Hachette Littératures

  • La France, pays de manifs et de contestation, a un savoir-faire inégalé dans le domaine du maintien de l'ordre. Emeutes 2005, fronde anti-CPE 2006, comment le pouvoir a-t-il fait face à ces événements majeurs ? Comment l'Etat use-t-il du monopole de la violence qui lui est accordé ? Comment gérer une violence sociale elle-même plus ou moins acceptée, plus ou moins reconnue ? Comment ne pas provoquer un désordre plus grand quand le droit de manifester est inscrit dans la Constitution ? Quels sont les choix politiques qui vont conduire les forces de l'ordre soit à « encadrer », soit à « repousser », soit à interpeller les contestataires, selon les lieux, les époques, les effets souhaités ? Car, c'est ce que révèle ce livre : derrière chaque coup de matraque se niche une consigne, un ordre, une doctrine. Le maintien de l'ordre, savoir-faire de la police française et instrument politique : c'est tout l'enjeu de cette enquête, qui revient sur plusieurs moments forts de ces dernières années où le pouvoir fut sérieusement contesté et en dévoile les coulisses. C'est aussi, en creux, le portrait d'un certain... Nicolas Sarkozy, qui avait justement fait des forces mobiles d'intervention le pivot de toute sa pensée policière. Fruit de plus d'un an de travail, cette enquête donne la parole à des dizaines de témoins, côté ordre et côté désordres. Du casseur aux plus grands patrons actuels de la Police, du syndicaliste au responsable des RG, des organisateurs de manifestations sauvages à Claude Guéant, l'intime lieutenant du nouveau président de la République.

  • Jusqu'à ce fameux samedi, il ne s'était jamais rien passé d'extraordinaire à Joigny-les-Deux-Bouts, petite bourgade tranquille en fin de ligne du RER. Yéva, minijupe à ras et verbe haut, rêvait toujours d'une vie ailleurs. Jacquot, son mari chômeur, creusait une fosse dans le canapé à force de jeux télévisés. Leur fils Yeznig, déficient mental, recomptait ses dents après chaque repas. Son frère Tanièl, renvoyé du lycée pour avoir abîmé le conseiller d'orientation, peaufinait sa technique pour serrer les blondes. Le jeune Ali, Marseillais au gros nez, essayait de se fondre dans le décor. Et Magalie, LA blonde du lycée, suivait à la lettre les conseils de son magazine préféré pour rendre crazy tous les mecs.
    Bref, la routine pour ces habitués qui, un matin, découvrent le patron de « leur » bar, baignant dans son sang. Un drame ? Pas pour les gens du Balto.
    Avec ce roman choral, Faïza Guène dévoile de nouvelles facettes
    de son talent, réussissant à se glisser avec autant d'aisance dans la peau de tous ses personnages. Humour, justesse du trait, Les Gens du Balto confirme que cette jeune romancière n'est pas devenue une figure
    des lettres par hasard.

  • Qu'est-ce qu'être un homme aujourd'hui ? Comment les pères, les fils, les amants, les conjoints se représentent-ils la virilité, l'autorité ou les rapports entre les sexes ? Le monde change et bombarde les hommes de questions auxquelles il leur est souvent difficile de répondre. D'autres s'en chargent pour eux et nous prédisent l'apocalypse : la confusion des genres et la féminisation des mâles seraient sur le point de provoquer l'effondrement du monde occidental !
    Dans une société organisée autour de la suprématie des hommes sur les femmes, l'égalité fait peur. Au point, parfois, de provoquer un désir violent de retour en arrière, au temps où les hommes pouvaient exiger et exister sans se poser de questions.
    Et si nous étions, tout simplement, en train d'avancer ? Si ce malaise qui bouscule les hommes dans leur vie intime était un signe encourageant d'évolution vers une société plus apte à l'échange entre les sexes ?
    En comprenant comment se construisent les hommes, leurs forces et leurs fragilités, les peurs inconscientes dont ils doivent se libérer, on peut entrevoir déjà l'esquisse de cette société nouvelle, fondée non plus sur les relations de pouvoir entre les hommes et les femmes, mais plutôt sur l'harmonisation des sexes, sur la différence des individus, et sur l'intimité partagée. Rien d'apocalyptique, bien au contraire !
    Serge Hefez est psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couple et de famille. Il est également responsable de l'unité de thérapie familiale du service de Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il est l'auteur chez Hachette Littératures de La Danse du couple, avec Danièle Laufer, et de Quand la famille s'emmêle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • mikheilSAAKACHVILI
    avec Raphaël Glucksmann
    Je vous parle de liberté
    Au coeur du mois d'août2008, la guerre entre la Russie et la Géorgie projette Mikheil Saakachvili, jeune président de quarante et un ans, au coeur de l'actualité mondiale.
    L'ennemi public numéro1 de la Russie s'explique enfin sur sa vie, ses projets, ses rêves et la crise internationale actuelle.
    Pourquoi a-t-il choisi la confrontation avec la superpuissance russe en attaquant l'Ossétie du Sud? Est-il tombé dans un piège ou n'a-t-il fait que stopper une invasion en cours? Est-il comme le prétend le Kremlin un agent de l'Occident? Que veut-il réellement pour son peuple? Se considère-t-il toujours comme un révolutionnaire? Et qui est vraiment Vladimir Poutine?
    À toutes ces questions, et à beaucoup d'autres, Mikheil Saakachvili répond sans détour: révélations sur le déroulement de la guerre d'août2008, clarifications sur ses liens avec Israël, George Bush, George Soros et la CIA, retour sur ses premiers démêlés avec le KGB lorsqu'il était étudiant à Kiev et Tbilissi, décryptage de la Révolution des roses, récit ému et drôle de ses années en France et aux États-Unis.
    «Pour vous l'Occident est un mot vague. Pour moi, il a toujours eu ce parfum de liberté qui donne sens à une vie», déclare Saakachvili. C'est un homme pétri de nos valeurs et de nos traditions qui s'exprime ici, avec une liberté de ton rarissime chez un chef d'État en exercice.

  • Hugo est un homo, il a 20 ans, il habite encore chez ses parents, et il s'ennuie. Tout change lorsqu'il débarque à Paris où son cousin Manu, pilier de la nuit gay, l'accueille dans son studio du marais. Drague aux terrasses des cafés, saunas, backroom, fêtes privées. Le petit provincial timide et romantique va-t-il se laisser emporter par la folie du quartier ? Le héros de Dans la peau d'un jeune homo a grandi. Hier, il nous faisait vivre son coming out. Aujourd'hui, il nous ouvre les portes du paradis homosexuel.

  • Ce livre est une contribution à l'histoire du rêve en politique. Avant l'invention du 1er mai, seul le calendrier religieux scandait la vie des croyants à travers le monde ; avec le 1er mai, la classe ouvrière célèbre une fête laïque le même jour partout dans le monde ! En s'appuyant sur de nombreuses archives, images et témoignages, Danielle Tartakowsky nous introduit dans l'imaginaire politique construit depuis la fin du XIXe siècle. C'est en effet lors du centenaire de la Révolution française que les organisations ouvrières de vingt-deux pays se réunissent en congrès à Paris pendant l'Exposition universelle. Elles décident d'organiser une grande manifestation internationale, à date fixe et dans tous les pays pour s'affirmer ensemble contre les pouvoirs et obtenir la diminution du temps de travail. Danielle Tartakowsky nous livre l'histoire de ce jour de congé, de ses significations changeantes et imbriquées. Elle montre, par un retour à la chronologie, que le 1er mai a d'abord été un mythe avant d'être une date disputée par les pouvoirs politiques dans l'Europe des années 1930 : les régimes autoritaires s'en emparent et en modifient le sens ; après 1945, c'est une des rares dates à être célébrée à l'Est comme à l'Ouest de l'Europe et devient le symbole d'une adhésion commune à une forme d'État-providence. Plus récemment, ses valeurs ont de nouveau été disputées entre les manifestations des extrêmes droites européennes et des altermondialistes, tous deux contestant le libéralisme. Les cortèges se succèdent, le 1er mai demeure, tout en se transformant profondément. À travers l'analyse de cette journée de mobilisation, c'est toute une histoire politique de la France et de différents États dans le monde qui nous est donnée à comprendre.

  • L?immigration est devenue en France un objet essentiel de controverse politique. Cet ouvrage, dirigé par Benjamin Stora et Émile Temime, rassemble les contributions de quatorze des meilleurs spécialistes des questions migratoires. Il présente l?état de la recherche aujourd?hui, selon trois grandes parties : les politiques de l?immigration, les problèmes économiques et sociaux rencontrés par les immigrés et enfin les représentations de l?immigration.
    La succession des statuts, lois et décrets définissant la place des étrangers n?a cessé de scander les politiques suivies, ne permettant pas toujours d?accueillir dignement les immigrés.
    La place croissante des femmes dans l?immigration, l?accélération des migrations du travail, la mondialisation du marché ont profondément transformé, en France comme en Europe, les flux et les modalités des mouvements migratoires. En ce début du XXIe siècle, les notions comme « intégration » ou « assimilation » sont remises en question. Ces débats révèlent les tensions entre modèle républicain français et dérives communautaires, réelles ou supposées.

  • Daniel Marcelli
    avec Pascale Leroy
    C'EST EN DISANT
    NON QU'ON S'AFFIRME...
    Dire «non» est essentiel pour se différencier et s'affirmer. Mais à trop dire non, on risque de s'enfermer dans un refus systématique et de se couper des autres, considérés comme autant d'entraves à ses désirs. Pour se construire, l'être humain a aussi besoin de s'identifier et de dire «oui».
    Chef du service de psychiatrie infanto-juvénile du CHU de Poitiers, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Daniel Marcelli est l'auteur de plusieurs ouvragesdont L'Enfant, chef de la famille (Albin Michel).

  • 00 h 44, le 21 janvier 2006, à Bagneux, les policiers localisent pour la dernière fois le portable d'Ilan Halimi, jeune homme de vingt-trois ans, sans histoire, employé dans un magasin de téléphonie mobile. Le lendemain, une demande de rançon parvient à son amie par l'intermédiaire d'une boîte mail anonyme. Commence alors une incroyable, et malheureusement vaine, traque policière. Trois semaines de filatures, de tâtonnements, de fausses pistes et d'opérations ratées, avec d'un côté la crim, la prestigieuse brigade criminelle de Paris, et de l'autre une bande de jeunes, le « gang des barbares », menée par Youssouf Fofana. Le 13 février, Ilan est retrouvé nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures. Incapable de s'exprimer, il est mort pendant son transfert à l'hôpital. Trois semaines décortiquées dans ce livre, heure par heure, pour essayer de comprendre cet échec douloureux, le premier essuyé par le 36 quai des Orfèvres dans une affaire de kidnapping. Comment des jeunes férus de technologie ont-ils pu manipuler les meilleurs flics de France ? Pourquoi ces derniers ont-ils décidé de rompre le contact avec les ravisseurs au bout de deux semaines ? Pourquoi ne pas avoir réussi à les localiser plus tôt ? Pourquoi n'avoir diffusé les portraits-robots qu'après la mort d'Ilan ? Témoignages d'officiers anonymes, entretiens officiels, reconstitutions, une enquête au coeur d'un ratage policier...

  • Jacquou le Croquant, le personnage du roman d'Eugène Le Roy, n'a jamais existé. Mais il vit aujourd'hui comme symbole des révoltes paysannes.
    Au-delà de son rôle d'écrivain engagé, héritier de la Révolution, Eugène le Roy s'est attaché à peindre le Périgord rural du xixe siècle qui tarde à disparaître. Tandis que subsistent les traces d'une féodalité officiellement abolie et une religiosité encombrée de paganisme, métayers et fermiers souvent très pauvres s'acharnent à mettre en valeur de modestes lopins, cernés par les forêts que hantent les braconniers et les derniers loups. Le progrès technique est pourtant en marche et engendre maintes transformations : l'agriculture évolue grâce à des pionniers comme « le père Bugeaud » ; les bourgs, à l'étroit, éclatent en tout sens ; on assiste à une effervescence des idées avec Joseph Joubert, l'ami de Chateaubriand, ou Maine de Biran, le sous-préfet philosophe, précurseur de Bergson.
    Gérard Fayolle, à travers l'oeuvre d'Eugène Le Roy, fait revivre ce Périgord disparu et dresse le tableau d'une société en pleine mutation où se côtoient les marques du passé et les premiers signes du progrès.

  • La première moitié du XIXe siècle voit Paris accéder au rang de capitale de l'art lyrique : compositeurs et chanteurs étrangers affluent vers les grandes scènes de l'Opéra et du Théâtre italien.
    Des tragédies lyriques aux grands drames italiens, des oeuvres de circonstance aux désopilantes parodies de grands opéras, cette vie quotidienne nous fait côtoyer Rossini et Berlioz, le castrat Crescentini et la Malibran.
    Les grands triomphes de la scène et les petites anecdotes des coulisses ; l'émotion du public aux soirs de « premières » et l'organisation méthodique de la « claque » ; les vrais fanatiques de musique italienne et les faux opéras de propagande politique : autant de versants - authentiques et factices - de la vie musicale à ses heures de gloire dans une société élégante que ses divertissements conduisent des Tuileries à l'Opéra et du boulevard des Italiens aux salons aristocratiques.

  • José Bové s'invite dans la campagne présidentielle et décrète l'insurrection électorale contre le libéralisme économique. Il ne ressemble guère à tous les autres candidats. N'appartenant à aucun parti mais choisi par les collectifs unitaires antilibéraux et des dizaines de milliers de citoyens, il veut incarner la société civile qui lutte contre un monde injuste et qui invente un monde meilleur. À l'écart d'une classe politique qui, depuis vingt-cinq ans, pratique l'alternance sans changer la vie. Syndicaliste, altermondialiste, José Bové a décidé de passer de la résistance au pouvoir. Résolument contre Sarkozy et Le Pen, il met en cause la pusillanimité de la gauche traditionnelle. Et propose un ensemble de mesures pour une vraie alternative à la précarité et à l'insécurité sociale. Son ambition ? Être utile pour battre la droite. Son credo ? Démontrer qu'un autre avenir est possible.

  • Dans la rue, en fanfare, tambours battants, le jazz naît aux Etats-Unis au tout début du siècle. Dès les années vingt, il a envahi les bars, les clubs, les hôtels. Avec la Seconde Guerre mondiale, il accède à une gloire internationale. Comment oublier les noms de Louis Armstrong et de Billie Holiday ? Ou même de l'Original Dixieland Jass Band ? De Scott Joplin, de Duke Ellington, sans parler du « Pres », Lester Young ?
    Avec humour et précision, ce livre donne la parole aux grands et aux petits de cette épopée. Il dessine leurs parcours, exemplaires ou sordides. Une époque et un milieu revivent ici, avec un langage, des coutumes, des aspirations : les fêtes torrides, les lendemains déprimants, l'alcool et la drogue, l'arrivée du microsillon, les répétitions, la route, l'entretien de l'instrument longtemps convoité...
    Entre les cortèges tapageurs de la Nouvelle-Orléans et les big bands policés qui enchantent le public blanc des grandes villes du Nord - et bientôt de l'Europe -, un espace musical s'est créé, ouvert aux influences les plus diverses, de ses racines noires jusqu'aux folklores espagnol, tzigane, créole, français... Le jazz accompagne l'émancipation de la communauté noire américaine, jusqu'à ce que, be-bop et conflits raciaux survenant, les cartes soient à nouveau redistribuées.

  • Partant de sources diverses, littérature, épigraphie, archéologie, ce livre se veut une étude concrète de la vie des femmes dans la Rome antique. Les auteurs se sont intéressées à la position qu'elle occupent dans la société romaine, nullement symétrique à celle de l'homme, au même titre qu'à leurs pratiques quotidiennes et privées.On les observe dans leur intérieur ou leur jardin ; dans leur vie domestique ou dans les métiers qu'elles ont pu exercer ; en société, au théâtre ou en vacances, avec leurs enfants, leur mari ou encore leurs amants ; en compagnie de leurs amis, de leurs esclaves. Et, dans chacune de ces occasions, est interrogée la place au sein du droit, de la religion de ces femmes qui, officiellement, sont censées se taire, obéir à leur mari et rester chez elles à filer la laine.Une étude détaillée, illustrée par des reproductions au fil du texte, qui éclaire sous un nouveau jour un chapitre de l'histoire des femmes.Ancienne élève de l'Ecole française de Rome, Danielle Gourévitch est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, auteur de Le Mal d'être femme. La Femme et la médecine dans la Rome antique, Les Belles Lettres, 1984.Marie-thérèse Raespaet est professeur à l'université libre de Bruxelles, spécialiste de l'histoire des institutions romaines.

  • Un essai sur les trois principaux courants de la pensée écologique (écologies « profonde », « autoritaire » et « démocratique ») et sur l'idéologie économique qu'ils viennent contredire à des degrés divers. Le point sur cette idéologie (qui prend sa source chez Adam Smith et vise à faire de l'économie un ordre propre et autonome), sa prégnance dans le monde, ses dangers et les signes de son essoufflement. Une critique des thèmes et des présupposés de l'écologie « profonde » ainsi que du scénario fondamentaliste auquel elle conduit : à quelles contradictions peut mener ce rejet global de l'humanisme. Une généalogie de l'écologie « autoritaire » : comment les grands axes de la pensée de Hans Jonas, qui détermine en partie ce courant et confère aux experts un rôle décisif, conduisent à un scénario politique difficile à mettre en place. Une analyse des grands enjeux de l'écologie « démocratique » qui vise, elle, à freiner « de l'intérieur » les excès de la société industrielle, sans toutefois remettre en cause la totalité de ses principes.

  • Petit traité d'imagination politique à l'usage des Européens. « Changer notre économie et notre façon de vivre : la crise nous y pousse, la menace écologique nous l'impose, l'Europe devrait nous le permettre, vous et moi en avons envie ; mettons ensemble l'imagination au pouvoir. »

  • S'il cache son nom, Caton ne cache pas son jeu. C'est avec une verve souvent féroce qu'il dénonce l'"héritage" des vaincus du 10 mai : lâcheté intellectuelle, "affairisme auto-satisfait", et surtout, socialisation et bureaucratisation à outrance, fabrication d'une société d'assistés de l'État providence... L'arrivée de la gauche au pouvoir, où elle se bat désormais le dos au mur, donne à la droite, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, la chance de se transformer. Seule une opposition nouvelle, armée d'idées et de stratégies neuves, pourra mener victorieusement la "reconquête".

  • Claude Dulong nous dresse ici les destins de diverses femmes, connues telles que Ninon de Lenclos, ou restées dans l'ombre comme une sorcière de village, pour apprécier les progrès accomplis en matière de condition de la femme entre la mort d'Henri IV et celle du Roi-Soleil. Ce siècle qui fut surnommé "le Grand siècle", le fut-il vraiment pour les Françaises ?

  • En 1940, plus de 1800 000 soldats français ont été faits prisonniers. 1600 000 d'entre eux ont ensuite connu la captivité en Allemagne, près de 1 000 000 pendant cinq ans. La captivité a frappé toutes les couches sociales et toutes les classes d'âge entre 18 et 50 ans. Les P.G. sont, pour plus de la moitié, déjà mariés et souvent pères de famille. Plus qu'un simple épisode de la Seconde Guerre mondiale, la captivité est un phénomène social sans précédent. Privés de liberté, en exil en terre étrangère, séparés de leur foyer, torturés par la faim, contraints de travailler chez l'ennemi et pour lui dans les Kommandos, les P.G., du simple soldat de Stalag à l'officier d'Oflag, forment un monde divers et à part. 4% seulement d'entre eux réussiront leur évasion et 40 000 mourront en Allemagne. Le travail, exécuté dans des conditions souvent très dures, les met en contact direct avec la population allemande. Certains « privilégiés » sont employés dans des fermes... Mais d'autres connaîtront les chantiers, les carrières, l'usine ou la mine. Le retour, la réinsertion ne seront pas faciles non plus. Les hommes ont souffert. Ils ont changé, la France aussi. Il leur reste à réapprendre à vivre.
    Yves Durand
    Yves Durand enseigne l'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans-La Source. Il participe depuis vingt ans aux travaux du Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale puis de l'Institut d'Histoire du Temps Présent. Spécialiste reconnu des années quarante, il a notamment publié Vichy 1940-1944, La Captivité, La France dans la deuxième guerre mondiale, Le Nouvel Ordre européen nazi et Les Causes de la deuxième guerre mondiale.

  • Stéphane Clerget
    Danièle Laufer
    LA MõRE PARFAITE,C'EST VOUS
    Toutes les femmes ont en tête l'image d'une mère idéale à laquelle elles s'efforcent de ressembler. Mais oubliant que cet idéal est un fantasme, elles se culpabilisent de ne pas être à la hauteur. Dans la réalité, les choses sont beaucoup plus simples: pour un enfant, la mère parfaite, c'est toujours la sienne.
    Stéphane Clerget est pédopsychiatre.
    Danièle Laufer est journaliste, chef du service psycho au mensuel Bien dans ma vie.

  • « Il a eu la chance de connaître Rossellini, Beckett, Kieslowski, Duras, Kiarostami, Godard. Qu'a-t-il fait de cette chance ? Des films. Ils sont pour beaucoup d'entre eux le meilleur de la production de ces trente dernières années.
    J'ai interrogé Marin Karmitz sur son itinéraire. Il m'a livré un témoignage passionné où il raconte ses débuts de jeune juif roumain exilé en France avec toute sa famille en 1947, les hauts et les bas d'un métier où se croisent art et argent. Il évoque de manière parfois
    acérée de grandes figures du cinéma et brocarde le manque de
    courage et de vision des politiques, mettant en lumière l'âpreté de la guerre des images entre l'Amérique et l'Europe.
    Marin Karmitz, par ses choix et son engagement, au-delà du succès de MK2, a composé une oeuvre cinématographique unique. »
    Stéphane Paoli
    Marin Karmitz dirige la société de production, de distribution et d'exploitation de salles MK2 qu'il a créée en 1971.
    Stéphane Paoli est conseiller du Directeur de France Inter pour l'Information et les Programmes, chargé du 7/9.

  • On a longtemps pensé que l'ère des villes était close : la post-modernité les aurait entraînées dans la déroute de l'industrialisation, de l'urbanisme planifié, de la centralité administrative, au profit d'une prolifération urbaine qui déborde de toutes parts, de la multiplication des réseaux, de l'effacement des territoires devant les flux. Or ce livre montre l'inverse : non seulement les villes persistent, mais elles renforcent leur identité et leur emprise. Qu'elles mettent en avant leur patrimoine ou qu'elles renouvellent la fonction capitale, les villes imposent plus que jamais les formes de la nouvelle civilisation urbaine : il y avait 800 millions d'urbains en 1950, 5 milliards sont prévus en 2030. Mais la ville, c'est aussi la mondialisation en acte : le développement de l'emploi, l'équilibre social résidentiel, la sécurité des habitants, la gestion des mobilités, la sauvegarde de l'environnement s'affirment comme des objectifs communs à toutes les grandes villes contemporaines, du Nord comme du Sud, quels que soient leurs niveaux de développement économique ou leur mode de gestion politique. Plus compactes, nos villes sont aussi plus vulnérables, au point de devenir parfois la cible de nouvelles formes de terrorisme. Comment dès lors parvenir à un gouvernement de la ville qui sache assumer ces défis tout en faisant droit à des exigences de participation renouvelées des habitants ?

  • C'est dans une ferme misérable et isolée de la Lauze-Haute, contrefort aride dont les châtaigniers sont la plus grande richesse, que Pierre voit le jour. Il porte fièrement l'amour de ses racines mais la terre ingrate ne peut le nourrir. Contraint de se placer comme berger de l'autre côté du Causse, il rencontre Mélisse, amour inaccessible dans cette société rurale où l'on n'est que ce que l'on possède. Le refus du père chasse le jeune homme vers un autre exil, plus cruel encore, la mine. Pierre se révolte et part pour l'Amérique.
    II y mène une vie aventureuse de pionnier que Mélisse vient partager. Le couple vit à San Francisco des jours heureux : ils connaissent la fortune, puis un fils, John, leur naît. II faudra le tremblement de terre qui ravage la ville pour que la mémoire des origines reconduise les nouvelles générations au berceau de leurs ancêtres.
    Vaste métaphore sur la Terre, à la fois mère nourricière, sépulture et promesse de l'aube, Les Fiancés de la liberté nous font voyager des Causses rouergats aux eaux du Pacifique sans que Roger Béteille ne cesse jamais de tremper sa plume dans la sève du terroir.

    Roger BÉTEILLE enseigne la géographie à l'université de Poitiers. Il a déjà publié les Souvenirs d'un enfant du Rouergue et La Vie quotidienne en Rouergue avant 1914.

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