se souviennent, pour que vive la librairie, lieu essentiel et fragile. Maître de conférences à Sciences-Po, secrétaire de la Journée du livre politique, D. Reynié a fondé une association, Un livre à soi, pour favoriser la lecture chez les gamins de banlieue.

  • Nous tenons à fournir quelques indications au lecteur qui va ouvrir ce livre afin qu'il ne se méprenne pas. Contrairement aux apparences, ce n'est pas un dictionnaire, surtout pas ! Il ne s'agit pas de passer en revue les termes essentiels. En effet, loin que les auteurs de ce travail se bornent à des définitions, chacune de leur rubrique ouvre la porte à une discussion tendue sur le pouvoir. Un dictionnaire arrête ou fixe le sens ; ici, on l'inquiète plutôt. Le dictionnaire se garde bien de révéler le drame sous-jacent à chacun des mots qu'il analyse : il rassure. Ici, on pousse à la réflexion, puisque sont mises en relief les divergences, les palinodies et surtout l'aura dialectique qui entoure nos outils d'analyse et de compréhension du social. Le dictionnaire est encore énumératif et exhaustif, tandis que « Les mots du pouvoir » est résolument sélectif : il n'a voulu retenir que l'essentiel. Il a même été jusqu'à ne pas s'arrêter au mot « pouvoir ». Pourquoi ? Sans doute parce qu'il en est question partout, toujours il se niche sous les autres mots, ceux qui entraînent avec eux les pensées comme les réalisations. En sens contraire, les auteurs n'ont pas craint d'élargir la circonférence de leur domaine : ainsi, ils discuteront, entre autres, du « sacré », du « secret » et même de la « corruption », mais ils sauront montrer comment ces éléments, apparemment éloignés, rentrent bien dans leur territoire. Mais si « Les mots du pouvoir » peut se comparer à un ensemble thématique - et il ouvre explicitement des pistes après chacun de ses paragraphes -, il en est aussi éloigné : le premier ne nous apprend rien sur le contenu de ce qu'il range, il se contente d'aligner et de disposer, les uns à la suite des autres, les divers sémantèmes succinctement qualifiés, alors que, dans Les Mots du pouvoir, on apprend à réfléchir sur eux, à entrer profondément en eux, jusqu'à rejoindre leurs racines. François Dagognet (extrait de la préface)

  • La Fête des Pères apparaît, pour la première fois, sur notre calendrier national en juin 1955. Plus d'un siècle après la Fête des Mères, instaurée en 1806 par Napoléon, officialisée en 1929 et définitivement instituée par la Loi en 1950. En 1988, la France rend hommage aux Grands-mères. Mais quand nous déciderons-nous à célébrer la Fête des Enfants ? En attendant ce souhaitable événement, voici les aventures de Clémence, trois ans, et de son frère Alexis, ses cousins, ses amis, parents et grands-parents. Tous les faits rapportés ici constituent un témoignage pris sur le vif. L'auteur se refuse à écrire le énième ouvrage sur l'éducation des enfants. Le lecteur découvrira que la pédagogie est avant tout une affaire de jeu. En apparence, Clémence traverse la vie avec désinvolture. En apparence seulement, car le visage de son enfance regarde le nôtre sans rien laisser s'évanouir. Dès l'entrée dans la vie, nos enfants nous titillent avec toutes sortes de questions, nous piquent au vif sans complaisance, se demandant ce qu'est le hasard, l'imagination, l'angoisse, l'éternité, l'Univers, le Paradis... Ils cherchent à savoir ce que signifie être mère, mais aussi être heureux, calme, doué, efficace, rêveur... Et qui sont Jésus, Dieu, l'Au-delà, la Vierge, le Diable, le Père Noël... Ils nous font notre fête !

  • Depuis le coup de tonnerre des élections municipales de juin 1995, une question obsède les esprits : comment combattre le Front National ? Quelle méthode, quel discours, quand tout semble déjà avoir échoué ? Ministres, en exercice ou dans l'opposition, philosophes, politologues, sociologues et journalistes tentent de répondre. Sans polémiquer, ni se donner bonne conscience. Aucun ne prétend détenir la pierre philosophale, pas plus que la somme de leurs suggestions ne prétend former une politique gouvernementale. Ils dessinent simplement les contours de ce que pourrait être une victoire sur le Front National : retour à des principes républicains négligés et, surtout, abandon du cortège de préjugés qui nous tient lieu de pensée. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : si les Français souhaitent lever l'hypothèque du Front National, ils devront commencer par remporter une victoire sur eux-mêmes.

  • Des élections municipales de 1983 où le Front national fit, à Dreux, son entrée sur la scène politique française à la victoire de la droite lors des législatives de mars 1993, l'auteur a suivi dans les colonnes du Figaro dix ans d'histoire de France au quotidien.

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